Le choc et de charme de L’Impératrice par Vincent Lérisson

Tako Tsubo, dernier album du groupe L’Impératrice, fait référence à « la maladie des cœurs brisés » en japonais. Le cœur sous l’effet d’un choc émotionnel intense prend une forme de poulpe et peine à assurer sa fonction.
Avec leur monde à part, ce groupe, français à la fois pop et mélancolique, explose après avoir décroché une récompense aux Victoires de la musique et avec leur discographie déjà très riche.

Pour la tournée internationale du groupe, le concepteur lumière Vincent Lérisson, présent sur la dernière tournée album « Mata Hari », signe un tout nouveau design, haut en couleur, rutilant et enveloppant où un faisceau chasse l’autre jusqu’à une apothéose saturée de photons remplissant l’espace du Zénith de Paris.

Un exploit encore rarement observé et qui aura pris forme grâce au kit fourni par le prestataire MPM et où MegaPointe, MAC Aura XB, Q7, Sharpy et JDC1 créent un écrin de lumière pour une gigantesque Boule à facette fournis par le prestataire PSL et gérée par MecaOctet.

Vincent Lérisson (qui tend le bras), éclairagiste de L’Impératrice, et son assistant Julien Appremont (à droite de l’image)

Cette imagination sans limite, Julien Appremont, assistant et pupitreur de Vincent, aura su la retranscrire jusque sur le continent nord-Américain lors d’une tournée des clubs et donc une expérience d’un modèle très différent. « Le pays de l’argent » me dit Vincent dans un sourire.

Je donne rendez-vous à Julien et Vincent (qui vient tout juste de finir un marathon de 6 concerts gratuits en scène centrale à l’Élysée Montmartre pour fêter les 25 ans du groupe Louise Attaque) et nous nous retrouvons dans Paris près de « La Cigale ».

Cœurs brisés ou cœurs sensibles, laissez-vous caresser par L’Impératrice et ses nappes de lumière…


Le retour de la boule à miroirs, élément central de la scénographie

La scéno dérive d’un objet qui traverse les époques et revient fort en ce moment : La boule à facettes.

On remarque tout de suite un superbe mur de fond de scène composé d’un tulle siglé de l’emblème du groupe et fourni par PSL. Il est devancé de perches garnies de demi-sphères et motorisées par un Rotator Wahlberg conçu par Novelty.

Le fond de scène est constitué de demi-sphères installées sur 7 Rotator Wahlberg comme des chapelets de boules à facettes.

Elles peuvent, au choix, présenter une surface lisse et blanche pour refléter les leds installées en leur centre ou une surface miroitée qui crée alors un effet galaxie non uniforme sur le backdrop. C’est très original.

Cette scène est rappelée par une gigantesque boule à facette (fourni par PSL), mobile haut/bas, de diamètre 1,80 m, installée au-dessus des spectateurs et entourée de petites boules comme un Système solaire.


L’effet de réflexion des MegaPointe et Sharpy est brillant et rutilant sur ce tableau aux tonalités de diamant.

SLU : Quel a été le point de départ de ta scéno ?

Vincent Lérisson : « Pour moi l’Impératrice c’est très jouet, très pop. C’est un peu la renaissance disco, c’est-à-dire un melting-pot de rock, de pop et d’autres courants, à l’image de la grosse culture musicale du groupe.
J’ai tout de suite pensé à un mur de contre pour traduire cette idée mais en évitant la boule à facettes unique et centrale au profit d’une autre interprétation. Cette scéno faisait aussi écho à la pochette pailletée de Tako Tsubo. »

La projection sur le tulle « de milliers de miroirs » associée à un effet de dimmer fait bouger le backdrop pour créer une galaxie étoilée sur « Sonate Pacifique ».

Julien Appremont : « Les titres du groupe comportent pas mal de nappes de claviers, comme « La Lune » où Vincent matérialise une pluie de boules qui arrivent çà et là sur le fond de scène.

Le mur présente des demi-sphères contrôlables en couleur.

Cette zone de la scène est donc un élément de décors multifacette, un peu « caisse à outils », que l’on peut aussi utiliser en individuel.
Hormis le côté miroité de ces colonnes, l’autre côté fait de la lumière pure et est réfléchie par la cavité des demi-sphères qui présentent des disques colorés au public. »

Vincent Lérisson : « C’est la raison pour laquelle nous les avons installés sur Rotator Whalberg. Ça permettait de créer quatre mondes différents.
C’est une marque de moteurs qui n’a pas vraiment de règle et donc s’il y a une coupure, tout est réinitialisé, c’est un peu notre hantise. Mais l’appareil fonctionne bien et rentre dans le budget.


