Robe Forte, le rival à leds du BMFL

Dans la lignée de l’Esprite dont il reprend toute la technologie, Robe arrive avec le Forte, un Spot/Profile plus puissant à moteur de leds blanches interchangeable de 1 000 W, qui rivalise avec le BMFL. Nous l’avons testé dans le studio d’Impact Evénement et nous accueillons aussi dans cette page, en fin d’article, un retour de terrain de notre confrère Tristan Szylobryt sur une captation.

La machine est élégante. Fine et élancée, elle pèse moins de 40 kg (ce qui est pas mal pour un projecteur de cette catégorie !) pour une hauteur totale de 84 cm.
Un joli bébé couleur anthracite satiné. Deux grosses poignées latérales permettent de manipuler l’engin dont la tête est bloquable en pan et tilt.

Une large lentille de 180 mm libère le faisceau de l’engin ! Et quel joli faisceau ! Le Forte délivre une belle lumière blanche homogène de 6620K avec un flux qui dépasse 34 000 lumens à 20° et quasiment identique en faisceau large.
Il arrive quasiment au niveau du BMFL grâce à son module de 121 leds de 10 W alimentées au max à 80 % de leur puissance nominale pour assurer longévité.

L’IRC natif de la machine est de 69 ; il grimpe à 80 ou 90 grâce à 2 filtres positionnés sur la roue de couleurs (Pour info, une version « HCR » du moteur de leds procure en natif un indice de rendu des couleurs de 94, avec un flux de 40 % moins élevé).


L’amplitude du zoom : 5,5 – 51°.


Mesures photométriques

Derating

Machine allumée à pleine puissance, nous mesurons l’éclairement au centre toutes les 5 minutes pour tracer la courbe de derating.
La lumière se stabilise en 5 minutes avec une atténuation de 7,5 % qui témoigne de la bonne gestion thermique du moteur de leds.


Plus petit net

Au plus petit net de 5,5°, nous mesurons un éclairement au centre à 5 mètres de 27 810 lux à froid (25 730 après derating) pour un flux de 21 620 lumens (20 000 après derating). C’est en toute logique moins que le BMFL qui envoyait 136 000 lux à 5 m avec le point chaud sa lampe 1 700 W mais le faisceau y gagne en homogénéité comme le montre la courbe d’intensité lumineuse ultra-plate/

Faisceau 20°

Optimisé à 20°, le Forte rejoint le BMFL avec un flux de 37 400 lumens à froid (34 600 après derating) contre 36 130 lm pour le BMFL.
Le faisceau du Forte est remarquablement homogène avec moins de 30 % d’écart d’éclairement entre le centre et le bord net.

Plus grand net

Le Forte est quasiment à flux de 20° à 52°, l’angle le plus large. Nous obtenons 36 750 lm à froid (34 000 après derating) contre 35 000 pour le BMFL.
Nous applaudissons la courbe d’intensité lumineuse plate d’un faisceau ultra-homogène.


Des Couleurs FORTEs

Le Forte dispose d’une trichromie Cyan Magenta Yellow complétée d’un CTO linéaire et de deux roues de 5 couleurs. La première roue présente des teintes saturées bien « pétantes » (rouge / vert / bleu / orange / congo).


Les couleurs de la trichromie et du CTO à 100 %.

La deuxième propose un filtre à 4 couleurs, un vert chaud, un lavender ainsi que les deux filtres augmentant le CRI à 80 et 90. Les filtres des roues de couleurs, de larges trapèzes dissymétriques, sont très efficaces combinés en demi-couleurs, sans altération des contours du faisceau. Couplés avec les gobos, ça donne un résultat vraiment chouette, qui m’avait déjà séduit sur l’Esprite.


Les demi-couleurs sur les roues de couleurs.

Les couleurs de la trichromie sont splendides et on a quasiment aucune perception des mélanges de drapeaux dans le faisceau quelle que soit l’ouverture ou la position du focus. Comme sur l’Esprite, le module couleur est intégré dans le système optique qui concentre le flux des sources. Techniquement, il est « emmuré » dans la boîte à lumière

Ça permet d’obtenir des teintes très homogènes, les drapeaux de filtres n’étant jamais focalisés, même légèrement, dans le faisceau. Le mixage de couleurs est exemplaire même avec des teintes assez compliquées à obtenir, celles qui généralement révèlent les défauts. Le CTO est un poil rosé, juste comme il faut.


Quelques mixages de couleurs.

