Démo au Soldier Field de Chicago

Shure Axient Digital, ca ne tient plus qu’à un fil…

L’espace RF diminue comme peau de chagrin ? Découvrez avec nous l’Axient Digital, une liaison robuste, sonnant bien et pensée « pro » jusqu’au dernier Hz. Nous avons été la découvrir dans sa future déclinaison ADX au siège de la firme à Niles, près de Chicago, via une démo à la mesure de la démesure américaine.
Un grand merci pour commencer à l’ensemble des équipes de Shure USA pour leur accueil ultra efficace, mention spéciale à Michael Johns le Product Manager en charge d’Axient Digital qui a répondu à toutes nos questions avant, pendant et après le reportage, comme à Christophe Bouillot de Shure France qui nous a accompagnés et alimentés en bonnes ondes tout au long de ce séjour. Concevoir du bon matériel c’est bien, savoir le vendre c’est encore mieux !

Après le mot de bienvenue de la Présidente et CEO de Shure Chris Schyvinck, nous avons pu visiter le musée de la marque situé dans le hall du siège social, ce qui nous a par exemple permis d’apprendre que le SM58 a failli ne pas être le succès que l’on sait à cause du 565 qui l’a précédé et qui était extrêmement apprécié. C’est un des commerciaux de Shure qui l’a emmené en dernier recours à Las Vegas où sa légende est enfin née.
Nous avons aussi pu visiter l’ensemble de la R&D, la chambre anéchoïque assez grande pour être juste jusqu’à 50Hz, le magnifique studio d’enregistrement avec force instruments et capteurs, la cage de Faraday pour tester sereinement les appareils voire les bombarder de HF pour les mettre à genoux, les fours, les étuves, les congélateurs, les machines à tordre, faire tomber, briser, ruiner tout appareil, bref, tout ce qui apporte une dose de sérénité au quotidien dans l’utilisation d’un produit dont on sait qu’il a déjà résisté à des dizaines de très mauvais traitements.

July Snyder au beau milieu de ses rayonnages mobiles contenant des bijoux tels que cette guitare micro. Remarquez aussi les gants blancs !

Nous avons enfin eu le privilège de pénétrer dans le saint des saints de Shure, bichonné par Julie Snyder qui s’en occupe au quotidien et étant aussi adorable qu’incollable. Le local où sont archivés tous les micros, les maquettes, les préséries, les plans, les publicités et plus encore.

Un Shure 5, l’ancêtre des micros et pourtant d’une technologie pas si éloignée de celle de ceux des téléphones électromécaniques des années 80…

Des SM57 de Dobeliou, aux premiers « 5 » tenus par des ressorts et fonctionnant grâce à des granulés de carbone. On nous a enfin montré une réédition de 55 qu’un musicien a reçu en cadeau de sa femme, fait tomber de sa voiture en allant taper le bœuf avec des potes, récupéré en pièces après qu’un truck l’ait écrasé et renvoyé à la maison mère car même en vrac il marchait toujours. Rien ne nous a été caché.

Axient Digital. Le numérique, l’avenir des liaisons micro

Conçu en associant l’esprit de deux produits vedette de Shure, l’ULX-D et l’Axient analogique, l’Axient Digital et le futur Axient Digital ADX, sont deux solutions compatibles et d’avenir, un mot difficile à prononcer tant le spectre RF, objet de toutes les convoitises, évolue sans cesse, et pourtant un mot utilisé ici sans grand risque.

La gamme complète des récepteurs et des émetteurs AD et ADX dont, tout en bas à droite, l’ADX1M, le micro-bodypack avec antenne incorporée. Ne manque que l’ADX2FD.

Vous connaissez peut-être l’Axient Digital dit AD qui a été présenté au NAB 2017 et est déjà en vente. On va juste vous en rappeler les caractéristiques principales pour ensuite nous intéresser à la nouvelle gamme d’émetteurs ADX qui sera disponible au début du deuxième trimestre 2018 et comporte des raffinements ajoutant encore à sa très grande robustesse HF.

Interrogé sur le pourquoi d’une gamme aussi complète et richement dotée en fonctionnalités, la réponse du Product Manager Michael Johns est lapidaire et sans frontières :

Michael Johns, aussi bon vendeur que fin connaisseur de la gamme Axient Digital.

