Lettre Ă  Hubert

Derrière chaque artiste, stage left ou encore devant, il y a des techniciens qui œuvrent. Nombreux sont ceux qui racontent leurs débuts, quel mixeur ou quel prof leur a transmis l’étincelle et l’envie de se consacrer corps et âme à ce métier où l’on reste dans l’ombre pour offrir sa part de lumière au « patron ».
Depuis lundi, l’un de ces techniciens a perdu son mentor, celui qui lui a mis le pied à l’étrier et avec qui il a beaucoup appris, le premier artiste qui lui a fait confiance avec l’Affaire Louis Trio et qui est devenu son ami.
Hubert Mounier, l’homme aux mille vies est parti et Xaxa Gendron a souhaité prendre la plume pour dire à sa façon et avec ses mots, sa grande tendresse et son infinie tristesse.

© MaxPPP

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Hubert,
Je ne suis pas forcement Ă  l’aise avec les mots, surtout pour parler de toi qui les maitrisais tellement bien…
Un jour d’automne 1988 avec tes partenaires François qui nous a quittés en 2008 et Vincent, ainsi que tous les talentueux musiciens qui vous accompagnaient sur scène, vous avez accepté de me donner une chance lors des répètes.
Je n’étais à l’époque qu’un jeune scarabée qui voulait apprendre et apprendre. Si j’y suis parvenu c’est grâce à vous, grâce à toi, grâce aux dizaines et dizaines de concerts, à mon premier Olympia en 89, aux 4 tournées. Tant d’expérience emmagasinée.
Je pense aussi à ton invitation à assister pendant une semaine à la mise en boîte de l’album “Sans Légendes” enregistré sous la patte du maître Dominique Blanc-Francard.

Hubert Mounier

  Je n’oublierai jamais non plus les répétitions place Louis Chazette à Lyon, les soirées au restaurant où tu aimais retrouver tes amis, les journées passées dans ton studio où l’on a pu refaire le monde et où j’ai eu la chance d’entendre les premiers accords et les premières mélodies qui deviendront pour certaines des morceaux inoubliables.

Je pense aussi à Benjamin Biolay qui, comme moi, dit que tu es l’un des grands song writers français et qui, tout jeune, venait vous écouter et apprendre lui aussi.
Comme souvent la vie nous a un peu séparés. Je me suis retrouvé à tourner pendant de longues périodes loin de la base lyonnaise et c’est Tof ( Christophe Genix ) qui a pris le relais. Il est lui aussi dans la peine aujourd’hui. Le fait est qu’à chaque fois qu’on s’est retrouvé, au téléphone ou via Facebook, on a fait voler en éclats le temps et les kilomètres, c’était comme avant.

© Hub par Benji

© Hub par Benji

J’aurais tant aimé qu’on se voie plus souvent, je regrette de ne pas avoir pris le temps.
Tu me disais que tu suivais ma carrière de loin, que tu étais fier de mon parcours. Ce parcours, cette carrière, je la dois à quelques personnes, mais je la dois avant tout à toi.
Ta sensibilité, ton élégance, tes mots, tes conseils resteront à jamais gravés dans mon cœur.
Tu resteras un exemple.
Je pense à Gaëlle, tes filles et petit-fils, à Marianne, aux tiens et à notre petite famille musicale.

Notre capitaine est parti.
On se sent tous bien seuls aujourd’hui.
Hubert Je t’aime.
Xaxa

Crédits -

 Xavier Gendron & Ludo

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