Locmat est maintenant la totale propriété d’une nouvelle société « Locmat Software” créée par Christian Morasin. Cet ERP dédié à l’événementiel appartenait au groupe ICD dirigé par Xavier Drouet. Et ça change quelque chose ? Pas vraiment !
Nous avons rencontré les deux antagonistes de cette transaction : Xavier Drouet et Christian Morasin.

Histoire de Locmat
Logiciel de gestion de parc de location pour l’événementiel, Locmat est né au début des années 2000 sous l’initiative de Monsieur Alters, directeur de la société Phio. C’était à l’époque le seul logiciel qui tournait sur Mac et c’est la raison pour laquelle il a été choisi par le prestataire événementiel Impact Evénement.
Christian Morasin était à cette époque directeur des systèmes informatiques d’Impact et correspondait régulièrement avec les développeurs de ce logiciel, Lauren Massart, Yann Boudet, pour le fiabiliser. En 2011, quand Monsieur Alters annonce son départ à la retraite, Xavier Drouet, craignant sa disparition, décide de racheter Locmat, de reprendre les deux développeurs et nomme Christian Morasin directeur commercial de cette nouvelle entité qui sera intégrée à Gendis, une société du groupe ICD.
A l’opposé de la pratique commerciale des éditeurs de proposer uniquement en location leurs logiciels, Christian Morasin a toujours raisonné comme un gestionnaire d’entreprise, considérant qu’un investissement est comptablement moins coûteux sur le long terme qu’une location longue durée, très longue durée même quand il s’agit d’un logiciel de gestion commerciale ; d’autant que ce logiciel s’adresse à des loueurs qui ont la culture de l’investissement. Les trois versions de Locmat répondant aux différentes tailles d’entreprises du marché et de besoins ont donc un prix d’achat. Les mises à jour sont gratuites. Seule la maintenance assurée par l’équipe de développement constitue une petite charge annuelle pour les clients.
SLU : Christian, c’est dès la reprise de Locmat de 2011 que tu as fait évoluer le logiciel ?
Christian Morasin : Suite à de grosses évolutions structurelles, le logiciel était fiabilisé et j’avais les moyens d’ajouter des fonctionnalités. Et nous sommes passés rapidement de 25 clients à 150 clients.
SLU : Locmat se positionne comment sur le marché ?
Christian Morasin : Je pense que l’on se situe dans le Top 3.
SLU : Pourquoi cette transaction ?
Xavier Drouet : Dans l’objectif de ma retraite envisagée d’ici 2 à 3 ans, j’ai commencé la transmission de l’ensemble du groupe par appartements à mes salariés ou à mes associés, à l’exception pour l’instant du Parc de l’Evénement. Est donc arrivé le temps où il fallait également prendre une décision pour Locmat. Plutôt que de céder l’activité à un autre éditeur qui ne connaît pas le métier ou qui aurait cassé le “jouet”, j’ai préféré la proposer à la personne qui gère très bien cette activité avec moi depuis 2011. On a donc organisé la transmission à Christian, effective depuis le 1er janvier 2026 avec les mêmes équipes.
Les 2 objectifs étaient, « un » de garantir aux clients la continuité du logiciel et « deux » de préserver les emplois de l’équipe. Dans cette période de « sortie », nous ne concevons pas de laisser un de nos salariés sur le bord de la route. Par ailleurs, vis-à-vis de nos clients, on sait ce que c’est que de changer d’ERP et d’en mettre un nouveau en place quand celui-ci s’arrête plus ou moins brutalement. Cette application a quand même une particularité qui doit perdurer. Dans ce but j’ai proposé à Christian de reprendre la propriété, la marque et le fonds de commerce.
SLU : Christian tu as donc accepté
Christian Morasin : Oui, pour 3 raisons. Déjà, par respect pour Xavier, parce que, quelque part, c’est une fierté qu’il me le propose et puis, c’est un gros coup de pouce. Il m’a toujours dit qu’il n’en faisait pas une question d’argent et, “purée” c’est vraiment une réalité. La deuxième, c’est pour mes collègues. Je me posais souvent la question de savoir comment faire perdurer la situation lorsque le temps de la retraite de Xavier arriverait. Et la troisième raison concerne nos clients qui sont hyper attachants, et je n’avais pas envie de leur faire une mauvaise farce.
