Paris Battle Pro, DBTechnologies sort du bois

C’est la marque italienne qui monte et fait du bruit, la marque efficace, maligne, puissante et étonnement abordable. Nous avons été découvrir le système grand format de DBTechnologies, le VIO L212 avec ses subs VIO S218 à la Seine Musicale pour la Paris Battle Pro.

Une partie des équipes lumière et son de Murdeled (Loc Events) et de DBTechnologies.

Deux mots pour commencer sur le L212. Rien de nouveau question noms, L212 signifie bien qu’il dispose de deux 12” auxquels s’ajoutent quatre 6,5” pour le médium et deux moteurs 3” réunis dans un guide servant aussi d’amorce de pavillon pour les médiums.

Le L212 sans sa face avant et laissant admirer le travail effectué sur les guides médium et aigu afin de limiter les interférences de recouvrement. On aperçoit aussi les deux guides d’onde faisant face à l’embouchure des moteurs et créant le front d’onde homogène.

Un package complet, entièrement en néodyme, en trois voies actives et suffisant pour délivrer 142 dB SPL (données constructeur) grâce aux deux amplis de 1600 W RMS, en fait 4 de 800 W et à un processing FIR embarqués.


Le S218 lui aussi sans sa face avant. Aucun doute n’est possible sur la taille des bobines de 4”. Aimant néodyme, 28 Hz à -6 dB et 143 dB de SPL Max (données constructeur)

Les subs sont aussi bien nés avec, dans une charge bass reflex, deux 18” à bobine 4” alimentés par les mêmes deux modules Digipro G4 à PFC qui équipent le L212.

Nous avons eu la chance d’écouter une configuration de 16 têtes par côté et 24 subs en 12×2 en arc, complétée par 8 lipfills en VIO L210 à la Seine Musicale, une salle capable d’accueillir suivant les configurations entre 4 000 et 6 000 personnes.

Un des 8 ensembles S218 et L210, indispensables vu l’espacement de 22 mètres des deux lignes, l’ouverture de 90° des têtes et le choix fait de peu courber les arrays. Remarquez l’ouverture sous la scène motorisée et derrière la plaque ajourée du barriérage. Les basses s’y aventurent…

L’événement consiste en des battles entre des breakdancers sur des performances musicales fournies par deux DJ, le tout « propulsé » par deux présentateurs très, très énergiques, bref, il y a de la patate à revendre sur scène mais pas forcément un signal musical très fidèle. Nous y reviendrons.

Notre classique balade dans les gradins avant que les portes ne soient ouvertes nous permet de comprendre le positionnement produit de ces boîtes et dès les premières notes, aucun doute n’est permis, les L212 sont conçues pour porter loin. La polaire donne un petit 90° avec beaucoup d’énergie dans l’axe et un rendu qui correspond aux autres modèles de la marque : généreux, incisif et moderne.

Nous laissons la salle assez bruyante durant les répétitions pour retrouver Andrea Brasolin, le Product Specialist de la firme italienne qui a fait le déplacement avec Riccardo Parravicini et du bois en complément pour cet événement.

16 unités VIO L212, un array définitivement puissant et conçu pour les grands espaces.

Comme il nous le dit : « Je tourne en Europe et Moyen Orient et en plus j’aime ça. Nous sommes trois à le faire, avec un collègue qui s’occupe de l’Amérique du Sud et un second qui est dédié à deux -gros- pays pour nous que sont l’Allemagne et la Hollande, plus bien sûr quelqu’un qui est en charge de l’Italie.

SLU : Quel est le rôle de Riccardo Parravicini ?

Andrea Brasolin : C’est un mixeur très connu et actif sur la scène musicale italienne et qui nous est précieux pour son avis sur l’ergonomie comme le rendu de nos produits.

Riccardo Parravicini

Il utilise aussi d’autres marques que la notre et a une oreille sans concession, un peu comme Antonio Porcelli, un autre ingé son qui collabore avec nous et dont on respecte et écoute les commentaires parfois très incisifs (rires) Ils nous aident à grandir dans la bonne direction.

SLU : Elle est en vente depuis quand la L212 ?

Andrea Brasolin : Depuis septembre 2018. Antonio Porcelli a eu tout l’été un kit en phase pilote sur la tournée de Caparezza (gros artiste italien NDR) et nous a permis de corriger les derniers détails mécaniques et affiner les presets quant au couplage du grave. Être au contact de nos clients prestataires, ici Loc Events (MursdeLeds NDR) ainsi que d’autres clients français qui ont des parcs de L210, est toujours très enrichissant.

