Le plateau éphémère de France TV éclairé par Nicolas Usdin

Retour sur les élections présidentielles et législatives. Pour marquer ce rendez-vous de la démocratie française, France télévision sort du studio du JT pour installer un plateau de tournage éphémère dans l’immense hall d’entrée du bâtiment.

« Ce couloir haut de 6 étages fait de verre et d’aluminium prend bien la lumière » nous confie Nicolas Usdin, directeur photo de l’émission. Et surtout il répond à l’envie d’Arnaud Vincenti, directeur artistique, d’utiliser la réalité augmentée pour donner des informations tous azimuts, afficher les statistiques, les résultats et surtout le moment de révélation du président nouvellement élu.

(De gauche à droite) Ghilem Rosemberg, Jean-Baptiste Rozier, Nicolas Usdin, Jérôme Seguin, Maxime Raffin

L’événement a été intégralement piloté en grandMA3 en soft 3 par Jérôme Seguin et assisté de Maxime Raffin. Une superbe installation de Martin Sceptron souligne chacun des six étages et diffuse du contenu vidéo bleu-blanc-rouge que Jean-Baptiste Rozier et Ghilem Rosemberg envoient grâce au contrôleur Martin P3. Les couleurs subliment l’image en se reflétant dans les surfaces de verre du bâtiment. Pour capter ces éclats lumière, tout comme les moments clés, une câble cam gérée par XD Motion, se déplace silencieusement dans tout le hall.
Un projet à la hauteur de l’enjeu et de l’audience attendue. En effet, il était important de proposer un dispositif innovant pour se démarquer.


Nicolas Usdin directeur photo

Nicolas Usdin démarre en 1995 en tant que caméraman, cadreur, JRI. Très vite on lui demande d’éclairer des EPK (Electronic press kit, des publicités commandées par les maisons de disques à destination de la presse ndlr) et donc de faire de plus en plus de lumière « léchée » pour des artistes. Au fur et à mesure il s’oriente vers de la direction photo pour finalement s’y consacrer à partir de 2002.
Aujourd’hui il est directeur photo pour différentes chaînes et émissions comme «Télématin», «Le Mag de la santé» , le «JT de France 2» et des émissions en fond vert comme «Culture box», «Passage des arts» et «Thalassa».

D’autres chaînes font également appel à ses services comme TF1 pour le plateau de «50 minutes Inside» ou encore des sociétés de production comme Réservoir Prod et Troisième œil avec «Ca commence aujourd’hui», «Les temps changent» (primes présentés par Faustine Bollaert ndlr), «Sexo» sur Teva, «Rive Gauche» l’émission de Laurent Ruquier. Par ailleurs, il met à disposition ses compétences pour de nouveaux acteurs comme Amazon qui produit l’émission «Le Foot», avec l’équipe TV, tous les dimanches.


Le kit lumière des soirées électorales

Neuf mois, c’est le temps de réflexion qu’il aura fallu aux équipes de France TV pour mettre au point ce programme exceptionnel.

SLU : Quelle est la spécificité de ce projet ?

Nicolas Usdin : Nous sommes dans le hall de France TV un très grand espace vitré. L’objectif était de créer un éclairage qui puisse s’associer aux nouvelles technologies apportées par la Réalité Augmentée. Par exemple, nous diffuserons virtuellement les photos de tous les présidents en 6 mètres de haut avec des travelings arrière. Ce sont des mouvements qu’on ne ferait jamais dans la réalité car cela coûterait trop cher. De plus on peut les faire apparaître et disparaître à volonté ce qui offre un rendu bluffant avec la câble cam qui a une envolée de près de 12 mètres soit toute la hauteur et la longueur du Hall.

Laurent Delahousse et Anne-Sophie Lapix présentent ce grand rendez-vous démocratique mis en valeur par les Robe T1 et les Martin Mac Aura XB.

SLU : Quelles sont les contraintes pour l’éclairage ?

Nicolas Usdin : Il faut gérer les ombres quand la caméra se rapproche du présentateur. C’est aussi pour cette raison que je suis très souvent en éclairage latéral. Par ailleurs, ce choix permettait aussi de répondre à une problématique de sécurité car c’est un hall où il y a beaucoup de passage.

SLU : Comment est organisé ton kit ?