Un canal DMX appelé « minus green » permet de simuler virtuellement l’introduction d’un filtre minimisant les couleurs verdâtres, lors d’une captation. Il s’agit d’une action sur la trichromie CMY qui va ajuster les teintes, en retirant un peu de cyan et jaune et/ou en ajoutant un peu de magenta pour obtenir la simulation d’un filtre minus green.

Les gobos

Les 12 gobos verre, répartis sur deux roues, sont tous tournants et indexables. Le kit choisi est assez varié et les effets produits suffisamment polyvalents en projection graphique ou volumétrique pour satisfaire les lighteux de tout bord, (il y a même la verrerie en relief bien connue !). Personnellement, je regrette un peu l’absence d’un vrai cône lisse et d’une barre, mais j’aime le cône strié, très impressif utilisé face public et qui fait toujours son petit effet, notamment avec les mix de couleurs.


La roue de gobos 1.

La roue de gobos 2.

Une roue d’animation (dont les stries intelligemment espacées offrent un rendu splendide) présente l’avantage de pouvoir jouer dans toutes les directions ce qui est un gros plus. J’applaudis ! Un filtre optionnel « hot-spot » pourra venir remplacer un gobo pour créer une sorte de « point chaud ». Ce dispositif vise à uniformiser une face réalisée par plusieurs Forte en évitant les recouvrements des bords de faisceaux plus lumineux que le centre.

Effets du cône strié avec roues de couleurs.

Frosts et prismes

Le Forte dispose de deux filtres frosts. Un léger de 1° et un plus violent, de 5°. Ils ne sont pas superposables. le premier est progressif, le deuxième peut l’être aussi mais ça implique de caler le canal DMX du frost à 50 % dans la mémoire précédant son introduction (techniquement, de 0 à 100 %, le canal DMX du frost c’est : open / frost1 progressivement / open / frost2 progressivement). Robe peut fournir en option d’autres frosts (0,5°, 10°, 20° 30°…) qui viendront facilement remplacer ceux livrés d’origine dans la machine.

Les deux frosts.

Les deux prismes, un x4 circulaire et un x4 linéaire, tous deux rotatifs, sont par contre superposables pour démultiplier leurs effets.
Point intéressant : il y a peu de compromis focus / zoom à faire pour jouer des prismes et des frosts car ils sont montés avec leur moteur sur des modules optiques. Le déplacement des lentilles n’a donc que peu d’incidence sur leur possible déploiement (sauf une très courte plage au niveau de leur « rencontre »).


Les prismes.

Focus / zoom / iris

Le zoom a une amplitude fort sympathique de 5,5° à 51°. C’est le haut du standard qui semble se généraliser sur ce genre de machines haut de gamme.
Le focus permet de faire le net sur le faisceau, et sur tous les effets projetés à toute distance mais il n’ira pas jusqu’à faire le net absolu sur les filtres des roues de couleurs (le 4 couleurs ou des demi-couleurs) tant ils sont éloignés de la zone focalisable (c’est le revers de la médaille attribuée à la super qualité des mix de couleurs).
L’espacement faible entre les roues de gobos permet tout de même des effets morphing absolument nickels.

Une chose à laquelle il faut être attentif. Le Forte nécessite d’être toujours en faisceau net. Si vous le défocalisez un peu, Il se produit une petite perte de flux sensible. C’est un phénomène qui semble être dû au choix optique de Robe.
Sur le même sujet, toujours un peu surprenant, lorsqu’on serre le faisceau au maximum, une action sur le focus (en plus de l’action unique sur le zoom) permet de réduire encore le diamètre du faisceau. Autrement dit, pour arriver aux 5,5° du plus petit net, il faut agir sur le zoom, puis sur le focus, même si celui-ci semble être parfaitement au net et vous gagnez 10° de la « capacité de serrage » du zoom de la machine.

Le dimmer

Le dimmer répond à deux modes : Linear et Square Low. Le mode Square dont nous avons tracé la courbe permet des fondus lisses et progressifs. L’électronique gère parfaitement les sources. Les strobes sont tout aussi efficaces et peuvent atteindre des fréquences très élevées.

Coube du Dimmer en mode Square Low de 0 à 100 %

Même mode Square Low du dimmer dans les premiers pourcentages de 0 à 10 %

Couteaux

Le module couteaux du Forte est efficace. Le net s’obtient essentiellement sur deux plans, mais les deux autres ne sont pas très loin. Le compromis qu’on a systématiquement sur la netteté de l’ensemble des couteaux à fermeture totale me semble ici meilleur que sur certaines machines.
La vitesse de déploiement des couteaux est excellente, la précision du repositionnement aussi. L’orientation de la frame est de 60° dans les deux sens, sois un débattement total de 120°, de quoi couvrir toutes les orientations souhaitées.


