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Jordan Magnée imagine un Mega Super Design pour la Big Boss Lady Theodora

Texte, Photos et vidéo : Allison Cussigh

Quadruple lauréate des Victoires de la Musique 2026, Theodora frappe fort avec son « Free Kitty Tour ». Un spectacle conçu de A à Z par le scénographe et éclairagiste Jordan Magnée, qui a su traduire en trois dimensions l’univers hybride et hyperféminin de la chanteuse franco-congolaise.

Theodora est la grande gagnante des Victoires de la Musique 2026 avec 4 prix qui récompensent : Révélation féminine, Révélation scène, Création audiovisuelle et Album. Seuls des artistes comme Zaho de Sagazan, M, Alain Bashung, Johnny Hallyday, Alain Souchon ou Vanessa Paradis ont cumulé autant de Victoires, et pour eux, cela s’est souvent construit sur plusieurs années de carrière. Cela pose le personnage et son talent.

Theodora, grande gagnante de la Cérémonie des Victoires de la Musique 2026, incarne un mélange culturel original avec une esthétique visuelle aussi variée que sa musique. La scénographie s’inspire largement de ses clips et pochettes d’albums avec une dominance de rose et une iconographie en collages.

Le style de Theodora est extraordinairement éclectique et varié, fusionnant de nombreux genres musicaux parmi lesquels le rap français, la pop, l’afrobeat, l’Amapiano, le R&B ou encore le Zouk. La chanteuse franco congolaise est une artiste dont la créativité débordante se nourrit d’un mélange de cultures afin de reflèter pleinement son identité sur scène. Son univers visuel associe des références japonaises, des vêtements girly ou des matières brillantes à une esthétique hyperféminine qui évolue dans les couleurs vives comme le rose.

Cette tournée est produite par Boss Lady Records et AEG et les prestataires impliqués sont Dushow à la lumière, Alabama pour la vidéo et MPM au son. Ce style hybride est mis en valeur avec brio par la scénographie et le design lumière de Jordan Magnée, qui nous explique sa démarche dans une interview vidéo :

Contacté à l’été dernier par la production de Theodora, Jordan Magnée rencontre rapidement son équipe artistique pour récupérer les intentions prévues pour cette nouvelle tournée le « Free Kitty tour ».
Jordan raconte : Le brief était d’avoir une scénographie avec différents espaces dans lesquels elle pourrait évoluer. Il y avait aussi une envie d’avoir une BBL Tower en centre de scène et une référence aux salons de coiffure afro de Château d’eau et Château Rouge. A partir de mes recherches et photos dans ces quartiers j’ai assez vite visualisé une tour au centre avec des shops imbriqués de chaque côté et les espaces musiciens sur la partie supérieure ainsi qu’un billboard vidéo à jardin pour travailler les reprises caméra.

Une face large en Robe Forte sur le pont de face et sur les latéraux complémentent des Forte LTX contrôlés en RoboSpot pour éclairer impeccablement les danseurs et musiciens. Un choix plébiscité par l’équipe de captation.

J’ai aussi pioché dans son iconographie à travers ses clips et pochettes d’albums qui bénéficie d’une vraie direction artistique. J’ai voulu cette scénographie à son image c’est-à-dire très rose avec des effets de collage. A partir des premières idées que je leur ai présentées, et auxquelles ils ont adhéré, je suis entré dans la conception, la modélisation 3D sur Cinema 4D, le dimensionnement et comment transposer cette architecture dans le réel. Puis je suis passé sur Depence pour les rendus du design lumière.

SLU : Quelle a été ta réflexion sur la création lumière ?

Jordan Magnée : Je voulais à la fois éclairer la scénographie et avoir un kit suffisamment polyvalent pour faire des effets, éclairer les danseurs et les accessoires car il se passe beaucoup de choses sur scène. Mais avant toute chose, je voulais mettre en valeur Théodora.

SLU : Et du point de vue de la conception des éléments scéniques ?