C’est-à-dire que si moi, je ne rachetais pas, Locmat serait peut-être tombé dans les mains d’un fonds d’investissement ou quelque entité dans le genre qui n’aurait pas garanti du tout, sa pérennité ou la continuité d’emploi des salariés. Je sais bien comment ça se passe généralement. Soit le logiciel est livré à une équipe de développement déjà présente, soit, si c’est un concurrent qui le rachète, les clients sont obligés via un pont, à faire une migration vers un autre logiciel. Et ça aurait été vraiment un mauvais coup pour eux. Voilà, je n’ai pas envie de laisser tomber nos clients, et puis Locmat c’est mon bébé, c’est le bébé de l’équipe et c’est le métier qui me passionne.
SLU : Donc tu as créé une société
Christian Morasin : Oui, elle s’appelle Locmat Software, enregistrée le 3 janvier 2026. Elle a repris le fonds de commerce de Locmat.
SLU : Est-ce que les capacités de développement vont changer ?
Christian Morasin : Non. On va continuer le développement avec nos valeurs en répondant aux attentes des clients comme avant. Mon objectif est que le logiciel et la société perdurent. Les hommes ne changent pas, donc il n’y a pas de raison que la volonté change.
Nous allons continuer à développer de nouvelles fonctionnalités comme nous l’avons fait chaque année.
SLU : Quelle a été la réaction de Yann et Lauren ?
Christian Morasin : On va dire que ce n’est jamais facile de quitter un grand groupe qui t’apporte beaucoup de facilités. Je pense que Yann et Lauren étaient conscients qu’un changement allait intervenir. Ils l’ont accueilli avec sérénité. Je pense qu’ils sont rassurés par la solution proposée, aussi bien pour leur avenir professionnel que pour les clients et pour la continuité de Locmat. Si je n’avais pas ressenti leur adhésion, je ne me serais pas lancé. Yann et Lauren sont pleinement intégrés au projet.
SLU : Quand tu évoques des facilités du groupe, c’était à quel niveau ?
Christian Morasin : Au niveau administratif. La comptabilité, les relances, la communication, le social étaient mutualisés. C’était un vrai confort qui me permettait de rester concentré sur mes fonctions. Pour une petite société, l’administratif c’est forcément du travail et du stress supplémentaire. A l’inverse, je me concentre maintenant à 100 % à Locmat. Je ne gère plus l’informatique du groupe.
Et je pense qu’il y a aussi des avantages à être totalement autonome. On prendra nos propres décisions, on fera nos propres choix. Même si on avait une grande liberté de mouvement, il y avait inévitablement dans le groupe des freins administratifs, des règles à respecter. Des règles, nous en auront évidemment, mais elles seront dictées par nos seuls besoins.
SLU : Donc, pour vos clients, ça change quoi ?
Christian Morasin : absolument rien ! Locmat reste une licence à vendre, une fois pour toutes, avec un contrat de maintenance. On est capable de le proposer en location, mais c’est une formule que je ne conseille pas. Je le dis tous les jours à mes clients. Je pense qu’ils sont largement bénéficiaires en faisant un emprunt à la banque pour payer une licence plutôt que de la payer dix fois en loc.
J’ai un retour sur investissement de trois ans et au principe qu’un prestataire technique ne se sépare que très très rarement d’un ERP après 3 ans d’utilisation, la location finit par coûter une fortune. Donc, c’est vrai que j’ai le réflexe de prévenir mes clients potentiels par honnêteté. Ils peuvent opter pour la location mais ce n’est pas forcément judicieux.
SLU : Les mises à jour seront toujours gratuites ?
Christian Morasin : Bien sûr, c’est écrit dans le contrat de vente.

SLU : C’est quoi, l’avenir de Locmat ?