Usage des couteaux

Déplacement de la lyre et fonctionnement global

Le Forte est un engin mécaniquement très abouti. Le déplacement de la lyre est nickel. Les mouvements lents sont, tout comme les rapides, très fins, précis et fluides et la vitesse de déplacement maximum satisfaisante pour une machine de cette taille.
Si les mouvements sont très silencieux, le bruit de la ventilation mesuré en mode « automatique » est perceptible et il conviendra à l’utilisateur recherchant un certain silence pour un usage en théâtre ou opéra, de configurer les Forte en mode « Quiet » au prix d’une petite réduction de la puissance lumineuse.

Vidéo de présentation


Démontons FORTEment l’engin

La machine se présente de manière assez classique dans sa conception globale. Les carters en plastique injecté sont très bien réalisés par la facture 100 % Robe habituelle. On adore. L’originalité vient de l’arrière de l’appareil avec le module de LED très accessible et facilement démontable. Un seul type de vis (cruciforme) est utilisé pour l’ensemble de la machine.

Démontage de la tête

L’emplacement vide du bloc de leds avec les deux rangées de ventilateurs et la lentille qui parallélise les faisceaux des leds.

Les deux capots de la tête se démontent à l’aide de deux vis imperdables quart de tour. Ils sont retenus par une petite élingue de sécu. Les modules se démontent facilement.

Tout peut s’extraire à l’exception du module couleurs pour la raison expliquée plus haut.
Six ventilateurs sont chargés du refroidissement de la boîte à lumière, trois qui soufflent et 3 qui aspirent.


Le module des sources leds, avec les infos recueillies sur smartphone en mode « sans contact ».

Le bloc « source LED » se démonte assez facilement à l’aide de 6 vis cruciformes. C’est un ensemble massif constitué essentiellement d’un gros radiateur à caloduc sur lequel est fixé le circuit de leds.
Sur le côté, une petite carte enregistre les informations d’état du module. Elle est lisible en NFC (comme une carte bancaire en mode sans contact), pour récupérer toutes les données de la machine sur smartphone.

Les infos fournies font état notamment des heures de fonctionnement « adaptatives ».
Cette info prend en compte l’âge « théorique » des composants en fonction de leur utilisation, car une led qui aura été utilisée pendant une heure à fond n’aura pas le même niveau d’usure qu’une led qui aura été utilisée à fond pendant 3 minutes et le reste du temps à 20 % par exemple… Donc très intelligent !

Le module fixe couleurs / lentilles avec sa lentille de sortie et les roues de couleurs.

Passé le module de source, vient l’ensemble lentilles / module de couleurs qui reste monté dans la carcasse de l’appareil. Il s’agit dans un premier temps d’une lentille, placée au plus près des leds, formée des 121 micro lentilles de parallélisation  des faisceaux.
Vient ensuite le système de couleurs progressives (trichromie et CTO), suivi d’une autre lentille condenseur et pour finir les deux roues de couleurs.

L’accessibilité aux drapeaux de trichromie est compliquée mais comme ils ne sont pas exposés au flux d’air, donc aux poussières, ils ne risquent pas de s’encrasser. C’est toujours ça de gagné. Les interventions sur les modules seront limitées à des réparations éventuelles, donc en atelier.

Le premier module extractible reçoit les gobos. De manière tout à fait classique, les deux roues de gobos montrent fièrement leurs 6 barillets montés avec des gobos interchangeables de 30,8 mm de diamètre avec l’habituel clip ressort. La roue d’animation y trouve aussi sa place.

Le module gobos et roue d’animation.

Le module couteaux.


Le module suivant comporte les couteaux et l’iris. Les couteaux et leurs bielles se trouvent sur un côté de la frame tournante, tandis que de l’autre se trouve l’iris. Juste avant la lentille de sortie, les chariots de lentilles de zoom et focus circulent sur des rails clos à roulement à billes et non pas de simples glissières parallèles.

Leur mouvement est lisse et fluide, d’une rectitude absolue. C’est un équipement de type industriel robuste et fiable. Sur chacun des chariots sont montés les prismes et les frosts. Les prismes sont montés sur barillets, un moteur déporté permettant la rotation dans les deux sens transmis via une petite courroie lisse.

Le système de rail à roulement à billes des chariots de lentilles.

Les prismes.


