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Les notes de Bach métamorphosent l’Institut de France

Texte : Ch. Masson photos : Eric Matouk pour Stardust Group, Ch. Masson

Chaque année, la manifestation parisienne Nuit blanche ouvre au public des musées, des institutions culturelles et d’autres espaces publics ou privés pour présenter des installations et des performances artistiques. Parmi celles-ci, la représentation « Écho » à l’Institut de France a attiré notre attention.

Ce projet ambitieux, proposé, créé et réalisé par STARDUST Group, prestataire officiel de l’Institut, repose sur un système audiovisuel immersif et interactif capable de traduire instantanément en projections visuelles les concertos pour piano de Bach interprétés ce soir-là dans la coupole, transformant chaque élément musical en une impulsion lumineuse dynamique.

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© Eric Matouk – STARDUSTGroup

En convertissant la musique en un générateur de données en temps réel, l’œuvre métamorphose l’espace emblématique de la cour d’honneur en une expérience immersive vivante et unique. Cette initiative illustre une volonté de moderniser le concert traditionnel en créant un dialogue vivant entre l’interprétation artistique et la scénographie numérique.
Contrairement aux spectacles de mapping traditionnels reposant sur une timeline préprogrammée, STARDUST Group a proposé un spectacle immersif reposant sur une réactivité organique et instantanée intégralement liées aux nuances musicales. Cette approche ambitieuse a mobilisé tout le savoir-faire technique de l’entreprise pour concevoir un contrôle temps réel de l’intégralité du système de mapping vidéo et de la mise en lumière, associé à une captation et diffusion sonore.
« Sur certains mouvements de Bach, nous avons travaillé à partir d’une même source vidéo, déclinée en plusieurs versions simultanées. Ce choix reprend le principe de l’œuvre, fondé sur la répétition et l’écho d’un même flux. Sur cette base, nous ajoutons des effets de délai et de particules, des paramètres avec lesquels nous avons joué au fil de la représentation et des morceaux successifs ». explique Maxime Baudouin, directeur de création au sein de STARDUST Group.

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L’équipe technique de STARDUST Group déployée pour l’événement.

Pour enrichir cette écriture visuelle, les équipes ont également développé une grammaire graphique abstraite. La modélisation complète de l’architecture, réalisée pierre par pierre, leur a permis d’associer chaque élément du bâtiment à une note de musique. Les trois lignes horizontales de la façade deviennent ainsi les touches des trois pianos, tandis que les arêtes de l’édifice évoquent leurs cordes. Ce langage visuel s’est ensuite enrichi au fil des essais et de la mise au point du spectacle, mêlant découvertes fortuites et effets volontairement maîtrisés. Les paramètres graphiques intègrent notamment des éléments issus de l’interprétation musicale, comme la vélocité des notes ou les attaques sur les touches.

La Yamaha DM7 pour le mixage de la diffusion et l’envoi vers le logiciel Touch Designer.

“Nous ne voulions pas proposer un projet audiovisuel comme une simple illustration, mais comme une réponse, un dialogue entre le concert qui se déroule sous la coupole et l’installation extérieure”, explique Maxime Baudouin, directeur artistique au sein du groupe Stardust, “une adéquation avec la musique produite sans jamais chercher à contredire l’œuvre de Bach ou l’architecture prestigieuse de l’Institut de France, pour faire vivre au public une expérience forte et unique”.

La captation de l’orchestre est le point de départ de cette prestation innovante. Elle permet d’alimenter la console de mixage Yamaha DM7 pour gérer la diffusion extérieure dans la cour d’honneur, et de nourrir les algorithmes de traitement en temps réel spécialement développés pour contrôler le mapping vidéo. Un ensemble de 18 microphones a été déployé, des DPA 4099C pour les trois pianos et des Neumann KM 184 pour les cordes.


A noter la présence de microphones Shure SM57 placé sous la table d’harmonie des pianos. ”J’utilise un SM57 pour récupérer la frappe des pianos. C’est beaucoup plus précis et ample en le plaçant en dessous. Au-dessus, j’aurais beaucoup trop d’harmoniques “ explique Yoël Calixte, ingénieur du son. “ Le SM57, c’est magique. Et en plus, il limite énormément la reprise des autres instruments. Sur cette prestation particulière, cette technique me permet aussi d’extraire un signal percutant indispensable pour déclencher des effets visuels liés à l’attaque des notes des pianos”.

Trois pianos pour les concertos de Bach, captation audio et vidéo.

Au cœur du dispositif technique permettant le contrôle du média serveur Resolume, le logiciel TouchDesigner est utilisé comme un analyseur de signal et un processeur de données en temps réel. Ce logiciel reçoit les flux audio pianos et cordes, et détecte les notes jouées par échantillonnage fréquentiel. L’innovation réside dans le traitement de ces données via des modules de programmation en Python développés spécialement pour ce spectacle.

