Dans notre univers où les performances artistiques repoussent sans cesse les limites, qu’il s’agisse de Santa survolant le public au Francofolies ou Juliette Armanet chantant sur un piano dérivant sur la Seine, la maîtrise de la HF est devenue une des clefs indispensables à la réussite des productions actuelles.
Pourtant, derrière cette magie se cachent une réalité technique complexe, un spectre saturé et une réglementation qui peine à comprendre les besoins du terrain. Alors que les opérateurs des télécoms lorgnent la bande des 600 MHz, les techniciens PMSE (Program Making and Special Events) doivent déployer tout leur talent pour faire cohabiter des centaines de fréquences dans des espaces de plus en plus restreints.
C’est de ce constat, exacerbé par les défis logistiques monumentaux des Jeux olympiques de Paris 2024 que Grégory Maloche (WaveCoord) et Mikael Gardret (Digital Acoustique) rejoints par Guillaume Mascot (Shure) ont décidé de créer la Fédération des Experts en Audio et Coordination RF (FEAC) pour unifier la voix des professionnels de la HF.
SLU : A vous trois, vous représentez le bureau de la FEAC. Pour commencer, pourriez-vous nous décrire votre parcours professionnel ?

Gregory Maloche : J’ai été intermittent du spectacle pendant seize ans dans le concert et la comédie musicale en tant que technicien système et HF, en France et à l’international, notamment dans les pays de l’Est et en Asie. En 2023, j’ai décidé d’arrêter les tournées et j’ai créé ma société WaveCoord, spécialisée dans la gestion et coordination de plans de fréquence de grands évènements et la formation. Une de ses premières missions a été de gérer pour Paname24, sur la partie étude HF des zones de couverture, l’ensemble des demandes de top artistes pour les cérémonies d’ouverture des JO.

Guillaume Mascot : J’ai une longue expérience dans les domaines de la réglementation et des politiques publiques en matière de spectre et de soutien à l’industrie, acquise depuis de nombreuses années auprès d’équipementiers télécom et maintenant chez Shure. Mon champ d’action en France s’étend également au niveau Européen et en Asie.

Mikael Gardret : Je suis coordinateur RF. Après dix ans d’intermittence, j’ai créé aussi ma propre structure, Digital Acoustique, et j’interviens essentiellement pour de la coordination RF d’événements de grand format dans lesquels il y a beaucoup d’invités et qui impliquent la gestion d’une grande quantité de micros et de ears. En parallèle de mes activités sur le terrain, je suis également formateur RF.

SLU : Qu’est-ce qui a motivé la création de la FEAC ?
Gregory Maloche : Tout est parti des réunions post Jeux Olympiques avec les administrations en charge de la RF en France, l’ARCOM, l’ARCEP et l’ANFR, dont le but était de faire un point sur le déroulement des opérations HF pendant les événements, pour donner suite aux aménagements qu’elles avaient proposés. Elles ont largement exprimé une volonté d’écoute des professionnels et une forte demande d’interlocuteurs. Ça a été un déclencheur évident.
Guillaume Mascot : Nous avons pu mesurer à quel point il y avait non seulement une certaine méconnaissance du travail des coordinateurs RF, mais aussi une grande demande pour avoir un interlocuteur sur les questions des PMSE. De là est née notre envie de fédérer ce métier, dont l’activité est devenue primordiale dans le spectacle vivant.
SLU : Pour apporter une vision juste aux régulateurs ?
Gregory Maloche : En fait, nous voulons faire prendre conscience que nous avons atteint les limites de ce que nous pouvons faire avec des ressources spectrales en diminution ou sous pression. Il faut comprendre que les administrations, dans l’aspect légal, réfléchissent en slots, de 200 KHz en ce qui nous concerne pour les PMSE.
Notre problématique est que nous exploitons la HF avec d’autres notions, comme la séparation spectrale et la temporalité. Nous devons donc trier ces slots et faire en sorte qu’ils soient compatibles en termes d’intermodulation pour les utiliser simultanément. C’est la plus-value d’un plan de fréquence bien construit.

