L-Acoustics, vulgariser pour mieux faire sonner

La grande force de Christian Heil n’a pas été simplement de créer le V-Dosc et d’avoir grandement contribué à passer la diffusion de l’âge interférentiel à celui du ligne source, il a surtout eu l’idée de prendre par la main une profession pour lui expliquer pourquoi un DOSC marchait mieux que les tas de bois et comment il fallait s’y prendre pour tirer pleinement parti de cette nouvelle technologie.

Christian Heil

Il a jeté les bases de L-Acoustics sur le savoir plus que sur la profusion de modèles, sur l’homme plus que sur la machine.

30 ans plus tard, rien n’a changé, raison pour laquelle nous sommes allés à Marcoussis à la rencontre du, attention révision d’anglais pour tout le monde, Director of Education and Scientific Outreach Etienne Corteel.
Avant de lui laisser la parole, nous vous livrons en français ce qui figure au-dessus de la porte de son bureau (une image bien sûr) et qui est la raison d’être de son travail.

Le service de vulgarisation scientifique (le Scientific Outreach) est l’interface entre L-Acoustics et la communauté scientifique et éducative (avec une moyenne d’un à deux articles publiés par an, notamment à l’AES d’automne).

Sa mission est de développer et de maintenir un programme de formation sur mesure pour l’industrie du son pro. Le département contribue également à la stratégie produit du groupe, garantissant que les systèmes L-Acoustics restent les plus intuitifs et les plus rapides à déployer. L’équipe s’assure enfin que les méthodes, les pratiques et l’expertise des ingénieurs de L-Acoustics sont comprises et appliquées à chaque fois sur le terrain.


Etienne Corteel

Etienne Corteel : “Quelque chose a changé quand même (sourire). Le mot Education précède désormais celui de Scientific Outreach ; il a pris le dessus même si, par le travail scientifique qu’on peut réaliser, il y a toujours des choses à montrer.

SLU : Les travaux et les publications sont disponibles sur votre nouveau site ?

Etienne Corteel : Oui, on a trois parties accessibles sous l’onglet « Scientific Ressources » : les White Papers, les Scientific Publications et les Webinars. A ce propos il y a un nouveau White Paper pour L-ISA qui traite des fills spatialisés.

Le point d’entrée de l’Education avec les principes (Vision) les modules et les parcours (Courses), l’interactivité dans l’apprentissage (Digital Learning) et les publications (Scientific Ressources).

Jusqu’à présent les front fills diffusaient une réduction mono. Désormais les premiers rangs vont bénéficier d’une virtualisation entre le système Scène (le système accroché principal) et les front fills, et disposer d’un rendu spatialisé. Il en va de même pour les sous-balcons avec comme contrainte le fait d’être dans le champ d’au moins 3 enceintes. Il faut enfin disposer d’une sortie sur la matrice et d’une patte d’ampli pour chaque enceinte.

Une représentation en rouge des Spatial fills de L-ISA.

C’est un bon compromis entre couverture, potentiel de démasquage et cohérence audiovisuelle. Le White Paper montre comment on a réussi à le faire et offre une comparaison avec des techniques plus traditionnelles. Le WP est disponible au téléchargement sur le site et le firmware de L-ISA comportant les Spatial fills est aussi opérationnel.

SLU : Il y en a un aussi passionnant sur les subs et l’imprévisibilité de leur emploi…

Etienne Corteel : Pour ceux au sol, oui, à cause du public et de son nombre, raison pour laquelle on préconise de les accrocher dès que c’est possible pour éviter le côté non maîtrisable (mais si désirable) de sa présence.

La mesure d’un côté de ligne source à 53 mètres, micro à 1,70 m de hauteur dans 3 cas de figure : sans public, avec un public épars, ou salle comble.

C’est une publication AES à l’initiative de Thomas Mouterde qui fait partie de l’équipe et qui démontre l’effet de guide d’onde des gens sur les subs générant une portée supérieure, un gain positif mesurable à certaines fréquences et un délai supplémentaire à cause du trajet rendu plus complexe par la présence des spectateurs dans la salle, ce qui implique de retoucher son délai et son EQ à salle pleine.

