Prolight+Sound 2017

Les nouveautés de Clair Bros avec Dominique Maurel et Josh Sadd

Josh Sadd VP et Ingé en chef en charge du développement des produits Clair Bros.

Les nouveautĂ©s sont nombreuses sur le stand Clair Bros. Il y en a autant pour l’installation que pour le touring et c’est avec grand plaisir que nous retrouvons Dominique Maurel qui, depuis son cocon de Montauban, dirige dĂ©sormais deux entitĂ©s, Audio Concept Live Sound pour la presta et Audio Concept Distribution SAS pour vendre les produits des frĂ©rots Clair.
Comble du bonheur, Josh Sadd VP et Ingé en chef en charge du développement des produits Clair Bros accepte de nous répondre. Une interview révélatrice des intentions du géant de Lititz qui a faim. TrÚs faim.

SLU : Tu nous dis quelques mots sur le S2, un systĂšme point source qui fait la part belle au grave avec deux caissons de basses pour une tĂȘte qu’on pose tout lĂ -haut ?

Dominique Maurel : “C’est un systĂšme qui reprend en partie le 15 coaxial et le guide d’onde du wedge 1.5AM pour le haut et deux 21” avec deux charges diffĂ©rentes pour renforcer le bas. Josh t’en parlera mieux que moi.”

Dominique Maurel, la tĂȘte et les jambes de Clair Bros en France.

Dominique adorerait nous raconter toutes les nouveautĂ©s, mais comment parler alors que leur papa, souriant et disponible est prĂ©sent sur le stand. Il lui passe volontiers la parole et vous allez voir que le bonhomme est franc, compĂ©tent et n’a pas grand-chose Ă  cacher.
On commence le tour par le systĂšme S2. Comme aurait dit Bernard Blier « c’est du brutal » avec deux subs en 21” et une tĂȘte avec un coaxial 15”

SLU : Pourquoi des 21” et pas plutĂŽt des 18” et surtout pourquoi deux caissons avec des charges diffĂ©rentes ?

Josh Sadd : “Les 18” sont effectivement plus nerveux et plus rapides mais on a constatĂ© que les enceintes qui en sont Ă©quipĂ©es sont efficaces jusqu’à 38 Hz mais pas trop en dessous, ce qui colle avec un grand nombre de musiques mais pas forcĂ©ment celle qui a inspirĂ© cette enceinte, l’EDM oĂč avec les musiques prĂ© enregistrĂ©es la dynamique est moins importante mais il faut pouvoir descendre plus. Dans ce cas de figure, le 21 est parfait et en plus la mise en Ɠuvre est simple et rapide. Quoi qu’il en soit, le ratio nĂ©cessaire est bien de 2 subs pour une tĂȘte et on peut choisir entre deux A, deux B ou un mix entre les deux. Pour s’y retrouver, le S2-A-Sub est le bass reflex et le S2-B-Sub est le bandpass.

SLU : Et ces deux charges différentes ?

Josh Sadd : Le passe bande a Ă©tĂ© conçu et accordĂ© pour donner plus d’énergie entre 55 et 80 Hz, histoire d’avoir du punch qui tape dans la poitrine et cela d’un 21 qui n’est pas trop coutumier du fait. Le bass-reflex au contraire descend et apporte la bave Ă  la derniĂšre octave, il agit comme un vrai infra. Entre les deux, un recouvrement trĂšs Ă©tudiĂ© fait en sorte d’avoir une phase cohĂ©rente et beaucoup de SPL pour l’ensemble.

Le systĂšme S2 avec les deux subs supportant la tĂȘte S2-CX. Un second exemplaire de cette unitĂ© coaxiale est posĂ©e sur le rack d’ampli Ă  gauche de l’image. On devine en transparence les 4 Ă©vents du 15”.

SLU : Et la tĂȘte du S2 ?

Josh Sadd : D’abord elle bĂ©nĂ©ficie Ă  plein du nouveau processing du Lake qui lui apporte un rendu le moins agressif possible aux niveaux importants qu’on retrouve en club dans la musique EDM. Ensuite il s’agit d’un 15” coaxial


SLU : Le mĂȘme que dans le wedge 1.5AM ?

