Ghost d’Agora Audio : Des commutateurs intelligents

Ghost d’Agora Audio

Donner de l’intelligence à un commutateur (switch) Ethernet pour qu’il gère une multitude de protocoles de réseau audiovisuels en toute transparence, sans nécessiter de compétence spécifique réseau, c’est le pari qu’a réalisé la Société Agora, un prestataire de Poitiers, d’abord pour ses propres besoins. Devenue fabricant pour cette circonstance, Agora commercialise désormais le produit.
Présenté aux JTSE fin novembre 2015, et lancé officiellement sur le marché début janvier, Ghost est un commutateur Ethernet dédié, super-intelligent, en boîtier compact 1U.

Les fondateurs d’Agora : Bruno Gondrecourt (Directeur Commercaila) à droite de l’image, et David Rocher, le concepteur, lors de notre entrevue aux JTSE.

Les fondateurs d’Agora : Bruno Gondrecourt (Directeur Commercial) à droite de l’image, et David Rocher, le concepteur, lors de notre entrevue aux JTSE.

Sa spécificité audiovisuelle se manifeste d’une manière évidente par les connecteurs Ethercon en lieu et place du plus traditionnel RJ-45, et d’un afficheur alphanumérique au-dessus de chacun des 8 ports utilisateurs disposés en face avant.
Les Ghost (il existe deux modèles d’aspect rigoureusement identique et compatibles entre eux) sont entièrement administrables et se complètent d’un logiciel appelé Ghost Manager, qui se présente plus comme un logiciel à dominante audiovisuelle que comme un logiciel d’administration de réseau informatique, car il est doté d’une interface simple et parle un langage que les techniciens de l’audiovisuels connaissent.

Trois Ghost vus du côté ports (face avant). On note l’affichage en clair de la destination au-dessus de chaque port, ainsi que les LED de couleur variable qui indiquent à quel groupe chaque port appartient.

Trois Ghost vus du côté ports (face avant). On note l’affichage en clair de la destination au-dessus de chaque port, ainsi que les LED de couleur variable qui indiquent à quel groupe chaque port appartient.

Une prise en charge multiprotocolaire des réseaux audiovisuels

Dans le logiciel Ghost Manager, il existe des entités appelées « groupes » regroupant un ensemble d’appareils ou de machines connectées entre elles via des Ghosts, selon un même protocole. Il suffit de déclarer dans Ghost Manager le protocole affecté à un groupe pour que, automatiquement, la liaison se fasse dans ledit protocole.

La fenêtre principale dite framework du logiciel Ghost Manager donne une vue générale des machines connectées, avec leurs appellations en clair. Les groupes sont représentés par des couleurs (qu’on retrouve sur les faces des appareils). On note ici un mélange de protocoles : Dante (1 et 3), EtherSound (3), ArtNet (4) et « Standard » (5), c’est-à-dire TCI/IP classique (pour les télécommandes, par exemple).

La fenêtre principale dite framework du logiciel Ghost Manager donne une vue générale des machines connectées, avec leurs appellations en clair. Les groupes sont représentés par des couleurs (qu’on retrouve sur les faces des appareils). On note ici un mélange de protocoles : Dante (1 et 3), EtherSound (3), ArtNet (4) et « Standard » (5), c’est-à-dire TCI/IP classique (pour les télécommandes, par exemple).

On a le choix entre Dante, EtherSound, ArtNet, etc… et « Standard »,  c’est-Ă -dire le protocole informatique habituel TCI/IP, qui s’applique Ă  tous les signaux de tĂ©lĂ©commande et de surveillance des appareils. Si d’autres protocoles spĂ©cialisĂ©s venaient Ă  apparaĂ®tre, Agora affirme que les machines Ghost pourraient les prendre en charge, tant qu’ils respectent les normes Ă©lĂ©mentaires basiques de rĂ©seau gĂ©nĂ©ral (standards Ethernet).

La fenêtre du framework lors de la configuration du groupe 1. Les ports concernés sont mis en évidence. Les priorités (1) et (2) permettent de gérer la redondance, le lien port 4 –port 4 affiché en priorité (2) n’est utilisé que si le lien port 3 –port 3 affiché en priorité (1) est défectueux

La fenêtre du framework lors de la configuration du groupe 1. Les ports concernés sont mis en évidence. Les priorités (1) et (2) permettent de gérer la redondance, le lien port 4 –port 4 affiché en priorité (2) n’est utilisé que si le lien port 3 –port 3 affiché en priorité (1) est défectueux.

Les deux modèles se distinguent seulement par la vitesse de leurs ports utilisateur.
L’un dispose de ports gigabit Ethernet et peut donc véhiculer toutes sortes de signaux. L’autre dispose de ports à 100 Mbits/s. Cette machine est moins chère et conviendra à certaines applications où seuls de signaux relativement lents doivent être pris en charge (commandes d’éclairage ou télécommandes en protocole « standard »), ce qui ne l’empêche pas d’être compatible avec un réseau Gigabit Ethernet.
On pourra donc l’utiliser en certains points particuliers des grands réseaux ( par exemple dans un local de gradateurs ), où elle pourra s’intégrer sans problème en permettant de réaliser quelque économie.

