Soprano 3 HQS, la découpe magique de DTS

Le fabricant Italien nous présente sa gamme de découpes à LED Soprano 3 et Soprano 5. Ces projecteurs, déclinés en blanc chaud / blanc variable / multi-couleurs sont de puissance 145 à 190 W pour la gamme Soprano 3, et 230 W à 390 pour la gamme Soprano 5. Chacune de ces découpes peut être équipée d’un objectif zoom 15°-30° (standard), 8°-20° (longue portée) ou 25-50° (découpe courte).
Nous avons testé, toujours dans le studio de La BS, le modèle SOPRANO 3 HQS, équipée d’un moteur de leds de 190 W multi-couleurs RGBACL, avec son objectif de 15°-30°. Et il nous réserve de très belles surprises.


La lumière de la Soprano

Question lumière, notre Soprano 3 est bien sympathique. Les mesures que nous avons faites la place sans problème dans une catégorie qui correspond à des découpes traditionnelles 1 000 W avec de grosses différences cependant, et essentiellement des avantages !
En dehors même des histoires de consommations / changement de lampes / température, etc. (on ne revient pas là-dessus, je pense que tout le monde en a conscience), il s’agit ici d’une lumière bien plus homogène que celle émise par une lampe avec miroir et double condenseur (qui n’était pourtant pas si mauvaise que ça à l’époque ou il n’y avait quasiment rien d’autre !).
L’étale de lumière est vraiment propre et je vous invite à jeter un œil sur le tableau des mesures pour vous en rendre compte. L’époque des gros points chauds est bien révolue…
D’autre part, on est en présence ici d’un projecteur à 6 teintes de leds RGBACL ce qui va permettre d’envisager le travail de la couleur de façon très différente qu’à l’époque (maintenant quasi révolue) des gélatines…


Si le rendement en blanc chaud peut paraître assez équivalent à celui d’une découpe 1 000 W, celui d’une teinte de couleur, même assez franche, parlons d’un bleu foncé par exemple (je vois d’ici sourire ceux qui ont déjà compris où je veux en venir) là, on obtient carrément un éclairement 3 à 4 fois supérieurs, et notamment compte tenu du fait qu’on peut associer les teintes à une température de couleur très haute, ça change à peu près tout !

Les 6 teintes de leds du moteur donnent ici un accès illimité à la plupart des couleurs avec ce qu’elles vont offrir de plus lumineux. Les plafonds de ce qu’on a toujours voulu imaginer avec du trad sont explosés. Si on ajoute à cela que le CRI mesuré à 3200 K et 4000  K est supérieur à 95 et à 94 pour 5600 K, on a là de sérieux arguments pour affirmer que la lumière est de haute qualité.


Variations depuis le blanc le plus chaud jusqu’au blanc le plus froid.

La Soprano dispose dans tous ses modes d’une correction green / magenta, qui n’est autre qu’une version assez poussée de ce que certains connaissent sous le nom de « minus green correction ». Il s’agit d’une gestion de la base de couleur permettant de corriger un excès de vert dans certaines sources, parfois dérangeant, notamment en captation.


Le canal de réglage de la saturation des verts. Le maxi green jusqu’au minus green.

Là, on bénéficie d’un réglage fin et précis de la teinte verte puisqu’on peut amoindrir sa saturation jusqu’à rajouter du magenta.
De 0 à 100 % Vous pouvez raccorder des lampes très verdâtres jusqu’à vous passer excessivement de cette dominante pour vos captations.
Et ce paramètre est bien évidemment applicable par-dessus toutes vos opérations de couleur, en toute transparence.


Un atout de la DTS par rapport à nombre de ses concurrentes est une absence quasi totale de décomposition chromatique visible dans le faisceau quelle que soit l’ouverture, et que ce soit en net, ou même en flou. L’optique est conçue pour ne pas aller jouer avec des zones où on commence à focaliser les différentes puces de leds hors sortie du nez de la découpe. On peut passer sa main dans le faisceau à moins d’un mètre de la source… Rien. C’est assez rare pour être souligné.


Ouverture du faisceau avec le zoom 15° – 30°.


Manipulation et fonctionnement

Tout d’abord, l’appareil en lui-même est tout à fait sympathique. Sa construction (100 % DTS en Italie) est soignée et très esthétique. On voit que c’est du costaud. L’ensemble, boite à lumière et objectif, pèse environ 12 kg, ce qui est raisonnable.

La sortie optique de la boîte à lumière.

L’objectif s’installe sur le nez de la boîte à lumière par un jeu de contreplaques circulaires. Il suffit d’enclencher l’objectif et de le tourner d’un quart de tour, puis de serrer avec la vis à molette prévue à cet effet sur le dessus, et une sécu par vis BTR dessous.
Les couteaux peuvent circuler très facilement et s’incliner suffisamment pour atteindre des positions permettant de tracer des formes triangulaires diverses. La limite est assez large.
Leur positionnement optique est bien fait et assure qu’on aura assez peu d’effet de courbes, même dans des situations de réglages assez extrêmes.
On ne peut pas retirer les couteaux de l’appareil, ils sont intégrés au système optique. L’ensemble peut s’incliner de 32° dans un sens et dans l’autre (64° de course totale).