Jordan Magnée : On avait besoin d’un certain niveau de détail tout en rentrant dans les contraintes de production. C’est un show ambitieux avec un montage en jour J, il a donc fallu faire des choix.

SLU : Qui t’a épaulé dans la fabrication de ces objets scénographiques ?

Jordan Magnée : Nous étions plusieurs, Thibault Jamin a repris la direction technique et Fer&Défaire a assuré la construction des éléments. After s’est greffé sur certains éléments comme les escaliers et l’intégration du ruban LED de la tour. Et Blackout s’est occupé des rideaux qui fonctionnent comme un système de persiennes en se repliant bande par bande sur la partie supérieure.

SLU : Comment s’est passée la création des médias diffusés dans l’écran « Billboard »

Jordan Magnée : Leur création s’est faite en parallèle. Je les ai supervisés avec Mathematic Studio sur la base de la setlist qui nous a permis d’écrire le show. Les tableaux ont un univers propre à chaque titre. La scénographie est un mélange d’espaces physiques, d’intégration lumière et d’intégration vidéo. Il y avait un enjeu à ce que la vidéo créée du contexte et fasse voyager les spectateurs dans les différents univers de Théodora.
Les rendus peuvent être graphiques, 3D réalistes ou simplement une retransmission des IMAG. Mathematic a été un bon partenaire d’autant plus qu’ils avaient déjà travaillé sur des clips de Théodora et donc connaissaient son univers qui est riche.

La scénographie : une architecture vivante et immersive

La BBL Tower est la pièce centrale du show. Pensée comme une façade urbaine avec des croisillons aux fenêtres, elle est construite sur deux étages avec des magasins attenants de chaque côté symbolisés par des vitrines qui s’animent grâce au contenu vidéo projeté dans des écrans LED. Au-dessus de ces éléments boutique deux espaces accueillent les musiciens tout au long du show. Surplombant l’espace supérieur à jardin, un écran vidéo imaginé comme un billboard des routes nord-américaines, diffuse les reprises des douze caméras et de la cadreuse.

A contre-courant de ce qu’il se fait habituellement, dès que les spectateurs arrivent dans la salle, la scénographie est entièrement dévoilée et allumée pour les faire rentrer dans l’univers de l’artiste.

Multipliant ainsi les espaces pour plus de richesse dans les tableaux, Jordan Magnée élargit les possibilités afin que la chanteuse exprime son talent et le public est à fond !
Jordan Magnée explique : Je tenais à prendre le parti inverse de ce qu’il se fait d’habitude en présentant la scénographie allumée dès que les spectateurs arrivent dans la salle pour les faire entrer dans l’univers de Theodora. Même les premières parties jouent avec et on met juste leur nom dans les enseignes. Idem, pendant le temps d’attente, le billboard passe la setlist dans de fausses publicités.

SLU : Avec cette scénographie dévoilée, comment le show se lance-t-il ?

Jordan Magnée : « La dernière chanson avant le début du show est toujours un titre de variété française qui fait monter l’ambiance et que les gens peuvent chanter. Puis on a un noir salle et Théodora apparaît en silhouette au premier étage sur son titre « 243 km/h » qui commence très vite. On voulait prendre les gens par surprise. Les rideaux se lèvent alors, les danseurs la rejoignent et avec les médias vidéo, tout est dévoilé d’un coup. Ensuite, l’univers vit tout au long du show à travers les différents tableaux, happenings et danses. »

Au début comme à la fin (sur cette photo), Theodora apparaît en silhouette. Elle est éclairée en contre depuis le premier étage de la BBL Tower.

Le show multiplie les tableaux : un moment strip-club, une chambre façon maison de poupée, une boîte de nuit animée par des enseignes rétroéclairées que les danseurs tiennent à bout de bras en entrant, ou encore un imposant fauteuil de Big Boss Lady agrémenté d’un casque audio rose. Autant d’accessoires qui ancrent chaque univers dans le réel.

Théodora assise sur une Lune s’avance vers son public pour aller à sa rencontre (…)
(…) éclairée par une face puissante en Robe Forte LTX installé en régie.

