
Le milieu du rigging évolue, offrant des solutions plus sécurisantes, plus rapides à monter et moins prises de tête pour les riggers. Le français Roly Systems a marqué le secteur avec son pont de pré-rig innovant adopté par de grosses sociétés de prestation dont en France le groupe Novelty Dushow Magnum… qui en a mesuré immédiatement l’intérêt pour offrir plus de flexibilité, realiser des accroches à faible hauteur et optimiser ses solutions de transport.

Clara Luciani, Booba et la production du Roi Soleil ont aussi pu bénéficier de ce système…
Renaud Ribière (chef rigger) Stéphane Dijoux et David Dours (opérateurs vidéo), Gilles Baumeleyer (réalisateur vidéo), Victorien Cayzeele (designer lumière) et Xavier Marchand (à la direction technique de la tournée) nous ont accueillis à l’Accor Arena pour assister au montage du système d’accroche qui mixe Roly Systems, perches et ponts traditionnels.

Ce one woman show nécessitait un cadre de théâtre avec manteau, rideaux, frise, pont de vol ainsi que d’un généreux écran vidéo de 50 m2. Un deploiement technique precis et un volume de transport reduit qui gagne a optimiser le temps de montage en tournée.
4 ponts de pré-rig pour le mother grill et seulement 16 moteurs
Quatre ponts de pré-rig Roly-Truss44 dans la direction face/lointain forment le mother grill. Levés par seulement 16 moteurs 2 tonnes (4 moteurs par pont) ils supportent en rigging bas 12 ponts traditionnels disposés de cour à jardin.
L’installation nous est présentée en vidéo par Renaud Ribière
Le premier avantage des Roly-Truss pour le rigging haut ce sont ses multiples plaques d’accroche directe, espacées de seulement 25 cm, qui permettent de s’adapter à des points d’accroche de salle qui peuvent être différents d’un lieu à l’autre. Les crochets moteurs viennent s’accrocher sans accessoires directement sur ces plaques permettant ainsi de gagner entre 50 à 60 cm en hauteur. L’autre avantage c’est bien sûr le nombre réduit de moteurs accrochés à la charpente ce qui limite d’autant le travail en hauteur des riggers. Vient ensuite le rigging bas, cette fois à hauteur d’homme, avec un astucieux système de rails et de chariots d’acier supportant chacun jusqu’à 1 tonne où sont sous perchés les moteurs du grill.
Ces ancrages mobiles (Roly-X) équipés de 4 roulements glissent sur le rail central avec précision et se verrouillent à la position désirée. Les poutres s’assemblent pour obtenir la longueur de pont nécessaire et le rail central, continu, permet aux ancrages de passer d’un pont à l’autre et même de se situer à la jonction, avec toujours jusqu`à 1 tonne de charge, ce qui est impossible avec un système conventionnel. Sous ces ancrages viennent aussi s’adapter un accessoire Roly-T supportant un tube, livrable à la longueur souhaitée pour l’accroche d’un rideau ou de projecteurs supplémentaires. Enfin un clamp Roly-C venant se clipser sur le rail central est prévu pour emmener le câblage.
Pour cette tournée, l’équipe de rigging adopte la logique des PRT light. Dans les PRT Rig, les moteurs sont sous perchés. Il n’y a pas de flight-cases à transporter, tout arrive directement installé dans les ponts avec chariots de transport, depuis la prépa jusqu’à la dernière date.
Donc pas de queue leu leu de flights sur le plateau. Très vite les 4 traverses de Roly-Truss constituant le mother grill sont accrochées à la charpente. En dessous, sont installées les sous-perches de jardin à cour, les équipes accrochent les chaînes moteurs de sous-perches aux ponts de projecteurs et de rideaux. Un Roly-Truss pour l’écran video à hauteur d’homme et le tour est joué.

