HARMONY NETWORK n’est pas un distributeur de matériel audiovisuel comme les autres, que ce soit par la spécificités des marques et des solutions qu’il propose mais aussi par la singularité de ses fondateurs, Diane Hivert et Gilles Bouvard. Avec eux, nous allons partager, de la genèse du réseau audiovisuel aux plus récentes pratiques, plus de 35 ans d’expériences qui ont forgé le choix des marques distribuées : Optocore et BroaMan.

A la fois pionniers et piliers des installations réseaux d’envergure sur les plus importantes productions à travers le monde, ces standards internationaux utilisés chez nous dès que les exigences de câblage réseaux s’accroissent, mériteraient d’être davantage exploités. Voici un focus indispensable qui, quand l’expertise technique s’accompagne d’une agréable chaleur humaine, révèle le confort opérationnel de solutions réseaux extrêmement puissantes et pourtant si simples à mettre en œuvre.
SLU : Bonjour Diane, bonjour Gilles, si nous commencions par un peu d’histoire ?
Diane Hivert : En fait, tout a commencé en 2003 par ma rencontre avec Gilles Bouvard, qui était à l’époque le boss de la société Alizé Création. Moi, j’étais ingénieure commerciale pour Rhône Alpes Paca chez S2CEB, qui distribuait Optocore pour la France. J’étais venue lui présenter la première solution Optocore, composée à l’époque d’un ensemble régie LX4 B qui offrait 48 entrées et 16 sorties ligne, que l’on raccordait sur les consoles analogiques (Midas XL3, H3000…) et un stage box LX4 AP, un rack de scène composé de 48 préamplis micros avec un vrai splitter 48 lignes et 16 sorties analogiques. Gilles, qui va toujours vers les produits d’avant-garde, voulait à tout prix tester cette nouvelle technologie.

Gilles Bouvard : Quand j’ai vu le système, tout était “high level” : la technologie, les préamplis et le prix ! Nous faisions à l’époque la sonorisation du festival du film d’animation d’Annecy, le MIFA et FIFA où j’avais un problème de synchronisation du son et de l’image car la projection 35mm sur un écran de 30m de base se faisait à plus de 100m de l’écran. Le câblage audio en analogique faisait plus de 200 m pour une diffusion en 5.1, donc 6 lignes audio. La solution Optocore m’a permis de le remplacer par de la fibre optique ! C’est là que tout a commencé, j’avais compris…
Mais à l’époque, j’étais prestataire et j’avais vendu ma société dans laquelle je n’avais plus toutes les libertés d’investissement. C’est seulement en 2010, quand j’ai retrouvé mon autonomie en créant à Chambéry la société de prestation GB4D, que j’ai eu de nouveau besoin d’Optocore sur des opérations importantes pour Louis Vuitton, partenaire de l’America’s Cup. Nous nous sommes retrouvés dans des situations techniques complexes pour gérer différents sites éloignés de plus de 800 m. J’ai donc investi dans mes premiers systèmes Optocore, trois DD32E et trois X6P 8mi/8lo, marque qui entre temps n’avait plus de distributeur officiel pour la France.

Diane Hivert : S2CEB n’étant plus distributeur, mon ancien collègue Philippe Moreau, qui était support technique, est devenu représentant du fabricant en France, et nous avons commencé à travailler ensemble. J’avais aussi gardé de très bons contacts avec Tine Helmle, directrice d’Optocore, ce qui nous a servi pour la suite.
Gilles Bouvard : Et comme j’avais compris tous les avantages de la fibre, j’ai développé mon parc qui compte aujourd’hui une centaine d’interfaces Optocore et BroaMan que GB4D exploite sur l’ensemble de ses prestations.
SLU : Vous étiez nombreux à utiliser Optocore à l’époque ?
Gilles Bouvard : Nous étions trois prestataires à être correctement équipés, avec Lumière et Son Paris et De Préférence, et qui utilisaient pleinement ses capacités. Plus tard DiGiCo a utilisé Optocore pour ses liaisons console en fibre optique, mais avec certaines limitations.
SLU : Et les débuts de BroaMan ?
Gilles Bouvard : En 2012, nous nous retrouvons sur l’un des plus gros spectacles à l’international, le 50eme anniversaire de la constitution du Koweït, organisé par l’agence italienne Film Master. La demande était de fournir un spectacle identique, pyrotechnie, lumière, son, vidéo, aux deux millions de spectateurs qui étaient répartis sur 5 km de littoral à Koweit City. Chaque spectateur, n’importe où il se trouvait bénéficiait du même rendu. Nous réalisions déjà en 2012 ce qui s’est passé à Paris sur la Seine pour l’ouverture des JO, 5 km de show ! C’est là que nous avons exploité les premières machines BroaMan qui nous ont permis de fournir six points vidéo, 53 points de son, plus du DMX via 20 km de fibre optique en parfaite synchronisation.