Usage des couteaux.

De façon globale, la prise en main et l’ergonomie sont très bien pensées. C’est très important pour un projecteur fixe qui devra être manipulé assez souvent pour les réglages.

Le réglage du zoom et du focus sont deux des points forts de cet appareil. La molette de réglage de l’un et l’autre se trouve sur le nez du projecteur. On a tout sous les doigts sans avoir besoin d’allonger le bras pour pousser quoi que ce soit plus loin. La rotation est limpide, fluide et précise. C’est un pur bonheur…


Le réglage du focus, identique à celui du zoom situé de l’autre côté, avec son verrouillage.

Ceux qui se sont esquintés à focusser des découpes rouillées sur des passerelles de théâtres vont ici verser une petite larme… Jamais je n’ai eu entre les mains un projecteur de ce genre aussi facile et précis pour son réglage.
Et la cerise sur le gâteau c’est que chaque molette dispose d’une petite vis manuelle permettant de verrouiller le réglage en le protégeant contre toute manipulation fortuite.
IM-PEC-CABLE


La ventilation et le lieu de placement des couteaux et des accessoires.

Un joli porte filtre en sortie du nez permet de glisser quelque frost et autre filtre complémentaire qui vous conviendront (ou peut-être même une simple gélatine de couleur si ça vous amuse).
Le porte filtre est rond, mais comme les coins sont libres mécaniquement, vous pourrez y placer des filtres carrés.

En accessoires optionnels, on peut parler du porte-gobo qui peut recevoir un gobo de diamètre 80 mm.

Le porte-gobo.

Un porte gobo pour taille « M. » devrait voir le jour dans les semaines à venir mais l’image utile ne devra pas dépasser la taille maximum de 50 mm, adaptée à l’optique pour la projection. Si vous mettez plus grand, ça marche, mais le bord de l’image pourra être un peu grignoté.

Un iris est aussi proposé en option. Que ce soient le porte gobo ou l’iris, les deux peuvent se placer près des couteaux, avec un emplacement prévu à cet effet.


Projection d’un gobo feuillage.


Construction et examen technique

De part et d’autre d’une grosse poignée, l’arrière comporte le menu sur sa partie basse, et le panneau de connecteurs sur sa partie haute. C’est très pratique quand les machines sont sur un pont ou une passerelle. C’est souvent pénible de voir des tas de câbles pendouiller sous les projecteurs.

Question connectique, une entrée True1 pour l’alim, doublée d’une sortie pour reconduire le courant vers d’autres projecteurs (la Soprano 3 consommant moins de 200 watts à pleine puissance, vous imaginez bien qu’on peut en alimenter un certain nombre sur une ligne secteur…), et une entrée sortie XLR 5 points pour le DMX /RDM.


Le panneau de connecteurs.

Le corps de l’appareil est constitué de carters en alliage assez léger mais très robuste, avec une finition granulée particulièrement agréable au toucher.

Le moteur de leds se trouve juste avant les optiques de sortie, une grande partie de l’espace situé derrière étant occupé par le système de refroidissement.


Le module de leds.

Un ensemble de radiateurs surmonté d’une ventilation forcée assurent le bon fonctionnement des leds par un contrôle précis de leur température.
Tout l’arrière est occupé par l’électronique de gestion de l’engin ainsi que l’alimentation, l’électronique correspondant au panneau de connecteurs et au menu utilisateur se trouvant contre la paroi arrière.
Un anneau pour fixation d’une élingue de sécurité est disposé sur le dessus de l’appareil.

Côté nez, les éléments mécaniques internes sont assez simples, toute l’ingéniosité étant dans la réalisation ultra-efficace de la tringlerie pour le réglage de positionnement des lentilles par ces fameuses molettes si formidables.

Le positionnement de l’appareil en tilt et sa fixation par son solide et long (très long) étrier sont assurés par une molette manuelle qui assure un serrage efficace. L’orientation tilt a cependant quelques limites mécaniques qui ne permettent pas de dépasser les 270°.
Ce n’est pas un drame mais en cas d’installation en perroquet sur un pont ou un pied, on aurait aimé pouvoir tilter un peu plus vers le bas, surtout avec un étrier aussi grand qui le permet largement. Ca reste un défaut tout à fait mineur.

Présentation vidéo par Jean-Marc Jolivet – Technico-Commercial ESL



Mesures photométriques

Derating

Le derating, atténuation de l’éclairement en cours de chauffe à pleine puissance est inférieur à 5 % ce qui témoigne d’une bonne gestion de la température du moteur de leds et la lumière se stabilise en moins de 10 minutes.
Nous choisissons d’effectuer les mesures à la température de couleur de 4000 K et le zoom 15/30°.


Faisceau au plus petit net

L’éclairement au centre de notre cible à 5 mètres du projecteur est de 2 500 lux après derating (2 600 lux à froid) et l’ensemble de nos mesures conduit à un flux de 3 585 lumens (3 700 lm à froid). Nous mesurons un angle de 16°. La courbe d’intensité lumineuse est régulière.