Mikael Gardret : Et s’ajoute à la temporalité la notion géographique qui doit aussi être prise en compte. Par exemple, en festival, les plans de fréquence élaborés scène par scène doivent être compatibles entre eux avec plus ou moins de tolérance.
Dans d’autres événements grand format, je pense notamment à Roland-Garros, le court central est couvert par une partie de la presse et d’autres événements périphériques qui ne sont pas forcément visibles. Tout ceci a un impact sur la bonne opération des systèmes HF et doit être pris en compte.
SLU : Les législateurs sont-ils souvent sollicités ?
Gregory Maloche : Pour des événements de très grand format et liés à des enjeux politiques ou sportifs comme le Tour de France, Roland-Garros ou les 24 heures du Mans, l’ANFR est sollicitée par les productions et légifère de manière à garantir l’attribution des lots de fréquences et l’absence de brouillage ou d’interférences par d’autres liaisons que nos systèmes HF. Mais cela ne garantit pas la totale compatibilité des fréquences allouées entre elles. C’est le coordinateur HF qui apporte cette expertise. Cependant, le besoin de sécurité grandissant, la demande auprès du législateur augmente, bien que d’une certaine mesure, ce ne soit pas nécessaire.

SLU : Quel est votre rôle principal ?
Gregory Maloche : Le rôle majeur de la fédération est de préserver notre outil de travail dans le domaine des radiofréquences. Si on parle de l’audio, ceci concerne essentiellement le maintien de la bande de fréquences 470 à 698 Mhz dans laquelle nous travaillons déjà à flux tendu.
Si on nous enlevait une partie de cette bande, pour ne pas la nommer la partie 600 à 698 qui est lorgnée par les télécoms et l’armée, la réalisation de certains spectacles pourrait être compromise.
Face à cette problématique, nous intervenons à la fois sur le plan administratif et aussi auprès des productions, pour sensibiliser au fait que les ressources spectrales ne sont pas illimitées et qu’une réduction de notre accès aura un impact sur la créativité et l’innovation des producteurs.
Mikael Gardret : Nous avons tous vu l’impact de la réaffectation de la bande des 700 MHz en 2016 qui a obligé les prestataires à se rééquiper. Et il faut bien avoir conscience que pour une grande partie d’entre eux, il s’agissait d‘investissements extrêmement importants. Notre rôle est de préserver aussi les capacités de travail des prestataires en garantissant le mieux possible leur investissement. Grâce à notre humble participation, nous aimerions tous éviter que cela ne se reproduise.
SLU : Et bien sûr de représenter et collaborer avec les coordinateurs HF ?
Gregory Maloche : Oui car nous sommes à une période charnière. Dans les festivals où nous commençons à exploiter un nombre de plus en plus grand de liaisons, le besoin de coordination HF est de plus en plus exprimé dans les fiches techniques. Dans cinq à dix ans, je pense qu’il y aura un référent HF obligatoire sur chaque événement, notamment pour des sujets de sécurité. Nous voyons s’accroître le besoin de s’entourer de professionnels expérimentés pour faire face à une demande de plus en plus importante.
SLU : Ceci implique une activité de formation ?
Gregory Maloche : La troisième partie de notre activité concerne en effet la formation à la gestion de plans de fréquences de grands évènements. Celle-ci concerne à la fois les futurs techniciens HF que nous accompagnons en leur expliquant les méthodes à suivre, et les productions qui ne savent pas comment gérer la problématique du sans-fil par l’absence de compétence technique. Au-delà de la formation, la FEAC entend également créer en parallèle un cadre propice à l’échange et à l’entraide entre pairs.
SLU : Opérateur HF, responsable HF, référent HF ? Peut-on être plus clair sur la terminologie et les fonctions?
Gregory Maloche : Ces termes sont issus du monde de la prestation. Dans notre environnement de travail, nous utilisons le terme de référent HF ou de responsable HF pour le technicien en charge du déploiement des antennes, de la gestion des équipements HF et de la gestion des équipes. Le coordinateur HF a la mission de calculer le plan de fréquences général et travaille avec les différents référents HF de chaque prestataire présent sur l’événement.