Essentiellement à la diminution du spectre HF lié à sa vente aux opérateurs de téléphonie mobile. On n’a jamais eu une demande en liaisons aussi grande dans un spectre alloué aussi petit. De là est né le besoin de développer des systèmes capables de faire beaucoup plus dans très peu d’espace et avec la plus grande immunité possible aux interférences.
Les nouveaux circuits émetteurs comme récepteurs d’Axient Digital sont conçus spécifiquement pour opérer dans ces conditions de brouillage et de bruit de fond constant. Leur particularité est de parvenir à fonctionner avec un rapport signal sur bruit plus faible et donc d’offrir une stabilité supérieure.
Pour faire ceci l’équipe HF de Shure a fait le choix de partir d’une feuille blanche, un moyen plus long et couteux mais seul à même d’offrir un gain qualitatif notable, en net progrès par rapport aux gammes précédentes y compris en termes de facilité de mise en œuvre et offrant enfin le son de qualité « filaire » qu’implique la technologie numérique.

Comme nous l’a dit J.D. DuCrest,
un réputé ingé son retours de country convié pour cette visite, Axient Digital est décrit par les artistes comme ôtant un voile au son, et ses deux millisecondes de latence acceptées de tous. A la question de savoir s’il serait possible de réduire cette latence, ne serait-ce que dans le futur, la réponse est oui mais en perdant en portée et en sécurité liée à l’empaquetage et la redondance dans la transmission qui est en partie à l’origine de la latence. Le jeu n’en vaudrait donc pas la chandelle.

Autre invité à cette présentation, Dave Grandtvig, Sound Designer dans l’univers du broadcast sportif et réputé pour ses idées innovantes, a rappelé les avantages inhérents à la redondance offerte par les nouveaux émetteurs ADX et plus généralement à la qualité et à la sélectivité des solutions Axient Digital, seules à même, selon lui, de bien se comporter dans les grands espaces saturés de RF que sont les stades de football américain. Et qui peut le plus…

De gauche à droite J.D. DuCrest, Dave Grandtvig en plein speech et à tout à droite John Born, le manageur produit des micros filaires de Shure qui aura parcouru quelques kilomètres pour la démo au Soldier Field.

L’accent a aussi été mis sur la compatibilité totale entre L’Axient Digital AD et ADX afin d’éviter le gap existant par exemple entre l’UHF-R et l‘Axient analogique qui sont très peu interopérables. Dans la gamme Axient Digital AD ou ADX, le récepteur double AD4D ou quadruple AD4Q est le même ce qui simplifie la gestion des parcs.
Ce qui change ce sont uniquement les émetteurs qui peuvent être déployés en fonction des besoins en AD ou bien ADX avec, pour cette dernière série, le même système Showlink déjà présent sur la gamme Axient analogique et changeant à la volée la fréquence d’émission des émetteurs et des récepteurs sur demande ou en cas de détection d’un risque de décrochage.

Les AD4D pur double et AD4Q pour quadruple, les deux récepteurs de la gamme Axient Digital, parfaitement compatibles et fonctionnels avec les émetteurs AD et ADX.

Quoi de neuf docteur ADX ?

L’ADX comporte aussi le premier émetteur micro-bodypack rond, l’ADX1M sans antenne apparente. Il mérite l’appellation d’émetteur de peau et non de poche car il est portable au plus près du corps et pas dans une poche du costume, ce qui simplifie terriblement les changements durant les shows mais implique d’être résistant à l’humidité.

Petit mais truffé de technologie, pas effrayé par l’humidité et capable d’émettre plus de 6 heures avec une batterie, l’ADX1M va probablement connaître un gros succès.

Cela a nécessité un gros travail d’étanchéité à l’aide de nombreux joints et d’éléments verrouillables et Shure semble parti pour que cet émetteur miniature puisse bénéficier d’un classement au minimum IPx4 et peut être même IPx7. Si tel était le cas, il serait la star des tournages difficiles puisqu’il résisterait à un bain de 30 minutes à une profondeur d’un mètre. Le micro en revanche…
L’antenne incorporée tout comme le pack dans son ensemble est étudié pour s’adapter continuellement aux variations de champs liées aux aléas d’une transmission HF à proximité avec le corps humain. Equipé d’un récepteur Showlink, il en accepte les ordres à la volée et, comme le reste des ADX, commute en moins de 50 ms en cas d’interférences sur la fréquence principale.

