Avec la SQ+, Allen & Heath capitalise sur les fondamentaux du succès de la gamme de consoles de mixage SQ, le moteur 96 kHz XCVI, une latence ultra-basse, une qualité audio sans compromis, des traitements DSP intégrés de premier ordre et poursuit sa quête du Graal en lui intégrant maintenant son unité de traitement de référence RackUltra FX avec plus de puissance par canal avec le DEEP Processing et une interface entièrement repensée pour un écran plus grand.
Prédestinée au mixage live performant où l’espace et le budget sont réduits, son format et ses capacités sauront séduire aussi bien les techniciens que les artistes en autoproduction. Elle peut aussi s’exprimer en studio en tant qu’interface et contrôleur audio autonome.
Disponible en version 24+1 ou 32+1 faders ( SQ6+ et SQ7+), c’est avec le modèle le plus compact de la gamme, la SQ5+ et ses 16+1 fader que nous découvrons cette nouvelle SQ boostée de DSP et arborant une nouvelle interface utilisateur.
A part les différences d’éléments physiques imposées par le choix des formats de châssis, elles intègrent toutes un ensemble de capacités de mixage impressionnantes dans un socle commun de traitement FPGA 96 bit à 96 kHz particulièrement puissant : 48 canaux d’entrées, 12 mixes stéréo ou mono + LR, 3 matrices stéréo (configurables en 6 mono) 8 RackExtra FX Engines, 4 RackUltra FX Engines avec départs et retours dédiés, prédisposition pour le DEEP processing, un port SLINK 128×128, un port pour carte d’entrées/sorties optionnelles, une interface USB 32×32, l’ensemble piloté par un écran tactile 9” avec interface en mode sombre et une gamme complète d’application de commande à distance.
Une pléthore d’entrées et sorties à l’arrière
Avec une taille de seulement 51,5 x 44 x 20 cm et un poids de 11,2 kg lui permettant de se ranger facilement dans un coffre, de prendre le train, l’avion et de s’intégrer dans un rack par son kit optionnel, la SQ5+ nous offre une importante connectivité sur son panneau arrière en termes d’entrées/sorties et de formats supportés : 16 entrées micro/ligne plus une talkback sur XLR, 2 entrées ligne stéréo sur jack, une entrée footswitch mono/dual, 12 sorties ligne sur XLR, une sortie stéréo numérique AES sur XLR et deux sorties ligne symétriques sur jack.

Son port SLink permet la connexion multicanal numérique vers la gamme d’extensions “Everything I/O” d’Allen & Heath pour ajouter un rack de scène et d’étendre le nombre de préamplis (un DX168 par exemple qui apporte en plus un accroissement de leur qualité). On trouve en face arrière enfin un port d’entrée/sortie pour des cartes optionnelles compatibles avec les formats Dante, MADI, Waves et SLink, un port pour la gestion du réseau et du Wi-Fi et un port USB-B pour la connexion multicanal audio et MIDI 32×32, 48/96 kHz vers un ordinateur.

Un confort de contrôle à l’avant
La surface de contrôle apparaît au premier abord complète et simple à prendre en main. Un grand écran tactile 9” entouré de commandes physiques dédiées qui s’allument lorsqu’elles sont actives, ainsi que des touches et des encodeurs rotatifs garantissent un accès rapide et une action précise.

À gauche de l’écran, des accès directs aux paramètres principaux de gain, du coupe-bas, de compression, de gate et de pan permettent une mise en/hors service et un ajustement immédiat. À droite de l’écran, une touche dédiée à la bibliothèque de traitements s’allume dès que l’on affiche un écran qui lui est associé (effets, compresseur, eq graphique) pour sauvegarder ou restaurer des données utilisateur ou accéder aux mémoires d’usine.

Un encodeur de plus grande taille permet d’éditer le paramètre sélectionné à l’écran et trois encodeurs avec sélection de bandes permettent de manipuler rapidement l’EQ paramétrique. Un indicateur de niveau et le bouton de talk complète les commandes. En dessous de l’écran, 9 boutons donnent un accès immédiat aux principales catégories d’éditeurs : processing, routing, meters, FX, etc….
Viennent ensuite la prise casque avec son volume et une connexion USB-A pour la lecture et l’enregistrement direct sur une clef (stéréo uniquement) ou drive USB (16/32 canaux à 48/96kHz). Pour terminer, 8 boutons programmables donnent accès à de nombreuses actions comme le tap tempo, et 8 boutons d’accès aux bloc d’effets affectent aux faders leurs départs sur l’ensemble des tranches.
La partie inférieure comprend les 17 (16 + mix) faders assignables sur 6 couches (A,B,C,D,E,F). Par défaut, nous y retrouvons à la suite les 48 pistes de mix avec les entrées physiques qui leur sont affectées au patch, les auxiliaires, les groupes, les matrices et les départs et retours d’effets. Un bouton CH TO ALL MIX permet, seulement quand il est enfoncé, d’affecter les faders à l’ensemble des départs de la piste sélectionnée, permettant un accès instantané à leur niveaux.