Nicolas Usdin : On s’est organisé avec Franck Fellemann, le chef déco, avec qui j’ai l’habitude de travailler, pour intégrer un maximum de projecteurs dans le set côté jardin et n’avoir qu’un seul totem et pont lumière côté cour. Le résultat est le plus propre et le plus esthétique possible notamment pour le « reveal » du nouveau président de la République.

SLU : Tout tourne autour de ce moment-là.

Nicolas Usdin : C’est notre moment clé. Il est calé à 19 h 59 pour envoyer des séquences lumière timecodées, son et réalité augmentée, tout ça relié en GPI. C’est le Truquiste qui déclenche tout par le mélangeur vidéo. L’idée était de donner un côté évènementiel et spectaculaire à cette soirée mais tout en conservant l’esprit d’apporter de l’info.

L’annonce des résultats du deuxième tour des présidentielles sur France 2 :


SLU : Comment sont placés les présentateurs ?

Nicolas Usdin : Il y a plusieurs espaces : une présentatrice donne des infos depuis la coursive du 3e étage. La réalité augmentée est donc exploitée sur toute la hauteur du hall. Puis il y a l’espace qu’on appelle le Hub où le présentateur Jean Baptiste Marteau diffuse pleins d’infos sur un écran tactile Panasonic qui est vraiment une belle technologie.

L’écran installé sur le plateau est tracké par les caméras pour bénéficier d’un effet de profondeur à l’image. « Pour les spectateurs, cela donne une impression de réalisme, comme si c’était une fenêtre ouverte. » explique Nicolas Usdin.

Puis il y a un espace de talk où les animateurs regardent un écran Led qui retransmet des duplex et cet écran est tracké et relié à la caméra Junior.
Ça permet de créer un effet de profondeur, comme un tunnel, quand la caméra se déplace car l’écran s’adapte à la nouvelle perspective.

Pour le présentateur c’est un peu dérangeant mais pour les téléspectateurs, cela donne une impression de fenêtre ouverte. Cette technologie s’appelle XR.
Pour cacher cet effet à la caméra Spider qui elle n’est pas reliée au système XR, des joues ont été ajoutées par l’équipe décor. Elles sont garnies de Leds installées par Novelty. D’ailleurs ce sont eux qui se sont occupés du reste du décor.

Le kit Lumière à cour avec notamment le Robe T1 Profile, star des plateaux TV et des Martin Mac Aura XB pour pallier la face grâce à son faible encombrement.

SLU : Comment est composé ton kit lumière et qui l’a fourni?

Nicolas Usdin : Le prestataire lumière qui a remporté l’appel d’offres est Dushow TV. Une partie du Kit est composé de Martin Mac Aura.
C’est un classique, agréable à travailler. Son faible encombrement le rend très pratique pour réaliser un éclairage de déco comme éclairer un pan de mur.
A côté, la majorité du temps, j’utilise plutôt du Robe T1 profile pour faire les faces. C’est un spot qui a une belle optique ce qui est plus adapté.

A jardin, les SGM Q7 créent l’ambiance générale et des effets superbes à la caméra.

SLU : Je vois que tu as aussi des SGM Q7.

Nicolas Usdin : Je les vois ici un peu comme des washs mais en taille compacte. Ils me servent à créer mon ambiance générale. C’est aussi un joli projecteur, esthétique, et qui peut faire de beaux effets. Il a un bel éclat, un beau flux et avec je peux créer un couloir de lumière ou obtenir une lumière étale sur tous les déplacements. Comme ils sont IP65, j’en ai aussi à l’extérieur pour créer un fond lumineux.

24 x SGM Q7 éclairent le fond du hall depuis l’extérieur.

SLU : Et tu as 220 Sceptron pour souligner chaque étage du hall.

Nicolas Usdin : Ils sont disposés sur les coursives jusqu’au 6e étage pour marquer les lignes de fuite et la perspective du bâtiment. Cela permet de répondre à la demande de révéler l’architecture.

Les Martin Sceptron projettent les couleurs de la République sans fausse note.

Par ailleurs, avec les jeux de réflexion sur les surfaces vitrées du bâtiment, cela m’en fait presque 440 donc c’est une belle surprise et ça m’arrange (rire).


Une gorge américaine dissimule 2 x Starway CycloKolor dans le décor pour habiller la colonne avec élégance.

SLU : Est-ce que tu as installé d’autres appareils ?

Nicolas Usdin : Des barres CycloKolor Starway. Elles sont intégrées dans une gorge américaine afin de les cacher et avoir un rendu propre. Elles produisent un effet léché sur les premiers niveaux et on les alterne avec des Martin Mac Quantum qui eux sont assez puissants pour aller chercher tout en haut quand ils sont en faisceaux serré.