SLU : Quel est le rapport entre BroaMan et Optocore ?
Diane Hivert : C’est la même famille. Mark Brunke a développé et créé Optocore et sa compagne Tine Helmle a créé la société BroaMan fabriquant des interfaces vidéo.
Gilles Bouvard : Optocore est le premier réseau numérique sur fibre optique avec une redondance en anneau et une latence de 41µs, tout cela depuis plus de 30 ans avec la même qualité. BroaMan a apporté, en plus de la vidéo, la maîtrise de la fibre optique en étoile avec redondance. Optocore en a bénéficié pour créer le célèbre AutoRouter. C’est un véritable partage technologique.

SLU : Tellement liées que ces premières machines BroaMan pour la vidéo portaient le nom Optocore ?
Gilles Bouvard : C’est exact. Ces premières machines, des V3R SDI offraient des liaisons SDI pour transporter des flux vidéo sur un réseau Optocore en anneau, mais avec l’énorme avantage d’être redondant et sans latence. Nous avons pu tirer deux fibres optiques et transmettre 3 flux vidéo sur notre distance de 5 km. On était joueur, car nous étions les premiers bêta testeurs. Nous avions demandé la présence d’un ingénieur de chez BroaMan, c’était Maciek qui était venu, mais le système plug and play a fonctionné du premier coup. Mais qui oserait faire du béta test avec de l’IP sur un show aussi grand ?

SLU : BroaMan et Optocore sont aussi des produits d’installation fixe ?
Gilles Bouvard : Bien entendu. Ces produits sont conçus pour fonctionner en permanence. J’ai échangé dernièrement avec les équipes de l’Accord Arena qui est équipée en BroaMan et Optocore. C’est Philippe Moreau qui avait suivi ce projet à l’époque. Tout fonctionne parfaitement et en permanence 24h sur 24 depuis 15 ans. Les machines Optocore ne sont pas ventilées pour garantir une utilisation sans bruit, ce qui impose un choix strict des composants.
Diane Hivert : Beaucoup d’autres systèmes ont été installés, dont le siège de Sanofi à Gentilly, les Centres des congrès de Toulouse, Bordeaux, Le Grand Palais, le Grand Théâtre Royal de Rabat au Maroc, le Puy du fou, l’opéra Bastille, Le Théâtre du Chatelet, la patinoire de Courchevel, le théâtre de Poitier… et des prestataires avec les nouveau système série R : GB4D, Lumière et Son Paris, De préférence, S Group, MPM, Dushow…
SLU : Et en 2021, Harmony Network voit le jour ?
Gilles Bouvard : Les années passant et le succès étant au rendez-vous, cela devenait complexe de gérer dans la même société notre position de prestataire/loueur et de distributeur. L’idée de dissocier la distribution des produits BroaMan et Optocore s’est imposée et nous avons créé avec Diane fin 2021, la société Harmony Network à cet effet pour les proposer à l’ensemble des prestataires et intégrateurs audiovisuels qui commençaient à nous solliciter pour des configurations réseaux grand format.
Diane Hivert : Nous sommes aussi à la disposition des scénographes et des directeurs techniques pour concevoir des infrastructures réseaux adaptés à leurs besoins.
SLU : Avec Optocore, la qualité audio est au rendez-vous ?
Gilles Bouvard : Les réseaux Optocore permettent de maintenir une qualité audio parfaite dans le transport du signal audio, respectueux de la dynamique et de la phase. Depuis plus de 30 ans, les préamplis Optocore sont très performants et je ne suis pas le seul à le penser. Ils ont passé les tests de nombreux ingénieurs du son dans le monde, dont ceux de Radio France qui sont extrêmement exigeants.