Faisceau 20°

1 855 lux au centre après derating, (1 945 lux à froid) toujours à 5 mètres, le flux passe cette fois à 4 130 lm après derating (4 330 lm à froid).



Faisceau au plus grand net

C’est pour le plus grand net qui correspond précisément à un angle de 30° que le flux est optimisé. 4200 lm à chaud (4 450 lm à froid). A 5 m vous bénéficierez d’un éclairement de 1030 lux à chaud (1 080 lux à froid) et d’une courbe d’intensité lumineuse toujours aussi régulière.



Accès au menu et gestion du paramétrage

On accède au menu grâce à une large et épaisse molette qui permet de circuler dans les différentes pages et de valider en appuyant dessus.

Le menu avec sa roue de manipulation.

La première fonction accessible dans le menu est le « Highlight ». Cette fonction donne un accès immédiat à la lumière de l’appareil.
Une simple pression sur la roue, et il vous suffit de la faire tourner pour gérer l’intensité de 0 à 100 %, ce qui est extrêmement pratique…
Vous pouvez faire le focus de votre découpe sans avoir besoin d’un opérateur de console ou d’une télécommande quelconque pour envoyer le circuit. Excellent.

Dans le menu, vous avez aussi, accès aux strobes, à la gestion des verts, de la température de couleur, ou même de chaque source de couleur. Pour un usage sans console d’un réglage approprié (pour un tournage, un éclairage fixe, etc.). C’est très pratique.


5 modes de contrôles, de 5 à 17 canaux, permettent de piloter la Soprano. Nous avons fait nos tests en mode « Basic » qui est le plus « standard » donnant accès au shutter / dimmer / variation de température de couleur émulée de 1800 K à 10 000 K / saturation des verts et agissant sur les 6 couleurs natives de manière individuelle.

Ce mode donne aussi accès à l’émulation de teintes de bibliothèques de gélatines LEE et ROSCO plus qu’exhaustives. En adjonction avec le canal de température de couleur, vous accédez aux couleurs de la plupart des gélatines classiques, avec tout type de source. Et le résultat est vraiment convaincant.


Blanc froid, blanc chaud.

Un autre mode appelé « CMY émulation » permet d’utiliser les couleurs comme s’il s’agissait d’une trichromie soustractive, ce qui s’avérera très utile lors d’un clonage sur un show ayant des données en provenance de projecteurs contrôlés en CMY, ou pour ceux qui sont habitués à travailler de la sorte. Les autres modes gèrent la couleur exclusivement selon les rappels d’émulation de bibliothèques de gélatines Lee et Rosco.

Quatre courbes de dimmer sont disponibles. La première s’appelle « Quadratic », la suivante Gamma 2.2, la troisième est une classique S-curve et la dernière est linéaire. Nous avons tracé la S-curve, la plus classique qui soit, et sa courbe est très proche de ce qu’on obtient avec un gradateur classique.
Dans le menu, les courbes de dimmer sont appelées « Gamma Corr. » Il faut le savoir car si vous cherchez « dimmer curve » vous pouvez chercher longtemps ! Vous pouvez activer une émulation tungstène qui donnera une simulation d’inertie de filament au comportement du dimmer. C’est assez réaliste.



La gestion du bruit a visiblement été au cœur des préoccupations lors de la conception de la Soprano. Comme tout bon projecteur destiné au monde du théâtre (entre autres), cet appareil qui utilise pourtant une ventilation forcée, permet de paramétrer différents modes de refroidissement pour s’adapter plus ou moins au besoin de silence qui peuvent être exigés.
Pas moins de 4 modes de ventilation sont proposés. Un mode « standard » qui va gérer une ventilation moyenne pas trop bruyante, un mode « auto » qui va adapter la ventilation en fonction de la température des composants (et va donc aller vers une ventilation plus bruyante automatiquement si vous envoyez tout à fond très longtemps), et deux modes plus silencieux « silent » et « ultra silent » qui vont faire taire le projecteur fortement et quasi complètement au prix d’un peu de flux afin de préserver l’intégrité des leds.

La plupart de toutes les fonctions optionnelles paramétrables de la Soprano 3 sont configurables à distance via le canal « control » du DMX-RDM à commencer par la multitude de comportements de gradation du dimmer (en plus des courbes et de l’émulation tungstène), jusqu’au mode de ventilation ou à l’extinction du rétroéclairage du menu.

Conclusion

Voici une jolie découpe pleine de promesses qui constitue une excellente réalisation dans le domaine des projecteurs fixes à leds. Dans cette version « full colors » c’est un outil puissant et complet permettant à une simple découpe de devenir un projecteur de premier plan pour dépasser de très loin tout ce qui a été conceptualisé depuis des lustres dans les gènes de « la découpe ».
DTS présente ici un produit remarquable, 100 % « made in Europe » dont les utilisateurs devraient raffoler. J’ai été vraiment séduit par cet appareil.

D’autres informations sur le site ESL


On aime :

  • La qualité de lumière
  • L’ergonomie de réglage

On regrette :

  • La hauteur de l’étrier trop importante

Tableau Général

 

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