SLU : Venons-en à la formation. Ne faudrait-il pas justement un nouveau module de formation pour pleinement exploiter cette nouvelle version de L-ISA ?

Etienne Corteel : Non, mais les personnes qui ont été formées à L-ISA précédemment pourront aller sur notre plateforme éducation avec leurs logins / pass et accéder à la nouvelle version du cours qui incorporera aussi le tout dernier L-ISA Processor II, afin de mettre à jour leurs connaissances. La formation à Soundvision sera aussi mise à jour pour tenir compte de l’arrivée de ce nouveau processeur qui est beaucoup plus puissant.

SLU : Parle nous de cette page et de qui peut y accéder.

Etienne Corteel : On y trouve le contenu de la formation suivie et c’est toujours la dernière version. Pour favoriser la reprise post Covid et faire un geste vis-à-vis des 4 000 techniciens que nous avons formés en 2019 et 2020 à travers le monde, nous avons décidé de leur permettre d’accéder librement à notre plateforme avec tout leur historique de training.
Si par exemple un technicien s’est formé pour K2 en 2019, mais aussi pour Kara avant, et a commencé avec les Fondamentaux Système, il a accès aux derniers contenus mis à jour de chaque formation dont, par exemple, Kara II avec Panflex, les nouvelles options de sub etc.

SLU : On fait un tour d’horizon sur la nouvelle présentation sur le site web et donc nouvelle organisation de la formation désormais en présentiel et en ligne ?

Etienne Corteel : Volontiers. Avant même la pandémie, nous avons travaillé sur l’éducation numérique et embauché une personne spécialisée dans ce domaine. On a donc beaucoup fait évoluer notre offre et créé du contenu nouveau ce qui a été idéal pour être présent durant la longue période du Covid.

SLU : Mais vous n’abandonnez pas les formations sur site…

Etienne Corteel : Surtout pas. On sait que le tout On-line ne marche pas. On veut développer une vision très orientée système de la formation et à la fois très structurante, sans être entièrement tournés vers nos produits, même si c’est bien entendu le cœur de l’offre. Pour ceci faire, deux méthodes s’offrent à nous, le présentiel et le On-line et on pense que la bonne manière est de mixer les deux, tout en sachant qu’il y aura toujours un instructeur en direct lors de nos sessions en distanciel ce qui offre une dose importante d’interactivité.

SLU : Le tout e-learning n’est donc pas la solution ?

Etienne Corteel : Quand les gens commencent en partant de zéro une formation en ligne préenregistrée, 20 % seulement vont au bout. Quand on combine ça avec un instructeur ou un formateur lors d’une session en direct, on grimpe entre 90 et 95 %.

Le choix de parcours disponible sur le site.

L’avantage du numérique en revanche est de disposer sur notre plateforme du contenu du cours pour les gens qui l’ont suivi et souhaitent le revoir, avec éventuellement des ressources supplémentaires pour celles et ceux qui veulent aller plus loin.
Enfin le numérique permet la mise en place d’une communauté apprenante où les gens peuvent interagir entre eux et nous pouvons répondre à des questions.


SLU : Comment sont structurés les parcours d’apprentissage. C’est à la carte ?

Etienne Corteel : Nous avons créé les Learning Paths ou Parcours Apprenant pour se rapprocher à des profils de métiers. Chaque Parcours sauf l’Advanced Learner qui comporte deux formations très spécifiques et additionnelles, comprend l’indispensable System & Workflow et un certain nombre d’autres cours.

SLU : System & Workflow, l’ex Fondamentaux Système c’est donc le sésame…

Etienne Corteel : En quelque sorte oui (sourire). Il te donne les billes et t’ouvre les portes de la marque en expliquant ce qu’est un système L-Acoustics, donc les boîtes, le rigging, les amplis, la distribution du signal et le processeur de face, que ce soit P1 ou L-ISA pour lequel on fait une courte intro.
Ce module sert d’entrée à une formation produit à savoir une spécialisation sur une référence du catalogue. On part du tout début en dessinant une salle avec Soundvision. On spécifie un système simple, une paire de X8 et un SB15m. On le câble et on crée la session Network Manager.

Et quand on parle d’une paire de X8 et d’un SB15m ils montrent le bout de leur multiplis, ici dans la salle de Marcoussis.