Une superbe Lune fabriquée de toute pièce vole également en salle grâce à un tracking. Des chaînes descendent sur lesquelles elle est accrochée et l’artiste assise sur un siège effectue un vol en salle au-dessus de la fosse. Une prestation assurée par le prestataire Seven et MECAoctet.

Jordan raconte : « Au tracking on fait descendre les câbles, on l’accroche et elle se déplace sur une avancée de 30 mètres où on fait varier un peu les hauteurs. C’était uniquement pour Paris. Pour ce moment un opérateur installé en régie l’éclaire de face à l’aide d’un Forte LTX sur roulettes. »


Les outils du design lumière : couleur, vidéo et puissance

L’approche de la couleur est poussée dans des mélanges inhabituels pour faire le lien entre lumière et vidéo.

SLU : Son univers est très coloré. Je sais que tu es à l’aise en couleur mais pourrais-tu me parler de ton approche sur ce show.

Jordan Magnée : Effectivement je suis à l’aise avec la couleur, mais là je me suis surpassé et il n’y avait plus de règles (rire). Suivant les tableaux, il y a des mélanges de couleurs que je n’avais jamais osé faire avant et que j’ai poussés à fond.

SLU : Comment as-tu fait pour que ça fonctionne ?

Jordan Magnée : Quand on part sur de tels mélanges on ne peut pas être dans la demi-mesure sinon on passe vite dans le cheap. Pour construire les tableaux, j’ai travaillé la setlist en amont avec l’équipe vidéo pour que tout soit bien calé lors de l’encodage. Il y a des tableaux où je me limite à une ou deux couleurs voir à des aplats et d’autres où c’est carrément multicolore avec des mélanges de vert, de rose associé à du turquoise et du rouge comme pour le tableau du titre « Go ! » où les écrans retransmettent une vidéo un peu cheap façon karaoké japonais en pixel art. On utilise des couleurs primaires et complémentaires parfois en mode ACL et on assume le côté à l’ancienne pour recréer une ambiance d’un passé idéalisé qui soit fort visuellement et créé avec des machines modernes.

Pour le titre « Kongolese Sous BBL » L’entièreté du kit a été pixel mappé pour suivre les feux d’artifice envoyés dans les écrans vidéo.

SLU : Le tableau de son tube « Kongolese Sous BBL » lui aussi est particulièrement chamarré

Jordan Magnée : Sur ce titre ça va dans tous les sens. C’est une référence au carnaval et aux feux d’artifice avec l’idée de retranscrire une ambiance fête. En vidéo on envoie un flux de GIF de feux d’artifice qui se superposent. On a pixel mappé l’entièreté du kit avec plein de couleurs et pour prolonger en lumière ce qu’il se passe en vidéo.

Effets immersifs

Les Color Strike M. assurent un contre puissant. Les Pixel Curve produisent des effets Waves travaillés sur le nez de scène et en ponts de contre. Les LEDBeam 350 dessinent un grand cadre lumineux. Au-dessus de la scène, deux ponts de MegaPointe et de Color Strike M. assurent l’éclairage principal pour des aplats, relayés en salle par des Forte qui assurent la face pour la captation. Enfin, des Color Strike M. face public assurent les blinder.

SLU : Que penses-tu des COLORado PXL Curve 12 ?

Jordan Magnée : Pour ce show je suis allé vers des valeurs sûres et j’ai spécifié du PXL Curve qui est une nouveauté et que beaucoup d’éclairagistes utilisent sur leurs créas cette année. J’ai toujours été réticent aux Waves dans mes shows mais il faut avouer que ça marche super bien. Je fais tout de même attention à les utiliser avec parcimonie et sur des moments où ça apporte quelque chose.

SLU : C’est-à-dire, comment les utilises-tu ?