SLU : Mais maintenant, beaucoup de fabricants de consoles utilisent leur propre rack de scène ?
Gilles Bouvard : En effet, les fabricants de consoles qui auparavant partageaient les datas qui contrôlaient tous les préamplis Optocore ont petit à petit proposé leur propre stage box propriétaire pour avoir leur protocole dédié fermé. Tous à l’exception de DiGiCo qui est 100% ouvert aujourd’hui à Optocore. Néanmoins, il y a toujours des solutions pour les intégrer. Celui qui recherche de la très haute qualité n’hésitera pas à les utiliser.
SLU : Le principal usage d’Optocore reste la construction de réseaux numériques ?
Gilles Bouvard : Au tout début les interfaces proposaient de l’analogique, puis de l’AES et du MADI. Nous aurons peut-être une ouverture vers l’AVB. Marc Brunke, le créateur d’Optocore qui est malheureusement décédé, était très réticent sur tout ce qui était IP. Pour lui, utiliser des réseaux informatiques pour de l’audio, c’était restreindre la qualité. Et il n’avait pas tort dans le principe. Aujourd’hui, nous pouvons, je l’espère, évoquer un Optocore 2.0, qui va s’ouvrir vers d’autres plates-formes pour étendre sa compatibilité. Avec en plus la fiabilité qui lui est propre, cela pourrait faire mal…
SLU : Même si nous parlons beaucoup d’IP, le protocole Optocore est toujours d’actualité ?
Gilles Bouvard : Le protocole Optocore a 30 ans. En 2026, il est très rare de trouver des interfaces de plus de 10 ans en occasion car la qualité et la fiabilité sont sans faille. Celui qui connait le produit ne change pas. Tu ne prends pas le risque de dégrader ton signal audio quand tu as une qualité au top !
Optocore ne lâche rien : synchro, horloge, le niveau de qualité pour l’AES/EBU, le MADI et l’analogique qui enterre haut la main beaucoup de systèmes numériques. Une boucle Optocore se composant de 24 ID au maximum, donne la possibilité de gérer 1024 entrées et est illimité en sorties quel que soit le format analogique ou numérique. Et que tu travailles en 48k, 96k ou 192k, les interfaces ont toujours le même nombre d’entrées ou de sorties possibles, c’est la capacité globale du nombre d’entrées du réseau qui diminue.

SLU : Le protocole Dante est une alternative aujourd’hui beaucoup plus utilisée ?
Gilles Bouvard : Pour moi, le Dante reste un outil très compliqué malgré ce qu’on le croit. Aller du point A au point B, c’est facile. Mais quand il faut relier 24 interfaces ensemble sur plusieurs régies avec toutes les problématiques que l’on va rencontrer, on trouve déjà beaucoup moins de techniciens qui maîtrisent les problèmes de synchronisation des réseaux numériques pour le réaliser. Optocore, c’est simple, plug and play et rien n’empêche de mettre en œuvre des passerelles MADI vers Dante, comme avec une console DiGiCo qui est équipée des deux formats ou des interfaces tierces.
SLU : Avec Octocore 2.0, pourrons-nous nous passer de ses passerelles Dante ou AVB ?
Gilles Bouvard : Trop tôt, joker ! ?? Je souhaite de tout cœur l’arrivée d’un Optocore 2.0 qui s’ouvrira vers les autres plates-formes. Optocore est utilisé dans beaucoup de spectacles à travers le monde. Très présent aux US et chez les Anglais car la plupart des tournées internationales sont équipées en Optocore. Beaucoup moins en France.
SLU : Pourtant les DiGiCo sont très utilisées en France, et donc l’Optocore aussi ?
Gilles Bouvard : Les utilisateurs de console DiGiCo n’exploitent qu’une très faible partie du système. Optocore est le protocole de transport et de liaison des éléments, ce n’est pas la même approche que de créer un réseau complet Optocore et de bénéficier intégralement des capacités qu’il apporte. Nous pallions souvent le manque de maîtrise de l’environnement complet Optocore pour montrer à nos clients tout ce qu’il peut apporter. Sûrement un manque de formation que nous sommes en train de combler.
Je tiens d’ailleurs à remercier pour sa confiance, Nicolas d’Amato, qui a échangé avec François Lund (référent réseau Optocore) et moi-même sur la configuration idéale, pour la tournée de Gaël Faye, d’une boucle Optocore qui devient le cœur principal de son concept.