SLU : Tu as une ouverture importante pour le système aujourd’hui, du coup beaucoup de front fills pour remplir devant…

Andrea Brasolin : 22 mètres en effet. Comme on a 12 têtes L210, on a utilisé l’arc sub pour en sangler 6 dessus et deux derniers sur les côtés pour tirer vers le bas l’image stéréo. Le reste va servir en tant que sides sur scène pour les danseurs.

Les 6 lip fill L210 sanglés sur des ensembles de deux subs.

SLU : On sent que la L212 aime porter loin, il me semble que la polaire est plutôt 80° que 90°

Andrea Brasolin : Non, elle est bien de 90°. Les petites boîtes de la gamme VIO sont des 100° alors qu’avec celle-là on est plus serré. C’est vrai que des outfill n’auraient pas été inutiles dans une salle aussi large que la Seine Musicale pour parfaire la couverture latérale.

SLU : Tu as joué la carte de l’arc avec tes subs…

Andrea Brasolin : Oui, d’abord réel puisqu’ils suivent l’arrondi de la scène et ensuite grâce à des délais. On a opté pour 60° afin de distribuer le mieux possible le bas du spectre dans la salle. On a perdu un peu de temps à caler à cause d’un déphasage partiel dû sans doute à un bug dans un des plugs de la console mais tout est rentré dans l’ordre.

Voici la pression prévue par Ease Focus3 pour les 24 subs S218 montés en arc.

SLU : Tu as placé 24 subs en double 18” pour 32 têtes. C’est un ratio normal ?

Andrea Brasolin : Oui et surtout pour le genre musical qui va être joué ce soir. Et bien entendu pour une diffusion dans un lieu clos. En plein air j’opterais pour un ratio de 1/1.

SLU : Y’a-t-il des L212 déjà en parc en France ou vous êtes venus avec un gros porteur directement de l’usine de Bologne…

Andrea Brasolin : Nous avons deux prestataires français qui sont très intéressés par cette tête et la moindre des choses est de leur permettre de la voir à l’oeuvre et surtout écouter en conditions réelles d’exploitation, nous avons donc ponctuellement complété le kit de Loc Events.

SLU : La Seine Musicale a une jauge intermédiaire. Vos L210 en deux fois 10” n’auraient pas suffi ?

Andrea Brasolin : Si bien sûr. Il y a quelques temps de cela nous avons sonorisé un show de musique électro au Zénith de Paris avec en main seize L210, en outfill douze L210 et en sub 24 triples 18”, nos S318.

Le plateau avec à cour et jardin les deux DJ avec, au pied de leur pratos, deux ensembles de deux L210 en guise de retours pour les danseurs. On devine au sol le tapis très soigneusement posé et traité pour lui donner la meilleure glisse possible, testée par les juges qui ont chacun montré quelques figures.

SLU : Quelle est la charge de ce sub à part ?

Andrea Brasolin : Le HP central est en bass reflex, les deux extérieurs ont un charge semi-symétrique qui ajoute beaucoup de punch. C’est un montage complexe qui a demandé un temps de développement important et auquel je n’ai personnellement pas cru au départ. J’ai eu tort. Ils ont trouvé la solution pour le faire bien sonner et il se vend très bien (rires)

SLU : Comment déploie-t-on vos enceintes ?

Andrea Brasolin : On a mis au point un rack vertical standard dit Powerbox comportant notre processeur audio AC26 N, le contrôleur réseau plus la distribution secteur. On sort sur une Soca en épanoui vers les enceintes qui reçoivent le signal analogique, le réseau pour la télécommande et le monitoring et enfin le secteur.

Une vue d’Aurora Net et plus particulièrement d’une L212 prise au hasard. Un affichage extrêmement complet des niveaux par patte d’ampli, des températures de chacun des trois modules, bref, c’est du sérieux.

SLU : Mais vous avez la possibilité de les équiper d’une carte Dante.

Andrea Brasolin : Elle n’est pas sortie officiellement mais oui, DBTechnologies est partenaire Dante donc elle va arriver. En attendant, chaque enceinte dispose d’une prise réseau RD-Net afin de la contrôler à distance et en temps réel via notre logiciel Aurora Net.

SLU : C’est votre marque de fabrique, faire mieux ou différemment, voire les deux…

Andrea Brasolin : Notre objectif est de toujours donner à nos clients et dans notre gamme de prix, ce qu’il y a de mieux. J’ai bien dit dans notre gamme de prix. Nous ne voulons pas aller là où nous ne serions pas à notre place, mais notre offre technique peut convenir à un très grand nombre de situations où le différentiel prix et qualité avec d’autres fabricants ne se justifie pas. On est parti de loin, mais on s’améliore produit après produit.

