Le Mac Aura Martin, en version XIP

Dans la gamme des Mac Aura qui connaît depuis 2008 un succès planétaire, Martin renouvelle le concept avec le Mac Aura XIP !

Il s’agit d’une version revisitée du Mac Aura XB (qui reste un standard au catalogue Martin), avec de nouvelles fonctionnalités, notamment en termes d’effet Aura, mais surtout, une protection aux intempéries qui lui permet d’être utilisé en extérieur sans précaution particulière (IP54).

Une petite machine pleine de malice et fort sympathique que nous avons testée dans le studio de La BS.
On identifie au premier coup d’œil ce joli Mac Aura comme appartenant à la famille Martin grâce à sa silhouette familière. Un Mac Aura, un poil plus trapu, avec une base moins rikiki.


Combinaison d’effets et de faisceaux.

Au rayon des poids et mesures…

Le XIP mesure environ 40 cm de haut sur 30 de large. Son poids est inférieur à 9 kg.
Même s’il est un poil plus imposant que son petit frère XB, il est toujours dans la catégorie des petits machins qui vont pouvoir être installés dans toutes les situations les plus extravagantes…

Le dessous de l’appareil avec le boulonnage M12 au centre et les emplacements d’accroches camlock pour les omegas.

Il conserve d’ailleurs la possibilité d’accroche par un crochet central via un boulonnage M12, MAIS fort heureusement (et ceux qui se sont battus des années avec des clefs pour fixer les crochets sur les Mac Aura avec des boulons en seront ravis), il adopte aussi le système à double oméga avec verrouillage par camlock.

Physiquement, la base présente deux poignées pour attraper l’engin, et sur une de ses faces, le display ainsi que la connectique. Les connecteurs, sont tous pourvus de capots caoutchouc imperdables, ce qui est parfois un peu pénible à manipuler mais qui va par contre assurer l’étanchéité des connexions.

Le menu et ses boutons de contrôle.

On trouve une entrée / sortie d’alim en True1, une entrée sortie XLR 5 pour le DMX, deux ports RJ45 pour la mise en réseau et une USB-C permettant de mettre à jour le software.

Pour entrer dans l’exploration du menu et pour paramétrer la machine, on est dans le simple et efficace : menu blanc sur fond bleu, accessible à l’aide de 4 boutons de navigation.

La machine se pilote en DMX-512-RDM, Art-Net, sACN et détecte automatiquement le protocole du Martin P3. La tête à l’arrière est pourvue de trappes faisant office de poignées et ne dispose pas de blocage pan ou tilt. La lentille de sortie qui mesure un petit 20 cm de diamètre, se déplace d’avant en arrière par motorisation pour assurer la fonction zoom.

Vue frontale de la lentille. On distingue les filaments de l’effet Aura.

Question optique, deux systèmes émettent de la lumière (trois avec le display mais ça ne compte pas).
Pour le principal, il s’agit de 7 leds RGBW de 60 W associées chacune à un collimateur via un guide de lumière qui assure le mixage de couleurs.

Entre les sources et le système de lentilles, se trouve le deuxième système lumineux : “l’Aura”. Il s’agit d’un réseau de 12 serpentins en fibre plastique qui rappellent par leur dessin le “filament” de certaines lampes à incandescence. Ils sont animés chacun par des leds RGBW de 4 W.

IP54 !

Si le Mac Aura XIP n’est pas immergeable, il a été conçu pour pouvoir être utilisé en extérieur quelles que soient les conditions météo, mais aussi pour rester dehors un certain temps sans crainte pour sa fiabilité et son intégrité technique.
Chaque détail de construction a été étudié pour offrir toutes les garanties d’absence de soucis en cas de pluie. Des moulages fort complexes ont été réalisés pour créer des espaces où l’eau ne pose aucun problème. Et c’est vraiment bien fichu.

Le capteur d’humidité.

