Adapter pour une tournée Zénith, un spectacle hors normes conçu dans le confort du Théâtre du Châtelet n’est pas simple, comme nous l’expliquent Alban Sauvé l’éclairagiste et Sébastien Lanoue le directeur technique des Misérables.

Cameron Mackintosh fut le premier à percevoir le potentiel de l’adaptation des Misérables en comédie musicale. Créé à Londres en 1985 et en anglais, le show se produit ensuite à Broadway.
Remontée par le Théâtre du Châtelet (le producteur), cette nouvelle version remise au goût du jour a pour vocation de se réadapter 4 ans après sa première version mais toujours sous la supervision de son producteur historique. Sébastien Lanoue raconte : « La mise en scène originale était signée Trevor Nunn. Elle a été revue ici par Ladislas Chollat. »

Support Production en collaboration avec l’équipe de Ugo and Play (production exécutive) repousse les limites de ce qu’il est possible de faire avec 180 personnes impliquées sur chaque date parmi lesquelles 46 artistes, 24 personnes dédiées à la gestion de production, 30 techniciens fixes et 80 techniciens employés localement.

Je rejoins Stéphane Godsztejn (Assistant Directeur Technique), Alexandre Gicquel (Régisseur Général Technique) et Sébastien Lanoue (Directeur Technique et fondateur de la société Support Production).
Ce dernier décrit : « Le kit lumière des Misérables est composé de 99 machines dont 59 Rivale et 36 Picasso et 4 Robospot. 6 vidéoprojecteurs contrôlés par deux Smode projettent les images sur deux rideaux de tulles facilement escamotables grâce à 2 supports Hispeed Roll-Up Showtex et 4 patiences contrôlent les ouvertures et fermetures des rideaux placés sur quatre plans. »
SLU : En comparaison avec d’autres comédies musicales sur lesquelles tu as travaillé, comment se situe Les Misérables ?
Sébastien Lanoue : C’est un spectacle hors norme par définition avec 140 points moteur et 900 mètres linéaires de ponts. Ils sont espacés d’à peine 15 cm pour bénéficier de la même souplesse qu’un grill de perches de théâtre au-dessus de la zone scénique.
Support Production a été créé en 2009, d’abord spécialisé dans la création lumière pour le spectacle et la télévision ; la direction technique et la régie général se sont rapidement ajoutée aux l’activités de la société. « Nous suivons de nombreuse comédies musicales et spectacles comme les misérables partout dans le monde. » explique Sébastien Lanoue son fondateur, en effet, Support Production est déjà intervenu sur des productions de comédies Musicales parmi lesquelles West Side story, Le magicien d’oz, La mélodie du bonheur, Le Rocky Horror Picture Show mais aussi des spectacles de danse comme Alvin Alley.
L’Ayrton Rivale, le choix stratégique
Cette tournée se définissait aussi par cahier un des charges exigeant pour le kit lumière fourni par Dushow avec une bonne colorimétrie pour la précision d’un éclairage de théâtre notamment dans les teintes pastel, une gradation ultra-précise, la capacité de produire de forts contrastes pour se démarquer de la vidéo projetée, des projecteurs de faible encombrement pour les installer sur un gril compact, l’accès à un module couteau pour des effets précis et enfin une optique qui ne produise aucun halo.

Par ailleurs une demande spécifique de la production de n’utiliser que des projecteurs à LED par écoresponsabilité, a orienté le choix d’Alban Sauvé, et son pupitreur Archibald Roulleau-Thery, vers les Ayrton Rivale. « Cette machine avait les qualités en puissance et en dimension car il y a peu de place sur le gril. Leur lumière est intéressante et dispose d’une bonne colorimétrie » précise Sébastien. »
SLU : Est-ce que vous aviez le choix avec d’autres machines au regard de cette exigence de colorimétrie ?
Sébastien Lanoue : C’est le problème de beaucoup de machines aujourd’hui. Nous sommes sur un kit de type Théâtre et opéra et nous avons besoin d’avoir accès à des couleurs fines qui soient identique au nuancier de gélatine ; Mais aussi à une qualité d’optique qui garantisse un flux sans parasite. Ces raisons ont imposé le Rivale. Pendant longtemps les automatiques pêchaient dans les couleurs pastel en finesse, en plus de ne pas pouvoir être corrigés par un cône antihalos en sortie quand on floute.
Le Rivale, par sa source de lumière, son IRC élevé et sa bonne conception optique a évacué ces problèmes. Par ailleurs c’est une machine compacte avec un module couteau, une trichromie et des gobos pour les effets. Des Rivale posés sur roulettes s’ajoutent à ceux du grill. Ils sont utilisés pour des effets de flash dans les barricades et sont ainsi évacués facilement une fois la scène terminée.