Sur ce modèle, le faible nombre de faders face à l’importante capacité de départs de la console oblige l’utilisation de deux layers et donc avec une seule main libre, pas simple de passer de l’un à l’autre (si son fonctionnement était permanent et non furtif, nos deux mains seraient disponibles, peut-être une option à ajouter dans le setup ?). Ce très léger inconvénient (le seul en réalité) disparaît sur les autres modèles SQ6+ et SQ7+ disposant d’un plus grand nombre de faders.
En combinaison avec les touches de sélection des tranches, un bouton PRE permet de configurer rapidement les départs et un bouton ASSIGN permet de sélectionner l’affectation des tranches dans les auxiliaires et dans les groupes, ceci pouvant également se faire par la fenêtre de Routing. Des commandes de copier/coller peuvent être utilisées sur le traitement d’entrées et de sorties, les sélections et les scènes pour faciliter la duplication.
Les fonctions de PAFL (Pre/After Fade Listen) disposent de nombreuses options de fonctionnement. Le bouton SEL de sélection de tranche affiche la tranche sélectionnée dans les écrans de « Processing » et de « Routing » pour éditer l’ensemble de leurs paramètres. Pour terminer 12 boutons de mix permettant d’affecter les niveaux d’envoi vers ce mixage sur tous les faders des tranches de console, le mixage principal LR étant sélectionné par défaut. A noter que ces 12 mixes capables de sortir sur des sorties locales de la console, peuvent être répartis suivant les besoins entre des fonctions d’auxiliaire et de groupe, (par défaut, 8 auxiliaires et 4 groupes).

La prise en main s’effectue rapidement car l’interface utilisateur est très intuitive, avec un nombre d’interventions réduites au minimum pour accéder rapidement à l’édition d’un paramètre. En quelques minutes et sans manuel (il est toujours conseillé de le lire 🙂), un technicien est capable d’opérer la console pour toutes les fonctions essentielles de mixage.

La SQ+ trouvera facilement sa place dans des applications d’accueil, où même sans connaissance approfondie et avec un simple brief du régisseur de la salle, les techniciens pourront rapidement déployer leur mixes. Ils apprécieront également le confort apporté par le paramétrage complet et indépendant des intensités d’éclairage de toutes les parties de la surface, pour une adaptation parfaite au lieu et à la sensibilité de son utilisateur. La qualité des boutons, encodeurs et faders est au rendez-vous pour un toucher agréable et précis.
La nouvelle interface graphique et la conception des écrans, agréablement colorée, permettent un repérage rapide des éléments. Les nombreux indicateurs visuels temps réel (comme le RTA dans les correcteurs et l’historique de traitement dans les compresseurs et les gates/expanders) apportent une aide précieuse à la décision d’action immédiate propre au live. A noter également la coloration en rouge, dès qu’une saturation se produit, de certains éléments, comme les touches des layers, permettant d’accéder instantanément à l’endroit en question.

Les traitements de bases
Chaque canal d’entrée est équipé d’un filtre passe-haut (HPF), d’un gate ultra-rapide avec sidechain et filtre, d’un point d’insertion librement assignable, d’un égaliseur paramétrique 4 bandes avec analyseur RTA signalant les surcharges et très utile pour la localisation rapide des problématiques fréquentielles, ainsi que d’un compresseur Peak/RMS et un gate.
Les bus de mixage intègrent de série un égaliseur paramétrique et un égaliseur graphique à 28 bandes (dont les commandes s’effectuent sur deux layers de faders pour un réglage rapide et traditionnel), ainsi qu’un compresseur. Mais ceci ne s’arrête pas là et c’est bien la particularité de la nouvelle série SQ+. Les traitements dynamiques et les égaliseurs graphiques peuvent être remplacés par des add-ons (comme des plug-ins) supplémentaires exploitant le DEEP processing interne de la console.
Le DEEP processing, dans la console comme dans un DAW
Les modèles de traitement DEEP reproduisent fidèlement le comportement d’équipements hardware réputés et peuvent être intégrés directement dans le channel strip de la console, remplaçant ainsi les traitements par défaut (dynamique, égaliseur graphique) sans ajouter de latence ni de déphasage, et ceci sur l’intégralité des canaux de la console, comme des plugins dans une station de travail numérique. Une fonctionnalité qui ouvre bien entendu de belles perspectives pour le live et qui crédibilise aussi la SQ+ comme une interface audio de prédilection dans un studio grâce à cette capacité de traitement sans latence utilisable dès la prise de son.