L’après-midi on donne les enjeux principaux de chacune des étapes d’un projet : spécification, design, implémentation, calibration et utilisation finale. On termine sur un tutoriel guidé pour sonoriser un petit théâtre. Au bout de cette journée, on a une vue d’ensemble que l’on peut résumer par : c’est quoi un système, c’est quoi un projet et où je me place. Ça donne les bases et la vue d’ensemble et ça ouvre les portes au reste du programme qui devient accessible.
Si tu t’inscris en ayant à ton actif le module Fondamentaux Système, tu n’as pas besoin de passer par la case System & Workflow, mais tu peux te remettre à jour sur la plateforme éducation où ce module est disponible car il y a une équivalence entre les deux, et tu peux accéder aux ressources. Il est même recommandé d’aller y jeter un coup d’œil pour intégrer les nouveautés.


L’Allianz Arena et ses 266 Kara parfaitement intégrées.

SLU : Ce même module est aussi indispensable en dehors de la prestation ?

Etienne Corteel : Bien sûr. Nous venons d’ailleurs de lancer depuis quelques mois le Parcours «Installation System Technician» basé sur un nouveau cours dédié à l’installation fixe, et qui traite de l’implémentation sur la base d’un design fait par un bureau d’études d’un système, de telle sorte qu’il soit fonctionnel et sûr.

Cette implémentation comporte aussi le traitement des éventuelles différences entre lieu et plans et tout un tas d’autres bonnes pratiques qui font qu’on retrouve une installation câblée, testée, sûre et prête pour la calibration. Ce module était très attendu puisque le marché de l’intégration est celui qui a le moins souffert de la pandémie. Cette formation existe sur site ou en ligne et le contenu des deux est identique.

SLU : Le formateur est le même dans les deux cas ?

Etienne Corteel : Non, pas nécessairement, mais il s’agit toujours d’un instructeur L-Acoustics certifié sur ce module. Nous avons environ 90 formateurs certifiés œuvrant dans 25 Authorised Training Centers répartis dans 60 pays, répartis sur les 5 continents. C’est grâce à eux que nous parvenons à effectuer plus de 650 formations et à donner une certification à plus de 6 000 élèves chaque année.

Une vue de tous les Learning Paths menant à un métier en dehors de l’Advanced Learner en gris qui est une spécialisation pouvant servir à toutes celles et ceux souhaitant aller plus loin dans la compréhension de la diffusion.

SLU : Pour ceux qui connaissent déjà les formations de L-Acoustics, y a-t-il d’autres nouveautés ou changements ?

Etienne Corteel : Oui, on met la dernière touche au développement de ce que l’on appelle aujourd’hui le parcours « System Engineer » avec deux modules d’une journée chacun que sont Soundvision et Drive System. On l’appelait avant “Fondamentaux système” et ça tenait en une journée ce qui était trop intense pour les élèves comme pour le formateur.

Désormais chaque module dispose d’une journée entière, ce qui permet par exemple à un technicien qui assure essentiellement de la mise en œuvre d’aller plus au fond des choses et ne pas passer une demi-journée sur Soundvision. Les premières dates de ce parcours sont ouvertes pour novembre 2021 avec le Drive On-Line et Soundvision soit On-Line soit sur site à Marcoussis.

L-ISA

SLU : L-ISA a aussi doublé…

Etienne Corteel : Parce que le contenu a beaucoup évolué et je me suis investi (on l’interrompt)

SLU : T’aimes trop ça ! (rires)

Etienne Corteel : C’est sûr qu’on ne passe pas 20 ans à travailler sur ce style de système pour laisser tomber après coup ! Le tronc commun entre la partie système et celle mixage existait déjà, il est désormais clairement identifié dans le module L-ISA Technology qui schématiquement traite de design, mixage objets, algorithmie et de comment on va gérer les projets avec deux exemples différents.

Un premier est basé sur la tournée et explique comment présenter la technologie à l’artiste mais aussi à la prod et va jusqu’à la tournée avec des petits guides en sachant que le maître mot c’est l’anticipation. L’autre cas concerne l’accueil. Ensuite il y a une journée de mixage orientée objets, le L-ISA Object Based Mixing avec l’explication de la balance spatiale avec une mise en place qui fonctionne partout dans l’audience.