Christian Morasin : A court terme, dès mars 2026, c’est la sortie d’Equip’Up. Il s’agit d’un logiciel indépendant de Locmat. Il permet de gérer tous les besoins en humains d’une affaire, quel que soit le logiciel de gestion de matériel de l’entreprise et il est interactif par le web. Nos démos aux JTSE ont été super bien accueillies.
Il y a plusieurs prestataires qui attendent pour signer la commande, parce que c’est une alternative financièrement intéressante par rapport à ce qui existe sur le marché. Et techniquement, c’est quand même assez novateur. On le voit déjà sur Locmat, ou cette partie avancée de gestion du personnel interactive est installée et en application chez quelques-uns de nos clients, et pas les moindres.
De plus, la solution interactive par le web que nous avons développée pour le personnel, nous la développons aussi pour la partie gestion commerciale de Locmat. C’est-à-dire qu’il sera possible d’accéder aux bons de livraisons sur tablette pour des préparations, pour les faire signer, d’interroger une disponibilité dans le stock, directement par web, et même de pouvoir corriger des quantités, créer de nouvelles lignes dans un devis. On aura accès à toutes les affaires sur tablette, sur ordinateur ou sur téléphone, par le web.

C’est une évolution de Locmat Vision qui a également eu un franc succès quand nous l’avons présentée aux JTSE. Beaucoup de clients l’attendent avec impatience car c’est un vrai besoin. Tout le monde veut du web à l’heure actuelle. Locmat sera une solution pour ceux qui ne souhaitent pas une solution web complète, mais par contre qui veulent bien avoir le bénéfice effectivement du web dans certaines situations. Cette évolution devrait aboutir également en mars 2026.
SLU : Et à plus long terme ?
Christian Morasin : J’avais déjà une totale liberté sur Locmat, au sein du groupe ICD grâce à Xavier, que je remercie sincèrement. Mais nous continuerons à développer de nouvelles fonctionnalités. J’ai des idées mais il est trop tôt pour les révéler (rire et clin d’œil). Mais l’avenir est aussi dans la continuité. Je veux qu’on pérennise cette solution stable, avec des clients stables. C’est ça mon envie. Qu’on augmente progressivement notre portefeuille, tant mieux ! Qu’on soit capable de répondre à chaque problématique de client bien sûr !
Et puis surtout, qu’on ait toujours les mêmes retours positifs de nos clients. Pour nous, c’est le plus important et je pense vraiment qu’on a des clients chouettes. Le résultat comptable c’est important pour pérenniser, mais leur satisfaction est essentielle. Le but, c’est qu’on progresse tous ensemble. Donc progression, stabilité et continuité ! C’est un discours normal d’entrepreneur. Je suis aussi quelqu’un qui sait gérer.
Le Top 10 des clients Locmat : Impact Evenement, NT Event, Nestor Location, Groupe Eliot, Public Adress, Desytech, Manganelli Events, Olympique Lyonnais, Stienne Production, JBL, Empriente Production, Stars Europe
Les différentes versions de Locmat
Locmat est particulièrement adapté aux prestataires techniques audio, vidéo et lumière qui gèrent des parcs de matériel complexes (sonorisation, éclairage scénique, vidéo projection, LED, structures, etc.) et doivent coordonner stock, planning, personnel et logistique événementielle.
Christian Morasin a bien compris qu’une petite société de prestation constituée de deux à trois personnes n’a pas les mêmes besoins qu’une grosse structure disposant d’une armée de commerciaux. Le logiciel de gestion commerciale est donc décliné en trois versions qui pourront à l’avenir profiter du web serveur, pour faire signer un devis à distance par exemple.
– Focus pour les petites entreprises, en monoposte ou réseau, (les fonctions sont les mêmes) de généralement 4 à 5 postes.
– Vision s’adresse aux grosses structures qui emploient de nombreux commerciaux et nécessitent plus de 5 postes, donc en réseau, avec une gestion pointue des utilisateurs.
– Et vision + qui gère en plus le personnel, voir l’article SLU ici
Plus d’infos sur le site Locmat Software

