En leur centre, elles intègrent des leds contrôlables en couleurs qui se réfléchissent sur une surface lisse et blanche.

SLU : Et cela permet de faire montrer doucement l’ambiance jusqu’à ce moment d’apothéose où tu remplis l’espace de lumière avec une boule géante motorisée. Tu passes encore un cap avec cette idée !

Vincent Lérisson : (rire) Oui et on m’en parle encore ! On la descend assez bas mais j’ai quand même demandé à Louis Perrin l’opérateur asservi, de chez MecaOctet d’être prêt à la remonter si certains spectateurs arrivaient à la toucher. En réalité j’aurai adoré pouvoir la poser au milieu du public mais la sécurité l’interdit.

SLU : Tu as choisi le jaune pour cet effet

Vincent Lérisson : Pour faire un soleil jaune qui nous bronze sur le titre « Vacances », qui est chaud dans l’intention lumineuse et plus associé à la fin de journée qu’à l’aube que j’aurais plutôt traduite en blanc. On pourrait aussi se dire que c’est le soleil imaginé par les enfants, bien jaune avec des rayons. »

Les faisceaux des 22 MegaPointe et Sharpy installés dans la salle et sur scène tapent dans cet élément réfléchissant non identifié qui se transforme volontiers en soleil.

C’est un moment particulièrement marquant du show où on ne distinguait plus les faisceaux des projecteurs, de la réflexion de la boule à facette. L’effet est un peu épileptique et psychédélique mais surtout super moderne. Ces faisceaux, qui occupent l’espace, sont vraiment la signature Vincent Lérisson.


MecaOctet
L’automation de la Boule à Facette a été gérée par l’entreprise MecaOctet. Spécialiste des scénographies mécanisées . Ce sont eux qui géré le motion haut-bas de l’énorme boule à facettes d’1m80, et pesant près de 200kg, fournie par l’entreprise PSL.

Une boule à facette d’1,80 m de diamètre est installée dans la salle entourée de boules plus petites pour former une sorte de lustre qui rappelle le mur de scène.

Louis Perrin, opérateur sur cet événement et ses collègues, se sont également occupés de réaliser le dossier technique ainsi qu’une étude de faisabilité afin de s’assurer que cette réalisation soit possible en toute sécurité pour pouvoir se produire au dessus du public du Zenith de Paris.
L’entreprise française s’occupe actuellement de la tournée de Stromae 2023, affaire à suivre…


Le kit du show, un faisceau chasse l’autre

Le kit de cette incroyable date était composé de 9 x stroboscopes hybrides GLP JDC1 installés au sol pour éclairer le cyclo de couleurs plus ou moins saturées. Cet effet renforce l’effet des boules qui se reflètent sur le mur d’autant plus quand Vincent vient taper dedans avec les Robe MegaPointe accrochés aux ponts de scène.

Pour la face des artistes et pour immerger le public, Vincent utilise 36 x Wash/Beam Mac Aura XB capables de baigner le Zenith en Wash. Les Beam Claypaky Sharpy quant à eux viennent renforcer le kit de cette grande salle avec brio alors que 23 x Wash/Strobe/blinder SGM Q-7 hyper puissants ponctuent l’espace.

Les latéraux en Mac Aura XB.

SLU : Comment as-tu décidé d’éclairer le groupe ?

Vincent Lérisson : « Je voulais qu’on les voie bien car ils ont une attitude globale ensemble. Personnellement j’aime bien travailler un peu à l’anglaise et donc que la couleur de la face ou des latéraux soit un peu noyée dans le tableau.

Par exemple si j’ai un tableau rouge, je suis capable de l’accentuer en mettant les faces en rouge aussi. Ça permet de les mettre en valeur mais sans qu’ils soient noyés ou écrasés par un aplat CTO ou CTB. Par ailleurs, sur certains titres, je trouve que la lumière est bien captée par leurs costumes.

Le groupe donne le ton, ce soir il va faire chaud sous les faisceaux des MegaPointe.

SLU : La scène du Zenith est assez grande, comment as-tu appréhendé l’espace ?

Vincent Lérisson : La scène mesure environ 24 mètres de large et le système de son devait être à environ 18 mètres donc on avait besoin de remplir un peu l’espace. Cela dit, je sais d’expérience que les membres d’un groupe comme L’Impératrice ont besoin de proximité lorsqu’ils jouent ensemble.
Ils se donnent parfois des tops et ça permet aussi d’éviter des problèmes de câblage pour le back-line. On est donc obligé de garder grossièrement, à 50 cm près, les distances auxquelles ils sont habitués. Et donc pour combler les espaces, soit on ajoute du décor, soit de la lumière ou bien des musiciens quand c’est légitime.

