De tous les studios de création de la Maison de la Radio, le 105 est considéré comme le navire amiral. Ce lieu indissociable des grandes productions radiophoniques en direct, dont les célèbres Black Sessions, a accueilli les plus grands artistes de la scène nationale et internationale.
En décembre 2018, c’était son tour d’entrer dans la phase de rénovation qui concernait l’ensemble des studios, une réflexion globale menée pendant de nombreuses années pour transformer le classique studio de radio en un véritable lieu de spectacle vivant et de création multimédia, adapté aux nouveaux défis de la production radiophonique d’aujourd’hui et de demain.
Sa réouverture, il y a quelques mois, marque une étape majeure dans la modernisation des infrastructures de Radio France, alliant un héritage acoustique unique aux technologies les plus avancées de spatialisation sonore, de mixage objet et de réseau.
En immersion totale, nous y avons rencontré Philip Merscher, responsable technique de la production audiovisuelle, Jean-Benoît Têtu, ingénieur du son sonorisation et Guillaume Le Dû, ingénieur du son. Ensemble, découvrons les secrets d’un chantier de 15 ans et les choix technologiques qui font du 105 un studio radio de référence unique au monde.

SLU : La rénovation du Studio 105 fait partie d’une rénovation globale de tous les studios de créations de la Maison de la Radio ?
Philip Merscher : La transformation du Studio 105 n’est pas un événement isolé mais l’aboutissement d’un plan directeur de grande envergure pour la restauration des studios de création. Les premières études et le cahier des charges initial remontent à une quinzaine d’années. À cette époque, des maquettes et des plans avaient été dessinés pour imaginer le futur de ces espaces à tel point que la plupart des concepteurs originaux ont quitté l’entreprise avant même de voir le studio achevé.

La rénovation des studios de création a suivi un ordre précis. Les équipes techniques ont commencé par le Studio 114, suivi d’une première phase allant jusqu’au Studio 120. Le Studio 105 est le premier à rouvrir dans le cadre de la toute dernière phase de travaux, qui englobe également les studios 106, 107 et 110. Cette séquence a permis de tester et de dupliquer une ergonomie et une interopérabilité communes entre tous les espaces de création.
SLU : Tous les studios communiquent entre eux ?
Philip Merscher : C’est indispensable. L’infrastructure réseau principale de la Maison de la Radio utilise le protocole 2110 sur un énorme maillage en fibre optique, car il permet de distribuer simultanément l’audio, la vidéo et les ordres. Il permet également la connexion à France TV. À la suite d’un appel d’offre concernant les consoles de mixage nous avons opté pour la console SSL System T S500 qui travaille nativement en DANTE.
Pour cette raison, toutes les interconnexions entre et dans les studios de création sont en Dante. Avec le Dante Domain Manager, nous créons des bulles de protection autour de chaque studio qui à tout moment peuvent être réouvertes pour faire collaborer des studios ensemble. Tout est faisable … plusieurs studios qui se rejoignent vers un seul point de mixage, ou l’inverse, un seul plateau vers plusieurs cabines de mixage.
Guillaume Le Dû : Pour faire le pont entre les deux protocoles réseau Dante et 2110, nous utilisons des unités DirectOut Prodigy. Elles convertissent tous les formats vers le 2110 pour envoyer ainsi le signal directement au Centre Technique de Modulation (CDM).

SLU : Et sur le plateau ?
Jean-Benoît Têtu : Le plateau est équipé de nombreuses liaisons fibre et RJ45 que nous retrouvons dans la baie de brassage du local technique, pour permettre la connexion directe d’équipement externe pour les musiciens et d’équipements vidéo vers notre régie vidéo. Nous disposons de 64 voies de splitters analogiques Sonifex qui distribuent les sources plateau aux préamplis des trois consoles : Face, Retour et Cabine. La console de sonorisation façade délivre 96 canaux MADI « objets » au processeur de spatialisation L-ISA. Ce même processeur alimente ensuite les amplis de diffusion FOH (LA7.16i) via un réseau AVB Milan.

SLU : Et comment sécurisez-vous ces réseaux ?
Guillaume Le Dû : Toutes nos boucles de travail sont protégées. C’est là qu’interviennent les Vittoria DD de chez Glensound pour isoler le réseau scénique du réseau de production qui doit être sécurisé. Ce sont des passerelles qui font communiquer deux réseaux Dante de manière totalement indépendante. C’est vital ; si quelqu’un branche un matériel mal configuré sur le réseau de la sonorisation, il ne peut pas mettre en péril le réseau de production de la console SSL en cabine, réseau qui est commun à l’ensemble des studios de créations.