Jordan Magnée : On a essayé de les triturer en changeant les angles, en appliquant des effets de dimmer, de couleur ou de zoom pour qu’on ne voie pas trop que c’est un projecteur Waves. Mais finalement, dès l’intro, on est full Wave et ça marche bien. Globalement, du point de vue de l’architecture et de la conception des tableaux, ils offrent beaucoup de possibilités. Mais si on en met sur tous les tableaux, ça n’a plus aucun sens et on s’y perd. Les pros voient que c’est le même mouvement mais pas forcément le public donc quand je les utilise, j’y vais à fond.

Les COLORado PXL Curve 12 Chauvet Professional avec leurs têtes mobiles contrôlables indépendamment en zoom, inclinaison (tilt jusqu’à 200°) et couleur, offrent des effets dynamiques et volumétriques particulièrement impressionnants.

SLU : Et les Robe Forte ?

Jordan Magnée : Ce sont des machines puissantes et ça marche très bien en Zénith. Je les utilise à la face et en latéral pour éclairer les danseurs en appliquant des effets de couleurs et de dimmer pour donner du contraste sur scène. Globalement nous ne les utilisons pas beaucoup en effets sauf à un moment en gobo étoile pour faire un fond.

Les musiciens bénéficient d’une face classique en Forte (…)
(…) ils sont associés à des PAR 2 RGBW Zoom Rush.

SLU : Comment éclaires-tu les musiciens situés au-dessus des shops ?

Jordan Magnée : Nous avons des Rushs Par Zoom au sol et en latéral ainsi qu’un éclairage de face en Forte. Une partie des gradins les voit moins et c’est pour cela qu’on les met en avant à certains moments grâce à des focus lumière prévus dans la mise en scène.
Et puis des Color Strike en contre derrière les barrières Heras créent comme un « fond de mini scène ». Ils sont utilisés en pixel mapping ».


Redessiner la scénographie avec la lumière

Des PXL Curve viennent raser les quatre barrières Heras qui forment le fond de scène des musiciens « Je voulais créer un contraste entre une scénographie un peu sophistiquée rose et ces barrières qui font un peu cheap et que l’on vient volontairement éclairer pour créer un effet brillant. Ils sont intégrés aux décors et ces éléments complètent les enseignes et les panneaux à LED intégrés des boutiques.

Au-dessus des shops, des mini murs ferment les scènes des musiciens. Des barrières Heras reflètent les faisceaux des Pixel Curve installés dans les ponts de contre. Des Color Strike M. placés derrière ces barrières renforcent une volonté de créer un effet brillant sur un matériau un peu brut.
La Tower intègre du strip LED, et un généreux kit de Sceptron Martin redessine les arêtes et les marches des shops.

Jordan précise : « Les shops sont éclairés par des Color Strike M. Chauvet Professional au sol ou à la face, et une bande LED en façade fait office d’enseigne. L’ensemble, associé aux écrans LED, forme une boîte vidéo et crée un dialogue visuel équilibré malgré la densité de la scénographie. Chaque élément trouve ainsi sa place et donne du contexte à l’ensemble. »

Il ajoute : « La BBL Tower monte très haut avec des shops sur les côtés. Le grand « geste » du kit lumière c’est d’avoir les deux angles qui viennent refermer le cadre avec les LEDBeam 350 qui le définisse et sont intégrés dans la scénographie. Le proscenium rond, qui est un demi-cercle dans le prolongement de la Tower, est aussi un des éléments marquants ».

Les Color Strike M. recréent un effet Billboard au-dessus de l’écran à LED situé sur la partie supérieure à Jardin de la scénographie. Intégrés au kit lumière, ils prennent le relais sur les Pixel Curve.

Le billboard est surmonté de 6 Color Strike M. en référence aux enseignes des routes américaines.

Deux ponts de poursuites pilotées par deux RoboSpot assurent la face, un pour l’artiste et un autre pour ses invités ou sa backeuse qui la rejoint pour des événements ponctuels de lancés de strings. Deux ponts latéraux en Forte renforcent l’éclairage des danseurs et d’ambiance.


Les coulisses du pupitre de ce show XXL

Arnaud Luthun est au pupitre et part sur la route de la tournée.