Une ergonomie très étudiée

Tout est étudié pour que le technicien puisse facilement obtenir les données qu’il souhaite à l’approche d’un Ghost. Sur chaque port utilisateur, on dispose d’un affichage LCD à 8 caractères et la face avant porte un petit bouton poussoir qui dit tout :

  • Un premier appui court affiche le groupe auquel chaque port est rattachĂ©
  • Un deuxième appui court indique le type de signal qui est vĂ©hiculĂ© (i.e. le protocole : Dante, EtherSound, etc…)
  • Une troisième pression courte renseigne sur le pourcentage d’occupation du port en Ă©mission (Tx) et s’il y a des pertes de trames
  • Une quatrième pression courte indique la mĂŞme chose mais en rĂ©ception (Rx)
    • Avec un premier appui long on obtient l’affichage de l’adresse IP du switch (avec cette adresse IP, on l’identifie sur le logiciel Ghost Manager)
    • Avec un deuxième appui long on rĂ©initialise l’adresse IP, il demande si on souhaite recharger la configuration d’usine
    • Et avec une troisième pression longue, on confirme

En mettant la machine sous tension avec une pression prolongée sur le bouton, on lance un autotest de la machine. Elle dit si elle est prête à repartir pour la prochaine prestation. Les groupes sont identifiés par des couleurs. Cette couleur est choisie dans le logiciel Ghost Manager, et se retrouve sur l’un des voyants LED à proximité de chaque port.

Le même souci d’ergonomie se retrouve dans le logiciel Ghost Manager dont toutes les opérations n’utilisent que deux fenêtres : la fenêtre principale dite « Framework », dans laquelle toutes les machines connectées au réseau apparaissent, et une fenêtre de configuration plus détaillée dite « Interface Window ». Ghost Manager bannit strictement trois plaies ergonomiques de l’informatique moderne :

  • Les menus contextuels
  • Les clics droits
  • Et les multifenĂŞtres
La fenêtre dite Interface Window est la deuxième du logiciel Ghost Manager. Elle permet de gérer les affectations et réglages.

La fenêtre dite Interface Window est la deuxième du logiciel Ghost Manager. Elle permet de gérer les affectations et réglages.

Ghost Manager possède un mode offline qui permet de préparer les configurations sans que le matériel soit physiquement connecté. Les appareils sont représentés dans une couleur différente du mode online. Le taux de matching (qui diffère de 100 %) indique que la configuration offline diffère de la configuration online enregistrée

Ghost Manager possède un mode offline qui permet de préparer les configurations sans que le matériel soit physiquement connecté. Les appareils sont représentés dans une couleur différente du mode online. Le taux de matching (qui diffère de 100 %) indique que la configuration offline diffère de la configuration online enregistrée.

Affectation de port dans Ghost Manager

Affectation de port dans Ghost Manager.

Modification des caractéristiques d’un port dans Ghost Manager.

Modification des caractéristiques d’un port dans Ghost Manager.

Nous avons pu constater qu’il suffit de quelques minutes pour configurer et rendre opérationnel un réseau, à partir du moment où les machines sont physiquement présentes et connectées.

Tout pour la fiabilité

Les appareils Ghost possèdent deux alimentations redondantes en option. Le système prend également en charge la sécurisation des liens de la manière suivante : chaque port connecté est associé à un niveau de priorité qu’on peut lui affecter dans le logiciel Ghost Manager.
Un niveau de priorité « 1 » correspond à une liaison active en fonctionnement normal. Une liaison entre ports affectés du niveau « 2 » est une liaison redondante, qui ne deviendra donc active, éventuellement, que lorsque la liaison entre la même origine et la même destination, affectée de la priorité « 1 » sera défaillante.

Simplicité et économie

Quelles sont les solutions alternatives ?
Typiquement, pour faire le même travail, il faudrait un ou plusieurs commutateurs informatiques standards, un ou plusieurs ordinateurs pour l’administration, équipés des logiciels spécifiques pour chaque réseau (Dante Manager, AVS Monitor, etc.), ainsi qu’un ingénieur réseau pour mettre tout en place. Ce qui peut, à la limite, se concevoir pour une grosse installation, mais devient économiquement plus acrobatique pour des prestations, ou pour une tournée qui doit, à chaque soirée, réinstaller son réseau.
Ghost facilite d’autant plus la tâche que Ghost Manager dispose d’un mode hors ligne qui permet de préparer à l’avance les configurations de nouvelles prestations, ou de modifier à l’avance des configurations existantes, en signalant les différences avec la dernière prestation enregistrée.

Ghost a fait ses preuves en installation, où il équipe le centre Diagora de Toulouse. C’est un Centre des Congrès, dans lequel vidéo sur IP, streaming, tous les « remotes » iPad, tout le réseau EtherSound, tout le réseau ArtNet, tout le réseau TCP/IP et tout le réseau d’affichage dynamique sont multiplexés sur un réseau commun géré par des Ghost.
En prestation les premiers prototypes de Ghost ont servi sur la cérémonie de clôture de la commémoration du débarquement de Normandie. Ils faisaient le lien entre les micros numériques qui étaient au niveau de la fosse, sur la pelouse du stade, et la régie qui était en haut des gradins. En plus du type commande [protocole TCP/IP standard], il y avait un réseau audio, EtherSound en l’occurrence, pour les micros numériques.

En conclusion

Nous laisserons le dernier mot à David Rocher, le concepteur de la gamme :
« Notre objectif en faisant converger les protocoles au travers de Ghost, c’est aussi de créer enfin ce poste d’administrateur réseau du spectacle, de l’audiovisuel pro.
On ne sait plus comment on va pouvoir gérer nos affaires ! Si on doit embaucher un administrateur réseau pour le son, en embaucher un dans la lumière, et en embaucher un autre dans la vidéo, on est morts, il n’y aura jamais un écosystème qui permettra de faire cela.
Mais aujourd’hui, vu que quelqu’un peut gérer plusieurs protocoles de front, on peut commencer à mutualiser les choses. Quelque part, on crée un métier, parce qu’on dispose maintenant de la passerelle pour le faire. »

D’autres informations sur www.agora-audio.com

 

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