SLU : Le studio 105 est vraiment un studio mythique ?
Philip Merscher : Cela peut paraître paradoxal, car avec ses 250 places, ce n’est pas le plus grand. L’auditorium dispose de 1500 places et le 104 en propose 850. A sa grande époque, le 105 accueillait environ quatre concerts par semaine. Et effectivement, assister à un concert de The Cure ou de très nombreux autres groupes mythiques dans un format si intime, à 2,50 m du chanteur, c’est assez inoubliable. Ce studio a une âme. Sa réouverture va probablement signer le retour d’émissions publiques pour toutes nos antennes qui ont beaucoup d’appétence pour ce studio.

SLU : La rénovation acoustique du studio contribuera sans aucun doute à son succès ?
Philip Merscher : Le studio est passé du beige clair à un design en bois foncé, renforçant son caractère de salle de spectacle. De grands pendrillons permettent de moduler et de créer des volumes adaptés aux émissions. Le gradinage a été optimisé et les trois premiers rangs sont désormais rétractables pour permettre des installations de caméras ou des configurations scéniques variées.
L’acoustique a été étudiée pour s’affranchir de toutes les contraintes acoustiques propres à une salle de spectacle. Elle délivre un son très sec et précis avec un temps de réverbération extrêmement bas de 0,6 seconde contrôlé sur l’ensemble du spectre, qui, avec un volume de salle réduit, est idéal pour la musique amplifiée forte tout en conservant une signature sonore propre à la radio.
SLU : En réalité nous sommes presque dans une acoustique de studio d’enregistrement.
Philip Merscher : Comme un studio d’enregistrement, avec un public et un son radio. Ici le public assiste à une émission de radio. En plus du visuel, il profite d’un son live plus ample et puissant. C’est un mix judicieux de studio, de spectacle et de radio.
Guillaume Le Dû : Le 105 peut aussi être loué pour divers évènements extérieurs, comme des conférences, des événements, des présentations, du spectacle et de l’enregistrement de disques. En revanche, il est toujours exploité par nos équipes techniques qui ont une parfaite connaissance de son fonctionnement et des exigences sonores élevées propres à notre maison.

SLU : La sonorisation du studio 105 est gérée par un système de diffusion sonore spatialisé ?
Jean-Benoît Têtu : Oui, le nouveau dispositif de diffusion du Studio 105 est un système de spatialisation L-ISA composé d’enceintes ligne source à courbure constante A10. Les cinq clusters frontaux comportent chacun deux A10 focus avec 10° de directivité verticale au-dessus et une A10 wide et ses 30° au-dessous pour la couverture des premiers rangs. Le surround à 360° est assuré par des A10 wide, et le zénithal par 4 coaxiales X8.
Le système principal, dont la fréquence de coupure basse est de 66 Hz, est complété par trois subwoofers KS21 en mode cardioÏde accrochés au centre pour étendre la bande passante à 31 Hz. L’ensemble est processé et amplifié par trois LA7.16i. Pour les retours, nous disposons de quatre amplis LA4X (16 canaux d’amplification) associés à des enceintes X8, X12 et SB15.

SLU : L’association de ce système L-ISA et de cette acoustique très contrôlée interpelle par un rendu sonore proche de celui d’une écoute de studio ?
Jean-Benoît Têtu : La qualité est au rendez-vous. Malgré sa latence perfectible, le système L-ISA se comporte très bien pour la majorité de nos productions. Son principe de mixage objet permet au spectateur, quelle que soit sa position dans la salle, de percevoir et localiser une source sonore exactement là où il la voit.
Ce procédé de mixage objet, associé à un excellent respect des timbres et au moteur de réverbération immersive L-ISA Room Engine, apporte au spectateur un confort d’écoute significatif et un rendu extrêmement réaliste. Il convient particulièrement aux concerts de jazz, de musique classique ou contemporaine, à du renfort acoustique, à de la musique électro ou à de la diffusion de programmes immersifs.