Jordan Magnée a fait un travail de recherche avec Arnaud Luthun et Raphaël Rowenczyn et ce premier assure ensuite la tournée sur la route.

Arnaud Luthun : On travaille en GrandMA 3 Soft 2. On doit passer en soft 3 pour partir en festival car certains outils sont plus rapides lorsque le show est encodé et qu’on a besoin de retaper ses presets le jour J, les kits des festivals étant différents d’une date à une autre.

SLU : As-tu déjà travaillé en soft 3 ?

Arnaud Luthun : Oui en Fashion Week où tout le monde quasiment est déjà en soft 3 ».


Arnaud est diplômé de 3IS où il a obtenu en trois ans un double diplôme : régie générale et régie technique avec une spécialisation lumière. C’est durant son alternance que tout a commencé : quelques prestations, du pupitre, de la technique et surtout des rencontres. Par le bouche-à-oreille, il a suivi son parcours, jusqu’à croiser la route de Jordan il y a trois ans, qu’il accompagne sur ses créations dès qu’une occasion se présente.

 

SLU : Et toi Arnaud, que penses-tu du kit ?

Arnaud Luthun : « Le Robe Forte est une bonne machine du point de vue de ses couleurs et de sa puissance. La réal apprécie quand on utilise les LTX en faisceau serré pour avoir vite du flux car ça aide à décrocher un peu. Pour la face pure on a privilégié des Forte simples pour avoir accès à un plus grand nombre d’appareils. Il fonctionne bien sur des distances comme en Zénith. J‘utilise par défaut le filtre qui me permet d’améliorer son IRC contre une petite baisse de flux pour l’équipe de captation.

Les faisceaux des Robe Forte sont particulièrement adaptés dans une configuration de captation grâce à leurs filtres CRI 80 et CRI 90 sélectionnables à distance.

Les ColorStrike M sont adapté à ce type de show avec beaucoup de couleurs et besoin de puissance pour de beaux aplats de couleurs. Le fait que ce soit un projecteur RGB fonctionne. Pour des couleurs un peu précises et smooth ou plus théâtrales on aurait eu besoin d’une LED blanche.

C’est la première fois que j’avais autant de PXL Curve sur un show Zenith et je les trouve très chouette. Je suis content des couleurs qui marchent bien. Pendant le show, je suis parfois obligé de baisser les niveaux tellement ils sont forts. Le fait d’avoir 12 tilts est très rigolo et je suis content de son faisceau.

40 COLORado PXL Curve répartis en haut et en bas du cadre de scène génèrent les effets Wave signature du show. Les faisceaux s’additionnent pour créer un mur de lumière qui s’ouvre vers le public pour un effet immersif en lumière massive.

« Jordan a imaginé un gigantesque cadre d’une centaine de LEDBeam 350 qu’on torture un peu vu les effets. Ils sont très puissants par leur nombre et leur espacement tous les 10 cm. C’est une très bonne machine qui fonctionne bien en captation, un point essentiel. La couleur est cool il est rapide avec un zoom lui aussi très rapide. Je l’apprécie beaucoup ».

104 LEDBeam 350 espacés de 10 cm constituent un gigantesque cadre de scène dans ce grand Zenith de Paris.

Le Robe LEDBeam 350 est une lyre wash/beam motorisée équipée de 12 LEDs RGBW de 40 W, produisant 8 200 lm et 28 200 lux à 5 m. Son zoom couvre 3,8° à 60°. La technologie CPulse garantit une diffusion sans scintillement pour les caméras HD/UHD. Il intègre 66 couleurs DataSwatch, une émulation tungstène et un strobe jusqu’à 20 Hz.


Les effets spéciaux et les ajouts pour Paris

Des lasers ajoutent encore plus de richesse sur certains titres. Et pour créer un moment fort, des canons à strings sont déployés pour en envoyer dans le public.

SLU : Quelle société travaille avec toi sur la partie Laser ?

