Vincent Lérisson éclaire la Planète Terre de Louise Attaque

Les 25 ans du groupe Louise Attaque ont été fêtés par la tournée album « Planète Terre » leur toute dernière composition dont la scénographie et le design lumière ont été imaginés par Vincent Lérisson avec le support d’une équipe au top et les constructions de MECAoctet.

La superbe tournée album du Groupe “Planète Terre” était marquée par la création d’une scène centrale imaginée par Vincent Lérisson.

Ce projet fait suite à six concerts gratuits offerts aux fans et qui se sont déroulés à l’Élysée Montmartre en avril 2022. Partant de ce concept, le groupe s’enferme pendant 25 jours pour écrire un album avec le projet final de partir en tournée pour proposer un spectacle scindé en deux parties : une première partie qui reprend le premier album éponyme du groupe Louise Attaque, sorti en 1997, dans son intégralité suivie d’une partie deux qui avec les compositions les plus connues y compris celles de “Planète Terre” avec l’idée d’une scène centrale améliorée comme point de départ.


L’équipe aux manettes de ce somptueux projet de tournée-album pour la sortie de Planète Terre du groupe Louise Attaque.

Cette tournée aura été auréolée de deux splendides dates à l’Accor Arena. L’épineuse question de l’adaptation d’un format Zénith vers Arena s’est posée, mais l’équipe, très professionnelle et sûre des bases qui avait été posées en amont, a su gérer avec souplesse l’extension de la scénographie comme le raconte Vincent : « Bercy, pour plein de raisons, génère pas mal de contraintes pour une question d’échelle comparée aux Zénith.
C’est un peu comme quand une tournée des SMAC/clubs se termine au Zénith pour une ou deux dates, c’est-à-dire un problème d’échelle. On ne voulait en tout cas pas tout remettre en question, ni changer le concept et nous sommes plutôt partis sur l’idée d’agrémenter et d’étendre la mise en scène en grossissant les traits mais sans révolutionner le show. »

Vincent Lérisson éclairagiste du groupe français Louise Attaque ayant également enfilé une casquette de scénographe nous invite à découvrir son design.



Une scénographie et un design lumière intégrés

Sous l’impulsion du groupe, Vincent cherche à reprendre l’idée d’une scène centrale avec, comme il le raconte lui-même, pas mal de défis intéressants à relever. Le kit quant à lui aura été fournis par le prestataire Dushow.

Vincent Lerisson

Vincent Lérisson : J’ai emmené la scéno en fonction de ce que je pouvais proposer en lumière et avec les contraintes induites.

SLU : Combien de temps de résidence avez-vous eu pour monter ce show ?

Vincent Lérisson : Il y a eu plusieurs mois de relations entre Louise Attaque et moi avec Gaëtan principalement qui est chanteur mais qui est très impliqué dans la mise en scène du spectacle.
A partir du moment où le design global et le plan lumière étaient prêts, on a eu cinq jours de résidence technique et cinq jours de résidence artistique complétés par deux journées suite au premier show. C’est une grosse tournée qui s’est préparée dans un temps hyper serré. »


Les principales réflexions tournent autour de la manière dont les musiciens doivent arriver sur scène puis repartir, l’interactivité avec le public pendant le show et le relief apporté par la lumière et la mise en scène. Par ailleurs le groupe souhaite pouvoir changer de costume et toujours avec une forte envie de donner un côté magique à ces moments.


Une plateforme qui descend est prévue pour effectuer un changement de batterie remarquable lors de la deuxième partie du show.

SLU : Qu’est ce qui a été prévu en machinerie pour soutenir cette vision magique du show ?

Vincent Lérisson : « Deux tampons ont été prévus. Un premier, central, sert à la première batterie et aux entrées/sortie des artistes. Le deuxième tampon sert à l’arrivée des claviers et de la fanfare de la fin.

Pour la deuxième partie du show, nous avons également prévu une descente de plateforme pour faire arriver une deuxième batterie et un guitariste supplémentaire. Nous avons donc pensé la scène assez flexible pour agrémenter tous ces moments grâce à une machinerie prévue par MECAoctet.

Les Pixelidy-S Ereimul se faufilent partout avec leur petite taille pour donner du relief et animer l’espace sur la plateforme de la deuxième batterie qui flotte dans l’air pour un moment comme suspendu.

