Sinfonya, les 4 saisons de Claypaky à PL+S

Tels des dramaturges privés de théâtre, de nombreux fabricants ont vécu la période Covid enfermés dans leur alcôve. Après plusieurs années exceptionnelles, célébrant le passage au tout led avec une légion de nouveautés et des ventes faramineuses, les empereurs de la lumière mondiale sont rentrés dans leur camp, soutenus moins que plus par les secteurs tiers, installations fixes, ou aides gouvernementales.

Mais, loin de déposer les armes, certains (beaucoup) ont relevé la tête, ont osé innover, se sont battus et se sont métamorphosés. Héritier de Julius Caesar, Claypaky est de ceux-là. Malgré la conquête d’Osram par les Autrichiens d’AMS, sans savoir si son empire subira le même sort qu’ADB, continue à flotter l’étendard transalpin. Inventive sur tous les fronts, l’usine de Lombardie a proposé une quantité phénoménale d’appareils durant ses dernières campagnes.

Marcus Graser, PDG de ClayPaky, harangue ses troupes au Prolight+Sound 2022.

Autour d’une équipe renouvelée, son actuel directeur, Marcus Graser, parle d’une nouvelle ère. Qualifiées de ‘Moment Magique’, ces deux dernières années ont jeté les bases d’un nouveau Claypaky, concentré sur l’investissement de ses moyens de production et la refonte de son Portfolio, inspiré par la méthode Kanban d’organisation en temps réel, investi dans une stratégie écoresponsable avec le CP Green.

L’innovation est la nouvelle arme des Italiens. Leurs gammes de projecteurs se sont renforcées, étanchéifiées, interconnectées. Elles ont fleuri dans un silence d’or avant de faire rugir leurs lasers. Cette saison propulse un Claypaky dans le monde d’après-Covid, encore incertain mais rempli de promesses.


Vent d’Automne

Panify

Panify

Avec le Panify, Claypaky renoue avec une tradition perdue, celle du support asservi. Solide base de 13 kg, ce gros rotor permet d’ajouter une rotation en Pan illimité à un projecteur fixe, des éléments de décor, un écran ou divers accessoires, à l’endroit ou à l’envers.
Avec 9 inserts compatibles Oméga, une large plateforme d’accroche et une transmission électrique et DMX intégrées à son axe, Claypaky ‘Panifie’ à peu près tout, dans la limite de 30 kg et jusqu’à 50 tours par minute.

Alors qu’il peut alimenter un appareil jusqu’à 2300 VA, ses propres besoins sont faibles en énergie et en contrôle, à peine 150 Watts et 5 canaux DMX. Plutôt bien fini, le Panify bénéficie d’une protection IP66, d’un port Ethernet et d’un module Wireless DMX en option.

Sur son stand, Claypaky a accroché une vingtaine de barres de leds statiques à ses Panify.


CloudiO

Plate-forme connectée, aux nuages et aux projecteurs Claypaky, le CloudiO est un poste de maintenance unique en son genre. Extrêmement portable, celui s’interface au milieu d’une chaîne DMX pour contrôler les appareils raccordés.

synchroniser tout son kit lumière avec CloudiO.

Après identification, les projecteurs sont analysés, les historiques de pannes et d’utilisation référencés.
Après l’enregistrement de leurs données dans un Cloud propriétaire Claypaky, à la manière des ordinateurs de diagnostic automobile, un support complet en ligne permet d’effectuer les routines de maintenance. Puis d’effectuer une résolution des problèmes et les mises à jour nécessaires.

Son menu ergonomique, surplombé par un écran tactile 7’’, permet aussi de mesurer et calibrer les températures de couleur et flux lumineux des appareils, afin de synchroniser parfaitement tout son kit lumière. Auparavant dédié à une large variété de projecteurs Claypaky, il est maintenant ouvert aux autres marques par la magie du protocole RDM. Le CloudiO est en train de s’imposer doucement comme une indispensable station de monitoring tout terrain.


L’hiver marin

Volero Batten Aqua

Exclusivité du salon, le Volero Batten Aqua est dérivé du Tambora Batten, une barre de 16 leds d’un mètre de long, avec derrière ses lentilles rondes ou carrées, des sources RGBW 40 Watts, séparées en 2 zooms. Plus percutante, la Volero passe en lentilles de 80 mm, enchâssées dans des monocles rectangulaires. Les 10 leds Osram délivrent chacune 60 Watts en RGBW, avec CTO virtuel de 2500 – 8000 K.