Un coup d’œil sur le catalogue des add-ons laisse présager la construction de channel strips bien adaptés à la diversité des sources à traiter, avec un grand choix de types de compresseurs qui trouveront leur utilité sur les tranches et les mixes. Les add-ons sont disponibles individuellement ou par pack pour bénéficier de tarifs encore plus avantageux. Cerise sur le gâteau, le SQPlus Pack qui comprend 19 add-ons, dont le CompStortion qui émule le Distressor et les Xpanders réputés de la D-Live, est offert avec la console.

Cette possibilité d’intégrer des add-ons au niveau de la tranche ouvre de nombreuses perspectives à l’utilisation de la SQ+. Elle devient, avec les bons traitements pour les sources à traiter, une arme redoutable pour produire du bon son tout en gardant un budget raisonnable. Bien sûr, des solutions existent pour intégrer des plugs aux console de mixage en utilisant un ordinateur externe, mais il n’est pas sûr que cette solution soit moins coûteuse et surtout aussi fiable. Intégrer les plugins directement dans la console est un gage de stabilité indispensable dans le live, mais aussi de simplicité dans son workflow qui évite toute mauvaise surprise ou dégradation du signal par des problèmes d’horloge, de déphasage ou de latence.

La solution add-ons de la console SQ+ garantit le respect de l’intégrité du signal et de sa cohérence dans le mixage global de la console. Le moteur audio FPGA de la SQ+ est prêt à exploiter les plugs sur l’intégralité du mixage. Que vous les utilisiez ou pas, sa latence restera identique et le respect des phases maintenu, qu’importe le chemin du signal. Un plus indéniable qui évite des manipulations complexes et surtout, qui s’entend.

Les FX engines, Extra et Ultra
La SQ+ est équipée en tout de 12 moteurs d’effets, dont 8 peuvent être utilisés en mode départ/retour stéréo dédié (les autres en mode insert ou nécessitent un départ Aux)) qui s’ajoutent aux capacités de mixage de la console. Il donnent accès à la suite de traitements RackExtra FX déjà inclus dans l’ancienne série SQ, qui comprend des émulations de réverbérations, de délais, de modulateurs, etc…
Mais ce n’est pas tout. La nouvelle série SQ+ permet pour quatre d’entre eux de charger les nouveaux RackUltra FX, développés originalement pour le série DLive, réputés et en action sur les tournées les plus importantes. La suite de traitements RackUltra FX comprend des réverbérations premium, des correcteurs de tonalité et des processeurs harmoniques intelligents, des saturations… au total 14 effets premium.

Parlons réverbération, un niveau supérieur dans la SQ+
Si dans la plupart des consoles entrée de gamme les effets intégrés sont souvent les victimes des sacrifices technologiques pour maintenir un prix accessible, on peut dire qu’ici ce n’est pas le cas. Allen & Heath fait bien les choses dans la SQ+ en nous proposant une panoplie complète de processeurs de réverbération professionnels, couvrant l’intégralité des types Plate, Hall, Room, Ambiance, Gate et surtout offrant un contrôle complet de leurs paramètres. La qualité et la finesse sont au rendez-vous et l’accès à tous les paramètres d’espace, de diffusion, de réflexion et de filtrage permet de créer ses propres univers avec subtilité et efficacité.

La voix est aux anges avec la SQ+
La SQ+ permet, grâce à ses réverbérations, de faire de très belles voix. Et c’est bien souvent, dans le type d’application qu’elle concerne, le point déterminant d’un mixage réussi. Si la qualité des réverbérations permet de leur donner un bel espace rapidement et d’accomplir la mission de séduire l’auditoire et de s’intégrer dans l’environnement musical, la SQ+ propose d ‘autres traitements complémentaires qui viendront donner la touche finale.

L’ingénieur du son appréciera parmi ceux-ci une belle et douce compression opto, une compression parallèle ou un égaliseur dynamique pour gérer fréquentiellement les débordements ou les manques juste quand c’est nécessaire. Au passage, notez que le doubler est totalement bluffant d’efficacité pour accéder, sans effort en live, à une voix produite comme en studio.

Ceci ne serait pas complet sans le SQtuning pack, qui offre tous les outils de correction tonale temps réel indispensables pour produire un son live pour les voix des productions de musiques actuelles. Encore une fois, tout est là sous les doigts, pour permettre à l’artiste de sonner sur scène d’une manière proche de ses productions en studio et ceci sans recourir à des traitements externes.