SLU : En parlant des batteries, pourrais-tu me parler du nouveau Pixelidy d’Ereimul que tu as utilisé pour les éclairer ?

Vincent Lérisson : J’avais déjà utilisé l’Elidy solo lors de précédentes tournées. Le Pixelidy est un pixel aimanté que l’on peut mettre un peu partout dans le décor comme sur des pieds de micro etc. Cet appareil est super et pour ce projet.

Etant donné la petite surface de la plateforme qui descend la 2e batterie, c’était compliqué d’y placer un projecteur. Comme je connais bien Bastian Villeflose, cofondateur et gérant d’Ereimul, il m’a proposé leur tout dernier produit, le Pixelidy. Vingt-quatre de ces projecteurs ont été utilisés dans la batterie pour l’agrémenter et l’éclairer différemment lors de son arrivée sur scène.

Ce projecteur est composé d’une Led blanche unique pour lui conférer un très faible encombrement.

Ça fait aussi du faisceau comme si de la lumière jaillissait de la plateforme en suspension sur laquelle descend la batterie. Ça crée un effet de boule à facettes, comme une rotation de lumière au centre de la scène qui est assez sympa.
Ils me servent aussi sur un titre où la plateforme se lève, avec Gaétan assis sur la grosse caisse de son batteur Nico qui joue en même temps. L’ambiance est très posée sur ce titre et permet de créer un tableau original et intimiste. »


Le Pixelidy-S Ereimul est un projecteur pensé pour l’architectural qui fait ici une représentation remarquable de ses capacités à animer l’espace et les objets avec précision. Dans un très faible encombrement de 58 mm x 51 mm x 31 mm pour 60 grammes, il dispose d’une Led blanche unique avec un IRC de 90. Son efficacité lumineuse affiche 102 lm/W à 3000 K.
Il est disponible en plusieurs versions de température de couleur à la demande : 2700, 3000, 3500, 4000 et 5700 K et très, très peu gourmand en consommation électrique : 2,1 W. Certifié IP63, il est résistant à la poussière et aux intempéries.
Par ailleurs des accessoires sont disponibles en option parmi lesquels : Des filtres holographiques pour modifier l’ouverture du faisceau (spot, flood, asymétrique), un anti-halo pour réduire l’éblouissement, une Embase magnétique pour poser le projecteur sur un support métallique.


SLU : Qu’est ce qui différencie l’approche d’une scène centrale en comparaison avec une scène frontale ?

Vincent Lérisson : « Ce qui m’a tout de suite interpellé c’est que je voulais absolument que le public puisse voir le même show depuis n’importe où dans la fosse ou dans les gradins. On pourrait se dire que ce n’est pas vraiment possible car le chanteur ne peut pas à la fois faire face au Nord, au Sud, à l’Est et à l’Ouest.

Mais comme le groupe se déplace pendant le show, je cherchais à ce qu’en dehors de cette contrainte du chanteur ou des autres musiciens qui tournent un peu le dos de temps en temps, l’aspect visuel global ne soit pas différent sur les arrivées, les mouvements de décor et la lumière. Dans cette optique, lors des déplacements du groupe, l’éclairage est tel que les faces deviennent des contres en fonction de là où on se trouve. C’était assez intéressant à travailler.


SLU : Pourrais-tu me parler des Pods prévus dans la scéno.

Vincent Lérisson : Toujours suivant une évolution des concerts de l’Élysées Montmartre, les totems ont été remplacés par six Pods qui représentent eux-mêmes une sorte de gros projecteur de 2 mètres de diamètre, refermé par une coupole miroir pour pouvoir créer certains effets très sympas pendant le spectacle. 3 sources différentes ont été installées dans le Pod parmi lesquelles un Wash, un Spot hybride et un Strobe.


L’intérieur des pods avec 8 x xMartin Mac Aura XB, 4 x Robe Megapointe et 1 x GLP JDC1.

SLU : Joli trio, tu pourrais nous les décrire ?