Constituée de deux Optocore M8 Coax MADI, elle crée une matrice de 512 x 512 canaux pour distribuer les flux sur un DD4MR qui est dans la boucle DiGiCo et sur des ports MADI de la console SSL. Cette boucle optique Optocore gère la wordclock globale pour la synchro de tous les éléments : DiGiCo, SSL, Spectera Sennheiser… et partage par sa matrice, tous les flux numériques pour la face, les retours et le plateau.
SLU : Pourrais-tu nous dire quand l’utilisation d’un réseau Optocore semble évident ?
Gilles Bouvard : Optocore peut couvrir de très grandes distances grâce à la fibre optique, mais peut également créer des solutions système très complexes pour du routing entre plusieurs éléments audios ou vidéo. Il faut comprendre que l’audio, la vidéo, le DMX, les datas sont transportés par les interfaces BroaMan et Optocore. Un Route66 de BroaMan peut gérer de base une grille de 40 x 40 flux vidéo et tu peux lui adjoindre des interfaces Optocore pour l’audio, ce qui permet de réaliser de très gros es configurations. Une interface BroaMan MUX22 peut gérer 8 flux SDI 3G ou 12G et suivant les interfaces Optocore intégrées, contrôler une matrice MADI 256 x 256, 4 in/4 out analogiques ou même jusqu’à 120 préamplis…
SLU : Avec une grande fiabilité ?
Gilles Bouvard : La fiabilité est sans contexte l’une des raisons de choisir Optocore. Une coupure secteur sur une installation IP qui intègre beaucoup de machines, induira au redémarrage beaucoup de problèmes de synchro, face à l’imprédictibilité des remises en service de chaque appareil. Avec Optocore, tout redémarre correctement. C’est un réseau propriétaire ultra sécurisé. En plus, il n’est pas nécessaire d’avoir des compétences d’administrateur réseau pour l’utiliser. Une formation à minima suffit, accessible à tout technicien sans compétence informatique particulière.
SLU : Chez Harmony Network, si Optocore et BroaMan sont les marques phares, d’autres viennent naturellement les compléter ?
Gilles Bouvard : Dans le but de compléter nos configurations réseau, nous proposons d’autres marques, avec un statut de revendeur premium. Même si on utilise un réseau fibre optique principal BroaMan plus Optocore, le besoin de communiquer vers de l’IP est inévitable pour connecter d’autres équipements comme de l’AES67, de l’intercom, du Dante, etc… Pour cela nous avons besoin de switches et nous avons choisi de travailler avec Luminex. Nous pouvons ainsi créer un réseau complet, qui permet de transporter tous les protocoles divers et variés.
SLU : Sans oublier les produits Skaarhoj ?
Gilles Bouvard : Skaarhoj (prononcé “Skor-hoy”) est un fabricant danois qui propose des interfaces de commandes IP permettant de contrôler différents équipements à travers nos réseaux. Ce sont des produits conçus à la base pour la vidéo que nous adaptons aussi pour l’audio. Ils permettent entre autres de déporter facilement des points de contrôles, sous forme de petites consoles avec des faders et des boutons.

SLU : D’autres solutions existent déjà sur ce sujet ?
Gilles Bouvard : Si d’autres solutions beaucoup moins onéreuses existent et sont largement utilisées, comme le Stream Deck, elles ne sont pas comparables. La qualité de fabrication et la robustesse des interfaces Skaarhoj est largement supérieure, ce qui explique en grande partie ses tarifs plus élevés. Mais la différence importante est que ces interfaces fonctionnent de manière autonome, en IP, donc sans ordinateur. Ainsi, poser une commande à 10 km d’une console pour gérer ses macros et ses niveaux est extrêmement simple. L’important dans le choix de notre offre produit est de nous maintenir en permanence dans notre environnement premium de réseau.
SLU : Et comme la vidéo est aussi votre cœur de métier, la marque d’écran LED Dicolor ?
Gilles Bouvard : Pour donner suite à la rencontre avec les responsables de la marque à l’ISE il y a deux ans, nous avons pensé que ce serait une très bonne opportunité d’ouvrir notre champ d’action en proposant à nos clients, en plus de notre compétence réseau, une solution vidéo complète incluant les systèmes de diffusion sur écrans LED. Après avoir testé leurs performances dans notre structure de location GB4D, et vérifié la réactivité du fabricant pour les interventions techniques rapides grâce à des équipes basées en Espagne, nous les proposons à la vente via Harmony Network et à la location via GB4D.
SLU : Quelles sont les particularités des écrans Dicolor ?
Gilles Bouvard : Dicolor fabrique des écrans fiables, la marque à 20 ans d’existence. Les dalles sont bien conçues et disponibles sous de nombreux formats. C’est une entreprise chinoise sérieuse, qui pour l’instant n’était pas présente en France. Elle s’est illustrée en fournissant, via un prestataire Polonais, tous les écrans posés au sol lors de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Paris au Stade de France. L’offre produit est complète avec de l’indoor, de l’outdoor, toute la gamme de pitch et de technologie COB et LED, du sol, du circulaire, de la courbure variable, pour le spectacle, l’institutionnel et le sport. Nous avons déjà en France 240 m² d’écrans disponibles à la location pour nos clients qui désirent tester.