“Avec Touch Designer, nous ne nous contentons pas de réagir au volume global. Nous segmentons les données des notes (vélocité, hauteur, et durée) pour les transformer en messages de commande via le protocole OSC (Open Sound Control) afin de contrôler le déclenchement et la position des éléments du mapping vidéo. “ explique Joris Provençal, artiste mapping. “ Chaque note génère ainsi une incidence visuelle, rendant la projection unique à chaque représentation selon l’interprétation des musiciens. Une fois le spectacle commencé, nous n’agissons plus sur le média serveur. Ce sont les musiciens, sous la direction du chef d’orchestre, qui le dirigent totalement.”

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Touch Designer analyse les notes et contrôle le mapping vidéo et la lumière en temps réel.

Pour que le mapping soit parfaitement intégré à l’architecture prestigieuse de la cour d’honneur, une modélisation 3D exhaustive du bâtiment a été réalisée sous Blender. Plutôt que d’utiliser un scan laser Lidar, les techniciens ont choisi de recréer chaque bloc architectural indépendamment. Ce choix technique permet d’animer des éléments spécifiques de la façade, comme des colonnes ou des fenêtres, et de gérer des effets d’ombrage complexes qui nécessitent une profondeur géométrique réelle. Le rendu visuel est assuré par le logiciel Resolume, qui gère la déformation d’image (warping) et le mapping final sur la structure.

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Le mapping vidéo dans Resolume.

L’installation utilise deux vidéoprojecteurs Barco UDM‑4K30 superposés en dual mode. Cette configuration permet de doubler la puissance lumineuse, une nécessité puisque le spectacle commence au crépuscule, quand la luminosité résiduelle est encore forte.

Astera Titan et Hyperion, plus Ayrton Rivale sur totem et PIxelbar AX2 au sol et Vidéoprojecteurs Barco UDM‑4K30 en dual mode.

Une autre facette technologique majeure est l’intégration de la vidéo, captée en direct, à l’intérieur même du mapping. Huit caméras Panasonic 4K filment le concert sous la coupole, et ces images sont réinjectées en temps réel comme textures ou masques dans la projection extérieure. Le public peut ainsi voir, entrelacés avec des effets génératifs, les gestes du chef d’orchestre ou les doigts des pianistes projetés sur les murs de l’Institut.

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La régie vidéo en Black Magic opérée par Michaël Kornprobst, réalisateur & directeur associé de la division Création & production audiovisuelle chez STARDUST Group.

L’innovation ne s’arrête pas à l’image : l’ensemble de l’éclairage architectural est également asservi à la musique via TouchDesigner. Le système pilote ainsi automatiquement via DMX des projecteurs Ayrton Rivale, des tubes LED Titan et Hyperion et des PIxelbar AX2 de chez ASTERA ainsi que des Cameo Zenit B200 installés derrière l’écran. Les paramètres de couleur et d’intensité des projecteurs sur les façades latérales sont dictés par les fréquences des instruments à cordes, créant une belle immersion à 360 degrés dans la cour d’honneur.

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Les murs latéraux mis en valeur par les Rivale d’Ayrton. © Eric Matouk – STARDUSTGroup

Si dans la salle de concert, le choix du chef d’orchestre était de maintenir l’acoustique particulière de la coupole sans sonorisation, la diffusion sonore pour le public dans la cour d’honneur devait être à la mesure du spectacle visuel.
Ce fut le cas avec le déploiement d’un système d&b Audiotechnik configuré en LCR avec une diffusion gauche droite composée chacune d’une enceintes Y7 et de deux subwoofers YSUB. Deux enceintes E8 assuraient la cohérence de l’image sonore centrale, notamment pour les pianos, et deux autres E8 étaient placées en rappel pour une cohérence de diffusion sur la distance.

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Une diffusion d&b en LCR entoure l’écran en LEDCAST LC417.

Cet événement audiovisuel intégralement conçu par STARDUST Group a transformé l’Institut de France en un instrument visuel géant. En s’éloignant des systèmes en timecode rigides pour privilégier une interaction directe, les équipes techniques ont relevé le défi de synchroniser une œuvre classique complexe de Bach à un système audiovisuel à la pointe de la technologie.

Le résultat est une œuvre organique qui prouve que la technologie peut servir de prolongement fidèle à l’émotion de l’interprétation et démontre l’intemporalité de la création musicale. Une belle manière de faire comprendre au public la mission de l’Institut de France, qui est de représenter et d’offrir aux cinq Académies qu’elle accueille un cadre harmonieux pour travailler au perfectionnement des lettres, des sciences et des arts.

Vidéo de présentation

En savoir plus sur STARDUST Group et sur L’institut de France

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