Pour finir nous avons des Arena Q7 Zoom Elation. Ce sont de supers Par Led IP65. Ils sont très pratiques et assez compacts. C’est le Par Led que j’utilise en ce moment.

Un Elation Arena Zoom Q7 éclaire une des colonnes des ponts lumière pour les intégrer au décor. Ils sont pratiques et compacts.

Il y a aussi des Tubes Astera Ax1 qui servent à habiller les gros plans au rez-de-chaussée et au 3e étage. J’ai aussi quelques SkyPanel sur pied qui font la fin du couloir de lumière de cette même coursive pour éclairer la présentatrice.

La tribune des présentateurs déplacée au dernier moment est un peu neutre mais les Astera AX1 Pixel Tube lui redonne vie en arrière-plan sans bloquer le passage.

Et enfin, j’ai des BMFL sur Totems à roulettes fabriqués par Dushow TV. Ces éléments devaient pouvoir être mobile pour des raisons de sécurité et ils permettent d’homogénéiser la face.

SLU : Je vois que chaque fenêtre est éclairée. Est-ce que tu as installé un éclairage particulier ?

Nicolas Usdin : Je profite simplement de l’éclairage du bâtiment (rire). J’avais un doute car leur température de couleur est de l’ordre de 3000 kelvins quand on est à 6500K sur le plateau. Je craignais que ça soit un peu trop jaune mais, finalement, ils apportent une jolie touche ambrée.


Ingé-Vision

Evoluant dans l’équipe Ingé-Vision, Océane Lartigau gère les caméras du haut pour qu’elles soient raccord, ce qui n’est pas une évidence entre les Sony et les Panasonic. « Ce n’est pas juste une gestion des paramètres dans le menu » explique Nicolas « il se fait à l’œil et en fonction des axes camera, de la focale et de l’optique choisie. »
Pour ajuster les paramètres sous la direction de Nicolas, elle se sert aussi d’un oscilloscope pour vérifier le signal vidéo.

Nicolas fait le point avec Océane pour gérer les différences de colorimétrie, de luminosité et de contraste entre les différentes caméras. Pas simple quand le soleil est de la partie.

SLU : Comment gérez-vous les variations de lumière du jour ?

Océane Lartigau : Je cherche à harmoniser toutes les caméras en termes de colorimétrie, de luminosité et de contraste. Cependant, comme la lumière du jour créé des grosses différences, selon les axes et les déplacements du présentateur, c’est un peu un challenge.

Nicolas Usdin : On reçoit une énorme quantité de lumière à certains moments de la journée, contrairement aux conditions habituelles de plateau qui nous permettent de maîtriser toute la lumière. Ici les répétitions se déroulent à 14 h 30 soit le pire moment car le soleil est au zénith. A partir de 18 h 30 – 19 heures ça va mieux, et vers 20h-21h c’est vraiment superbe car le soleil est passé de l’autre côté du bâtiment. On gère ce souci avec les ingés Vision qui écrêtent les hautes lumières pour obtenir un bon rendu à la caméra.

SLU : Ça créé quoi comme problème concrètement ?

Nicolas Usdin : Essentiellement des problèmes de suivi de diaph. Je fais quand même toujours en sorte que l’éclairage soit le plus étal possible pour éviter ce genre de manip qui a aussi un impact sur le rendu du décor. Cela étant dit, à certains moments on ne peut pas l’éviter ne serait-ce que parce que les cameras changent de focale.


La grandMA 3 utilisée en soft 3 par Jérôme Seguin et Maxime Raffin

Maxime Raffin, assistant de Nicolas Usdin sur le projet et par ailleurs éclairagiste, pupitreur et formateur chez Oliverdy, est ici en support de Jérôme Seguin pour utiliser la grandMA3 en version 3.

Maxime Raffin : La grandMA3 a toujours été stable, il manquait juste au soft 3 des fonctionnalités qui arrivent et c’est tant mieux.

Nicolas Usdin gère tout depuis une régie installée près du plateau pour avoir une vision directe. Le réseau lui permet d’avoir accès aux différents axes de caméra et Jérôme, son pupitreur avec Maxime, son assistant, appliquent ses demandes sur la grandMA 3.

SLU : Quelles sont les nouveautés de la grandMA3 qui t’ont changé la vie ?