Josh Sadd : Non, pas exactement. Dans le wedge il s’agit d’une bobine de 4” avec un moteur aussi de 4”. Dans le S2, la bobine est de 3,5” et le moteur est un 3”. Il ne s’agit donc pas du mĂȘme transducteur.
Dans le wedge, nous avons privilĂ©giĂ© l’impact, la clartĂ© et le cĂŽtĂ© « dans la face » du moteur 4”. Dans la S2 au contraire le moteur 3,5” est plus doux et dispose d’un aigu plus fin et plus cristallin qui est prĂ©cisĂ©ment ce contre quoi on lutte dans un wedge.

SLU : Et pour amplifier ce beau bébé ?

Josh Sadd : Simplement deux PLM 20K44 pour deux systĂšmes, un par cĂŽtĂ©, en gardant deux canaux d’ampli de libres pour avoir du spare ou tout autre usage.

Il n’est pas impossible qu’au sein de la C12 battent deux cƓurs coaxiaux qui ressemblent à ça. C’est allemand et ça fait un malheur ;0)

SLU : Quel type de moteur de médium/aigu, donc en deux voies, employez-vous dans les C ? On pencherait pour deux diaphragmes annulaires BMS (sourires)

Josh Sadd : Je peux simplement vous dire que c‘est un transducteur europĂ©en particuliĂšrement rĂ©ussi (rires) !

SLU : Vous pouvez donc choisir le fabricant de haut-parleurs et le modĂšle qui vous intĂ©resse sans ĂȘtre obligĂ© de ne vous servir qu’aux USA


Josh Sadd : (rires) Mais pourquoi ferait-on ça ! Bien sĂ»r qu’on est fier d’ĂȘtre une boĂźte amĂ©ricaine mais avant tout nous sommes fiers de crĂ©er des enceintes qui sonnent bien ! On Ă©coute et on choisit ce qui nous convient avec, parfois, des modifications ou des adaptations sur certains modĂšles pour mieux coller Ă  notre projet.

SLU : Avez-vous Ă©coutĂ© le M-Force de Powersoft ? Ce transducteur n’est pas qu’immensĂ©ment puissant, il se prĂȘte aussi Ă  nombre de topologies de charge de bonne grĂące


Josh Sadd : C’est exact. J’ai passĂ© rĂ©cemment pas mal de temps Ă  Florence avec Claudio Lastrucci Ă  faire des essais avec diffĂ©rentes configurations et nous l’avons comparĂ© Ă  des doubles 18” qui sont pour nous les subs idĂ©aux car ils ont le punch et l’extension en frĂ©quence. AprĂšs une phase de scepticisme et presque de moquerie face Ă  ces sortes de soufflantes de machine Ă  fumĂ©e, je peux t’annoncer qu’il n’est pas impossible que tu voies arriver quelque chose dans le futur !

L’audi de Powersoft Ă  Scandicci avec plusieurs versions de charge pour le M-Force entourĂ© par des tĂȘtes et des subs en 2×18. Un lieu oĂč il fait bon avoir le doigt lĂ©ger sur les potars.

SLU : Les versions amplifiĂ©es de vos wedges disposent d’une prise de sortie pour alimenter un modĂšle identique et passif. Les modules d’ampli acceptent-ils facilement ce double travail ?

Josh Sadd : Oui, l’impĂ©dance passe en 4 ohms pour le grave et 8 pour l’aigu. Les modules Powersoft dĂ©livrent beaucoup de courant donc la chute des impĂ©dances se rĂ©vĂšle un avantage dans le cas prĂ©sent.

Le wedge 1AM+, le « + » Ă©tant symbole chez Clair Bros de la prĂ©sence d’un ampli Ă  bord.

SLU : C’est assez rĂ©cent les versions amplifiĂ©es de vos enceintes..

Josh Sadd : Oui, on a Ă©tĂ© trĂšs long Ă  la dĂ©tente en termes de perception, attentes de la clientĂšle, volontĂ© du marketing, mais cela est aussi dĂ» au fait qu’aux Etats Unis le voltage est faible, et pour alimenter convenablement des transducteurs il nous faut plus de voltage dans l’audio !
Les modules Powersoft dĂ©livrent des crĂȘtes de 141 V donc quasiment les 153 V que sortent les 10000Q de Lab.gruppen.

Et voici l’explication. Une boucle entrĂ©e et sortie, une entrĂ©e secteur, une sortie pour un second wedge passif et, zoomez sur l’image, un sĂ©lecteur avec 4 presets accompagnĂ© d’un potar offrant 10 dB de latitude de niveau d’entrĂ©e.