SLU : Sur le titre « Fou » tu joues une débauche de couleurs !

Vincent Lérisson : En écoutant ce titre, je me suis dit, Fou c’est comme si on prenait des drogues, du LSD (il nous assure n’en avoir jamais pris ndlr). C’est une musique très électro avec la sensation d’un couplet qui raconte quelque chose et d’un refrain qui part vraiment en folie comme s’ils avaient gobé quelque chose à ce moment-là et qu’un éléphant rose était apparu.

Les petites réflexions de couleurs sur les boules à facettes donnent presque le tournis avec le concours du dimmer sur le titre « Fou ».

C’est une vision très personnelle et j’ai pris le parti d’y aller à fond. L’idée était de créer plein de petites réflexions de couleurs sur les boules à facettes qui donnaient presque le tournis avec le concours du dimmer. Charles (De Boisseguin, musicien et compositeur du groupe ndlr) a adoré (rire).

SLU : Tu prolonges toujours le design dans le public ?

Vincent Lérisson : J’aime bien que le public se sente un peu immergé dans l’univers du groupe. C’est un peu mon tricks mais là c’était un peu particulier car on était au Zenith de Paris pour un One Shot alors que la tournée se déroule majoritairement en Smac ou en club. On a donc un peu étendu le kit mais tout en conservant le design de base. »


Six des 22 Robe MegaPointe sont installés sur scène pour tirer aussi bien dans les boules à facettes du fond de scène que sur le lustre central. Vincent les a choisis pour leur puissance et leur polyvalence.

Les 22 x Robe MegaPointe sont accrochés au pont de contre (8) sur les ponts latéraux (4 par pont) et posés en avant-scène (4 de chaque côté).

Ce projecteur motorisé hybride à lampe Osram Sirius HRI 470 W est doté d’un zoom qui varie de 1,8 à 21° en mode Beam, puissant et précis, et passe de 3 à 42° en mode Spot à travers une lentille frontale de 150 mm de diamètre.
Il produit un flux de 20 000 lumens et un IRC supérieur à 80. Sa polyvalence fait de lui le principal outil de Vincent.


Les faisceaux de Vincent Lérisson dynamisent la foule pour un concert riche en émotions.


Vincent Lérisson : « J’utilise les gobos des MegaPointe, ils sont tournants et basiques. Ça me convenait pour le show.

SLU : Quelle a été ton approche pour le solo de batterie qui était quand même assez irréel.

Vincent Lérisson : (Rire) C’est vrai qu’à ce moment on peut y voir une référence un peu japanim, comme dans un manga où un mec ferait danser des gens et ça marche.
A ce moment les 24 MegaPointe tirent sur la boule à facette placée derrière le batteur. Et les Mac Aura XB font sa face en orange 105. »


Les MegaPointe tirent dans la boule à facette située derrière le batteur pour accentuer sa performance et le public en redemande !


36 x Wash/Beam Mac Aura XB, (6 sur le pont de contre, 12 sur le pont de face, 18 répartis sur les ponts latéraux de milieu de scène et d’avant-scène) baignent l’espace. Ce Wash à leds multisources RGBW sur lyre motorisée se caractérise par sa taille compacte mais pas seulement.

36 x Martin Mac Aura XB ont été spécifiés dans le kit du Zenith. Ici le pont latéral cour en supporte six.

Il est en effet doté d’une plage de zoom qui s’étend de 11-58° et son flux lumineux atteint 3850 lumens. Sa trichromie additive en RGBW est renforcée par la trichromie RGB de l’effet Aura qui le rend particulièrement irrésistible pour les yeux et les caméras.

Vincent Lérisson : « J’aime beaucoup le Mac Aura XB, c’est un wash qui a une belle puissance et une taille très réduite. Je mets régulièrement ce produit sur les tournées club ou le nombre de techniciens est réduit, pour leur faciliter l’installation. »


6 Mac Aura XB sur le pont de contre éclairent le cyclo et la scène, une rangée de Robe MegaPointe gère les effets depuis le pont central encadré par une configuration MegaPointe, Mac Aura XB sur les latéraux. Les artistes sont soignés.


11 x Beams Claypaky Sharpy viennent renforcer le kit (sur les ponts d’avant-scène et latéraux de salle). Ce célèbre Beam, star des années 2010, et doté d’une lampe Osram Sirius HRI 190 W est toujours d’actualité. Son faisceau, ajustable de 0° à 3,8°, avec un frost, et un prisme X8, est coloré par d’une roue de 14 couleurs.