Claudio Ottani

SLU : Justement, pour sortir des têtes comme le L212 votre équipe a évolué ?

Andrea Brasolin : Notre responsable de la R&D est Claudio Ottani et ce depuis 32 ans. Depuis 2010 la société embauche beaucoup de jeunes. Pas que des gros CV mais des gens bourrés d’envie et d’idées qui sous la direction de Claudio nous ont porté jusqu’à concevoir la série VIO.
Depuis 15 ans DBTechnologies investit en moyenne 8% de son chiffre d’affaires dans la R&D et les résultats sont là. Les clients comme nous, sommes contents de la boîte et de ses produits.

53 kilos pour 142 dB, sans besoin d’amplis ni de lourd câblage. Le modèle économique de ce type de produit est intéressant.

SLU : Vous avez trouvé votre place dans le groupe où il y a déjà un gros morceau du son avec RCF ?

Andrea Brasolin : Pour moi oui. La gamme DVA, des enceintes line array en polypropylène qui ont un très grand succès commercial et ensuite la gamme VIO ont fait de DBTechnologies un vrai fabricant de produits professionnels et nous sommes libres de nous approvisionner en composants, d’où le choix de B&C pour les 12” des L212.
D’un autre côté nous employons beaucoup de transducteurs RCF et notamment les moteurs qui sont remarquables et que nous savons très bien exploiter. Nous sommes de vrais concurrents de RCF et c’est positif car cela génère une émulation entre les équipes.

SLU : La commercialisation des L212 a commencé ?

Andrea Brasolin : Oui. Ca marche fort en Allemagne, en Espagne aussi où on a vendu 2 systèmes complets, 340 boîtes dans les Philippines, 300 en Amérique du Sud, deux systèmes aux USA et en Italie cela se passe aussi très bien avec 4 prestataires et 6 systèmes complets.
Pour la France enfin on compte sur Richard ! (Lereuil, commercial France de la marque) En 6 mois à peine on en est à un millier de boîtes.

SLU : Boîte et sub ont les mêmes modules ampli ?

Andrea Brasolin : Oui, deux modules de 1600 W où l’on a réparti un 12” et les 4 médiums sur l’un et sur l’autre un 12” et les deux moteurs. Nous n’employons aucun filtre passif.

SLU : Tes modules sont donc stéréo.

Andrea Brasolin : Ils ont deux canaux chacun, on a donc 4 pattes de 800 W RMS en tout. Il s’agit de Digipro G4 de dernière génération et ils sont très intéressants dans leur façon de travailler. Leur grosse puissance par transducteur nous permet de garder beaucoup de headroom.

Let the show commencer !

Richard Lereuil, le French Distributor de la marque italienne et Andrea Brasolin, le Product Specialist de DBTechnologies, corporate jusqu’au tee-shirt !

Le devoir appelle Andrea, les battles commencent par les plus jeunes. Avec du public (la salle est bien garnie NDR) le rendu est net avec une touche de couleur dans le médium, un son généreux et assez rock’n’roll. Le grave a un peu plus de mal. Cela n’est pas dû au système mais à la fosse où la scène se loge lorsqu’elle n’est pas montée et aussi sans doute au très grand volume que représentent l’arrière scène et les coulisses. Tout cela fait perdre un peu de précision et d’impact au bas.
Il aurait peut être été judicieux de monter les subs en cardioïde pour moins exciter ces espaces, voire de les accrocher pour baisser le niveau dBC.

Pour le reste on ne se prononcera pas sur la dynamique ou la fidélité du système, nous n’avons écouté que des fichiers compressés de titres Funk & R&B assez anciens, en revanche on a pu constater la capacité du système à délivrer très facilement et proprement de fortes pressions acoustiques, les niveaux de cette soirée portée par les deux présentateurs et les deux DJ ayant trop souvent flirté avec les nouvelles normes en LEQA et LEQC 15 minutes.

Les quatre personnages clé de l’événement, les deux présentateurs et les deux DJ, sources de bonnes vibrations. Il faudra néanmoins que les organisateurs veillent à l’avenir à donner les moyens d’accrocher les subs et mieux tenir les niveaux.

On retournera écouter dès que possible les L212 et S218 avec de vrais musiciens en live mais il ne fait dès à présent aucun doute que DBTechnologies tient là un système capable de sonoriser efficacement Zéniths et Arénas. Vous pourrez vous forger votre opinion au PLS 2019 de Francfort où il sera en démo plusieurs fois par jour en plein air.


D’autres informations sur le site DBTechnologies

Crédits - Texte Ludovic Monchat - Photos Ludovic Monchat et DBTechnologies

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