Les lentilles carrées de 80 mm du Volero Batten.

Prévues pour être assemblées en matrice, non seulement les barres Volero sont construites autour d’entraxes identiques en largeur et en profondeur, mais la gestion DMX est entièrement revisitée.

Le contrôle des leds peut s’effectuer de trois manières différentes, ou mixées entre-elles une pour gérer la couleur standard de chaque source, une jouant avec le moteur interne de multiples macros, surmontées finalement par un pixel mapping vidéo. Les différents protocoles DMX, RDM, ArtNet, sACN, Web Serveur et Kling-Net sont de la partie.


Quelques variations d’effets du Volero Batten Aqua.

Le Volero Batten Aqua est prévu pour fonctionner dans les conditions les plus dures, aspergé d’eau et de poussière avec son indice de protection IP66. Elle pèse 29 kg, consomme 800 VA, possède aussi 2 zooms, de 4 à 55°, et peut s’agripper à un Panify pour encore plus de sensations.


Tambora Flash

Tout aussi nouveau, le Tambora Flash est un projecteur Led IP 66, mélange rugueux et étanche de Strobe, Blinder et Ambiance. Assemblé en cluster vertical ou horizontal grâce à ces connecteurs rapides, il permet de monter des murailles de foudre en quelques instants.

Tambora Flash, 4 COB encadrés de réglettes de pixels…

4 larges réflecteurs propulsent les COB de 100 Watts à 32° d’ouverture. Mélangées à des leds Warm White, pour recréer la chaleur particulière des Molefays d’antan, les leds RGB parcourent aussi toutes les teintes boréales.
Deux réglettes de 96 pixels blancs de 3,7 Watts vrillent les yeux sur 120° pour les effets strobes, avant de se découper en 16 segments de 12 pixels pour les adorateurs de pointillisme foudroyant.

Assemblés en lignes et clusters.

Adepte lui aussi du ‘Layer Management’, il offre les 3 couches de contrôle : Background Color – Internal Shape – Pixel Mapping ; et les indémodables protocoles DMX, RDM, Art-Net, sACN, WebServer et Kling-net. Poids et puissance : 1200 VA, 10,5 kg.


Xtylos Aqua

Version étanche du Xtylos, spot précurseur à la fameuse source laser, le Xtylos Aqua est IP66 et C5-M. Capable de résister aux jets d’eau, à la poussière, à une condensation élevée ou un environnement marin à salinité élevée. Bref, Aquaman et Cyclope réunis.

Xtylos Aqua

Son cœur est une source laser de 15,5 millions de Candelas extrêmement concentrée, avec trois spectres RGB très définis. Le faisceau sort comme une flèche, fine et solide, bien saturé grâce à son mode Turbo Color.
Très véloce, le Xtylos est un pur Beam, à la focale dingue de 1°, même si on peut la pousser à 7° en perdant un peu de définition. Un frost, une roue de 7 gobos rotatifs, une autre de 12 gobos fixes, une dernière de 3 prismes (Convex, linaire et circulaire), plus un prisme rotatif 16 facettes et un iris 16 facettes ajoutent de la fantaisie à l’ensemble.
Son bâton de lumière, associé à sa gestion RGB pure et son CTO virtuel, de 2500 à 6500 K rendent le Xtylos particulièrement à l’aise dans la création d’effets géométriques à longue distance, gorgés de couleurs.

Le choix efficace d’un seul mode de 31 canaux, en gestion DMX, DMX, RDM, Art-Net, sACN, Wireless DMX intégré ou Web Serveur lui offre un contrôle rapide et efficace.
Sa carapace étanche lui fait gagner 6 kg, à 30,4 kg, mais sa consommation reste identique, 400 VA.


Sérénité printanière

Sinfonya Profile 600

Ode de Claypaky à sa Mère patrie, le Sinfonya Profile 600 est son tout premier asservi entièrement pensé pour le théâtre. Symbole de l’Opéra, la botte latine devait faire honneur à sa réputation. Oublier les réflexes du showbiz, repenser le moindre détail, partir de zéro avec un cahier des charges d’une précision Diabolico.
Trois contraintes majeures : le bruit, la couleur, le faisceau. Tout doit être irréprochable.