SLU : Le milieu du théâtre et de l’opéra est connu pour être exigeant sur la colorimétrie des sources qu’elle utilise. Est-ce que la LED du Rivale était à la hauteur ?
Sébastien Lanoue : La qualité de la source LED et sa puissance se devaient d’être élevées car il y a beaucoup de vidéos sur ce spectacle et avec des contrastes de lumière importants. D’une manière générale, on peut trouver des machines puissantes en LED mais elles pêchent souvent dans les couleurs ou la graduation. Idem pour le module couteau qui peut manquer de finesse. Le Rivale, lui, concentre toutes ces qualités nécessaires.
SLU : Est-ce que le fait d’avoir accès à des têtes automatisées est réellement utile pour ce type de spectacle ?
Sébastien Lanoue : Ce sont des machines adaptées à l’éclairage de théâtre qui peuvent aussi produire des effets comme du Beam façon « club ». La mise en scène demandait à la fois cette finesse et cette capacité à produire un faisceau concentré. Nous étions partis sur le Diablo que je connais bien car je l’utilise sur les plateaux d’M6 où je fais de la direction photo. C’est aussi une machine compacte mais elle manquait de puissance ce qui n’était pas idéal pour rivaliser avec la vidéo. Par ailleurs, il y a de nombreux décisionnaires dans la chaîne de validation créative et le Rivale nous permet d’avoir toute latitude pour répondre aux différentes demandes.

Le Rivale Profile d’Ayrton est un projecteur LED alliant compacité (30 kg) et puissance grâce à une source LED à haut rendement de 450 W (jusqu’à 25 000 lumens). Il offre un zoom linéaire de 4° à 52°, un faisceau remarquablement homogène, un pan/tilt continu et il est certifié IP65. Ces caractéristiques en font un projecteur ultra-polyvalent pour les prestataires.
Compatible avec les protocoles DMX, RDM et Art-Net, il bénéficie d’un nouveau système de trichromie qui marque une nette évolution de l’étendue de la palette de couleurs et sa source à large spectre associée à un CTP assure un CRI de 87, un record pour un système à synthèse soustractive.
Les Rivale Ayrton du grill sont associés à des Picasso Elation utilisés en latéraux. Sébastien explique « Nous aurions préféré spécifier un kit 100 % Ayrton mais il n’y en avait pas suffisamment en stock chez Dushow. »
SLU : Avez-vous eu des soucis avec les Picasso ?
Sébastien Lanoue : Nous en avons changé deux et le SAV de Dushow s’est très bien passé. Sur un mois et demi de tourné ce n’est pas significatif. Sinon aucuns soucis avec les Rivale.
Alban Sauvé l’éclairagiste qui a osé la LED
Alban Sauvé est l’éclairagiste du spectacle. Avec son pupitreur Archibald, ils se sont tournés vers le Rivale et il explique ce choix « C’est la première fois que je travaille avec autant de têtes automatisées car je viens du milieu Théâtral qui est en cours de modernisation avec des projecteurs à LED à la différence du Châtelet qui en est déjà bien pourvu.