Et ça n’est pas tout. Par exemple, en fonction des infos reçues par différents capteurs, la machine est dotée d’un automatisme qui va, par moments lorsqu’elle ne joue pas, ou lorsque l’utilisateur le décide, faire basculer la tête en tilt pour vider toute cavité ayant reçu de l’eau…

Autre astuce, un capteur d’humidité situé sur le capot va déclencher l’option “séchage” automatique de la machine à intervalles réguliers par une séquence de mise en température et ventilation…
Ce capteur, comme d’autres, va permettre aussi à la machine d’analyser son utilisation et de fournir des infos au besoin de maintenance éventuelle par la suite (temps d’exposition aux intempéries, etc).

Même les accessoires périphériques ont été particulièrement bien étudiés… Le flight-case des XIP est aéré, et est équipé d’un système de gouttières évacuant l’eau, et permettant de ranger les projecteurs encore trempés, ou sous une pluie battante.
L’eau va s’écouler naturellement et l’humidité sera chassée. Fini, les flight-cases à ouvrir d’urgence à l’entrepôt pour éviter les moisissures et détériorations… Là, c’est prévu ! Très fort ! La volonté du fabricant a été celle de réaliser une machine capable de passer plusieurs mois dehors, et ça me semble très abouti.

Et en lumière, en effets, ça donne quoi ?

Vidéo de présentation


Comme pour le Mac Aura, le XIP propose deux systèmes en un. L’un concerne le faisceau du projecteur, tout simplement, et l’autre, son fameux effet Aura. Celui-ci, pour le coup est quand même assez éloigné de celui que l’on connaissait jusqu’ici qui consistait à rétroéclairer la lentille de sortie, avec un succès mitigé auprès des éclairagistes qui appréciaient surtout l’énergique petit faisceau wash de cette machine compacte offrant une qualité du mixage de couleurs inédite à l’époque. Ici l’effet Aura est beaucoup plus ludique, et à mon sens beaucoup plus intéressant.

Le faisceau est celui d’un wash led multisource, c’est-à-dire un faisceau plutôt flou, sans avoir non plus les caractéristiques d’une machine à lentille Fresnel. Ça ferme fort à environ 6° et ça ouvre large. Nos mesures au plus large comptent environ 45° à I/10 (intensité au centre divisée par 10).

Zoom.

Au besoin, Martin fournit avec le Mac Aura XIP un filtre frost qui se fixe en sortie par 4 vis, pour adoucir encore davantage le bord du faisceau. Bref, on est clairement dans le cas d’un wash, tel qu’il peut se présenter habituellement sur une machine de ce type, avec un joli soin apporté au faisceau.

La lentille diffusante livrée avec le XIP pour adoucir les bords du faisceau.

La lentille diffusante installée.

Détail qui a son importance, chacune des 7 leds du wash peut être contrôlée indépendamment et peut donc être utilisée comme un pixel unique sous le contrôle d’un flux vidéo externe ou des effets préprogrammés (des macros) dont la machine dispose en interne avec différents paramètres d’animation (vitesses, sens de rotations, etc.)

Le faisceau me plaît bien. En faisceau serré, avec ou sans la lentille frost (bien que ce soit un peu atténué avec), on distingue sur les 50 premiers centimètres, la convergence des faisceaux des 7 lentilles principales, caractéristique des wash multisource. Ca n’est d’ailleurs pas un problème et ça n’entame en rien l’efficacité du faisceau lumineux. Le zoom ouvre ce bâton de lumière tout en augmentant classiquement le flux.


Mesures photométriques

Courbe Derating

Après avoir tracé la courbe de derating (atténuation de la lumière en fonction du temps de fonctionnement à pleine puissance), qui ne descend pas au-delà de 9 %, nous démarrons les mesures d’éclairement sur notre cible, à 5 mètres du projecteur.


Faisceau serré

Au plus serré, nous mesurons le rayon de la projection du faisceau, d’abord à I/2, (intensité au centre divisée par 2), autrement dit, partant de la valeur d’éclairement au centre, nous la divisons par deux pour aller chercher au luxmètre dans les 4 directions où se situe la valeur obtenue sur les axes de notre cible. Nous faisons la moyenne des rayons pour calculer l’angle qui pour le MAC Aura XIP est égal à 6,7°. C’est dans cette zone que le projecteur délivre le maximum d’énergie.