Les filtres frosts sont montés sur des petites lamelles aimantées donc facilement interchangeables. Sur ce module se trouve aussi vers l’avant un petit capteur qui analyse la lumière émise par la machine en interne, à des fins d’homogénéisation du flux d’un parc mixant des machines neuves et d’autres plus anciennes.

Toutes seront alignées sur la machine la plus faible. C’est facile, il suffit de connecter les projecteurs sur la même ligne et de commander cette fonction par le canal DMX dédié. Ça peut être très pratique si on a un besoin de régularité absolue sur un ensemble de projecteurs. Vous pouvez aussi grâce à ce capteur, à tout moment demander via ce canal DMX, une mesure d’intensité lumineuse immédiate.

Les frosts.

Le capteur de luminosité interne

Les bras et la base du FORTE

Les capots de bras se démontent à l’aide de 4 vis cruciformes imperdables. Sur l’un des côtés, c’est le mécanisme du déplacement tilt avec sa courroie, le tendeur et la poulie, ainsi que le moteur disposé à plat dans l’élément central de la lyre. Le simple démontage d’une petite plaque de tôle permet de remplacer la courroie de tilt très facilement en cas de besoin. C’est aussi sur ce côté que se trouve le blocage du tilt.

Chose intéressante, comme sur pas mal de machines Robe (mais tout le monde ne le sait pas), la visserie de ce blocage est prévue spécifiquement pour « casser » en cas de très gros choc de la tête afin d’atténuer les dégâts. Il suffit ensuite de remplacer ces vis de blocage. (Bon, si un piano à queue tombe du 10e étage sur la machine, ça ne changera pas grand-chose mais lors de certains chocs, ça peut sauver le projecteur d’une grosse réparation. Bien vu !

De l’autre côté, au centre de l’autre bras, une carte électronique gère les moteurs pan tilt, la ventilation, et assure aussi le lien entre la base et l’électronique située dans la tête. En haut, passe le petit faisceau de câbles en provenance du socle et qui chemine jusqu’à la tête en passant par le centre de l’axe tilt.
En bas, le moteur du déplacement pan transmet sa rotation à l’axe central via une courroie. L’accès plus complexe nécessitera le démontage du bas de la lyre. Dans la base on découvre les deux alimentations du projecteur qui consomme 1 250 W max. L’une assure 70 % des besoins du moteur de leds, l’autre les 30 % restant ainsi que ceux de l’électronique de la machine.

Le panneau de connecteurs comporte une embase True1 pour l’alim secteur, une entrée et une sortie XLR 5 doublées en XLR 3 pour le raccordement DMX, et un connecteur RJ 45 pour la connexion réseau. De l’autre côté du socle, c’est l’afficheur à écran tactile couleur et ses boutons de contrôle (l’écran a beau être tactile, c’est toujours pratique et sécurisant d’avoir des boutons !). Un port USB sert à charger les mises à jour du soft de la machine.

Le panneau de connecteurs.

Le menu est des plus classique, c’est le fameux « Robe Navigation System 2 » de ROBE. L’interface est claire et lisible. Vous y trouverez toutes les fonctions de configuration classiques, le setup et les implémentations de patchs DMX ou d’adresse réseau, et plein d’options : courbes de dimmer, modes de ventilation, calibrage, réglages de la fréquence de balayage de l’alim des LEDs, etc.

Sous le socle, se présentent les fixations oméga pour accrocher la machine. Le Forte peut s’accrocher suivant trois axes différents. Soit droit à 90° dans les deux sens, soit sous un angle d’une trentaine de degrés. Un dispositif au centre fournit une accroche pour de l’élingue de sécurité. On regrette que les oméga fournis avec le Forte ne permettent pas le déport du point de fixation du crochet, mais Robe propose cet accessoire en option. C’est déjà pas mal.

Matos connecté. L’i-FORTE !

Le « sans contact » sur la base de l’appareil pour les infos et configurations avec l’application pour smartphone « ROBE COM »

Le Forte est un engin résolument tourné vers l’usage des nouvelles technologies et la connectivité tous azimuts ! Vous avez la possibilité d’interagir avec la bécane via votre smartphone, iPhone ou Android.
Il suffit d’approcher le téléphone de la base, juste au milieu de la poignée gauche, pour établir une connexion NFC sans fil avec vos projecteurs sur l’application « ROBE COM ».

Ce système permet de transférer des données vers les projecteurs, préparer et transférer un patch, une configuration, etc. Il sera utile notamment pour préparer un ensemble de machines sans les sortir des flight-cases, simplement en les « scannant » les uns après les autres en quelques instants. Très pratique !

La machine se contrôle en DMX, sur un seul mode de 54 canaux, en Art-Net, en MA-Net, sACN, … On a l’embarras du choix.