Deux formateurs de l’équipe française, Etienne Corteel à gauche et Maxime Menelec à droite. Le mix et la diffusion par objets, ils en connaissent quelques rudiments ;0)

SLU : Qu’est-ce qui pose problème avec le placement dans l’espace ?

Etienne Corteel : Quelque chose contre laquelle c’est dur de lutter, la vitesse de propagation très lente du son (rires). Quand tu mixes, tu le fais dans un point donné de la salle où tous tes objets aboutissent au même moment, mais ce n’est pas le cas pour tous les spectateurs et c’est indépendant de la technologie employée. L-ISA ou une autre, c’est pareil.
Il faut donc être en mesure de mixer en respectant un certain nombre de règles. On donne pour cela des petits guides, et en faisant écouter avec le contrôleur des rendus virtuels qui restituent la perception d’un grand lieu dans un petit et permettent un encodage des objets en connaissance de cause.

Une étude L-ISA faisant appel à la gamme à courbure constante A et aux subs KS21.

SLU : On fait ça avec la matrice ?

Etienne Corteel : Oui mais aussi avec L-ISA Studio sur haut-parleur. Un simple clic sur le soft et on sait si une batterie est par exemple cohérente en trois points de la future salle. C’est essentiel de bien comprendre la balance spatiale.
On montre aussi le mix dynamique, les snapshots et nous expliquons comment bouger les objets et faire des mises à jour de la scène, des mouvements qui s’apparentent plus à des effets volontairement très perceptibles.

La dernière partie du module comporte une écoute comparative entre ce qui est restitué par les enceintes et ce qui l’est par le rendu binaural au casque, de telle sorte que le mixeur s’approprie les quelques différences qui existent. Cela lui permet de faire certaines tâches au casque en anticipant les différences qu’il aura sur haut-parleur. Le tronc commun est aussi important pour que la personne en charge du système sache ce qui se passe au mix et vice-versa.

SLU : L-ISA Loudspeaker System…

Etienne Corteel : Ca parle design, contrôleur, implémentation, calibration et du nouveau processeur. Chaque module L-ISA Technology, soit L-ISA Object-based Mixing, L-ISA Mixing Workshop et L-ISA Loudspeaker System dure une journée et une grande partie de ceux qui ont fait le Technology et une spécialisation se demandent s’il ne faudrait pas aussi se former avec l’autre module pour être totalement à jour.

SLU : C’est possible de suivre les formations à la suite ?

Etienne Corteel : Oui, en 4 jours avec L-ISA Technology, L-ISA Object-based Mixing, L-ISA Loudspeaker System et pour finir le L-ISA Mixing Workshop qui se fait « les mains dedans ». Les gens sont en groupes de deux et alternent entre le gros système dans l’audi L-ISA à Marcoussis et L-ISA Studio.

Advanced Learner

Les deux -gros- morceaux de l’Advanced Learner.

SLU : L’Advanced Learner c’est l’ex Level 2 ?

Etienne Corteel : Exactement. On classe désormais les deux modules qui le composent comme acquisition de compétences et, par exemple pour le Variable Curvature Line Source, d’acquisition de connaissance sur le fonctionnement des lignes source à courbure variable.
C’est illustré par des produits L-Acoustics mais c’est avant tout fait pour aller plus loin dans la compréhension de la ligne à courbure variable en termes de couverture, réponse en fréquence et de SPL. C’est une plongée dans l’optimisation de la ligne via les choix mécaniques adéquats et de Soundvision sur lequel on va beaucoup plus loin.

L’autre module Loudspeaker System Calibration commence par deux postulats : ce n’est surtout pas pour corriger les erreurs de design ou d’implémentation. Il s’agit de bien comprendre ce que l’on a optimisé au design et quelles sont les zones de fréquences que tu dois le plus toucher parce qu’affectées par l’acoustique du lieu. C’est aussi une grosse vérification pour certifier que le système est opérationnel, mais aussi un gros travail sur la mesure, puis le tuning pour accompagner les vœux du mixeur ou du client.