Nous renouvelons l’opération, cette fois à I/10 selon la même méthode et obtenons un angle de 9°. Au plus serré, l’éclairement au centre atteint 14 840 lux au centre à 5 mètres après derating et 16 340 lux à froid. Le flux total est de 4 435 lumens après derating et 4 890 lumens à froid.


Faisceau 20°

Projecteur réglé pour un angle de 20° à 1/10, l’éclairement au centre devient 4 760 lux (5 240 à froid) et le flux passe à 4 980 lumens (5 490 lm à froid).


Faisceau large

Au plus large, nous mesurons un angle à I/10 de 46°, l’éclairement au centre descend à 790 lux (870 lux à froid) et le flux grimpe encore à 5 380 lumens (5 930 lm à froid).

Ce projecteur est réellement silencieux. Allumé, il n’émet aucun son permettant de distinguer au sonomètre son niveau de bruit de celui de la pièce vide. Seul le mouvement du zoom, apporte 2 dB d’écart avec le bruit ambiant.
Les performances sont identiques à celles du Mac Aura XB.


Le dimmer

Courbe de dimmer en mode Square Low de 0 à 10 %.

Courbe de dimmer en mode Square Low de 0 à 100 %.


Le dimmer est nickel. La courbe en mode “Square-Law” est particulièrement lisse. Il est à noter que dans les fonctions activables à distance via le canal de contrôle, se trouve une émulation tungstène qui assurera, aussi bien au faisceau principal qu’à l’effet Aura, une gradation et une inertie comparables à celles d’un filament de lampe halogène.


Le souci du wash multisource, c’est souvent la propreté du faisceau. Les “galettes” particulièrement celles associées à un ensemble de lentilles d’un bloc, surtout si elles sont blanches, “brillent” assez pour générer de la lumière parasite autour du faisceau principal. Et là, effectivement, on n’y échappe pas. La lumière émise est sujette à dispersion (réflexion) indésirable et va former une sorte de halo autour du faisceau.

C’est plus ou moins inévitable avec cette technologie. Et l’adjonction du filtre diffuseur optionnel n’y changera rien. Par contre, je dois dire très honnêtement que Martin gère suffisamment bien ce phénomène qui ne pose pas de problème majeur à l’utilisation du XIP dans la plupart des situations en concert ou en évènementiel.

Blancs, couleurs ?

Pour ce qui est de la gestion des blancs, notre XIP est armé pour bien des terrains.
calibré de base en blanc à 6000 K, il dispose d’un canal émulant les températures de couleur de 1000 K quasiment rouge-orangé (non mesurable par notre spectromètre) jusqu’au blanc bleuté glacé de 16 000 K !

Blanc variable.

Un canal Green / magenta va offrir la possibilité d’agir sur les verts et roses qui pourront ainsi être ajustés selon les besoins de captations éventuelles ou des prises de vues. Le canal en question permettra d’aller d’un petit verdâtre jusqu’à un rosé sévère. Ajustement à discrétion…
L’indice de rendu des couleurs (CRI) se situe de 70 à 80 selon le blanc sélectionné. Il descend même plus bas si on simule le tungstène dans des teintes très chaudes. A 3200 K nous mesurons un CRI de 44. A savoir…

Question couleurs, le XIP est très en forme. Les teintes sont vraiment très belles et ce dans toutes les couleurs possibles et imaginables. Seuls les congos profonds sont difficiles à obtenir, comme sur la plupart des projecteurs à LED…


Les couleurs CMY.


Variations de couleurs

L’effet Aura du XIP…

L’effet Aura ici ne se contente donc plus d’une simple illumination de la lentille de sortie… Bien que l’on puisse toujours le faire (notamment en faisceau serré), on bénéficie d’un ensemble de 12 filaments de lumière, gérés tout comme le faisceau (en RGB, CTC, green-Mag strobe / dimmer) et qui vont offrir un visuel très sympa et malléable pour transformer l’aspect de l’appareil et faire une vraie déco animée.


Effets Aura sur du blanc froid.