Mélange d’effets gobos / couleurs / prismes. On a de quoi s’amuser !

Conclusion

Le Forte est un vrai plaisir à utiliser. C’est une très belle machine qui a des arguments de choix pour satisfaire les éclairagistes de tous bords. Lumineuse, elle arrive au niveau du BMFL pour une consommation light de 1 250 W contre 2 000 W. Elle a de multiples attraits pour prendre une belle place au cœur des parcs des prestataires.
Dans un marché où l’évolution technologique place tout appareil en état d’obsolescence de plus en plus vite, le Forte se positionne de toute évidence parmi les appareils qui vont pouvoir s’envisager assez durablement comme une valeur sûre. Un très beau produit.


On aime :

  • Les couleurs
  • Le beau faisceau
  • La connectivité

On regrette :

  • Les omegas fournis non déportables

D’autres informations sur le site Robe France


L’épreuve du terrain

Jocelyn, merci de m’avoir fait une petite place dans ton article, reconnaissable entre mille par ta plume passionnée. Je vais en profiter, en quelques lignes, pour partager mon retour de terrain du Forte, sans doute un futur Best-Seller de Robe Lighting.


Comme toujours avec Robe, leur logique d’ergonomie permet de partir sur un projet en toute tranquillité, sans même essayer le projecteur ! Pour ce concert en one-shot, nous avons pu récupérer avec Julien Ferreiro, mon dessinateur, une librairie Cast-Software et GDTF prête à l’emploi, afin de tout préparer en amont sur Wysiwyg et GrandMA3.
Encore une fois, le site de Robe permet d’analyser toutes les caractéristiques du projecteur et de télécharger toute une documentation exhaustive.

En virtuel, le projecteur semble hériter à la fois du BMFL et de l’Esprite, au pré-encodage tous les attributs me tombent naturellement sous les doigts.
En réel, pour ceux qui connaissent la gamme Robe, le Forte se paramètre et s’installe en un tour de main. Alors certes, elle pèse son poids, mais bien équilibrée et avec les flight-cases unitaires à multiples poignées, aucuns soucis du moment qu’on travaille en duo.

Prenant au BMFL cette puissance toujours disponible, sans être ostentatoire car très homogène, avec un dimmer bien progressif, un large zoom et une grande lentille en sortie, j’ai utilisé mes quatre Forte comme autant de directions de lumière, en structurant le reste du kit autour. Si elle éclaire fort et bien, son équilibre lui fait perdre du mordant, et elle n’est pas aussi incisive qu’un MegaPointe à faisceau serré, mais ce n’est clairement pas son but.

Après l’Esprite j’ai constaté ce renouveau dans la continuité avec les deux roues de gobos rotatifs, la première pour décorer mon plateau, la deuxième (que j’ai moins utilisée) pour du faisceau géométrique dans le brouillard. J’ai retrouvé aussi toutes les améliorations de colorimétrie, avec un CTO profond, les deux filtres CRI (plutôt rosé à l’œil, et assez consommateurs de flux), ainsi qu’un canal dédié au minus/plus green.
Un vrai plus pour cette captation vidéo. La trichromie offre des couleurs précises, riches en nuances, que j’ai surtout utilisées dans des teintes froides ou rosées.


Des effets, dont j’ai peu abusé pour une fois, j’ai trouvé deux prismes, un linéaire et un circulaire, que j’aurais aimé avoir plus ouverts pour ma part. Les frosts sont très doux, tout comme la focale, de l’orfèvrerie. La roue d’animation et les strobes sont aussi efficaces, peu utilisés cette fois encore car le contexte du concert ne les nécessitait pas plus que cela.
Entre le montage, les répetes et l’enregistrement, la journée fut décidément bien courte pour tout tester. Je reconnais avoir dû travailler très rapidement pour finaliser mes tableaux, et je salue rétrospectivement l’immense qualité du Forte : sa force, entre équilibre et précision, qui pour certains peut manquer de fantaisie mais s’avère être d’une efficacité redoutable et d’une facilité déconcertante d’utilisation.

J’en profite pour adresser aussi un clin d’œil chaleureux à Vincent Bouquet et Franck Veber de Robe Lighting France, pour leur accompagnement et leur disponibilité sur ce projet. Vivement que les festivals reprennent pour faire prendre le soleil à ce nouveau porte-étendard de la société tchèque !

Tristan Szylobryt


Tableau général

 

Crédits - Texte & photos : Jocelyn Morel – Vidéo : Allison Cussigh

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