Enfin on y apprend l’étape à ne jamais oublier, la passation à l’utilisateur qui doit avoir compris les choix qui ont été faits. C’est un module très riche et structurant qui dure une ‘grosse’ journée. Il avait été conçu au départ pour M1 mais en définitive c’est beaucoup plus large puisque ça englobe aussi des recommandations sur le placement des micros de mesure, leur nombre et la manière d’obtenir des résultats fiables.

SLU : Comment s’opère la formation du K System Engineer, le KSE ?

Etienne Corteel : Typiquement on lui demande d’être un super technicien système donc d’avoir suivi 4 formations : System & Workflow, Soundvision, Drive System et une ou plusieurs spécialisations sur un système K, plus les deux modules de l’Advanced Learner.
Mais au-delà de ça, il doit aussi avoir de l’expérience terrain sur les produits L-Acoustics et prouver sa parfaite connaissance de Soundvision et de LA Network Manager. En résumé éducation plus acquis de l’expérience, l’éducation seule ne suffit pas.

Le menu des parcours apprenant avec en gris, la spécialisation indispensable pour disposer du bagage théorique utile à viser l’excellence du statut KSE.

SLU : Est-ce que le design système à proprement parler est entièrement couvert par la formation Soundvision ?

Etienne Corteel : Cela implique d’avoir une maîtrise très poussée de Soundvision et d’avoir suivi la formation Variable Courvature Line Source car elle donne la compréhension de comment bien optimiser une ligne source. C’est cela dit possible qu’à l’avenir on développe des aspects plus liés au design à proprement parler. On sait que l’on n’a pas épuisé tous les sujets dans notre offre de formation.

SLU : De la même manière, est-ce que ce serait intéressant de proposer quelque chose aux architectes, acousticiens, prescripteurs…

Etienne Corteel : On sait qu’on n’a pas fini (sourire) et qu’on doit continuer à développer. On a du travail pour les années qui viennent. Le gros avantage c’est que notre équipe est en place, constituée avec les bonnes personnes et bien structurée.

SLU : Tu nous la détailles ?

Etienne Corteel : On a l’équipe Field Application Research dont le rôle est l’analyse des pratiques utilisateurs, l’aide à la décision pour le design, la calibration et l’utilisation des systèmes de sonorisation et enfin la description et démystification des phénomènes acoustiques en grand espace, comme par exemple l’influence de la présence de public, l’efficacité de subs au sol ou pendus etc.

Ensuite l’équipe Education Programs qui a en charge la création et la structuration du programme de formation, mais aussi la structuration et l’animation de la plateforme d’éducation.

Enfin on a celle appelée Education Operation qui a pour mission le transfert du programme auprès des plus de 90 formateurs au niveau international, que ce soient des internes, consultants ou Authorized Training Centers et la gestion et organisation des formations disponibles sur le eStore sur site ou on line à destination des utilisateurs finaux.

SLU : Vous écrivez en français ou anglais ?

Etienne Corteel : Anglais. On a tous un niveau technique suffisant sur cette langue pour pouvoir le faire. Parfois certaines tournures font un peu rire nos collègues américains mais c’est de bonne guerre car ça nous arrive aussi de nous moquer d’eux !

SLU : Il y a combien de modules en tout, qu’ils soient en présentiel ou on line ?

Etienne Corteel : On en a 15 d’une journée chacun. Si tu veux donc passer trois semaines avec nous c’est possible (rires) mais on recommande des blocs de deux ou trois jours, nos séminaires classiques, ou bien des blocs de 5 où il est possible de combiner un System & Workflow, quelques modules K et un Soundvision ou un Drive System. On en sort avec un vrai bon bagage.

SLU : Ces 15 formations sont disponibles partout dans le monde ?

Etienne Corteel : Oui. Les modules L-ISA en revanche ne le sont pas partout car nous n’avons encore qu’un petit nombre de formateurs.

Les 15 cours sur une seule image !

SLU : Quel est le profil type d’un formateur en France ?

Etienne Corteel : Nous avons d’abord les ingénieurs application maison, un certain nombre de collaborateurs du département éducation et quelques consultants qu’on ne présente plus comme Vladimir Coulibre ou Maxime Menelec, sans oublier Alizée Tricart qui a commencé depuis peu.