Nous continuons néanmoins à chercher à optimiser le système pour les productions nécessitant une forte amplification et particulièrement pour les musiques dont l’esthétique habituellement obtenue par un mix stéréo traditionnel est difficilement reproductible avec ce procédé. Au cas où, le mixage stéréo reste possible à travers le processeur L-ISA.
Philip Merscher : Il est aussi important de rappeler que comme toute bonne salle de spectacle, le studio est équipé d’une boucle magnétique pour les personnes malentendantes.
SLU : Pour les consoles de diffusion face et retour, votre choix s’est porté sur Allen & Heath ?
Jean-Benoît Têtu : Oui, nous avons choisi la dLive pour sa faible latence, son ergonomie, sa modularité et son coût raisonnable. Les régies FOH et MON sont constituées de surfaces S7000 et de moteurs audio DM0. Des racks modulaires DX32 équipés de cartes « M-AIN PRIME » délivrent 64 canaux de préamplification à chacune des deux consoles de sonorisation.


SLU : En termes de microphonie ?
Guillaume Le Dû : Nous avons 64 micros pour la musique et jusqu’à 16 micros pour les ambiances /applaudissements, répartis à moitié au plafond au-dessus du public et à moitié au sol, sur pieds (micros canons par exemple). Les applaudissements, pour la radio, sont d’une importance primordiale pour permettre à l’auditeur de se sentir immergé dans l’événement. Les modèles de micros utilisés sur une production sont toujours laissés au libre choix de l’ingénieur du son qui opère le studio.

SLU : Et pour la HF ?
Philip Merscher : Ce sera un système Sennheiser Spectera. Nous avons misé sur ce système qui n’offre franchement, que des avantages. Avoir un boîtier qui fait à la fois micro et monitor et éventuellement un push to talk pour les ordres, facilite notre inventaire pour distribuer des packs un peu partout dans les studios. Il est natif en Dante et donc s’intègre parfaitement dans nos studios. Nous l’étendons au MADI pour être autonome dans sa gestion par la façade, les retours et la cabine.
La gestion de snapshots, les options de contrôle comme le branchement du casque ou les niveaux d’écoute et l’étiquetage permanent des boîtiers offrent une ergonomie vraiment exceptionnelle. Nous équipons le 105 de 16 liaisons, avec 16 packs in-ears monitor, 12 micros main, quatre antennes et une Base station. Elles peuvent être configurées en linéaire 48 kHz 24 bits pour être en qualité son filaire. Et tout ça dans 1U, c’est incroyable !
SLU : Spectera offre aussi un avantage important pour la distribution des antennes ?
Philip Merscher : Nous devons couvrir le studio mais aussi les loges et les accès pour permettre à l’animateur et à l’artiste de se déplacer. Cette nouvelle façon de gérer les antennes en data par une liaison RJ45 fibrée est pour nous extrêmement pratique afin de répondre rapidement à toute sollicitation de réalisation d’une émission.
SLU : Avez- vous une solution de tracking ?
Guillaume Le Dû : Pas pour l’instant mais nous y pensons. Dans des studios plus grands comme le 104, avec une grande largeur de scène, nous produisons des concerts fiction, avec des comédiens, des musiciens et des bruiteurs sur scène. Les équiper de trackers serait un plus.

SLU : La cabine du studio a été intégralement repensée ?
Philip Merscher : Avant, la console était perpendiculaire à la vitre. C’était le choix de l’époque. L’intention a été de symétriser la cabine en déplaçant la console face à la vitre. Cela crée une connexion avec la scène : on ressent la chaleur et l’enthousiasme de la salle pendant qu’on mixe. En revanche, cette réorganisation de l’espace acoustique nous a fait perdre du volume.
SLU : Vous avez installé une écoute immersive ?
Philip Merscher : Nous travaillons généralement en 7.1.4. Nous ne recherchons pas spécifiquement à obtenir une certification Atmos mais nous pouvons le monitorer sans problème. L’essentiel est d’avoir notre système totalement opérationnel pour nos besoins de produire simultanément de la stéréo, du 5.1 et du binaural.
Guillaume Le Dû : Les programmes habituels sont diffusés en stéréo, et les players des applications de Radio France proposent des options de son 3D en binaural et en 5.1.
Philip Merscher : Pour la musique classique, nous avons des méthodes et un workflow bien définis. Il y a une forme d’évidence à reproduire un espace acoustique réaliste dans une pièce. Le point d’écoute choisi peut varier : certains ingénieurs du son vont préférer positionner l’auditeur à la place du chef, d’autres dans la salle. Pour les autres musiques (jazz, rock, chanson, électro…), la stratégie de mixage dépend évidemment beaucoup du projet. Quand nous recevons des artistes, nous nous devons d’être fidèle à leurs intentions initiales. Néanmoins s’ils le désirent, nous pouvons leur proposer une alternative créative avec un mixage spatialisé qui peut apporter une valeur ajoutée incroyable.