Pour le rigging bas, plusieurs types d’ancrage Roly sont proposés dans le kit. Les Roly-V supportent 250 kg et sur chaque ancrage Roly-X on peut accrocher jusqu’à 1T, ce qui est confortable.
Xavier Marchand explique « Tout est monté au Fenwick. Les carts de transport ont des espaces à fourche dédiée. Il peut y avoir plus de moteurs d’un côté ou de l’autre donc un déséquilibre, le câblage peut aussi être d’un seul côté donc on pourrait les prendre par-dessous si ils étaient vide mais dans les espaces à fourche c’est toujours mieux. »
Les poutres sont en Aluminium T6. Les ancrages roulants répondent au double facteur de charge E.L.L. et sont en acier.
Ajoutons aussi que ce système s’utilise comme un pont classique. Les riggers reconnaissent rapidement les éléments, ils ont les abaques, manuels et les quick start guides disponibles sur le site Internet. Les chariots de transport et les pins sont classiques et donc le système s’adopte très rapidement et de manière autonome. En tournée, les carts de transport s’empilent pour charger / décharger et stocker comme des PRT de lumière.
Le Roly Systems : moins de travail en hauteur, plus de sérénité
Dans l’équipe de riggers, nous rencontrons Renaud Ribière qui vient de finir la tournée de Santa avec l’équipe en charge du motion pour MECAoctet. C’est la première fois qu’il utilise Roly Systems.

Renaud Ribière est cordiste. A l’origine de ses activités, il travaille sur de grands chantiers comme le Pont d’Aquitaine et des ouvrages artistiques qui nécessitent la maîtrise du levage, des grues et de l’accroche. Ses clients, ArcelorMittal, Michelin… sont alors très éloignés du spectacle vivant.
Puis il s’associe à un centre de formation et développe les premiers CQP accrocheur rigger (Certificat de Qualification Professionnelle ndlr). Au contact des professionnels du scénique, il bascule progressivement vers le rigging de tournées et la gestion de grandes scènes de festival, dont le « Vin & Bière » en Mayenne (qui accueille près de 160 000 personnes sur quatre jours).
Aujourd’hui, il partage son activité entre tournées et festivals, et collabore à des productions scénographiques ambitieuses comme Santa, Swan Lake ou Peaky Blinders par l’intermédiaire de MECAoctet.
SLU : Renaud, que penses-tu du Roly Systems ?
Renaud Ribière : « Il nous facilite le rigging car toutes les problématiques de pré-rig et rig sont prises en compte pour s’adapter d’une salle à une autre. Il offre différents systèmes d’accroche et répond à ces configurations variables. Le sous-perchage avec un rail tubulaire et des ancrage mobiles, nous permet d’avoir une modularité supplémentaire elle aussi intéressante. Au-delà de la charge importante que les ponts peuvent porter, ils nous apportent une facilité de mise en œuvre, qui aide aussi bien l’équipe de riggers de la tournée que celles d’accueil.

SLU : Tu saurais estimer le gain de temps ?
Renaud Ribière : Pour cette date nous avons quatre Roly et 16 moteurs 2 tonnes. Je lève donc 16 moteurs, au lieu d’en lever 46. Et ces 46 moteurs auraient eu un impact sur la mise en œuvre car la charpente n’aurait pas forcément pu répondre à nos besoins en termes de possibilité d’accroche de moteurs situés aussi proches les uns des autres.
Parce que là j’ai mes chaînes à lever avec les Roly, alors qu’habituellement, on lève les chaînes et on a les ponts chargés de projecteurs sur les moteurs. C’est-à-dire que tout le câblage remonte également en bout de pont, autrement dit 12 systèmes de câbles multipliés par 4 moteurs par perche ce qui ajoute plus de poids. Et même si je l’ai quand même, il est réparti sur les Roly avec 4 descentes de câbles à leur extrémité.

On en gagne donc beaucoup de temps. Avec le Roly Systems on réduit l’équipe de riggers confrontés à cette problématique de travail en hauteur et de levage, qui est pour moi un paramètre important. On doit adapter nos systèmes pour faire en sorte de faciliter le travail de chacun. Et moins on a de manip à faire en hauteur, mieux on se porte, même si, quel que soit le système proposé, il est toujours monté en temps et en heure au final.
SLU : Pour des dates consécutives d’une tournée dans des salles plus petites, ça peut aussi être intéressant pour la production de réaliser des économies de temps au montage.
Renaud Ribière : C’est le principe des pré-rig, avec l’avantage du Roly de pouvoir déplacer ses ancrages sur toute la longueur du pont, même à la jonction des poutres. Ton câblage reste sur le premier Roly-Truss. Là-dessus, MECAoctet a fabriqué des tôles de fond pour les carts de transport. Ils vont dans les dolly pour qu’on puisse venir enrouler nos câbles et faire en sorte de laisser toutes les accroches sur les moteurs ce qui fait gagner du temps. C’est l’Écu qui nous les a fabriquées sur une date parce qu’on en avait vraiment besoin. Ça nous évite d’avoir à démonter toutes les alim moteur et ça reste dedans. Ça correspond vraiment à nos besoins en tournée. »