L’ADX1 est le pack normal de la série ADX. Forcément un peu plus gros que le 1M et portant une antenne, il a l’avantage de disposer d’une puissance supérieure, une durée de fonctionnement plus longue de ses batteries et enfin d’employer des modèles de batteries standard et donc compatibles. L’ADX2 est l’émetteur main de la série ADX. La différence avec l’AD2 réside dans l’adoption d’un récepteur ShowLink et donc de pouvoir changer de fréquence d’émission à la volée.
Enfin l’ADX2FD, FD pour Frequency Diversity, est l’autre émetteur main de la série ADX et le seul embarquant en son sein deux émetteurs HF séparés en plus du récepteur Showlink ce qui en fait, on le verra plus loin, un produit extrêmement sûr ou très pratique puisque les deux fréquences peuvent être commutées si nécessaire via une touche, facilitant la communication avec, par exemple, les équipes techniques. Enfin les deux amplis HF peuvent être mis en pont pour bénéficier d’une puissance d’émission supérieure.

l’ADX1

La famille des quatre émetteurs ADX. Les deux têtes KSM8 sont montées à gauche sur l’ADX2FD, avec deux fréquences d’émission distinctes et à droite sur un ADX2.

Détail important, les émetteurs des séries AD et ADX peuvent simultanément être connectés au même récepteur.
Interrogé sur une solution possible sans bénéficier de ShowLink pour garantir plus de sécurité avec par exemple le bodypack AD1, Michael Johns propose de poser deux émetteurs avec un micro « ygréqué », chacun sur une fréquence différente, et commuter le récepteur en Frequency Diversity. Ce dernier favorisera automatiquement la fréquence offrant le meilleur signal.

Wireless Workbench et plus encore

L’Axient Digital fait lui aussi partie de l’univers réseau de Shure où règne en maitre Wireless Workbench avec nombre de fonctions contrôlables et pilotables à distance, mais en plus, les deux récepteurs disposent du Dante en natif avec la puissance de routing et la flexibilité, voire la redondance propre à ce réseau audio dont l’avantage peut être de prendre une direction, là où les sorties analogiques ou numériques peuvent en prendre une autre.

Wireless Workbench qu’on ne présente plus et qui est la clef de voute des liaisons Shure, voire au-delà puisqu’il peut afficher la présence d’autres marques de liaison en ligne sans pour autant en prendre la main !

Enfin il est possible d’avoir la main à distance via des logiciels d’autres marques comme Crestron ou AMX ce qui peut être pratique par exemple dans des salles de conférence.
Une app existe en iOS pour visualiser et commander la gamme Axient Digital et même d’autres séries plus anciennes. ShurePlus Channels permet à deux personnes d’avoir accès aux infos du Workbench, une sur un ordinateur et une autre avec son iPad ou iPhone.

Shure a aussi veillé à ne pas changer de modèles de batteries sur l’Axient Digital pour rationaliser au maximum les parcs des prestataires et faciliter l’amortissement d’éléments qui sont très onéreux. Les émetteurs AD utilisent les batteries des PS900, 1000, ULX, QLX… Les chargeurs de ces batteries sont connectés eux aussi et donnent donc à Workbench toutes les infos quant au niveau de charge de chaque élément. D’un coup d’œil on surveille vraiment l’ensemble de la HF et de tous ses éléments. Le chargeur SRBC rackable 1U embarque par ailleurs 4 types de docks différents pour autant de modèles de batteries différentes.

4 slots sont insérables pour accueillir tout type de batteries et l’état de charge de ces dernières se suit par Workbench.

La mise en œuvre des liaisons est facilitée par l’analyseur de spectre de Workbench et le Spectrum Manager AXT600 qui cherche les meilleures fréquences disponibles et permet de constituer une liste de solutions de rechange en cas d’interférences. Ce système est pleinement fonctionnel aussi avec Axient Digital sans besoin de le racheter. La seule nouveauté est que l’émetteur du point d’accès, celui qui envoie les ordres aux micros équipés d’un récepteur ShowLink, a évolué vers un système à diversité, donc à deux antennes appelé AD610, disposant aussi d’un meilleur processeur, plus rapide et d’une puissance d’émission supérieure.

Le Quality Meter

Les fameux 5 cercles surplombés par un petit Q, comme Quality, of course ;0)

Un coup d’œil sur la face avant des récepteurs Axient Digital permet de remarquer une série de cercles placés en colonne verticale. Au nombre de 5 ils représentent le Quality Meter et indiquent le rapport signal sur bruit entre la fréquence d’émission et le bruit de fond.
Il faut donc regarder désormais le niveau RF des deux récepteurs qui affichent la puissance du signal reçu aux antennes, que ce dernier soit bon et contienne la porteuse utile ou pas, et le niveau de qualité du signal numérique, son rapport signal sur bruit, en sachant que l’audio qui sera tiré des bits rentrants est bon jusqu’à des valeurs très basses de headroom grâce à l’excellente sélectivité des nouveaux récepteurs de Shure et à la qualité du nouveau schéma de modulation.