SLU : Qui va bénéficier du travail de la FEAC ?
Gregory Maloche : La FEAC est là pour valoriser l’outil de travail qu’est le spectre radio des PMSE audio. Donc tout utilisateur d’équipements travaillant dans cette bande de fréquence profitera des actions de la FEAC en termes d’assistance, d’accompagnement et de formation.
Guillaume Mascot : La FEAC propose une plateforme accessible à tous les professionnels du son qui s’intéressent à la RF, souvent isolés parce que caractérisés dans notre domaine culturel par le statut d’intermittents et de freelances. Il est important qu’ils se sentent représentés dans les discussions auprès des distributeurs, des équipementiers, des autorités de tutelle ou même des ministères.
La FEAC permet d’établir le lien entre ces professionnels et les acteurs moins techniques comme les administrations ou même les productions pour sensibiliser ces derniers à l’importance de la coordination HF sur tout type d’événement. Nous répondons à une véritable demande de professionnalisation de la HF dans le monde audio, par une approche technique réglementaire et une relation de confiance avec les prestataires et les autorités.
SLU : Qui peut adhérer à votre fédération ?
Guillaume Mascot : Principalement les techniciens, de manière à créer à la fois un groupe de vivre ensemble et un groupe de pression. Quelques équipementiers et prestataires aussi sont déjà adhérents. Ensuite, toute personne intéressée par l’évolution de la HF pourra trouver un intérêt à rejoindre notre fédération.
Gregory Maloche : La FEAC n’est pas uniquement réservée aux experts, La fédération est grande ouverte aux novices pour les accompagner dans leurs besoins face à des demandes et des problématiques de plus en plus fréquentes dans notre domaine.
SLU : Un rôle d’éducation semble important sur la HF qui n’est pas propriétaire dans la formation audio ?
Gregory Maloche : Si la HF est présente dans les formations audio au sein des cursus classiques, il faut bien comprendre que ce qui attire et fait rêver les jeunes apprenants, c’est d’être derrière la console. Mais très vite ils se rendent compte que le son englobe de nombreux domaines annexes très spécialisés, la HF en fait partie mais aussi le réseau audio, les systèmes de diffusion, qui exigent des compétences particulières. Il est clair qu’il y a 20 ans, on faisait un spectacle avec seulement quelques systèmes sans fil. Ce n’est plus le cas maintenant.

SLU : La HF se développe aussi directement auprès des musiciens en autoproduction ?
Gregory Maloche : Oui, et même si la technique HF y est moindre, j’aime souvent dire “ Moins il y a de micros, plus ça s’entend quand ça ne marche pas.” Il faut savoir accompagner l’évolution technologique de la HF qui se démocratise, et expliquer aux musiciens lors des festivals et productions de plus petit format les différences fondamentales entre leur équipement personnel et les machines professionnelles qu’ils doivent utiliser pour garantir des liaisons plus solides.
Mikael Gardret : Nous rencontrons souvent des musiciens déjà équipés de systèmes HF personnels en 2,4 GHz. Dans ce cas, nous évaluons la capacité budgétaire à les remplacer dans le cadre des tournées.
Nous leur expliquons les limites de leurs systèmes par la technologie HF utilisée. Cela leur permet de comprendre que dans certaines conditions, ils ne seront pas utilisables.
SLU : Et pour celui qui ne connaît pas bien la HF, l’achat d’un système personnel peut être complexe ?
Gregory Maloche : On le voit tous les jours sur les sites de vente entre particuliers ?? Il y a en effet un problème de connaissance des techniques HF, qui conditionnent l’utilisation en termes de portée, de canaux mais aussi en termes de législation. De nombreux appareils sont encore proposés sur le marché de l’occasion avec des fréquences impossibles à utiliser de nos jours. Non réglementaires et interdits, ils seront des plus compliqués à exploiter, même sur des petites scènes.