Le 20000Q et le 12K44 parviennent mĂȘme Ă  194 V. Quoi qu’il en soit, et pour des modules aussi petits, c’est dĂ©jĂ  une performance remarquable et suffisante et ça nous a donnĂ© des idĂ©es.
Pour en revenir Ă  la question initiale, nos wedges ont les mĂȘmes HP qu’ils soient actifs ou passifs, ce qui permet Ă  nos clients de les passer en actif aprĂšs coup, de les panacher, sans trop se soucier de ce qui est Ă  l’intĂ©rieur.
On pourrait optimiser cela et nous le faisons pour nos propres enceintes en tant que prestataire, mais là, on veut d’abord servir nos clients et pas trop leur compliquer la vie avec des associations ampli/transducteurs trop limitatives. L’ampli de bord peut le faire, alors pourquoi s’en priver (rires) !

SLU : Il y a toujours la question du refroidissement qui se pose avec les modules. Vous profitez de la plaque mĂ©tallique arriĂšre j’imagine


La face arriĂšre du 1.5AM+, toute en alu noir et derriĂšre laquelle est plaquĂ© un module de puissance Powersoft, prĂȘt Ă  en dĂ©coudre avec de bobines !

Josh Sadd : C’est une bonne question car on y a longtemps rĂ©flĂ©chi. Oui, l’arriĂšre mĂ©tallique du wedge dissipe les calories et nous avons fait le choix de l’aluminium noir car cela marche mieux, malgrĂ© le fait que ce soit une partie qui est toujours cĂŽtĂ© public et donc potentiellement frappĂ©e par les rayons du soleil.
On a effectuĂ© beaucoup d’essais et profitĂ© de l’expĂ©rience et de l’expertise de Powersoft en la matiĂšre pour valider ce choix, malgrĂ© le fait qu’en conditions extrĂȘmes, on ne puisse mĂȘme plus mettre la main sur cette surface, et pourtant ça marche !
Nous tirons aussi parti des Ă©vents et du brassage d’air opĂ©rĂ© par les transducteurs Ă  grande Ă©longation pour ventiler l’intĂ©rieur de l’ébĂ©nisterie et enfin un petit ventilateur est placĂ© sur le module lui-mĂȘme.

SLU : Il y a une autre question que certains se posent avec les enceintes amplifiées et qui est la gestion de la condensation.

Josh Sadd : Ils ont raison. Nous avons fait le choix d’avoir des Ă©lectroniques tropicalisĂ©es dans les modules Powersoft comme dans les amplis Lab pour ne pas avoir ce type de problĂšme et aussi pour ne pas courir de risques avec les retombĂ©es des artifices qui, pour avoir de belles couleurs, comportent beaucoup d’oxydes mĂ©talliques. En se dĂ©posant, ils peuvent mettre en dĂ©faut les Ă©lectroniques et on a eu par le passĂ© des courts-circuits Ă  cause de ça.

True Fit
True Vaille ?

SLU : Est-ce que tu peux nous expliquer un peu mieux en quoi consiste le « façonnage » True Fit ?

Josh Sadd, VP de Clair Bros devant les C12 qui avec les C8 et les KitCurve12 peuvent ĂȘtre taillĂ©es sur mesure pour une salle.

Josh Sadd : Cela dĂ©pend de l’enceinte Ă  partir de laquelle nous travaillons cette adaptation Ă  un lieu de diffusion. On peut adapter aussi bien des enceintes Ă  courbure constante comme la KitCurve12 ou bien Ă  courbure variable, mais les premiĂšres ne le seront que dans le plan horizontal. Avec les C8 et C12 on peut agir diffĂ©remment. Dans tous les cas l’idĂ©e est d’offrir une stĂ©rĂ©o plus large, Ă  plus de spectateurs et le moins possible de rĂ©flexions.
Pour cela un guide d’onde asymĂ©trique et adaptĂ© prĂ©cisĂ©ment Ă  la salle marche trĂšs bien. Avoir un systĂšme qui ouvre Ă  90° et dont la moitiĂ© de l’énergie frappe un mur et revient vers le public, est un non-sens qui en plus compromet grandement l’intelligibilitĂ© des voix par l’augmentation du temps de rĂ©verbĂ©ration et par des interfĂ©rences. A partir de ce constat on « oriente » l’enceinte vers le public ce qui n’est que bon sens. Cela dit, on calcule, propose et nĂ©gocie le meilleur placement pour les lignes, on crĂ©Ă© une vue tridimensionnelle de la salle, on ajoute prĂ©cisĂ©ment l’emplacement du public et on peut Ă  ce point usiner le guide d’onde idĂ©al.