Maxime Raffin : La possibilité de sélectionner rapidement tout ou partie de mon kit depuis un écran tactile où est représentée l’installation en 3D et pouvoir gérer le dimmer en deux clics alors que pour la même programmation en grandMA2, il fallait s’accrocher (rire).
Ce qui est intéressant avec le GDTF, et les fichiers MVR qui arrivent, c’est qu’il sera possible d’importer un plan de feu dans la grandMA 3 et d’être opérationnel immédiatement : sélectionner les machines, les allumer etc.

Un titre aujourd’hui, c’est à peu près 20 minutes de temps d’encodage, en mode rapide s’entend, avec une intro, un refrain et deux effets. Avec la grandMA3, ce sera possible en 5 minutes. Tu ajouteras un quart d’heure si tu es perfectionniste et que tu souhaites programmer de nouveaux effets impossibles à obtenir avant avec les mêmes machines. Idem dans le cas classique où la programmation dure 1 heure en temps normal. Cela permettra de raccourcir les délais pour se concentrer sur les détails fins plus facilement.

SLU : Quelles sont les nouvelles fonctionnalités qui permettent de gagner du temps ?

Maxime Raffin : Ce sont les accès rapides ou la possibilité de créer des groupes. La grille de sélection (grid) permet de travailler en X, en Y et Z. Les machines peuvent livrer des informations sur leur position dans la grille de sélection 3D. C’est un moyen d’organiser les projecteurs les uns par rapport aux autres.

La grille est utilisée lorsqu’une plage de valeurs est appliquée. Les machines positionnées sur les mêmes axes X et Y mais sur des axes Z différents se verront appliquer la même valeur. Donc quand tu fais tes groupes, tu peux vraiment faire un effet qui passe en 3D, par exemple un effet de dimmer, de zoom… Et au final, quand tu travailles avec un dir phot, de pouvoir être réactif à ses demandes. Des actions qui prenaient 5 bonnes minutes se font en 5 secondes.

Nicolas Usdin me fait remarquer que malgré le bad buzz, tous les plateaux de FranceTV exploitent les grandMA 3 en soft 3.

Ça commence à s’agiter en régie.

La partie réseau du plateau

Jean-Baptiste Rozier et Ghilem Rosemberg de Dushow TV ont installé un réseau lui aussi éphémère mais très stable.

SLU : Comment est organisé le réseau lumière ?

Jean-Baptiste Rozier : Nous avons créé un réseau fibre redondant pour pallier d’éventuelles coupures. La difficulté c’est qu’on ne connaissait pas la position précise des machines. On a donc prévu large en identifiant trois grosses zones : une en régie, une au niveau des blocs, qui constituent les arches, et qui gère la face, et une dernière zone située à l’étage qui gère tous les étages.
Nous utilisons le protocole Art-Net entre les zones et c’est du DMX qui redescend vers les machines. La grandMA3 avec 8192 paramètres disponibles peut recevoir les 4000 paramètres nécessaires au projet sans avoir à utiliser un NPU, ce qui est pratique.

220 x Martin Sceptron font le tour des étages et diffusent le drapeau bleu-blanc-rouge sans fausse note. Je suis curieuse de connaître leur méthode.

Jean-Baptiste Rozier : Les lignes des Sceptron sont pilotées par le contrôleur dédié P3 et chaque barre est adressée en Art-Net indépendamment.

Un Mindmapper génère une boucle bleu blanc rouge avec une légère rotation pour obtenir un décalage et envoie le flux vidéo dans chacun des 220 Sceptron repérés par le P3, le processeur Martin.

SLU : Qu’est-ce que tu apprécies avec le P3 ?

Jean-Baptiste Rozier : Tout le pixel mapping se fait assez facilement. Le P3 va détecter toutes les barres du dispositif et tu les positionnes dans l’espace pixellaire que j’ai défini en 1920 par 1080. C’est plutôt simple et efficace.

Les Sceptron sont reliés en point à point et pilotés avec un Mindmapper qui génère les boucles vidéo y compris le fameux bleu blanc rouge. On est parti sur un effet gradient, c’est-à-dire une barre qui passe et sur laquelle on va pouvoir jouer au niveau des couleurs ou de la netteté.
Ici on lui a aussi donné une légère rotation pour créer un décalage d’un appareil à l’autre. En plus de cela, nous avons doublé ce système pour avoir un spare. S’il y a le moindre souci, j’ai juste à rebrancher mon câble sur ce dernier qui tourne en parallèle.