Une carte montrant les pays qui comportent au moins un centre de formation. On vous dit la couleur ?

SLU : Le contenu est donc en anglais…

Etienne Corteel : Bien sûr et nos formateurs peuvent animer un module en anglais, mais l’avantage d’avoir des Authorised Training Centers et des formateurs dans chaque pays permet de s’exprimer dans la langue locale en complément des ressources ou des cours On-line qui sont toujours en anglais. Il faut avoir une bonne connaissance de l’anglais technique dans nos métiers…

SLU : Combien de modules existent à présent en double, On-Line et présentiel ?

Etienne Corteel : Six ! System & workflow, Fixed installation system, Soundvision, Drive system, L-ISA technology et L-ISA loudspeaker system.

Apprentissage Collaboratif

SLU : Au-delà de prendre son cours sur site ou en ligne et pouvoir revenir un an le voir ou le revoir, vous avez ajouté sur le site un vrai petit réseau social collaboratif sur la plateforme éducation

Etienne Corteel : C’est exact. Au plus tard 6 heures après avoir validé une formation et reçu son certificat, l’apprenant peut accéder à cette zone privée du site. On fait en sorte que chaque personne puisse s’identifier avec sa photo s’il le souhaite et puisse préciser le travail qu’elle exerce.

C’est ainsi que démarre votre balade une fois créé votre profil.

On fait apparaître aussi ses formations passées, ce qui permet d’accéder à des groupes par certifications obtenues. L’apprenant a aussi accès à tous les cours pris et c’est possible de nous poser des questions sur ces derniers. Comme nous animons cette communauté, on constate avec plaisir que ce sont parfois les apprenants entre eux qui s’entraident, ce qui est aussi le but.
L’inévitable bouton -I like it- et un moins habituel -Please update- nous donnent des infos et nous permettent d’aider si besoin est. Il est aussi possible de poster des commentaires. Ça nous arrive aussi d’intervenir pour pointer des nouveautés via un système de notification. Enfin l’accès à cette zone réservée du site pourra à l’avenir être prolongé au-delà d’une année ; on y réfléchit actuellement.

Comme dans tout métier, la formation continue s’avère indispensable pour être en mesure de suivre la marche en avant des technologies de l’audio pro.

SLU : Ça marche le Collaborative Learning ?

Etienne Corteel : On a eu cet été 1 000 connexions uniques par mois pour 4 500 personnes inscrites. Nos statistiques démarrent en 2014, l’année où nous avons commencé à faire évoluer notre programme de formation et depuis lors, nous avons compté 12 000 apprenants dans le monde. System Fundamentals a tout de même été suivi par plus de 9 000 personnes.

Lors de la dernière année pré Covid en 2019, nous avons donné 280 sessions de Fondamentaux Système et 60 de Lignes sources à courbure variable. Chaque session est suivie par une moyenne de plus de 10 participants. Cette année 2021 on dépassera 2020 avec une croissance du On-line en ces temps incertains. Bien entendu les formations qui requièrent de manipuler les produits, de mixer ou d’entendre le résultat de son travail, resteront sur site.

SLU : Qu’est-ce qui pourrait encore faire grimper le nombre de participants ?

Etienne Corteel : On sait que l’un des freins est que ces formations sont payantes, or le prix que nous demandons est raisonnable puisqu’il ne fait que couvrir le coût de l’organisation et du formateur et pas celui inhérent au développement et à la mise à jour constante des modules de formation. On pense aussi que c’est important que les gens paient car cela traduit un engagement.

SLU : Il y a donc 3 manières de vous « lire » si on comprend bien : les manuels, les formations et la communication, les trois étant, j’imagine, reliées pour qu’elles soient bien en phase.

Etienne Corteel : On a un schéma d’information qui commence par la documentation. C’est une équipe à part qui rédige les manuels, tout ce qui concerne la sécurité et la doc en ligne associée aux logiciels. On a ensuite la formation et l’outreach et depuis peu on commence à produire des vidéos tutoriels sur YouTube, je pense à une vraie série pour L-ISA Studio et le Contrôleur L-ISA initiée par Scott Sugden avec la participation des équipes L-ISA.