SLU : Le Studio 105 est quand même pensé pour faire du mixage objet ?
Philip Merscher : Totalement et notre pôle innovation nous incite à cette pratique, l’objet sonore étant le format le plus approprié pour faire des rendus dans tous les modes de diffusion que nous utilisons. Nous développons l’idée de fournir à terme des masters ADM (Audio Definition Model) qui pourront être déclinés dans différents formats et devenir notre format d’archivage.
SLU : La page de la stéréo se tourne peu à peu ?
Philip Merscher : Doucement. C’est une étape complexe car la stéréo est toujours bien ancrée avec des méthodes de mix bien identifiées, comme la glue, les compressions globales, etc…
Guillaume Le Dû : La spatialisation offre un terrain de jeu plus grand, avec l’avantage de créer du démasquage.
SLU : Pour la console en cabine, votre choix s’est porté sur SSL ?
Guillaume Le Dû : Dans l’ensemble de nos studios de créations, c’est une SSL System T S500 qui équipe la cabine. Nous avons ici choisi la version M qui dispose d’un châssis réduit et d’écrans d’indicateurs de niveaux que nous pouvons déporter pour ne pas obstruer le champ de vision vers le studio. C’est une console de type broadcast qui nous offre tout ce dont nous avons besoin en termes de routing et de traitement, pour la stéréo et le multicanal. Elle contient un certain nombre d’effets internes de bonne qualité qui pourraient nous permettre de tout mixer in the box. Toutes les sources du plateau attaquent directement les préamplis SSL et nous travaillons en 48 ou en 96 kHz. Nous avons ici une configuration de 420 voies de traitement, qui peut être étendue jusqu’à 800.

SLU : La console SSL S500 est dotée d’une architecture ouverte qu’il faut configurer ?
Guillaume Le Dû : En effet et c’est ma mission au sein des studios de créations. La console doit être configurée pour permettre une cohérence d’interopérabilité entre les studios et être interfacée avec le monde extérieur.

SLU : Un choix satisfaisant pour gérer la spatialisation ?
Guillaume Le Dû : La SSL offre une interface homme machine qui permet de contrôler des systèmes de spatialisation en OSC. Nous pouvons même faire un lien avec la sonorisation de face dans le studio en pilotant directement les objets du L-ISA.
Philip Merscher : À l’avenir, il serait intéressant d’envisager une méthode de travail favorisant la collaboration entre les créateurs et les équipes techniques du Studio 105. Assistés d’un technicien, les créateurs pourraient piloter la spatialisation sonore depuis une tablette, avec une parfaite cohérence entre le système L-ISA utilisé pour le monitoring en salle et le mixage objet de la console SSL en charge du mixage final. Cette approche garantirait le respect des intentions artistiques tout au long de la chaîne de production.

SLU : Et une écoute fidèle à Genelec étonnante de précision et de cohérence des plans sonores ?
Philip Merscher : À Radio France, nous avons un important parc d’enceintes Genelec que nous continuons à exploiter ici dans la cabine du 105. Nous utilisons des 8361 en frontal gauche, droite et centre, des 8351 pour le surround et des 8331 pour la hauteur, plus deux subwoofers 7380A. Nous apprécions beaucoup ces enceintes parce qu’elles offrent de la cohérence sur une bonne zone d’écoute. C’est indispensable pour travailler dans ce studio où il y a l’ingénieur du son à la console, à droite un poste producteur réalisateur et à gauche un poste assistant.
Et la validation d’un mix peut nécessiter l’écoute de plusieurs personnes. Nous avons ajouté deux enceintes 8020 que nous connaissons bien depuis des années pour l’écoute stéréo « réduite » de proximité et une indispensable Avantone pour simuler le poste de radio en mono. Le calibrage des écoutes est réalisé avec le SAM de Genelec qui fournit une base de travail solide, que nous pouvons être amenés à pondérer très légèrement en modifiant quelques-uns de ses paramètres.