Pour la tournée de Santa et Clara Lucciani, MECAoctet a développé des petits accessoires qui s’adaptent au Roly Systems. Cette société française connue dans le milieu du motion est aussi une pépinière d’idées, de créativité, d’innovation, de recherche et de réactivité. Renaud explique « Là-bas 6 à 8 ingénieurs sont capables de trouver des solutions quand on rencontre un problème. Il y a une véritable émulation pour améliorer les outils. »
L’éclairagiste gagne en clearance pour plus de possibilités
Et puis nous retrouvons Victorien Cayzeele qui a conçu le design lumière. Pour lui aussi le Roly est une première.
Victorien Cayzeele : « C’est la première fois que je l’utilise sur une tournée et je peux comparer avec la solution alternative car on a fait tourner le show avec des PRT light juste avant. C’est un système plus compact, plus polyvalent car on peut placer ses points d’accroche où l’on veut, et il supporte plus de charge.
On peut aussi faire des accroches plus courtes comparé à un PRT traditionnel qui implique d’utiliser de multiples accessoires d’accroche induisant une perte de hauteur. Pendant le transport, les moteurs posés au fond de ton chariot de PRT se baladent beaucoup, et on ne sait pas trop comment stocker leur chaîne. L’avantage du Roly, avec l’accroche qui est courte, c’est que les moteurs bougent très peu et on les met où on veut.

SLU : Les salles en France ne sont pas réputées pour leur grande hauteur. Combien tu gagnes avec le Roly Sytems ?
Victorien Cayzeele : A vérifier mais je pense qu’on gagne plus de 40 centimètres. Sur une clearance ce n’est pas négligeable car c’est presque la hauteur d’un moteur. Par ailleurs, le fait de pouvoir placer ses projos comme on veut est un super avantage. En PRT on était obligé de monter et démonter la source alors que maintenant elle peut dormir dans le Roly.
On a besoin de la source au ras du début du pont et avec les PRT Light ce n’est pas forcément possible car il n’y a pas de barre, donc on ne pouvait pas accrocher un Color Strike, par exemple, très bas. Du coup, tu es obligé de le sortir puis de le raccrocher à chaque date. Là, il dort dedans au ras du zéro, donc ça fait encore gagner du temps ce qui n’est pas négligeable en cumulé sur la tournée.
SLU : Au final ça donne l’impression qu’il n’y a que des avantages ?
Victorien Cayzeele : Elle est un peu lourde car plus épaisse qu’un pont classique à cause des plaques qui tiennent de tube central et l’accroche haute mais au prorata de ce que l’on gagne en accroche ça s’équilibre.
SLU : Donc toi tu militerais pour pouvoir le réutiliser ?
Victorien Cayzeele : Pas pour tous les projets car, comme tout les systèmes il reponds a certaines contraintes et pas a d’autres. Par exemple quand on utilise des lyres, il nous faut loger les bases des plus grosses machines dans les PRT light classique. Pour des projecteurs de taille moyenne qui doivent être installés serrés, Roly c’est super. En France on est plutôt dans une logique de répondre à des demandes spécifiques en passant par de la fabrication ce qui va entraîner du délai et des coûts. Surtout ça vient se plaquer sur le fait que chacun travaille d’une certaine manière.
Par exemple, quand je dessine un plan de feu, je place toujours un PRT light pour démarrer. C’est une contrainte que je m’impose et si cela ne matche pas avec ce que je voulais faire, je change de parti pris, soit en m’orientant vers du pont classique ou bien en allant vers une solution custom si le nombre de dates le permet. Sur un pont de face, les jonctions de certains PRT light peuvent m’empêcher d’aligner les projecteurs comme je le souhaite avec une répartition qui n’est pas cohérente car certaines machines peuvent se retrouver plus proches les unes des autres par endroits, ce qu’au final personne ne verra.
A ce moment je vais surtout privilégier la répartition des blinders face public qui se voient plus pour que ce soit propre visuellement. Avec Roly on n’a pas ce souci, il est plus adapté car plus discret avec toutes les possibilités de répartition sans avoir à faire de compromis sur le nombre de machines. C’est plus simple et facile pour les techniciens. J’imagine que les prestataires achètent du Roly en quantité car il résout de nombreux problèmes lors de prestations dans des endroits compliqués avec des clearances faibles et où il faut une certaine précision qui demande du sous-perchage, des palonniers, etc. C’est vraiment pratique. »
Le pont de l’écran vidéo pré-installé… pour gagner du temps
Un Roly-Truss44 accroché à la charpente reçoit l’écran vidéo, (100 dalles de LST 7.8 pour une surface totale de 50m2 et un ensemble qui pèse 650 kg environ). « L’accastillage de la première rangée de dalles a déjà été installé sur chaque Roly-Truss chez le prestataire Dushow et c’est ce qui prend le plus de temps. » nous précise Xavier Marchand (directeur technique de la tournée). « Une fois sur place, les techniciens n’ont plus qu’à installer les rangées de dalles successives à mesure qu’on lève le pont. L’accroche d’un écran de ce type prend normalement deux heures à 3 personnes. Avec ce système on réduit le temps à 1 h 15 soit 45 minutes économisées sur chaque date. »
Nous retrouvons l’équipe vidéo, Gilles Baumeleyer, Stéphane Dijoux et David Dours qui eux aussi ont récemment découvert les avantages du Roly.
David Dours (opérateur vidéo) : « Le fait de pouvoir transporter la première ligne pendant toute la tournée est pratique. On n’a plus à y toucher et nous gagnons une bonne heure de montage sur chaque date. Le deuxième point important pour nous, c’est la possibilité de caler facilement le centre sur scène. Comme les panneaux sont mobiles sur le système Roly, on peut facilement s’ajuster aux repères.
Gilles Baumeleyer (réalisateur vidéo) : Une fois que tous les panneaux de la première ligne sont installés, on peut bouger la globalité de l’écran qui est monté sur les chariots à roulettes et qui glisse très facilement sur le tube principal. On peut le centrer au millimètre près.
Stéphane Dijoux (opérateur vidéo) : Les ancrages viennent prendre les points des bumpers et des supports et il nous suffit de les visser, dévisser pour les faire bouger. Avant ce système, nous étions sur Steelflex et les points d’accroche étaient fixes. S’il y avait un souci de centrage, il fallait démonter le pont, enlever les Steelflex, les remettre au bon endroit et tout ça pouvait faire perdre des heures. Avec le Roly Systems ça nous a pris 10 minutes à deux pour dévisser et recentrer précisément l’écran par rapport la scène et à la déco, avant de lancer tout le système. C’est un avantage extraordinaire.