Les applications pour le contrôle à distance
Deux applications de télécommande à distance via WIFI permettent le contrôle de la série SQ+. SQ+MixPad concerne l’ingénieur du son qui pourra contrôler la quasi-totalité des paramètres et des réglages de la table de mixage, y compris de nombreuses fonctions de configuration. Il est utilisable en mode hors ligne pour préparer un show. L’application permet des assignations de tranches (strip assign) différentes de celles de la console, très utiles quand un autre opérateur intervient au plateau. Compatible iOS et Android, une version mac et pc sera bientôt disponible.

L’application SQ+4You concerne l’artiste qui pourra facilement contrôler à distance un mixage individuel de la console comme celui de son retour sans risquer d’affecter les mixages des autres artistes. A noter que dans certaines applications celui-ci peut utiliser des unités de mixage personnels ME de la marque via le port SLink, encore plus performantes pour lui procurer un mixage local de ses retours totalement indépendant de la console. Pour permettre la commande à distance via ses applications, les périphériques informatiques et la console doivent être connectés au même réseau et appartenir à la même plage d’adresses.
On connectera le port réseau de la SQ+ au port LAN d’un routeur, d’un point d’accès ou d’un commutateur, ou directement à l’appareil. Par défaut, la SQ+ est configurée pour recevoir une adresse via DHCP, en absence elle s’en attribuera automatiquement une ou l’utilisateur pourra configurer une adresse statique. Un maximum de 8 applications à distance peuvent contrôler une console SQ+, dont 3 au maximum peuvent être des SQ+MixPad.
Contrôle MIDI pour pilotage ou intégration avec une station de travail en studio
La console SQ+ envoie et reçoit des données MIDI via USB (par le port USB-B) ainsi que via Ethernet (via son port réseau). La communication peut être divisée en deux types de messages bidirectionnels : ceux qui sont utilisés avec les paramètres de mixage SQ+ (par exemple, le réglage du niveau des canaux audio SQ+) et ceux qui servent à contrôler des logiciels ou des équipements externes (par exemple, pour piloter une station de travail audio numérique).
Lorsqu’elle est connectée à un appareil via le port USB-B, la SQ+ apparaît comme un périphérique d’entrée et de sortie MIDI compatible. Pour une utilisation en Ethernet, l’application Allen & Heath MIDI Control (Mac et Windows) crée un port Midi virtuel pour router le flux Midi de la console vers n’importe quelle application gérant du Midi (DAW, QLab, etc…).

LA SQ+ fait le show
Avec 300 mémoires de scène par Show, vous ne serez pas en détresse pour construire votre spectacle à l’aide du Scene Manager et du Cue List Editor.

Tous les réglages de mixage de la SQ+ peuvent être enregistrés dans des Scènes. Rassemblées dans un Show, elles sont destinées à être rappelées et enchaînées tout au long de l’évolution du spectacle. En plus de toutes les scènes, un « Show » comprend tous les réglages globaux de la SQ+ (jusqu’aux réglages d’éclairage de la surface). Jusqu’à 100 shows peuvent être sauvegardés sur le drive USB ou dans l’application SQ+MixPad pour être rappelés ou transférés vers une autre console.
Les scènes peuvent être rappelées avec un filtrage d’éléments par scène ou globalement par les Global Filters et être enchaînées avec crossfade. Une fois les scènes créées dans un show, une Cue List permet d’enchaîner des Cues, chacun étant associé à une scène, ce qui facilite leur insertion, leur réorganisation, leur répétition et leur renumérotation, très utile pour gérer en dernière minute des modifications de programmation ou de setlist.

AMM – le mixage automatique
La SQ+ étend son utilisation pour le mixage de conférences, de tables rondes et d’applications de diffusion en proposant des options avancées de mélanges automatiques de micros (AMM) de pointe. Deux mélangeurs automatiques de 24 canaux peuvent fonctionner simultanément de manière indépendante pour gérer deux zones distinctes ou être combinés en un seul mélangeur de 48 canaux pour les événements de plus grande envergure. Nous avons été un peu surpris de ne pas voir de traitements anti-larsen (qui pourraient aussi être utiles dans une utilisation live standard), pourtant disponibles sur d’autres modèles de la marque. A suivre…

Après juste quelque heures passées en charmante compagnie de cette SQ5+, je ne peux qu’arriver à une conclusion : “C’est étonnant ce qu’on peut faire avec cette console”. La SQ5+ va à l’essentiel en intégrant une belle capacité de mixage dans un format ultra compact et pour un budget professionnellement très accessible.
Tout y est bien pensé, rapide à exécuter, avec une qualité sonore qui encourage la musicalité. Elle se distingue particulièrement par une offre de traitements impressionnante, couvrant l’intégralité des besoins des productions actuelles en proposant les indispensables de studio, avec une mention spéciale pour le traitement des voix. Que ce soit en tournée ou en fixe, on prend sincèrement du plaisir à mixer.
D’autres informations sur le site Allen & Heath et sur le site Algam Entreprise
