Pour sa présentation détaillée, le Sinfonya quitte le stand ClayPaky pour l’écrin de l’auditorium du Prolight+Sound.

Remis sur la planche à dessin, tout le design du système de refroidissement fut revu. Tchao les ventilateurs dans la base, Arrivederci les réflexions des ondes sonores dans les conduits de ventilation. Le concept de Tonedown traite acoustiquement chaque pièce de construction pour rendre inaudible les hautes fréquences.

Les moteurs aussi furent étudiés, ainsi que la dissipation thermique. A l’arrivée, un score impossible au sonomètre, à peine 27 dB de bruit de fonctionnement. Un simple chuchotement. Toujours trop bruyant ? Un mode permet de fonctionner sans aucune ventilation, dans un silence quasi complet, tout en gardant 70 % de puissance.

La source est une création Osram de 600 Watts, mélange savant de rouge, vert, bleu, ambre et lime avec un algorithme propriétaire spécial. La led rouge descend à 620 mm, amenant un spectre très chaud, aussi dense que le soleil. Les 12 000 lumens de flux sont tout à fait corrects pour le théâtre, surtout avec un IRC supérieur à 95 et un TLCi de qualité.

Si le contrôle indépendant du CRI, du CTC et de la teinte est presque une obligation de nos jours, la solution retenue par Claypaky pour les transitions de couleurs respire l’expérience. Deux canaux permettent chacun de choisir une teinte parmi un large éventail de références, avant d’effectuer une bascule 24 bits entre la première et la seconde, et inversement. Admirable de simplicité.
Point d’orgue, la synchronisation de la température de couleur entre projecteurs grâce à l’interface CloudiO. Si mon doux rêve se réalise, nous assisterons prochainement à la création du poste d’ingé-système lumière, chargé de l’homogénéisation des projecteurs en IRC, flux, température de couleur et monitoring.

Le système de couteaux Accuframe.

L’Accuframe est un système de couteaux sur 2 plans focaux d’une rare acuité, annoncé 40 fois plus précis que les anciens systèmes à 4 plans focaux.
L’angle d’inclinaison de chaque lame fut réduit, pour les garder en face, mais permet une orientation de +/- 45°, la création de formes triangulaires et une fermeture totale avec un seul couteau. Alléluia, les parallèles des découpes se focaliserons enfin ensemble

Le nouveau train optique de 5 à 60° tire intelligemment profit de cette précision du faisceau, ainsi que la nouvelle mouture du Frost sur 2 paires de lames, plus homogène car sans phénomène de réflexions dans le faisceau. Breveté sous le titre de LineGuard, le Sinfonya en bénéficie pour son ‘soft’ frost et son ‘heavy’ frost de 5°, tous deux interchangeables.
Derrière la lentille de 160 mm, 6 gobos HD, une roue d’animation, un prisme 4 facettes, un iris, et une gestion de dimmer en 24 bits occupent les 39 canaux de contrôle DMX. Ou Art-Net, sACN et RDM. Un module Lumen Radio Wireless est prévu en option.



Pour les montages acrobatiques, avec un spot coincé dans une niche du théâtre ou sous un balcon, le dernier problème concerne les resets de position, avec un balayage à 360° de la tête, arrachant tout sur son passage. Dans le Sinfonya, les capteurs de position Pan Tilt œuvrent en valeur absolue. Ils n’ont pas besoin de butées. Le projecteur peut redémarrer sans mouvements, en gardant la même précision. Et être installés au millimètre dans les décors classés du Théâtre.
Le Sinfonya Profile 600 consomme 770 VA et pèse 34 kg.


Mini Xtylos HPE

Petit frère du Xtylos, encore plus véloce, le Mini Xtylos bénéficie enfin d’une présentation européenne. Ce projecteur de poche, à peine 9 kg et 80 VA de consommation, utilise la même technologie de diode laser RGB. Ici limité à 20 Watts, avec 2.4 Mcd dans l’axe, il peut s’utiliser sans contrainte dans la plupart des pays. Pour les USA, aux normes assez drastiques concernant les projecteurs il existe en version FDA (CDRH), autorisée par la législation fédérale de réglementation de sécurité laser.

Le Mini Xtylos HPE.