Une vue du Channel Quality sur Workbench. Aucun souci à se faire. 3 par instants, reste un niveau parfaitement acceptable.

Cette double indication apporte un contrôle optimum sur la liaison et permet de prendre les bonnes décisions quant à un changement de fréquence qui peut se révéler inutile si le niveau RF est faible mais que les data passent bien ou au contraire indispensable si les paquets rentrants sont détériorés malgré un signal RF apparemment très fort…de parasitages.
La gamme Axient Digital offre la plus grande partie du spectre UHF, 184 MHz qui couvrent les besoins de très nombreux pays. L’avantage d’avoir un système ayant une plage d’accord aussi large est de toujours trouver de la place, où que l’on soit.

La démo au Soldier Field

L’ensemble des journalistes conviés par Shure à la démo du Soldier Field posent en haut des gradins.

Shure a tourné un film promotionnel très instructif dans l’enceinte du Soldier Field, le stade de football américain de Chicago, où le système Axient Digital est mis à rude épreuve dans une ambiance saturée notamment par la présence de la Willis Tower et de ses aériens situés à moins d’un kilomètre et demi.
Cette tour de 442 mètres a été très longtemps l’immeuble le plus haut du monde et comporte des astuces architecturales inédites comme celle d’être composée de 9 bâtiments s’arrêtant à différentes hauteurs et supportant la partie centrale, lui permettant de résister au vent.

Une vue du sommet de la Willis Tower avec ses deux immenses aériens blancs.

Au sommet de cette flèche limitée en hauteur par la FAA de peur de gêner le trafic aérien, se trouvent deux antennes de 85 mètres de haut. Grâce à elles et à leur hauteur, la Willis Tower est le plus gros émetteur télé des Etats Unis en termes de niveau rayonné. Il émet en UHF, VHF, mais aussi en FM et AM des stations de radio. Ce que l’on appelle un gros problème à surmonter d’autant que les secours américains peuvent à tout moment émettre dans les canaux UHF 14 et 15 qui leur sont alloués. Wireless Workbench dispose d’une fonction d’alerte sur ces particularités dès lors qu’on lui donne le code postal de la zone où l’on se trouve.

Nous vous proposons ce film c-idessous car il illustre parfaitement la démo qui a été spécialement refaite sous nos yeux par les équipes de Shure, qui y ont même ajouté quelques « complications » qu’on évoquera plus loin.

High Density

Il s’agit tout d’abord d’une émission avec un bodypack AD1 placé dans le dos, en High Density, donc à une puissance d’émission de 2 mW, à une distance d’environ 150 mètres. Rappelons que le HD mode garantit 47 liaisons actives en 6 MHz en lieu et place des 19 du mode normal où la puissance d’émission est de 35 mW. Le High Density est un procédé né avec ULX-D. Le but était de permettre de caser plus de micros dans une salle de conférence avec une portée limitée à 30 mètres. Cela a été utilisé par les clients de ce modèle de liaison à concurrence d’environ 35% du temps. Avec Axient Digital, Shure a voulu que le HD-Mode devienne la norme dans 70 à 80% des cas, d’autant que la portée est infiniment supérieure. On verra que le but est largement atteint.

Il faut une bonne vue mais le petit point noir tout en haut du gradin n’est autre que John Born. Il faut donner de son corps avec la Shure Corp.

On nous a donc refait ce test avec John Born en guise de runner, mais cette fois-ci placé carrément à 200 mètres. Malgré un niveau RF très bas, son pack dans le dos naturellement atténue de 10 dB le signal, et un headroom faiblard, la discrimination des récepteurs Shure a permis de sortir les paquets suffisants pour créer un audio parfaitement conforme.
Comme nous l’a dit Michael Johns, cinq, quatre ou trois barres de Channel Quality sont la norme et ne doivent susciter aucune crainte. Si en revanche la qualité descend à 2 ou même 1 de temps à autre, il est préférable de changer de fréquence. Quel que soit le nombre de barres et jusqu’à une, la qualité perçue de l’audio reste la même. A 0, le signal est muté. Il est important de savoir que l’allocation des paquets de datas est dynamique et change en fonction des conditions de réceptions, un des gros secrets sur lesquels Michael ne s’est évidemment pas attardé outre mesure mais qui de toute évidence fonctionne très bien.