SLU : La FEAC pourrait avoir un rôle à jouer plus étendu en dehors du domaine professionnel ?
Gregory Maloche : Pour être honnête sur ce sujet, nous ne savons pas encore. Ce qui est sûr c’est que nous répondrons avec plaisir à toute question sur la technique et la législation.
Nos adhérents forment également une communauté très soudée, favorisant l’entraide et le relationnel dans le domaine de l’audio sans fil. Elle pourra répondre ou orienter sur des problématiques précises concernant le déploiement d’une prestation HF.
SLU : Les productions peuvent-elles vous contacter pour appréhender la partie HF d’un événement ?
Gregory Maloche : La FEAC n’est pas un cabinet d’études. Elle peut répondre de façon très basique à des problématiques et orientera vers les techniciens adhérents pour des demandes plus complexes.
Nous avons dans l’idée de partager des études de cas illustrant les problématiques rencontrées sur différents types d’événements et de concerts. La forme est encore à définir.
SLU : L’un de vos objectifs est d’établir un état des lieux de la HF audio sur la plan national ?
Gregory Maloche : C’est ce qui est le plus important car nous sommes actuellement presque en limite de système. Nous sommes quotidiennement amenés à intervenir sur des évènements, exploitant plus d’une centaine de fréquences. Sur certains d’entre eux, la barre des 150/200 fréquences est franchie. Nous arrivons à répondre aux demandes, mais au prix de quelques astuces techniques. Nous ne sommes plus en zone de confort et c’est là que la FEAC doit intervenir pour défendre notre outil de travail.
Guillaume Mascot : Nos premières réunions avec les ministères ont révélé leur totale méconnaissance de l’environnement technique d’un show. Nous devons leur expliquer que les coordinateurs HF font déjà de la magie et qu’une réduction de nos bandes de fréquences aurait un impact fortement négatif.

SLU : Et la demande de liaisons dans un spectacle ne vas pas se restreindre ?
Mikael Gardret : L’exploitation des liaisons sans fil dans la création culturelle aujourd’hui conditionne totalement son propos artistique. La démocratisation des ears monitors auprès des musiciens apporte une évolution si importante de la précision et de la qualité d’écoute qu’il serait impensable de revenir en arrière vers des retours de scènes traditionnels.
Sans compter toute la partie communication des techniciens pendant le spectacle via les réseaux d’ordres. Donc oui, la demande va être encore plus importante parce que les spectacles sont de plus en plus ambitieux.
SLU : Pouvez-vous exprimer aux administrations le souhait de nous allouer plus de fréquences ?
Gregory Maloche : On peut déjà rêver en leur disant qu’il n’en faudrait pas moins. C’est surtout ça, le propos. L’essentiel au départ est de sensibiliser sur le fait de garder l’intégralité de notre bande de fréquences au niveau français et européen. Nous leur expliquons que les ressources dont nous disposons sont largement exploitées par des professionnels avertis, et que cet espace spectral est indispensable à la richesse culturelle en France et ailleurs.
Guillaume Mascot : Et la FEAC permet de fédérer les professionnels du secteur autour de la table. Ceci aura toute son importance lors des discussions pour l’allocation des prochaines normes telecom (6G) qui ne comportent actuellement aucune étude d’impact sur une potentielle réallocation de fréquences vis-à-vis du spectacle vivant.
SLU : Y a-t-il déjà des spectacles revus à la baisse par l’impossibilité technique de gérer pleinement la HF ?
Gregory Maloche : Ça arrive. De plus en plus, nous repoussons les limites. Quand ça ne passe pas mathématiquement par la gestion des intermodulations, nous devons trouver nos marges ailleurs en séparant les machines spectralement, temporellement ou géographiquement. Mais à un moment, on sera au bout du système et on n’en est déjà pas loin. Je parle souvent de la Belgique qui offre déjà moins de canaux disponibles. C’est un bon laboratoire quand on doit y faire entrer le kit français au milieu d’une tournée.
SLU : Envisagez-vous un rôle à l’international ?
Gregory Maloche : Notre rôle est national, bien que, comme les productions voyagent de pays en pays, nous avons déjà des adhérents de différents pays européens. Nous sommes ouverts à partager notre expertise et pourquoi pas des données dans des discussions au niveau européen.