Vincent Lérisson : Dans chaque Pod il y a 8 x Martin Mac Aura XB. Il y avait plein de solutions possibles mais ce Wash correspondait parfaitement en termes de rapport flux / poids.
En effet je ne pouvais pas dépasser une certaine limite en termes de poids et c’est le Wash le plus puissant que je connaissais dans cette catégorie.
On connaît bien ses contraintes ce qui nous a permis de les éviter pour aller plus vite en résidence et il est présent en quantité dans les parcs de location ce qui a facilité la constitution du kit de la tournée.


Huit Martin Mac Aura XB compose le kit des pods. Puissants, légers et disponibles en quantité, ils sont un choix idéal pour Vincent.

En effet le Martin Mac Aura XB, produit phare de la marque et véritable succès commercial aura su ravir les cœurs avec un flux de 6 000 lumens produit par 19 x leds de 15 W RGBW accompagné d’un effet Aura issu de 30 x leds RGB de 0,3 W. Sa plage de zoom s’étend de 9 à 59.1˚ , et produit un faisceau serré mais aussi une belle surface de Wash.
Un design compact avec un peu moins de 9 kg sur la balance, un rendement élevé et un faisceau homogène et très lumineux en ont fait le chouchou des éclairagistes depuis sa sortie.

Vincent Lérisson : Il y a aussi du Robe MegaPointe car je voulais un spot hybride pour avoir le plus grand panel de possibilités possible et le MegaPointe est un projecteur qui ouvre énormément avec 42° en mode spot tout en étant capable de faire du bâton très serré en mode beam avec un faisceau étroit de 1,8°.


Un GLP JDC1 a été installé dans chacun des six pods pour envoyer du strobe ou s’en servir comme un gros wash.

Vincent Lérisson : Enfin, un GLP JDC1 vient compléter ce trio pour envoyer les effets de Strobe classique ou fonctionner comme une espèce de gros Wash de couleur très directif.
Avec son tilt motorisé, il me permet de changer de direction pour ne pas aveugler les spectateurs ou le contraire pour marquer certains instants du show avec précision.
Pour balayer le public, ces pods peuvent en effet se retourner à 180° en direction du public.

SLU : Cette installation prend également de l’ampleur avec des ponts qui se prolongent dans la salle.

Vincent Lérisson : Je voulais que les spectateurs soient marqués par une structure inhabituelle dès leur entrée. La structure que nous avons imaginée prolonge l’idée de la scène centrale et la rend artistiquement sympa et originale. Dans l’équipe technique, on appelle ces prolongements des doigts ou des bras.


Partant de cette idée, je me suis dit que ça pourrait être intéressant de donner des angles aux PRT pour un côté un peu technologique où accrocher mon kit. Parmi les appareils qu’ils reçoivent il y a des Ayrton MagicPanel, des Robe Forte, des Martin Sceptron et des Elation KL Panels avec lesquels je peux éclairer le public de manière prononcée, colorée et à 360°.


Les structures qui prolongent le tronc central de la cène sont soulignée par des Martin VDO Sceptron pour un effet dément. Chacun des huit bras supporte également 4 x Robe Forte qui peuvent être utilisés à la volé par Jérémy Dufeux, pupitreur de Vincent Lérisson à la face.


SLU : En effet sur les ponts sont installés des tubes Martin VDO Sceptron pour un effet démentiel lors de la deuxième partie du show.

Vincent Lérisson : Cet appareil a l’avantage d’être fin et léger (1,2 kg par barre de 1 mètre ndlr) ce qui ajoute très peu de poids aux structures et donc n’est pas contraignant pour le rig.

Cependant quand on les allume, ils créent un vrai effet. Il est assez puissant ce qui est très pratique pour dessiner des lignes mais il n’existe qu’en version 32 cm ou 1 mètre ce qui contraint à être en système métrique. Mais ça va, on peut se débrouiller.

SLU : On parle de plus en plus du poids des projecteurs notamment pour ce type de scénographie où il y a une limite. Est-ce une tendance qui prend de plus en plus d’importance ?

Vincent Lérisson : Pour moi, la tendance est que le public aime que ça bouge, ce qui pose une contrainte car les palans ont une capacité de charge maximale à ne pas dépasser. Après il y a le facteur de sécurité qui vient se greffer et impose de réduire la charge.
Pour faire bouger des choses il y a plusieurs solutions qui sont : soit d’avoir plus d’axes pour tenir la charge, soit de faire bouger des appareils moins gros. Chez MECAoctet ils vont rigoler car ils sont tout le temps en train de m’appeler en disant « C’est trop lourd » (rire). Et pourtant j’essaie de me restreindre. Mais quand on multiplie par le nombre de projos dont on a besoin c’est vrai que le poids entre en compte.