Regardez le récepteur du bas. L’afficheur indique clairement que l’émetteur de John Born émet à la puissance de 2 mW. La RF est tristounette, le Quality Meter pas glorieux mais le son est imperturbable et d’une propreté parfaite. Nous sommes en High Density en plein air avec une pollution très importante. Seule petite contrainte, la latence en HD passe à 2,9 msec.

Nous lui avons demandé de nous préciser la fréquence d’échantillonnage d’Axient Digital, celle qui est présente aux bornes de sortie du récepteur, mais plus encore celle de travail de la liaison. Afin de satisfaire la majorité des mélangeurs modernes, elle est de 96 KHz et 24 bits, avec la possibilité le cas échéant, de profiter du SRC de la console pour la passer en 48.
Si cette dernière est ancienne ou ne dispose pas de SRC, il est possible de choisir comme fréquence de sortie du 48 KHz.
Bien entendu la transmission du signal ne se fait pas à 96 KHz, mais bien en 48 qui est upsamplé dès qu’il atteint le récepteur. Michael a insisté sur le fait qu’en 96 le son y gagnerait très peu contrairement à la HF qui y perdrait beaucoup en occupant trop d’espace.
Il en va de même pour le choix d’un fonctionnement uniquement en numérique compressé à l’aide d’un codec propriétaire de Shure. Le linéaire ne permet pas d’offrir la fiabilité de transport pas plus que le nombre de liaisons que le marché demande dans un espace qui réduit d’année en année.

QuadVersity

John Born surpris dans la rocade sous le stade.

Le deuxième test est effectué en QuadVersity en ajoutant donc deux antennes pointant vers l’un des tunnels d’accès à la rocade qui ceinture le terrain sous les milliers de sièges. Les deux autres antennes restent orientées vers le haut du gradin au lointain comme pour le test précédent. John Born sert encore une fois de runner.
Il est bien entendu que les deux antennes qui pointent vers le tunnel, perdent tout contact en direct avec John dès que ce dernier accède à la rocade et y avance. Le résultat est impressionnant. Je n’ai pas quitté des yeux les colonnettes des récepteurs et j’ai vu à l’œuvre la sélectivité et la sensibilité des tuners de Shure. Le niveau RF a baissé à des niveaux au raz du gazon de Soldier Field pour le tuner recevant la paire d’antennes principales et ne parlons pas des deux autres pointées vers le ciel ou presque.

Le tunnel donnant accès à la rocade avec les deux antennes qui s’ajoutent aux deux pointées vers le haut des gradins pour le tes en QuadVersity.

Elles ont capté des bribes de signal qui ont permis au Channel Quality de chuter moins vite et d’entendre du bon son là où aucune autre liaison ne pourrait le faire, mais il est probable que si ces deux aériens avaient été bien orientés, John Born aurait pu parcourir une distance encore supérieure. Il n’en reste pas moins que ce type de test valide la qualité d’Axient Digital et de son procédé QuadVersity, même si cela a un prix en termes de récepteurs, de coupleurs et d’antennes.
Pour résumer, le premier avantage du mode QuadVersity est une augmentation de la sensibilité du récepteur de 3 dB par doublement des antennes. Le second avantage est la possibilité de jouer la carte de l’absolue sécurité en plaçant, par exemple, une antenne à chaque coin de la scène ce qui annihile l’idée même de trajet multiple, ou d’accompagner un artiste sans risque sur une scène déportée sans besoin de changer de micro. Enfin des tests ont été menés par les équipes de Shure et ont validé les solutions en fibre optique des principales marques, autorisant de fait, les très longs déports des aériens.

Quatre collaborateurs de Shure. Si, si, le D-end avec son casque et sa tenue des Bears n’est autre que Mike Lohman, le Director Content and Digital Marketing qui nous a chaperonnés et amusés tout au long du séjour. A gauche se trouve Neil Shah, le Global marketing director of audio pro. Ensuite nous avons John Born et Michael Johns.