SLU : Vous avez déjà beaucoup d’adhérents ?
Guillaume Mascot : Nous n’avons pas à nous plaindre pour le moment. Plus nous serons représentatifs, plus nous serons entendus. Nous aimerions fédérer plus de distributeurs et d’organisateurs de concerts et élargir encore davantage le panel des professionnels concernés. Dans la HF, on parle beaucoup de concerts mais il ne faut pas oublier le tournage, le cinéma, le broadcast. Nous représentons une grande diversité de profils de techniciens audiovisuels.
SLU : Des marques sont-elles aussi adhérentes ?
Guillaume Mascot : Oui bien sûr. Des entreprises comme Shure et Sennheiser sont adhérentes, et nous invitons les autres à nous rejoindre. Elles ont d’ailleurs leurs propres équipes qui travaillent aussi sur l’aspect réglementaire. La FEAC est essentiellement dédiée aux utilisateurs. Il est donc important de dissocier l’action des équipementiers via leurs propres moyens et l’action de la FEAC qui représente les utilisateurs professionnels. L’ensemble des deux actions, bien que protégeant et valorisant des intérêts différents, s’associent pour avoir encore plus de poids.
SLU : Des rendez-vous importants avec l’administration sont-ils déjà programmés ?
Guillaume Mascot : Lors de la prochaine Conférence mondiale des Radiocommunications (CMR-27) qui se tiendra en 2027, sera discutée une possible réaffectation de la bande des 600 MHz avec une application en 2031. Actuellement, l’utilisation de cette bande par la TNT, dont nous nous accommodons parfaitement, nous protège. Mais si demande la TNT hertzienne est arrêtée ? Notre action commence donc maintenant.
SLU : La nouvelle technologie large bande WMAS peut-elle nous aider ?
Gregory Maloche : Notre approche système doit être neutre. Quand j’accueille une production sur un festival, elle m’indique les équipements avec lesquels je dois composer afin de répondre à sa demande. C’est notre quotidien et notre manière d’appréhender notre métier. Maintenant, je ne suis pas certain que la technologie WMAS va nous aider plus que ça sur le plan fréquentiel, sans compter les différences d’approches de chaque constructeur.
Le fait de devoir exploiter des bandes de 8 Mhz donc plus larges, va surement nous obliger à avoir une gestion plus stricte de la HF, notamment sur les festivals où on doit s’interfacer entre plusieurs productions. Nous sommes à une période charnière qui va nous obliger à bien centraliser nos opérations en amont.

SLU : En réalité, il n’y a pas de solution technique pour compenser un manque de fréquences ?
Guillaume Mascot : Le professionnalisme de la HF est aujourd’hui à son maximum dans l’exploitation des technologies PMSE et si jamais on nous enlève des fréquences, il n’y aura en effet pas de solutions magiques.
SLU : La solution est donc d’avoir plus d’espace spectral ?
Guillaume Mascot : Le législateur a tendance à penser que nos équipements PMSE ne sont pas optimisés pour exploiter pleinement les bandes actuelles. Nous sommes là pour leur expliquer que c’est faux et comme nous venons de le voir, nous exploitons déjà nos bandes de fréquences de manière optimale. Ceci nous amène à faire des propositions pour des bandes alternatives, 960–1164, 1240–1260, 1350–1400 et 1435–1525 MHz. La FEAC est également ouverte à approfondir une approche de régime d’autorisation individuelle.
SLU : Les prestataires peuvent compter sur vous ?
Guillaume Mascot : Nous nous sommes concentrés pour l’instant à fédérer les techniciens et les équipementiers, mais bien sûr nous allons prochainement communiquer et contacter les prestataires qui ont toute légitimité à bénéficier des services de notre fédération. Nous nous connaissons déjà tous sur le terrain.
SLU : Avez-vous un moyen de sensibiliser les productions ?
Gregory Maloche : Elles sont déjà en train de le faire elles-mêmes. Des productions de spectacles grand format commencent à demander une gestion intégrale de la HF, jusqu’aux bornes Wifi. D’autres rencontrent des difficultés entre la vidéo, la lumière et le son qui opèrent de plus en plus simultanément en HF. Nous leur expliquons qu’elles doivent maintenant anticiper l’utilisation des PMSE et que la HF fait maintenant partie des parties nobles d’un show.

SLU : Le technicien a-t-il besoin de nouveaux outils face au développement important des PMSE ?
Gregory Maloche : Il y a en effet de nouveaux besoins dans le domaine du monitoring et de la recherche d’interférences.
Mais aujourd’hui, aucun outil n’y répond à 100 %. Les coordinateurs HF doivent piocher dans le choix proposé et faire leur propre cuisine. Aujourd’hui dans la HF, il y a tout à faire.
Après cet exposé assez préoccupant, nous comprenons mieux le besoin d’une action fédérée pour défendre l’activité du spectacle vivant auprès des institutions en charge de la législation des radiofréquences.
Les professionnels de la HF, face à une situation qui ne cesse de se complexifier par le développement de spectacles toujours plus ambitieux et le plein essor du tourisme culturel, n’ont pas d’autre choix que de s’unir pour défendre leur autonomie technique. La FEAC se présente à eux comme un excellent moyen d’action.
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