Les Ayrton Magic Panel servent à créer un contre classique avec une disposition qui fonctionne bien avec le caractère 360 de la scène.

SLU : Les Ayrton MagicPanel sont des appareils que tu aimes bien utiliser en douche.

Vincent Lérisson : Je les mets en couleur et il y a le côté miroir sur l’autre face qui sert sur un effet du show. Mais globalement Ils me servent surtout à faire du contre classique et cette solution matche bien avec le caractère 360° de la scène en utilisant les faces d’un côté, comme contre pour l’autre côté, notamment quand l’élément de décors se déploie pendant la deuxième partie du show. Les MagicPanel me permettent alors de véritables contres pour les artistes ou les zones du bord de Scène.


SLU : Enfin on termine par les Elation KL Panels. Comment les utilises-tu ?

Vincent Lérisson : Ils sont très puissants mais le fait d’avoir un diffuseur en sortie les rend beaucoup moins aveuglants qu’un projecteur type plaque de leds ou blinder à proprement parler. En général ils sont utilisés dans le secteur du cinéma pour faire les faces et personnellement ça me plaisait de donner une autre direction à l’éclairage du public.


Les Ayrton MagicBlade sont situés aux points cardinaux de la scène.

SLU : Si on passe sur la scène, les Ayrton Magic Blade viennent compléter le kit de manière originale en produisant de belles lames de lumière.

Vincent Lérisson : Ils sont issus du design de l’Élysée Montmartre et me servent à faire des latéraux sur les 4 points cardinaux de cette scène de forme ronde. Quand je veux être un petit peu plus intimiste, c’est idéal notamment quand Gaëtan chante seul ou bien quand je cherche à décrocher les musiciens par rapport à l’aplat de couleur qui vient du sol. Ils sont beaucoup utilisés lors de la première partie du show et sur les titres acoustiques. »

La face en scène centrale et pour 4 à 7 musiciens se révèle être un défi pour des systèmes de poursuites déportées. Le système de poursuite géré par Intelligence Artificielle Naostage est sérieusement envisagé mais par manque de temps pour effectuer des tests, Vincent et son équipe choisissent finalement la sécurité d’un système de faces classiques pour le gros de la tournée. Des projecteurs dédiés et qui balaient large seront finalement gérés à la console par Jérémy Dufeux, assistant lumière, en fonction du nombre de musiciens et des besoins de Vincent.

Quatre Robe Forte sont installés sur chacun des huit bras qui s’échappent du tronc central soit 32 appareils particulièrement flexibles et contrôlés à la volée. Ce Spot/Profile puissant à moteur de leds blanches interchangeable de 1 000 W, rivalise avec le BMFL. Avec ses 40 kg, ce un joli bébé couleur anthracite satiné dispose d’une large lentille de 180 mm qui libère une belle lumière blanche homogène de 5 à 55°, avec un flux qui dépasse 34 000 lumens.

SLU : Pour rebondir sur l’aplat de couleur que tu mentionnes, des SGM Q7 ont été disposés sur le pourtour de la scène, pourrais-tu m’en parler.

Les SGM Q7 permettent de créer un wash large et uniforme sur scène pour bien éclairer les musiciens(…)

Vincent Lérisson : « J’utilisais beaucoup les P5 qui étaient à peu près la génération d’avant. Là je suis passé au Q7 pour faire des bains de pieds. Ils ont été disposés autour de la scène de manière régulière.


(…) avec toujours la possibilité de donner du relief avec les Robe Forte installés dans les ponts.


Sur un titre, un suivi manuel à l’aide de perches étend encore un peu plus le design dans une exploration inattendue de la lumière.

A la base je cherchais à créer un éclairage assez classique mais je me suis rendu compte que ça agrémentait bien le wash plateau général et qu’ils éclairaient les musiciens de manière diffuse, large et uniforme permettant de bien les voir.