SLU : En comparaison avec des projecteurs traditionnels, que penses-tu des Rivale ?
Alban Sauvé : C’est plus facile d’avoir le même blanc avec plusieurs projecteurs traditionnels comparés aux projecteurs à leds notamment ceux synthèse additive qui sont une combinaison de plusieurs teintes de leds. Le tungstène du trad fait briller la peau, tandis que la LED, source froide, produit un rendu différent. Sur Les Misérables, le blanc était un blanc gris pour donner une sensation de temps grisâtre avec une lumière terne.
SLU : Et sur le fait que ce sont automatiques ?
Alban Sauvé : Il faut adopter une autre approche. Au lieu de travailler sur un seul tableau, on pense à travailler la programmation des trois suivant simultanément. Cette anticipation permet d’éviter de rendre visibles les mouvements de projecteurs, ou les changements de couleur. On utilise donc environ la moitié du kit pour chaque image. Par ailleurs les automatiques donnent accès à de nombreuses possibilités ce qui est pratique. Par exemple, on peut intervenir très rapidement sur des éléments auxquels on n’aurait pas pensé sans être obligés de remonter au grill pour changer la direction. Ça dépanne.
SLU : Est-ce que ces projecteurs t’ont permis de réaliser des économies sur la quantité totale d’appareils ?
Alban Sauvé : Il y a plus de 250 images sur Les Misérables, que j’éclaire avec 95 têtes automatisées. Je sais que j’en aurais mis 2 fois plus en traditionnels.
C’est presque par hasard qu’Alban Sauvé découvre la lumière. Au lycée, il s’essaye d’abord la scénographie, lors d’un festival de théâtre organisé par son école, puis au jeu d’acteur, avant de commencer à régler ses premiers projecteurs dans un petit théâtre, et c’est une révélation. « J’aurais voulu savoir dessiner et peindre et j’ai découvert que je pouvais le faire avec des projecteurs. »
Il se rapproche ensuite de l’équipe du Théâtre de Beauvais, sa ville natale, où il se forme. Il y rencontre le metteur en scène Ladislas Chollat avec qui il travaille en résidence pendant trois ans. Alban reprend alors l’un de ses spectacles existants avec pour seule base de travail une captation vidéo et un plan de feu. Il passe plusieurs nuits à le remonter dans une salle plus petite, avec moins de projecteurs et seulement cinq jours devant lui mais le résultat est remarquable et il gagne la confiance de Ladislas. Le metteur en scène lui confie alors la création d’un seul en scène, « 3 semaines après le paradis », d’après un texte d’Israel Horovitz interprété par Daniel San Pedro. Le spectacle rencontre un beau succès et le journal Le Monde saluera le travail d’Alban en le qualifiant de « sculpteur de l’espace » dans sa critique.
Horovitz lui-même, venu spécialement de New York pour voir le spectacle à Beauvais adore. Cette reconnaissance marque un tournant. Ladislas l’emmène dans son sillage à Paris, et leur collaboration ne s’arrête plus. Ils comptent aujourd’hui plus de 35 créations ensemble. Autour de cette expérience se sont greffés d’autres metteurs en scène, d’autres expériences, construisant une confiance qui l’a mené à de nouvelles collaborations.
Atouts techniques et applications concrètes
Archibald Roulleau-Thery, pupitreur, a accompagné Alban lors de l’encodage du show sur console ETC EOS et poursuit seul la tournée. Il raconte : « Alban avait déjà travaillé sur une conduite encodée sur Eos et nous avons refait ensemble les tableaux dans une relation de confiance qui s’est instaurée petit à petit.
Ensuite j’ai repris le show pour tout mettre au propre de mon côté en prévision de la tournée. Étant déjà utilisateur d’asservis à LED, j’ai pu le conseiller sur les propositions de Sébastien pour spécifier son kit selon le plan de feu qu’il avait imaginé. Les Rivale nous ont été proposés, associés à des Elation Picasso pour rentrer dans le budget.