SLU : Du coup qui a la main entre la console et le P3 ?

Jean-Baptiste Rozier : Le P3 peut être utilisé soit en vidéo, soit en lumière, soit en mode Hybride. Pour ce dernier cas de figure, c’est l’utilisateur qui vient faire la commute. Nous avons fait le choix de l’utiliser en mode vidéo et pour l’utiliser en lumière, on triche en envoyant une image blanche pour la transition.

Maxime Raffin : Ce qui est hyper bien c’est que c’est du génératif et donc on fait ce qu’on veut rapidement. C’est pratique même si c’est un outil de plus.


RA (Réalité Augmentée) et câble cam

La Réalité Augmentée (RA) est une nouveauté pour ce rendez-vous télévisuel. Elle a été imaginée par Arnaud Vincenti, directeur artistique des programmes de l’info.
Les infographies étaient conçues en interne, au sein de «La Fabrique» un département rattaché à France télévision qui gère déjà la réalité augmentée ou virtuelle des émissions «Passage des arts», «Culturbox», «Thalassa», «Les cahiers de vacances Lumni» entre autres.

Installée au deuxième étage, dans les coursives, la présentatrice Johanna Ghiglia se déplace à côté des infographies envoyées en réalité augmentée. C’est bluffant.

Ces nouvelles images sont gérées en partenariat avec l’équipe française XD Motion, habituée des tournages en câble cam grâce à leur système X Fly (svp ne leur parlez pas de caméra spi%$! qui est le concurrent).


XD Motion aux commandes de la câble cam « X Fly ». L’équipe gère les angles de caméra avec le réalisateur et l’équipe en charge de la réalité augmentée emmenée par Luc Minier, le tout sous les consignes d’Arnaud Vincenti pour la direction artistique et de Nicolas Usdin pour la lumière. Un grand écart possible grâce au professionnalisme des différentes équipes.

SLU : Comment s’est passée l’installation dans ce lieu

Maxime Uyttebroeck : On est habitué à des lieux beaucoup plus vastes comme des stades, c’était donc plus compliqué de faire une installation dans un lieu relativement restreint mais ça s’est très bien passé.
Après avoir réalisé un travail d’analyse en amont, nous avons pu repérer les éléments d’accroche pour que la caméra puisse se déplacer dans l’espace.

Finalement il nous a fallu une journée pour que les cordistes fixent des ponts, la partie hard moteurs, la ligne, et fasse vérifier l’installation par Veritas. Et une autre journée pour la partie vidéo, liaison jusqu’au car ainsi que pour l’installation de la caméra, les vols d’essais et la certification par caméra de contrôle.

Quatre moteurs tirent ou détendent la ligne pour que la Caméra X Fly se déplace dans tous les axes.

SLU : Comment se déplace la caméra ?

Maxime Uyttebroeck : Le système est constitué de quatre moteurs qui vont tirer ou détendre de la ligne pour déplacer le système selon les axes avant-arrière, haut-bas. Cela constitue la box de vol où la caméra X Fly peut se déplacer.
Ensuite on nous a fourni des datas pour positionner notre système à la fois d’un point de vue géométrique mais aussi par rapport à l’orientation de la caméra afin d’intégrer la RA.


Les résultats ont été annoncés et le célèbre plateau du JT de France 2 prend le relais pour diffuser les débats entre représentants politiques de tous bords.


Nicolas Usdin, directeur photo depuis bientôt 20 ans, maîtrise la lumière et son expérience lui a permis de créer un kit à la mesure des exigences de ce plateau éphémère sans compromis sur la qualité et la grandMA 3 prouve son efficacité dans un lieu qui ne souffre pas les bugs. Les présidentielles 2022 marquent de début d’un nouveau quinquennat et donc d’une nouvelle aire qu’il fallait mettre en valeur.

Que ce soit sur l’utilisation d’un écran tactile ou bien la présence d’une câble cam X Fly pour filmer le bâtiment de France TV dans toute sa hauteur afin d’afficher des infographies, on veille à remplir un rôle de service public essentiel mais aussi à réunir le pays autour d’un même programme malgré les divisions et la diversité des opinions lors des présidentielles et des législatives.
Un grand bravo aux équipes qui ont donné le meilleur pour tous les Français.


Kit Lumière

Plan de feux Réseau

 

Crédits - Texte et photos par Allison Cussigh

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