SLU : Est-ce que c’est imaginable de faire varier la directivitĂ© de certaines tĂȘtes mĂȘme faiblement pour Ă©viter de taper par exemple dans un balcon rĂ©flĂ©chissant ou bien cela compromettrait le front d’onde ?

Josh Sadd : Non, il faut respecter a géométrie de la ligne et faire le boulot électroniquement.

SLU : Quelle variation horizontale pouvez-vous apporter à l’ensemble d’une ligne ?

Josh Sadd : On peut faire varier l’ouverture entre 50 et 140° avec des variations de -30 d’un cĂŽtĂ© et +30 de l’autre. On peut par exemple imaginer ouvrir Ă  15° de l’axe central du mauvais cĂŽtĂ© et 75° du bon. Bien entendu tout ceci demande des calculs pour parvenir au bon design en termes de couverture mais aussi de portĂ©e et de SPL. Il faut bien comprendre qu’une salle qui investit dans son systĂšme doit pouvoir bĂ©nĂ©ficier du meilleur rĂ©sultat possible et pouvoir l’exploiter longtemps.

Quatre C8, le petit frĂšre du 12 dont il reprend un unique ensemble coaxial de mĂ©dium / aigu et deux HP de grave en 8. Lui aussi peut ĂȘtre « taillĂ© » Ă  la sauce True Fit.

SLU : Le fait de faire beaucoup varier la directivitĂ© du guide d’onde, cela nĂ©cessite de retravailler le preset pour chaque salle


Josh Sadd : Oui, mais cela ne reprĂ©sente pas des variations trĂšs importantes, quelques dB tout au plus et les avantages liĂ©es Ă  la baisse des rĂ©flexions l’emportent largement, Ă  la mesure oĂč c’est flagrant, comme Ă  l’écoute. Il ne faut pas oublier aussi que les C8 et C12 sont Ă©quipĂ©es avec des moteurs coaxiaux qui limitent les problĂšmes.

SLU : Mais on est bien d’accord, le fait d’usiner des guides d’onde diffĂ©rents Ă  chaque fois ne vous donne pas la possibilitĂ© de peaufiner la polaire aussi bien que sur des produits Ă  ouverture finie et fixe.

Josh Sadd : Oui sans doute, mais lĂ  on parle d’un monde idĂ©al. L’enceinte la plus parfaite subira toujours la plus imparfaite des salle. Je prĂ©fĂšre avoir une enceinte moins parfaite mais qui est conçue pour s’adapter le mieux Ă  cette salle imparfaite et outre le guide lui-mĂȘme, l’idĂ©e consiste Ă  modifier les paramĂštres Ă©lectriques nĂ©cessaires Ă  parvenir au meilleur rĂ©sultat. Rien n’est figĂ©, c’est du vrai sur mesure avec de l’intelligence et du savoir au-delĂ  des machines. Cela dit, je peux t’assurer que caler ce type d’enceintes sur mesure est beaucoup plus rapide qu’on ne l’imagine car on ne va pas passer du temps Ă  lutter contre les problĂšmes. On les Ă©vite.
Le son peut ĂȘtre visualisĂ© assez facilement. Une enceinte est comme une dĂ©coupe avec des volets, une salle quant Ă  elle est comme une piĂšce remplie de miroirs. Depuis combien de siĂšges cette lumiĂšre sera aperçue et surtout, combien de lumiĂšres vois-tu Ă  chaque fois. Sans doute trop. Maintenant plaçons nous dans la peau d’un acousticien. Ce n’est pas Ă©vident pour lui de rĂ©clamer des formes idĂ©ales, des matĂ©riaux adaptĂ©s, des accessoires pour casser, absorber, amĂ©liorer le son, car cela coĂ»te trĂšs cher, ne plait gĂ©nĂ©ralement pas Ă  l’architecte et rĂ©duit souvent le nombre de places assises.

Trois KitCurve 12+, des enceintes Ă  courbure constante, 90×15°embarquant deux moteurs 3”, un 12” tous trois Ă  aimant nĂ©odyme, des Ă©vents profilĂ©s, un module ampli Ă  deux voies actives Powersoft avec une carte DSP et offrant 4 corrections, bref, encore un produit simple et facile Ă  mettre en Ɠuvre et Ă  adapter en True Fit.

SLU : Et ça arrive qu’on propose de le faire aprùs l’ouverture


Josh Sadd : Exact, or tout le monde sait qu’une fois qu’un Ă©tablissement est ouvert, plus rien ne change !