SLU : Est-ce que vous avez réussi à vous détacher du trad lors de votre travail créatif ?
Archibald Roulleau-Thery : A travers ses instructions je n’ai jamais eu l’impression qu’Alban cherchait à retrouver les sensations du traditionnel par contre il est évident qu’il a besoin d’une bonne gradation et d’un bon rendu de couleurs ce qui peut parfois pêcher chez certains projecteurs LED de moyenne ou entrée de gamme mais ce n’est clairement pas le cas de ceux que nous avons utilisés.
SLU : Est-ce que vous avez appelé des références de gélatines dans l’EOS lors de vos choix de couleurs ?
Archibald Roulleau-Thery : Cela peut m’arriver de travailler avec des éclairagistes qui fonctionnent comme cela mais pas avec Alban mis à part une fois pour mettre un 200. Il cherche plutôt à construire de nouvelles couleurs qui fonctionnent avec le tableau, sans forcément essayer de se rapprocher d’une gélate existante ou d’une référence couleur en traditionnel.
SLU : Quels étaient les challenges de ce spectacle en tournée ?
Archibald Roulleau-Thery : Les décors bougent et ne se répètent pas. Les scènes évoluent et pour les couvrir, nous n’avons pas un même réglage sur chaque machine. Par contre il faut ajuster les positions pan/tilt et des couteaux pour chaque salle. Pour moi cela se traduit par environ 350 presets différents ce qui constitue beaucoup de réglages.
Je fais rentrer ces retapes dans un planning serré car je ne peux faire défiler mes positions que lors de la générale c’est-à-dire avant la représentation au public. De plus, les comédiens ne passent pas toujours aux mêmes endroits car les accès sont différents d’une salle à une autre. Avec Éric, le metteur en scène résident, nous discutons de l’éclairage des allées pour s’adapter.
Archibald Roulleau Thery intègre le CFPTS en 2020 pour y suivre une formation de régisseur lumière en alternance, sur deux ans. À l’origine, il se destinait plutôt au live, avec l’ambition de travailler en prestation ou en salle. Mais la période Covid complique les choses « aucun prestataire ni salle n’acceptait d’apprentis » explique-t-il. Le contexte particulier de la crise sanitaire l’amène à réorienter son parcours vers une structure à la programmation plus éclectique, comme Le Carreau du Temple.
Diplômé en 2022, il s’appuie sur son réseau, principalement issu du milieu du théâtre, pour rejoindre l’équipe intermittente du Théâtre du Châtelet. Depuis, il exerce en tant qu’intermittent, aussi bien au Carreau du Temple qu’au Théâtre du Châtelet, tout en intervenant ponctuellement en concert et en prestation.
Les défis techniques et organisationnels gérés par Support Production
Ce spectacle n’a, à l’origine, pas été pensé pour partir en tournée avec un encodage prévu en dur et des décors construits pour de la résidence. Mais le défi de cette production va au-delà, et l’équipe de Support Production, forte d’une grande expérience, n’a pas hésité à relever le défi d’adapter la lourde machinerie scénique de ce show en Zénith, tout en respectant une reproductibilité parfaite.

Sébastien Lanoue, directeur technique de la tournée explique « La difficulté des Misérables, c’est d’avoir été conçu pour être joué au Châtelet. A la différence d’un Zénith le Châtelet, dispose d’une machinerie théâtrale avec cintres, dessous et suspensions pour choisir des hauteurs. Chez Support Production, nous avons imaginé des techniques qui permettent de retrouver ce même visuel en Zénith avec l’unique exception de ne pas avoir de trappe dans la scène, élément que nous avons négocié.
SLU : Les décors sont imposants, comment réussissez-vous le tour de force de les faire entrer et sortir sans les espaces qui caractérisent les Théâtres ?
Sébastien Lanoue : Nous avons repensé la cage de scène dans son ensemble puis modélisé la scène, les équipements techniques et le décor en 3D afin de trouver les meilleurs solutions pour chaque problématique qui se posait. Pour cela nous étions en communication permanente avec Emanuelle Roy, la scénographe du spectacle qui a imaginé les décors, et Lucia Goj, la directrice technique du Châtelet et son équipe. Cela nous a permi de multiplier les étapes de validation afin d’arriver à un résultat qui soit fidèle à ce qui avait été mis en place au Châtelet par les équipes d’origine.
Par exemple, nous avons de gros lustres qui viennent du plafond et il faut les échapper au moins au-dessus des frises pour les cacher. Les décors comprennent aussi de grosses vagues motorisées, asservies et mobiles pesant 2 tonnes pour l’une et 1,2 tonne pour l’autre car elles intègrent elles-mêmes un ascenseur pour que les comédiens puissent en sortir par le haut. Notre ouverture de scène devait mesurer 36 mètres minimum pour avoir la place de déplacer les éléments sur scène et les stocker.
SLU : Comment est rythmé le montage / démontage du show ?
Sébastien Lanoue : Le timing est court car nous arrivons dans une salle vide, puis le rig et la scène sont fournis en local. Notre point d’attention se concentre sur le respect de nos plans qui sont précis à 5 cm près partout pour les décors qui doivent pouvoir passer entre 2 rues de Pendrillon. Souvent nous démarrons à 3 heures du matin jusqu’à 22 heures Le lendemain la déco nécessite 8 heures de montage et le surlendemain c’est la générale qui enchaîne sur le show.