SLU : Est-ce que les limites de charge sont suffisantes pour tout type d’écran et de configurations ?
Gilles Baumeleyer : Les écrans sont de plus en plus légers. Chaque pont peut supporter bien plus que nos besoins et dans l’absolu ça signifie qu’on peut en assembler beaucoup sur de belles hauteurs. Le deuxième avantage c’est que la première ligne de bumpers sur lesquels vont être fixés les écrans ne bouge pas et donc ça limite la manipulation là où il peut y avoir de la casse. C’est à la fois du temps de gagné et une protection.
En dessous il y a de la place pour la première ligne de panneaux LED. Il y a juste un Fenwick qui vient nous les chercher et on peut les empiler sur deux hauteurs. On peut aussi enlever un élément facilement sans tout démonter. C’est tout l’intérêt de ces petits chariots.
SLU : Et pour tout ce qui est câblage ?
Stéphane Dijoux : Notre écran est au ras du sol, donc le câblage l’est aussi mais s’il avait fallu le mettre en hauteur, il y a largement la place car ce pont est carré et permet une collection des cables en haut bien plus fonctionnelle que les autres. On peut donc faire un chemin de câble moteur et un autre de câble data. »
Le Roly Systems apparaît comme un véritable modèle de rigging. En combinant pré-rig, modularité et optimisation du travail à hauteur d’homme, il répond à des enjeux concrets de sécurité, de gain de temps et de rationalisation logistique, particulièrement importants sur des tournées de toute taille.
Si son adoption est idéal selon les configurations, les retours des équipes, qu’elles soient issues du rigging, de la lumière ou de la vidéo, sont particulièrement convaincants : Roly est un système cohérent, pensé pour le terrain et capable de simplifier des opérations historiquement complexes.
Pour le spectacle de Marie s’infiltre, qui mêle exigence scénographique et efficacité technique, le Roly Systems apporte une solution appelée à s’imposer durablement dans le monde du spectacle vivant.
