SLU : Comment vois-tu le marchĂ© français et l’adaptation du principe True Fit Ă  notre pays ?

Josh Sadd : Nous sommes en train de former nos distributeurs afin qu’ils assimilent toutes les Ă©tapes qui sont cela dit, assez simples. Il faut des plans complets de la salle, une idĂ©e prĂ©cise de l’exploitation et du SPL et quelques rĂ©unions avec les dĂ©cideurs. AprĂšs cela, la pĂ©riode du design qui nous incombe est relativement rapide, de mĂȘme que la partie de fabrication des enceintes sur mesure et enfin l’installation, le calage et la rĂ©ception peuvent ĂȘtre trĂšs rapides dans la mesure oĂč on sait Ă  l’avance que nombre des problĂšmes auront Ă©tĂ© rĂ©solus avant ce qui n’est jamais vraiment le cas avec des produits standard.

SLU : Vous ĂȘtes en mesure de missionner des techniciens depuis les USA ?

Josh Sadd : Nous pouvons prendre en charge cela. Il s’agit d’un gros investissement, il faut impĂ©rativement obtenir un rĂ©sultat qui soit Ă  la hauteur. J’aime bien utiliser des images. Imagine que tu veuilles acheter le plus joli costume de ta vie, tu ne vas pas rentrer dans un magasin et prendre du simple prĂȘt Ă  porter. Tu vas dĂ©penser beaucoup d’argent, veux qu’il t’aille Ă  la perfection et qu’il puisse mĂȘme corriger la hauteur d’une de tes Ă©paules, car nous sommes tous diffĂ©rents. Il en va de mĂȘme avec les salles qui sont toutes diffĂ©rentes. Si tu investis, il faut bien le faire. On Ă©tait parti sur des noms savants comme « Progressive Azimuth » et avons en dĂ©finitive choisi True Fit car c’est prĂ©cisĂ©ment ce que l’on fait.

SLU : OK pour les tĂȘtes. Que faites-vous avec les subs


Josh Sadd : On peut bien sĂ»r ĂȘtre de bon conseil, mais il n’y a pas de recette miracle. Le grave prend de la place Ă  faire et plus encore Ă  guider donc on fait de notre mieux pour proposer des solutions, mais le plus souvent on nous demande des rĂ©sultats sur l’intelligibilitĂ© ou la couverture du haut du spectre, surtout si la salle est jolie. Ils ne les accrocheront jamais et les sortiront qu’en cas de besoin. La meilleure solution reste un array central et cardioĂŻde. C’est faiblement interfĂ©rent et ça couvre bien. Si en plus il n’y avait pas de murs (rires) !

Clair Bros en 140 caractĂšres

SLU : Comment pourrais-tu nous dĂ©crire Clair Bros, le manufacturier de la constellation qui comporte aussi Clair Global, le prestataire et Clair Systems l’intĂ©grateur.

Josh Sadd : Roy Clair a toujours dit qu’il vaut mieux ĂȘtre le meilleur que le plus gros. Nous continuons Ă  suivre ce prĂ©cepte. Nos systĂšmes peuvent ĂȘtre un peu plus chers, mais ils sont faits pour durer et s’adapter le mieux possible Ă  la tĂąche qui leur sera confiĂ©e. Nous ne sommes pas une sociĂ©tĂ© comme il en existe tant d’autres. Nous voulons ĂȘtre innovants et diffĂ©rents. Nous voulons innover, servir chaque cas de figure et offrir le meilleur son.

Une KitCurve 12+ en finition bois naturel laquĂ© avec les flancs et l’arriĂšre en multiplis balte et la face avant en bois plein travaillĂ© et du plus bel effet. Il s’agit d’une commande spĂ©ciale pour une Ă©glise et, comme souvent chez Clair, elle est rentrĂ©e au catalogue.

SLU : Me revient alors la sempiternelle question. Pourquoi Clair Bros le fabricant ne fournit pas Clair Global le prestataire qui, on le sait bien, conçoit et fabrique ses propres enceintes. Cela paraßt tellement étrange cette dichotomie entrepreneuriale.