SLU : La boucle est bouclée pour permettre à Harmony de fournir un système complet ?
Gilles Bouvard : Oui, tu peux dire çà. Nous avons également conclu un accord de revente pour les microphones DPA et nous sommes actuellement en train d’évaluer un nouveau fabricant de fibres optiques pour offrir une solution audiovisuelle réseau complète, de la captation à la diffusion avec la meilleure qualité possible.
SLU : La fibre, c’est toujours un peu complexe sur le plan de la connectique ?
Gilles Bouvard : Dans la fibre optique, il n’y a pas de connectique générique. Nous utilisons des connecteurs à lentille type HMA pour les DiGiCo, ou du Neutrik OpticalCON en quad ou duo, monomode ou multimode, mais aussi beaucoup de liaisons brin à brin. Si tu veux transporter par exemple de la HF, des connecteurs SC/APC sont indispensables pour éviter les pertes de flux et les problèmes. En fibre, chaque liaison a une spécificité particulière de connexion. La notion de perte est également prise en compte : 12 dB sur un réseau Optocore, 6 dB pour la vidéo avec BroaMan. En fonction des exigences des équipements connectés, il faut choisir la bonne connexion, d’où l’importance de maîtriser notre offre fibre dans sa globalité.
SLU : Cette approche globale du réseau est une valeur ajoutée pour vos clients ?
Diane Hivert : C’est notre rôle de créer des systèmes réseau complets, parfaitement opérationnels et surtout optimisés. Nous fournissons aussi un service de conseils techniques par l’intermédiaire de notre bureau d’étude.

Gilles Bouvard : Beaucoup de nos clients formulent leur demande de manière confuse, avec entre autres une multiplication de liaisons qui n’est pas nécessaire et qui implique un plus grand nombre de connexions et d’interfaces. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que nos solutions combinées BroaMan, Optocore, Luminex et Skaarhoj permettent la construction d’une autoroute à quatre voies jusqu’au chemin du village… En limitant ainsi les équipements, nous limitons le câblage, le risque de panne, le temps de montage et le budget total d’une installation réseau.
L’investissement de l’infrastructure de départ pour un théâtre équipé avec nos interfaces, à contrario d’un théâtre pré câblé en audio, vidéo, DMX et fibre ne coûterait que 10 à 12% de plus, nous avons fait cette étude comparative avec le scénographe DuckScèno sur un cas très concret.
Nos réseaux ont juste besoin d’un unique maillage fibre optique monomode et ensuite les interfaces vont distribuer l’audio, le DMX, la vidéo, les datas, de l’IP… Tous ces protocoles peuvent être inclus dans des racks mobiles avec plusieurs points de connexion dans le bâtiment. Avec ces 10%, le client finance–t-il les interfaces à ajouter sur un réseau uniquement filaire ? Je ne pense pas !
SLU : La Festival Box conçue par BroaMan et Optocore est bien pour ça ?
Gilles Bouvard : C’est la liberté ! Deux boîtes, une fibre duo à minima ! C’est prêt ! APERO… ! Fini les 6 ou 7 câbles tous formats avec une pile de convertisseurs divers, le temps perdu au montage, au démontage, du poids et du volume dans les camions.
La rentabilité est évidente. Il suffit de calculer le prix de cinq tourets de fibre (en moyenne 1600 x 5 = 8000 EUR) auquel tu ajoutes aussi des RJ45… tu as payé ton kit Festival Box. Pour une salle qui fait de l’accueil, une paire de Festival Box permet de recevoir tout le monde avec tous types de consoles pour de l’audio plug and play.