SLU : Pourquoi ce choix d’employer des équipes locales pour installer le rig ?
Sébastien Lanoue : D’une part il aurait fallu qu’on ait un double kit pour enchainer les salles, ce qui n’était pas intéressant. De plus s’appuyer sur les locaux est important car ils connaissent les salles avec leurs points d’accroche et leurs spécificités. De notre côté, des plans Vectorworks 2D et 3D cotés au millimètre leur sont fournis et on discute ensuite pour adapter et choisir les ponts ensemble.
Sébastien nous confie que seulement 3 salles en France sont en mesure d’accueillir ce spectacle (Lyon, Nantes, Lille).

Deux vidéoprojecteurs situés au plein milieu du grill assurent la projection du fond de scène sur un énorme rideau en tulle. Sébastien Lanoue nous explique le fonctionnement du système Hispeed Roll-up qui permet d’enrouler et dérouler ces rideaux : « Ce sont des sections de ponts dans lesquelles un enrouleur en aluminium placé au centre enroule et déroule une drisse. Au bout un moteur fait tourner l’enrouleur et les drisses attrapent le rideau sur une barre de lestage pour le monter.
Cela simule un rideau qui partirait dans les cintres pour des endroits limités en hauteur de plafond. C’est un produit à la vente et à la location chez Showtex. Le système existe en sections de 3, 6 et 9 mètres de longueur qui peuvent s’assembler. Sur cette scène il y a deux assemblage de 20 mètres car de la vidéo est projetée sur un rideau à l’avant-scène qui monte et descend à certains moment du spectacle en plus du deuxième que l’on monte parfois pour laisser apparaître les musiciens situés derrière le fond de scène. »
Ce système, déjà testé par Sébastien Lanoue il y a 6 ans pour Les Parapluies de Cherbourg, permet d’enrouler et dérouler les rideaux dans des espaces sans hauteur, tout en conservant un rendu visuel propre.

SLU : De quelle matière est l’écran ?
Sébastien Lanoue : Emmanuelle Roy voulait une matière dont la texture évoque le tissu et nous avons choisi du gobelin grande maille avec une texture légèrement brillante pour refléter la vidéo.

La tournée française des Misérables s’impose comme une démonstration éclatante de ce que la technique au service de l’art peut accomplir. Sous la supervision de Cameron Mackintosh et la mise en scène de Ladislas Chollat, Support Production, mené par Sébastien Lanoue, a relevé le défi de transposer en Zénith un spectacle pensé pour la machinerie théâtrale.
L’éclairagiste Alban Sauvé et son pupitreur Archibald Roulleau-Thery ont confié la lumière à 59 Ayrton Rivale et 36 Elation Picasso pilotés depuis une console ETC EOS, tandis que 140 points moteur, des vagues de 850 kg, des Hispeed Roll-Up Showtex et deux stations Smode agrémentent une scénographie millimétrée. Ce dispositif technique est à la hauteur du talent des 230 personnes mobilisées soir après soir pour faire vivre ce monument de la comédie musicale.