Josh Sadd : Nous sommes tous issus de la mĂȘme sociĂ©tĂ© que Roy Clair a crĂ©Ă© en 1966. J’ai assurĂ© un nombre considĂ©rable de tournĂ©es pendant huit ans Ă  la face et au systĂšme et je fais partie de ces collaborateurs qui ont dĂ©cidĂ© de prendre de la distance de la presta au quotidien, mais pas de la sociĂ©tĂ©, car on adore notre mĂ©tier. Les transducteurs qui sont dans ces boĂźtes (il pointe une C12 NDR) sont les mĂȘmes que ceux contenus dans celles de Clair Global. La seule diffĂ©rence c’est que de notre cĂŽtĂ©, on a prĂ©vu de prolonger leur existence par des modules qu’on pourra ou pas upgrader.
Pour le reste (il rĂ©flĂ©chit NDR) il n’y a pas grande diffĂ©rence. Si, peut ĂȘtre les dimensions qui sont absolument conçues chez Global pour rentrer dans un semi US standard et un conteneur. Quand Clair a commencĂ© la sonorisation, il n’existait pas l’ensemble de marques qui alimentent le marchĂ©, donc nous avons appris Ă  penser et construire nos systĂšmes. Aujourd’hui cette expĂ©rience, ce savoir-faire et ce catalogue de systĂšmes exclusifs est conservĂ© et chĂ©ri pour cet ensemble d’artistes exclusifs qui nous sont fidĂšles comme Bruce Springsteen ou U2 pour n’en citer que deux, qui veulent ce qu’il y a de mieux et qui n’existe pas ailleurs.

SLU : Quel est le pourcentage entre ce que Clair Global créé et exploite sur ses tournées et ce que Clair Bros créé et vend à ses clients ?

TaillĂ© dans de l’acier de 2 mm, le logo de Clair Bros n’a pas trouvĂ© de place pour ĂȘtre accrochĂ© ;0)

Josh Sadd : C’est une bonne question. Comme nous ne cessons de grossir, il sort beaucoup plus de HP de chez Clair Bros que de chez Clair Global. Le catalogue de Global consiste en 5-6 modĂšles, chez nous je ne sais mĂȘme plus combien de modĂšles diffĂ©rents nous avons, sans doute entre 50 et 70, voire plus.
La raison est qu’en touring « one size fits all » la standardisation et l’efficacitĂ© sont la norme et nos techniciens, nos ingĂ©s systĂšme doivent ĂȘtre en mesure de rĂ©soudre la plupart des challenges par la mesure, l’implantation et le rĂ©glage.
Dans l’installation au contraire nous avons la possibilitĂ© de rĂ©flĂ©chir, concevoir et choisir les solutions permanentes les plus adĂ©quates, et si elles n’existent pas, de les imaginer et les fabriquer sur mesure. Pour revenir Ă  ta question, le stock de Global est bĂąti sur les besoins des tournĂ©es dans les starting blocks mais il varie aussi par le nombre fabriquĂ© par exemple l’annĂ©e oĂč un nouveau modĂšle est conçu est proposĂ© Ă  nos artistes.
GrossiĂšrement je pense que nous en vendons 5 fois plus que Global en possĂšde et ce chiffre va aller en augmentant. Nous disposons dĂ©sormais de notre ligne de fabrication bĂątie en 2009 et situĂ©e Ă  4 kilomĂštres du dĂ©pĂŽt de Global. Elle fait prĂšs de 5000 mÂČ et en 2012 nous l’avons encore agrandie de prĂšs du double avec plus de place pour la R&D. On verra comment cela va se passer mais le futur s’annonce quand mĂȘme radieux (rires NDR).

SLU : Vous pensez et travaillez tout ce qui est en bois mais pour les Ă©lectroniques vous faites confiance Ă  des sous-traitants prestigieux, je pense Ă  Lab.gruppen et Powersoft.

Josh Sadd : Oui c’est exact. Il y a essentiellement deux constructeurs qui travaillent pour nous et rĂ©pondent Ă  notre cahier des charges trĂšs spĂ©cifique.

Conclusion

Le gĂ©ant amĂ©ricain met les bouchĂ©es doubles. La variĂ©tĂ© des produits, leur Ă©vidence, leur pertinence, la simplicitĂ© de la mise en Ɠuvre via un grand nombre de versions Ă©quipĂ©es de modules Powersoft, la possibilitĂ© d’obtenir des enceintes sur mesure d’un point de vue acoustique comme cosmĂ©tique avec, par exemple, du bois apparent ou bien des formes biscornues mais toujours dans le respect du son font qu’avec une bonne distribution, assurĂ©e en France par Dominique Maurel, Clair Bros a les cartes en rĂšgle pour faire un malheur.
On va aller rapidement Ă©couter ces produits chez Audio Concept Distribution pour confirmer cette belle impression.

 

Crédits - Texte et Photos : Ludovic Monchat

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