Jordan Magnée : « J’ai fait appel à Laser Movement. Ils ont géré les démarches administratives et ont récupéré mes intentions visuelles en plus d’assurer l’encodage. Ça apporte un plus sachant que c’est un show que je n’avais pas peur de surcharger. On est sur du léché mais quand même bien torturé ».

Les lasers déployés par Laser Movement apportent une petite touche rétro futuriste particulièrement eye-candy en couleurs complémentaires vert violet.

Pour organiser un concert en salle avec un laser de 30 watts (classe 4), il est obligatoire d’obtenir une autorisation préfectorale en déposant un dossier au moins 15 jours avant l’événement. Ce dossier doit inclure une évaluation des risques et la désignation d’un responsable formé.

 

William Vidalot est toppeur sur la tournée, un rôle clé pour orchestrer les entrées et sorties de la centaine de personnes qui composent l’équipe.

William Vidalot, toppeur, raconte : «Il est prévu d’envoyer des strings pour les dates parisiennes uniquement. Ce sont des canons à confettis à la base mais ils peuvent envoyer d’autres petits objets légers et ça envoie assez loin».

Des guests, des musiciens, des danseurs et des accessoires se succèdent sur scène à un rythme effréné. Pour gérer toutes les entrées et sorties, William Vidalot est particulièrement attentif afin de fluidifier toute l’activité qui se déroule sur scène.
Il décrit : « Les techniciens déco qui s’occupent des mouvements de mobilier et d’accessoires sur le plateau sont huit. Avec tous les corps de métier de l’équipe technique, c’est-à-dire le rig, la lumière, la vidéo et le son, ce chiffre monte à 50 environ. Et avec les danseurs, les musiciens et les conducteurs poids lourds nous sommes une centaine ».

SLU : William tu es toppeur, décris-nous ton métier

William Vidalot : Je fais le topage du show à l’aide d’un écran de retour vidéo qui inclue le time code. Ma conduite référence tous les tops au time code dès l’ouverture des portes afin de mettre en place le mobilier ou, parfois, renseigner l’Ableton. J’envoie ces tops à l’intercom à mes collègues au plateau et eux assurent les entrées/sorties.

Certains tops ne sont pas au time code car il faut visualiser l’artiste et s’assurer qu’elle soit prête pour que les techniciens n’arrivent pas trop tôt ou trop tard sur le plateau et que tout s’enchaîne de manière fluide. Par ailleurs, il faut parfois prévoir certaines actions comme équiper l’artiste avec un baudrier et ces moments s’anticipent un ou deux titres avant. De plus c’est un show qui bouge et évolue beaucoup sur des éléments plus ou moins visibles avec parfois de gros ajouts et il faut quelqu’un pour suivre et passer les infos.

SLU : Qu’est-ce que tu entends dans ton casque ?

William Vidalot : J’ai une oreille d’intercom pour les talks des techs avec un micro pour leur parler si besoin et une oreille de ears dans lequel j’entends le mix de l’artiste.

 

Le Free Kitty Tour s’impose comme l’un des shows les plus Waouh de cette saison. La palette technique orchestrée par Jordan Magnée et ses pupitreurs Arnaud Luthun et Raphaël Rowenczyn est à la hauteur des ambitions visuelles du projet : MegaPointe et Color Strike M pour la puissance des aplats, LEDBeam 350 pour le cadre immersif, PXL Curve pour les effets Wave, Forte et Forte LTX pour la face et les danseurs, Mac Aura XIP intégrés dans la Tower, sans oublier les lasers.

Derrière ce déploiement, c’est toute une chaîne humaine qui œuvre dans l’ombre : Thibault Jamin à la direction technique, les équipes de Fer&Défaire, After et Blackout pour la construction et l’intégration des éléments, Dushow à la lumière, Alabama à la vidéo, MPM au son, Mathematic Studio pour les médias, Seven et MECAoctet pour le rig et le tracking de la Lune volante, Laser Movement pour les lasers et William Vidalot au topage pour orchestrer les entrées et sorties d’une centaine de personnes.
Une réussite collective, au service d’un talent que les Victoires de la Musique n’ont fait que confirmer.

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