Ce schéma complet fait que la formation apporte le cadre. En cas de besoin d’une information très précise sur un sujet, le manuel est disponible, et si enfin on est à la recherche d’une vue rapide et plus d’ensemble, les vidéos ou les films de lancement sont disponibles. Bien entendu nous sommes tous synchronisés et dès qu’il y a un nouveau développement, on se met tous à jour.

SLU : L-ISA Studio dispose d’une formation spécifique ?

Etienne Corteel : Il n’y a pas de module à proprement parler, mais le fait de passer par L-ISA Technology est une bonne idée puisque ça donne une vision d’ensemble de ce qu’est L-ISA, sinon il y a les tutoriels en vidéo et l’aide contextuelle. C’est une première chez nous.

Ecoles, Universités et Centres de formation

SLU : Est-ce que dans le cadre de l’outreach et même de l’éducatif vous vous ouvrez vers des écoles ou universités ?

Etienne Corteel : Absolument. On a un partenariat avec le Conservatoire de Musique et Danse de Paris pour leur Formation Supérieure aux Métiers du Son, la FSMS où nous donnons la possibilité aux étudiants de suivre au cours de leurs études, l’intégralité de nos modules de formation à Marcoussis.

Et c’est pareil avec l’Université de Californie à Irvine dans le cadre de leur Master of Sound Design. Ça se passe très bien. Dans l’ensemble de nos modules, il y a de quoi apprendre la sonorisation. On ne traite pas les consoles et les micros, mais tout ce qui est derrière oui, du coup cela ne nous semble pas illogique que nos cours puissent être utilisés à l’école.

SLU : A propos d’école, utilisez-vous des centres de formations agréés pour que les personnes puissent bénéficier d’une prise en charge ?

Etienne Corteel : Oui, nous travaillons avec Ubitech qui propose une formation présentielle certifiante de 5 jours incluant le System & workflow, deux modules K et la calibration en deux jours pour le rendre plus digeste, les cours étant faits par l’un de nos formateurs.

Il y a Whiti-Audio pour une formation L-ISA aussi de 5 jours directement à Marcoussis avec nos formateurs et nos infrastructures techniques. Ca commence par un System & Workflow et derrière on déroule les 4 modules L-ISA. On collabore aussi avec Alive School à Tourcoing et avec Staff à Nantes. L’idée est de créer un réseau de partenaires avec une bonne répartition géographique.

Fred Bailly et Max Menelec.

SLU : Vous préférez former ou déléguer à des centres spécialisés quitte à leur fournir la matière ?

Etienne Corteel : Notre métier principal c’est d’imaginer, construire et distribuer des technologies de sonorisation et faire en sorte que nos utilisateurs les exploitent au mieux. Pour répondre précisément à la question, créer le contenu et former les formateurs est plus notre métier, mais nous serons toujours contents d’accueillir des techniciens avec qui le lien est fort et qui sont ravis de venir nous rencontrer. On gardera donc les trois possibilités : on-line, chez nous ou bien dans un centre avec nos formateurs.

SLU : Où peut-on trouver les formations ouvertes à l’inscription ?

Etienne Corteel : La page Education et ensuite Courses du site L-Acoustics expliquent et détaillent chaque formation. Quand on clique sur Book a session on est rerouté vers le eSTORE où l’on peut filtrer par pays, par Path ou par cours et par mois.”

Vous l’avez compris, on ne sort pas d’une interview d’Etienne sans un léger mal de tête mais il est certain que le bonhomme et tous ceux qui travaillent avec lui, vulgarisent comme personne et font de l’empirisme d’il y a juste 30 ans, un lointain souvenir presque honteux. Oui les machines ont fait des progrès mesurables, mais comme souvent le maillon faible est l’homme et chez L-Acoustics cela a été bien compris. Et brillamment corrigé.
Même si vous n’utilisez pas du marron et à condition que vous lisiez l’anglais, allez télécharger les publications scientifiques marcoussiennes. C’est passionnant, on apprend, et on s’endort un peu moins… que la veille.

D’autres information sur le site L-Acoustics

 

Crédits - Texte : Ludovic Monchat - Photos : L-Acoustics, SLU

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