Vincent Lérisson : « Les Sharpy sont des machines qui ont fait leurs preuves. Elles n’ont pas de trichromies mais restent performantes en termes d’impact dans un format mini. Pour la date du Zénith, j’ai ajouté plusieurs éléments pour grossir le show en salle tout en restant dans des contraintes de timing et de budget. Le Sharpy a donc bien rempli son rôle. »

23 x SGM Q-7, du concentré de puissance, sont répartis dans le gril sur le pont milieu, le pont de face et celui de la salle. 60 000 lumens, c’est le flux revendiqué par cet appareil dont les 1 000 leds blanches consomment 455 W soit une efficacité de 130 lm/W. Il diffuse large, 110°, pour assurer les fonctions de Wash, Strobe et Blinder en salle, en studio et en extérieur grâce à son IP 65.

Vincent Lérisson : « Une captation du concert étant prévue, les Q7 m’ont permis d’éclairer le public tout en restant dans l’ambiance de chaque tableau. »

Les SGM Q7 ponctuent de leur bleu profond ce tableau pour une belle complémentarité avec le jaune orangé pastel projeté sur scène.


9 x Strobes GLP JDC1 (sur le pont de contre) animent exclusivement le backdrop pour la création d’un superbe cyclo. Ce Stroboscope Hybride à lumière blanche très puissant est combiné à des segments de pixels RGB. Il est par ailleurs capable d’effectuer un tilt à 188°. Idéal pour passer de la scène au public.

Vincent Lérisson : « Je pense que je fais partie des premiers à avoir découvert cette machine lors d’une tournée aux USA. A l’époque, j’avais demandé à Fredo (ancien patron de Régie Lumière ndlr) d’investir dans ces appareils pour en avoir en France. J’aime beaucoup ce Strobe, qui allie une plaque de wash colorée à un strobe très puissant. »

En plus de ce kit, Vincent ne s’arrête plus et développe un projecteur DIY en forme de cœur à la demande du groupe…


Les cœurs lumineux en impression 3D

Pour donner suite à une envie de ses artistes de porter un cœur sur leur costume, Vincent propose de les allumer. Ils seront finalement contrôlables en couleurs et capables de strober ou d’être dimmés.

Les 9 projecteurs GLP JDC1 envoient le boulet pour un fabuleux contre-jour qui enrobe grâce au brouillard subtil des générateurs MDG Atmosphere. Les cœurs lumineux et contrôlables ressortent efficacement sur les différents tableaux.

SLU : Comment ont-ils été conçus ?

Vincent Lérisson : « Le mur a été fourni par Novelty mais c’est B-Live qui a fabriqué le cœur, par l’intermédiaire de Sébastien Sacco avec qui je travaille souvent pour ce type de « geekerie ». Après plusieurs étapes de développement et d’attente de certains composants électroniques fabriqués en Chine, nous sommes arrivés à une solution viable pour la France mais aussi pour l’étranger.

On s’est rendu compte que l’impression 3D permettait de faire des trucs super. Il n’y a pas encore beaucoup de choix en termes de qualité de plastique mais une fois retravaillé pour effacer les stries ça convenait. C’est un process dont je n’ai pas l’habitude et qui peut donner des idées.

Six coeurs, plus deux spares, accompagnés de leurs boîtiers d’alimentation, voyageront en soute avec l’équipe lors de la partie américaine de la tournée.

SLU : Comment fonctionne-t-il ?

Vincent Lérisson : Il est composé d’un Boîtier avec une carte wifi et d’un petit ruban leds RGBW assez puissant mais qui ne crée pas d’impact de point chaud.
C’est pour cette raison que l’objet a une certaine épaisseur (2,7 cm d’épaisseur pour un diamètre de 10 cm ndlr). Quand ils sont de profil on voit bien que le cœur est un peu épais mais ça permet d’avoir une bonne diffusion. »

Julien Appremont : « Les packs qu’ils portent sur eux ont aussi été créés en impression 3D sur le modèle d’un pack son qui se dissimule à la ceinture. »


Une MDG Atmosphere commence à remplir doucement l’espace du Zenith pour un brouillard homogène.

SLU : Comment évolue leur design lumière pendant le show ?

Vincent Lérisson : « Tout est parti d’un échange avec les artistes qui voulaient une intro au noir avec les cœurs qui se mettent à battre de plus en plus vite pour emmener le public dans leur monde.
Les couleurs étaient programmées pour bien ressortir sur les différents tableaux.