SLU : A l’inverse d’une solution IP ?
Gilles Bouvard : La Festival Box Petit ou Grand, ce sont les deux modèles, ce n’est pas le réseau pour les nuls. Je dirais plutôt que c’est celui pour le technicien qui veut aller vite pour transporter ses différents protocoles sans se prendre la tête et sans avoir une licence en informatique.
SLU : De quoi peut être composé ce flux ?
Gilles Bouvard : Tous les protocoles sont transportés sauf un, l’AES 50 pour les petites Midas ou Behringer sur connectique RJ45 pour lesquelles il faut un convertisseur KarkTeknik DN9620 qui sera ensuite transporté par la Festival Box. En résumé, Optocore, Twinlane, Avid, Ravena, AES67, AVB, Milan, Dante, DiGiCo, les flux vidéo des écrans led, le SMPTE 2110 peuvent tous cohabiter en même temps dans la même boite.
SLU : Au cours des festivals, les productions n’aiment pas forcément partager leurs liaisons réseaux ?
Gilles Bouvard : C’est une question de culture ! Il y a celui qui aime les choses simples et efficaces et il y a celui qui aime les problèmes… Lorsque tu accueils des Anglais, ils sautent sur la Festival Box ! Durant l’été 2021, je me souviens avoir eu une demande de Capital Sound pour 8 paires de Festival Box équipé HMA. En France je compte les demandes sur deux doigts d’une main.

SLU : Avec le développement de la diffusion immersive et la multiplicité des points de diffusion, couplée à l’intégration dans les enceintes de connexion réseau, Optocore a-t-il encore un rôle à jouer ?
Gilles Bouvard : La distribution de l’audio dans un système immersif n’est pas très compliquée en soi et nous savons le faire sans trop de complexité. Je mettrai plus en avant les problématiques de redondance, comme par exemple, en cas de problème sur la chaîne de traitement immersif, pouvoir basculer immédiatement sur une simple diffusion LR ou basculer sur un système en backup. Autant dire qu’avec Optocore, c’est facilement réalisable avec nos matrices Madi M8 ou M12 qui apportent de vraies solutions.

SLU : L’utilisation de la fibre dans les réseaux audiovisuels est à encourager ?
Gilles Bouvard : Oui, il faut aujourd’hui démocratiser la fibre optique avec les solutions qui l’accompagnent pour que les professionnels en exploitent tous ses avantages. Même si elle est utilisée sur la majeure partie festivals à travers le monde, nombreux sont ceux qui continuent à tirer des liaisons indépendantes. On rencontre encore fréquemment une quinzaine de fibres pour un coût très élevé quand il suffirait de mettre des Festival Box pour n’en utiliser que deux. Le câblage est plus rapide et on évite de lourdes pertes en cas de dégradation des passages de câbles, pour un coût global bien inférieur.
SLU : Un exemple en particulier ?
Gilles Bouvard : Nous sommes intervenus à Roland-Garros pour les J.O. Nous avions utilisé un réseau Optocore pour distribuer 10 univers DMX sur l’ensemble du site. L’installation s’est faite simplement en utilisant le réseau fibré du stade. Nous avons placé un AutoRouter Optocore dans le nodal pour nous permettre de partir en étoile dans toutes les directions avec une redondance totale. Tout ceci en deux temps trois mouvements. Aucun switch, aucune administration réseau. Ici, Optocore n’a pas fait d’audio, mais a donné une solution rapide, super efficace et sécurisée !

SLU : Votre expertise réseau est complétée par une véritable approche de direction technique ?
Gilles Bouvard : C’est notre particularité et c’est très important pour nos clients. Le développement d’un réseau audiovisuel impose déjà une approche technique globale sur un projet, et nous avons la capacité de l’étendre à l’ensemble des domaines en amont et en aval de la distribution réseau, comme la vidéo, la lumière, et même la machinerie scénique.
Ce que nous avons fait par exemple au Stade de France pour les JO où nous avons conçu en un temps record des chariots pour des écrans LED mobiles. Il fallait pouvoir retirer chaque soir, pour les répétitions, les 3 écrans led de chaque pénétrante du stade. Nous sommes dans le cadre d’une distribution à valeur ajoutée, qui nous permet de proposer des solutions globales adaptées à la réalisation complète d’un projet audiovisuel.
Avec Harmony Network, le technicien audiovisuel se sent en bonne compagnie. Surement parce qu’on y parle le même langage. Si l’informatique gagne inévitablement notre profession, elle semble vouloir y imposer ses propres technologies. L’invasion de l’IP dans les réseaux audiovisuels impose de revêtir parfois à contre cœur l’étoffe d’un informaticien.
Pour ceux que cela ne passionne pas, il est possible de faire du réseau autrement, plus simplement et sans compromis d’intégrité du signal, en utilisant des équipements propriétaires. Rendez-vous chez Harmony Network, où le parti pris de l’excellence et de l’autonomie audiovisuelle est une évidence partagée avec passion.
Plus d’informations sur :
– Le site Harmony Network
– Le site Optocore
– Le site Broadcast Manufactur
– Le site Dicolorled
– Le site Skaarhoj





