ShowLink

Le troisième test qui a réalisé spécifiquement pour nous, consiste en l’allumage d’un émetteur à la même fréquence qu’une liaison active dans le but de déclencher la bascule de cette dernière vers une deuxième fréquence, et le tout en écoutant le résultat à l’audio. A la baguette le Spectrum Manager dont le rôle est de chercher en temps réel des fréquences de rechange, de les stocker, de vérifier leur qualité et, si le besoin s’en fait sentir, d’en envoyer une vers l’émetteur ou même deux s’il tourne en Frequency Diversity, et se trouve dans l’incapacité de se faire entendre par le récepteur. Ce dernier reçoit évidemment la même information. Entre le moment où le besoin de changer de fréquence est validé et celui où l’audio est démuté sur celle/celles de remplacement, le temps maximum ne dépasse pas les 50 msec et oscille pratiquement autour de 20 msec.

Le Spectrum Manager, une pièce maitresse de la robustesse des liaisons Shure Axient.

Pour effectuer ce changement, le Spectrum Manager active le point d’accès AD610 et ce dernier, en 2.4 GB, pilote les émetteurs de la série ADX et les récepteurs via le réseau. Il est d’ailleurs alimenté par ce dernier. Pour ne pas faire durer inutilement le suspense, la bascule s’est opérée sans faille et sans aucun bruit notable. On a juste perçu l’attaque ramollie du « t » du mot talking sur la voix de Michael qui parlait, prise qu’elle était dans un rapide fade-in. C’est tout. Et c’est magique.

L’analyse du spectre à peine chargé du Soldier Field le jour même de notre presence.

A la question de savoir si, une fois constaté qu’elle semble –propre- est-ce que l’on rebascule sur la fréquence initiale, la réponse est claire : non. D’abord parce que cela occasionnerait à nouveau une coupure de 50 msec, et ensuite parce que le risque existe que le parasitage reprenne. La fréquence brouillée passe dans la liste de celles « pas bonnes » et reste comme telle sous surveillance. Si au bout d’un certain temps elle paraît être à nouveau exploitable, elle rejoint juste la liste de celles potentiellement utilisables.

John Born ressort comme une fleur de sa balade à l’ombre. Remarquez une des antennes pointées à l’opposé de la rocade où il a marché.

Si vous êtes enfin des adeptes de la sécurité absolue, Shure a pensé à vous, et nous a détaillé la solution offrant 99,9% (chiffre indiqué par SLU NDR) de sécurité, en prenant comme exemple le Super Bowl Halftime Show, sans doute LES 15 minutes à ne jamais planter pour un prestataire.
D’abord avec Axient Digital toutes les liaisons sont cryptées au format AES 256-bits. Ensuite chaque émetteur dispose d’un code qui lui est propre et qui fait que le récepteur connecté, refusera toute nouvelle porteuse rentrant à la même fréquence car ne disposant pas de ce numéro unique. Cette sécurité est essentielle car il est toujours possible de commettre une erreur de programmation durant un show.

Christophe Bouillot de Shure France, un homme qui aime et connait l’audio et saura vous expliquer et faire découvrir le catalogue de la marque.

Ensuite, trois fonctions bétonnent la liaison elle-même. D’abord une émission en Frequency Diversity, à savoir simultanément sur deux fréquences. Puis la réception en mode QuadVersity de ces deux fréquences via un récepteur AD4Q. 4 tuners et 8 antennes pour un micro.
Enfin ShowLink qui va changer, le cas échéant, la paire de fréquences brouillées en même temps en moins de 50 millisecondes. Appelons cela ceinture, bretelles et rivets !

Conclusion

Pour résumer et conclure, Axient Digital se voit adjoindre aux deux récepteurs double tuner AD4D et quadruple tuner AD4Q, et à ses deux émetteurs AD1 et AD2, 5 nouveaux appareils via sa future déclinaison ADX qui sera disponible au début du second trimestre 2018 : 

  • L’émetteur micro-bodypack ADX1M résistant à l’humidité/eau et disposant de ShowLink
  • L’émetteur bodypack ADX1 disposant de ShowLink
  • L’émetteur main ADX2 disposant de ShowLink
  • L’émetteur main ADX2FD disposant de 2 émetteurs distincts et de ShowLink
  • Le point d’accès AD610 fonctionnant en diversity et disposant d’une puissance supérieure.

Enfin le son que nous avons entendu tout au long de ces essais s’est toujours révélé d’une grande qualité. A vos banquiers, prêts, financez ;0)

Chicago. Ses tours, son lac et ses micros !

D’autres informations sur le site Shure

Crédits - Photos : Ludovic Monchat et Shure Corp.

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