Les adeptes de pinceaux saturés traversant les airs seront ravis de retrouver les mêmes avantages que le premier Xtylos. Une source constante et homogène, une trichromie RGB Color Turbo, un CTO virtuel de 2500 à 6500 K.
Sous la dénomination HPE, clin d’œil aux fameuses gammes Claypaky des années 2000, le mini-Xtylos intègre une mini-focale de 1-4°, un frost interchangeable, deux prismes interchangeables (pyramide x16 et linéaire x6) et surtout une rotation en Pan infinie, idéale sur ce type de Beam.
Adepte du mono mode, ses 27 canaux de contrôle sont accessibles en DMX, RDM, Art-Net, sACN, Wireless DMX et Web Serveur.


Festival estival

La Vidéo complète du Stand ClayPaky au Prolight+Sound. Le kit est composé de 48 x Mini Xtylos HPE, 34 x Tambora Batten Square, 24 x Sharpy X Frame, 16 x Tambora Flash, 14 x Tambora Linear, 10 x Panify (couplés avec les Tambora Batten Square), 8 x Arolla MP Profile, 8 x Arolla MP Spot et 4 x ReflectXion



Tambora Linear

Autre nouveauté toute fraîche, le Tambora Linear est un mix entre barre de led et strobe. Cette fine barre de 400 pixels led RGB 120°, découpés en 25 groupes de 16 leds, donnera tout son potentiel en scénographie lumineuse et en matrice grâce à ses nombreux couplages mécaniques.

Tambora Linear : 400 pixels leds RGB autour d’une ligne de strobe de 200 leds blanches.

Assemblés en lignes ou en cluster, les Tambora Linear vont aussi faire plier les cornées grâce à leur ligne centrale de 200 leds blanches, découpée en 26 groupes, dédiée au strobe. Pour faire face au potentiel DMX impressionnant de l’appareil, avec 3 instances possibles, Claypaky propose plus de 100 effets internes.

Certes, avec une partie principale utilisant entre 9 et 31 canaux, un strobe à 25 voies et un Pixel Engine de 75 canaux, l’addition est complexe. Pas d’inquiétude, la gestion en 3 couches de contrôles permet une grande souplesse : Background Color, Internal Shape et Pixel Mapping se mélangent facilement, que ce soit en DMX, RDM, WebServer, Art-Net, sACN ou Kling-net.


Tambora Linear sur le stand Claypaky.

Disponible 1 m ou 60 cm de long, son tamis de leds apparent peut être accessoirisé suivant les occasions. Filtre frost de 20 ou 30° avec découpe au niveau du strobe pour diffuser les couleurs, ou plaque ND entière pour les captations, qui évite de saturer les capteurs moyennant une perte de 30 % de flux.
Le Tambora Linear consomme 700 VA et pèse 8 kg dans sa version 1 mètre.


Sharpy XFrame

En cette période de festivals, le dernier survivant des lampes à décharge est un Sharpy, dans son évolution ultime. Ampoule arc court de 550 Watts, le Sharpy XFrame envoie 18 800 lumens au travers de sa lentille de 160 mm, avec un IRC supérieur à 80.
Mais ce que les éclairagistes cherchent avant tout dans ce créneau, c’est une machine hybride, capable de pouvoir tout faire, et solide. Et ça, elle sait faire. Multifonction, son zoom s’adapte aux différents modes : Beam de 2° à 29°, Spot de 3° à 52°, Wash en ajoutant le frost linéaire.
Une jolie collection d’effets la complète avec 8 gobos rotatifs, une roue de 18 gobos fixes dont 6 réducteurs de faisceau, deux prismes 4 et 8 facettes et un iris 16 lames.


Sharpy XFrame multifonction

Pour la couleur, un traditionnel mélange soustractif CMY, un CTO progressif et une roue de 14 teintes, saturées ou correctives, sont intégrés. Malgré tout ça elle ne serait pas complète sans son système de couteaux sur 4 plans, avec rotation à +/- 60°.
Pour la piloter, un seul mode en 43 canaux, accessible en DMX, RDM, ArtNet ou sACN.
Le tout dans une taille relativement compacte, 28 kg sur la balance et une consommation de 750 VA.

Toute la gamme Claypaky est disponible auprès de Dimatec, fidèle distributeur français de la marque italienne.

 

Crédits -

Texte : Tristan Szylobryt

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