SLU : Et pour les traitements, dans la SSL ou à l’extérieur ?
Philip Merscher : La console SSL propose une belle panoplie de traitements internes, avec l’avantage de pouvoir travailler en multicanal jusqu’en 9.1.6. C’est pour nous très intéressant d’avoir un outil de mixage complet, polyvalent où tout est intégré. Néanmoins, nous accompagnons notre solution de mixage de périphériques externes en héritage du passé, comme des réverbérations Bricasti, TC M6000, Lexicon 960 et toujours des PCM70, pour permettre de faire la transition entre les anciennes méthodes et ce nouvel outil de mixage.
SLU : Des plug-ins sont envisageables ?
Philip Merscher : Pour l’instant il y a beaucoup de ressenti et d’affectif autour de ces périphériques hardware que nous utilisons toujours très souvent. Cependant, notre production industrielle impose un rythme soutenu et ces équipements peuvent être difficiles à maintenir en bon état de fonctionnement. Pour cela, nous envisageons d’explorer des serveurs comme le Waves SuperRack LiveBox ou le Fourier Audio Transform.engine pour accéder à toutes la puissance des plug-ins VST3 et les partager au sein des studios.
SLU : Et côté enregistreurs et diffuseurs ?
Philip Merscher : Nous utilisons des stations de travail audionumérique Nuendo, Sequoia et Pro Tools. Pyramix est aussi disponible mais plus souvent exploité pour des productions de musique classique qui sont réalisées dans d’autres studios. Bien qu’ici la grande partie de l’activité est de la production pour des émissions enregistrées, nous devons également dans certains cas être capable de réaliser une émission en direct et pour cela nous devons pouvoir accéder à tous les habillages d’antenne et à tous les outils d’un studio classique de radio. Pour cela, nous utilisons des diffuseurs Netia avec des conduites et des cartouchiers qui correspondent à l’antenne choisie pour retrouver tous les éléments de diffusion comme dans les studios d’antenne. Ce système va bientôt être remplacé par un système Zenon.

SLU : C’est quand même ici un studio magique ici qui réunit le spectacle vivant, l’enregistrement et la diffusion…
Guillaume Le Dû : Dans notre cœur, c’est en tout cas le plus beau. Nous y avons travaillé avant sa réfection et éprouvé des moments intenses sur des productions légendaires. Malgré tous les changements que le studio a subis, il a gardé son âme. Nombreux sont les ingénieurs et producteurs de la maison qui veulent l’utiliser depuis sa réouverture. Ce studio a une aura particulière, due à son histoire et surement a son format intimiste. Son équipement technique est superbe et les réactions des spectateurs ou professionnels qui viennent écouter les premières émissions sont unanimement élogieuses.
Philip Merscher : Ce que je trouve particulier dans ce studio, c’est d’être connecté à la scène, très proche des artistes, véritablement dans le spectacle. Cette vue directe sur la scène change totalement tes capacités d’interpréter ce que tu mixes. Généralement en studio, tu te sens souvent loin de ce que tu enregistres. Tu es enfermé derrière un mur et il ne te reste comme impression que ce que tu as au bout des faders. Ici tu te sens dans la salle. Tu ressens sa chaleur et son enthousiasme. Et pour cette raison, c’est un studio unique.
Le Studio 105 est un endroit où l’on fabrique le patrimoine sonore de demain. Un lieu de production unique où les ingénieurs de Radio France ont su combiner le meilleur de la technologie d’une salle de spectacle, d’un studio d’enregistrement et d’un studio d’antenne en un unique concept impressionnant de rigueur technique et de puissance créative. C’est un régal sonore pour les spectateurs, l’auditeur, les ingénieurs et producteurs, sans oublier l’animateur et les artistes.
Je vous le confirme, cela faisait longtemps que je n’avais pas éprouvé cette sensation si particulière et si agréable que l’on ressent dans les studios professionnels dignes de ce nom. A une époque où leur construction se fait rare, merci à Radio France de protéger ce haut niveau d’excellence et de continuer à construire des régies dans les règles de l’art. Et n’oubliez pas, les concerts au 105 sont généralement gratuits. N’hésitez pas, allez-y pour y prendre une grande bouffée de plaisir sonore… et si cela vous est impossible, écoutez-les à la radio.
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