Plutôt que d’opter pour une douche ou un effet de poursuite lors des solos, je distingue le soliste avec son cœur en blanc alors que tous les autres sont rouges. J’ai toujours des latéraux dans l’ambiance du titre, mais ça me permet d’avoir des tricks plus softs.

SLU : C’était important pour toi d’obtenir un tel niveau de détail ?

Vincent Lérisson : A l’aire des réseaux sociaux on est obligé de penser aux photos en gros plan, d’autant plus que le groupe pourrait avoir envie de s’en servir pour d’autres applications comme une interview.

Un tableau élégant et féminin sous les belles lumières des Mac Aura XB et devant un cyclo Magenta qui a ravi les fans.

SLU : Et tu disais que vous aviez fait le choix d’utiliser des batteries de téléphone pour les alimenter. Pourquoi ?

Vincent Lérisson : A l’étranger, c’est l’un des deux éléments essentiels de la scénographie avec le Backdrop. Pour éviter les aléas, je préférais que les cœurs voyagent en soute dans un pelicase. Cependant, avec Seb on sait que les batteries trop puissantes ne sont pas autorisées par les compagnies aériennes à cause du risque d’incendie si elles sont endommagées. Nous avons donc tout de suite opté pour une configuration qui passe les contrôles. »

L’impératrice à la conquête du rêve américain

Julien raconte son expérience des cinq semaines de tournée sur le continent américain.

SLU : Vous avez eu des surprises à l’étranger ?

Julien Appremont : « On a eu des petites mésaventures (rire), comme de perdre le clavier qui était parti dans un autre avion. »

Vincent Lérisson : « Sur toutes les tournées, il nous manque toujours quelque chose à cause du transport (rire). »

SLU : Une fois sur place, comment as-tu géré le show conçu par Vincent ?

Julien Appremont : « On a fait une pré prod à Philadelphie pour que je puisse refaire un show adapté. La difficulté c’est de faire sans les boules. Il faut trouver des petits tricks qui ressemblent avec des effets de Wash, de Spot ou de Blinder en fonction du kit d’accueil.
A Montréal (au MTelus ndlr) Charles a trouvé une boule dans la salle et l’équipe l’a gentiment mise à notre disposition. C’était super d’autant que ce jour-là, il y avait des Claypaky Mythos.

SLU : Si j’ai bien compris aux Etats-Unis le kit est proposé avec la location de la salle.

Julien Appremont : En fait il y a un kit fixe auquel nous avons accès. »

Vincent Lérisson : «Les locations one shot sont très chères, donc le matériel des salles est parfois usé jusqu’à la corde. Il faut être super fort en adaptation. Sur des grosses tournées ça peut valoir le coup de louer en Europe et d’importer le matériel ou bien, si on reste sur une longue période, prendre contact avec des prestataires américains car on s’y retrouve.»

SLU : Comment as-tu ressenti le public américain ?

Julien Appremont : « On a eu de bons retours ! Le public est peut-être un peu plus fou qu’en France mais les Américains sont toujours très positifs. C’est une philosophie différente. »


C’est une fois de plus un superbe show que Vincent Lérisson a créé avec sa sensibilité. Une écoute des spécificités du groupe l’a amené à repenser l’iconique Boule à facette pour la faire rentrer de plein fouet dans le 21e siècle avec l’aide de Louis Perrin de MecaOctet. Une expérience complètement inattendue mise en valeur par un kit royal de projecteurs aussi puissants que polyvalents.

Les MegaPointe et Sharpy sont partout avec leurs faisceaux qui se réfléchissent sur la surface des multiples sphères et demi-sphères réparties dans la salle tel un palais des glaces lumineux. Le public est en extase, il s’amuse dans cette fête foraine et rentre dans le rythme de L’Impératrice en se laissant baigner par les belles couleurs des MAC Aura XB.

Les JDC1 envoient toute leur puissance avec finesse sous les faders de julien Appremont et les Q7 ponctuent et rythment le show de leurs couleurs pacifiques en suivant le rythme magique et insaisissable des nappes musicales composées par le groupe.

Les cœurs lumineux des artistes sont exceptionnellement à nu et Vincent en profite pour les matérialiser avec les nouvelles possibilités offertes par les techniques d’impression 3D grâce à l’aide experte de Sébastien Sacco, toujours prêt pour de nouvelles inventions.
Une approche résolument moderne pour un groupe qui a accepté son côté féminin depuis longtemps. Le public est ravi et moi aussi !


Les plans de feux

 

Crédits - Texte, photos et vidéo par Allison Cussigh

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