C’est très chouette pour faire des fonds de champ en captation par exemple, et ouvrir l’utilisation de ce dispositif à des effets scéniques qui pourront être très typés mais très spectaculaires. Le fractionnement des différents morceaux de filaments peut être très doux ou peut extrêmement dynamique.
Avec un certain nombre de machines, on peut parfaitement envisager de vrais effets, juste avec “l’Aura”. C’est clairement, comme d’autres machines, un engin qui sera identifiable par le design très affirmé de cet effet tout à fait unique.


Effets Aura colorés.

Les dimensions (une vingtaine de centimètres de diamètre, je le rappelle) de ce projecteur sont parfaites pour éviter le trop gros et monumental, tout en offrant un visuel qui existe facilement.
Les différents modes de pilotages du Mac Aura XIP donneront différentes occasions de créer des effets sur mesure en utilisant chaque filament comme une source contrôlable en RGB. Vous pourrez aussi avoir accès à différentes macros internes pour générer des patterns nombreux et sympathiques, et aux réglages de vitesse pour animer la tête de vos petits XIP. Le mixage entre le faisceau principal et l’effet Aura peut donner lui aussi des résultats saisissants. Il y a pas mal de temps à passer avec ces jolis joujoux pour trouver toutes les combinaisons intéressantes possibles et en tirer des choses vraiment chouettes.

A noter : le mode de contrôle le plus réduit, nommé “Compact” fait fi de l’effet Aura. Donc si vous ne souhaitez pas l’utiliser, vous disposez d’un excellent petit wash à 20 canaux et basta.

Construction

Démontage du dessous de l’appareil avec moulages de pièces alu anti-ruissellement.

Techniquement, tout a été étudié pour pouvoir supporter les attaques de l’eau. Soit par des calfeutrages drastiques, soit par des insensibilités à l’infiltration d’eau.
Le démontage du Mac Aura XIP impose un passage à travers les différents compartiments. Les pièces moulées au design anti-ruissellement sont de rigueur partout.
La plaque d’aluminium qui constitue le fond avec les fixations d’omégas est, elle aussi, évidemment étanche.

Toute la partie alimentation et électronique est calfeutrée selon ce principe. Pour démonter, il faut dévisser de la vis torx partout. Sur la tête, la ventilation arrière assurant le refroidissement du radiateur des leds, peut parfaitement travailler sous la pluie. L’ensemble est tout simplement étanche…

Le reste est assez classique : un circuit recevant les leds d’éclairage, chacune associée à son guide de lumière qui traverse le circuit accueillant les serpentins de “l’Aura” pour venir se présenter aux collimateurs moulés dans la lentille de sortie qui ne forme qu’un seul bloc entraîné par le mécanisme de zoom. Un soufflet circulaire assure l’étanchéité.

Le circuit des leds principales et leur guide de lumière.

La platine de l’effet Aura. On distingue les “filaments”, et les 7 guides de lumière des leds principales traversent le circuit.


Construction mécanique, le bras de la motorisation Tilt.

L’intérieur des bras est tout à fait classique, avec la motorisation qui en occupe une bonne place, avec un côté où on peut y voir la courroie du tilt, qui circule sur une poulie installée autour de l’axe.

Conclusion

Le Mac Aura XIP vient faire sa place dans la gamme Martin, offrant une nouvelle machine wash qui présente de sérieux atouts, à commencer par une conception IP54 des plus convaincantes. La qualité de sa réalisation et le soin apporté à son développement, aboutissent à des solutions pratiques et intelligentes de fonctionnement et d’opérationnel, en allant jusqu’au bout du concept.
L’effet Aura, plus que réussi, a une réelle utilité, ce qui constitue une grosse différence. Le XIP Aura probablement très vite les honneurs de nombreux éclairagistes et directeurs photo, qui trouveront en lui la petite machine idéale dans bien des cas.


On aime :

  • L’ingéniosité des dispositifs IP54
  • L’effet Aura
  • Le Zoom

On regrette :

  • La faible lumière parasite autour du faisceau

Tableau général

 

Crédits - Texte & photos : Jocelyn Morel – Vidéo : Allison Cussigh

Laisser un commentaire