Je peux facilement washer la scène en bleu par exemple et bien reprendre les corps. Je complète ma face sur les Louise avec 2 x Forte seulement sur Gaëtan, par exemple quand il est en train de chanter pour l’isoler du reste du groupe quand j’en ai besoin.

Tout en gardant cette sensation pour le public, de voir tout le groupe en permanence mais en créant quand même un peu de relief. »


Un réseau en étoile

(De gauche à droite) Elie Druez (bloqueur), Jérémy Dufeux, (assistant lumière et pupitreur face), Antoine Falguerolles (technicien lumière), Julien Apremont (technicien lumière), Guillaume Ardre, (Technicien lumière).

SLU : Vous avez mis en place un réseau en étoile, quels sont les protocoles utilisés?

Jérémy Dufeux : Il y a du MAnet, de l’Artnet et du P3-net pour le contrôle des Martin Sceptron. On a aussi un flux dédié à de la vidéo sur IP pour faire passer le signal d’une des deux caméras fixes vers des moniteurs installés sous la scène pour l’ingé retour et les backlines.

Elie Druez : La vidéo transite via un protocole propriétaire et le signal des caméras est récupéré sur le réseau directement via une interface. Ça passe par un VLAN et se connecte directement à un serveur de caméras de surveillance.

SLU : quels sont les avantages du Processeur P3 ?

Jérémy Dufeux : Envoyer du DMX et de la vidéo aux Sceptron via ce protocole plutôt que du DMX en direct nous a facilité le contrôle des tubes. Comme chaque typologie de machine est séparée, en cas de problème, c’est plus facile à gérer. Au total, on a vingt univers dont cinq uniquement pour les Sceptron et neuf pour du pixel Mapping via un MADMapper.

SLU : Vous avez une grandMA 3, elle tourne sur quel soft ?

Jérémy Dufeux : C’est une grandMA 3 Light qui tourne en soft 2 et non en 3 en attendant d’être vraiment convaincu de la sécurité des dernières versions de l’OS. Je l’ai testée l’été dernier sur Calogero mais je ne l’avais pas trouvé encore assez aboutie pour tenter l’aventure.

SLU : Cependant est-ce que certaines des nouvelles fonctionnalités te paraissent intéressantes.

Jérémy Dufeux : Oui, la fonction Recast qui permet d’appliquer automatiquement le changement de paramètre d’un preset sur toutes les séquences où il est utilisé. En festival c’est surtout pratique pour les strobes car parfois on se retrouve avec des machines programmées avec 4 paramètres de strobe et ça permettra d’éviter de repasser toutes les mémoires.

Les Robe Forte créés une forêt de bâtons pour brouiller les pistes et mettre en valeur la voix boisée de Gaëtan Roussel.

SLU : Étant donné la situation centrale de la scène, comment avez-vous géré la redondance ?

Jérémy Dufeux : Quatre fibres partent depuis la régie vers la scène et deux vont au bloc situé dans le rig et au niveau de la régie. On fait un lien entre ces 2 fibres pour pouvoir boucler sur tout le système.

SLU : Comment avez-vous géré l’intercom ?

Jérémy Dufeux : On utilise le système Boléro Riedel pour gérer les vingt postes HF qui passent par le réseau. Il y a trois antennes dont une dans les blocs du rig, une sous la scène et une en régie et la communication est très fluide. On ne connaissait pas mais c’est ultra-clean et ça a été un peu le coup de cœur de Vincent pendant la résidence car il communiquait plus facilement avec les artistes (une particularité de s’insérer dans le système de retour ndlr).



Une mécanique de haute voltige par MECAoctet

Rick Ducouret, un des techniciens de MECAoctet, nous présente toute l’installation mécanique développée pour la tournée où il est opérateur motion. Intermittent du spectacle, il possède déjà une expertise approfondie dans la gestion et l’utilisation de machineries complexes, fort d’une expérience en encodage et pilotage d’asservis qui a démarré sur la tournée Justice en 2017.

Une partie de l’équipe MECAoctet avec de gauche à droite Louis Perrin, Rick Ducouret et Antoine Certain.

En effet, tout petit déjà, il est en contact avec le milieu du spectacle. C’est son père Philippe « L’Ecu » Ducouret, qui lui transmet la passion du métier et la fascination pour la mécanique de précision.

Avec Vincent Mouchez et Christophe Pinault, tous trois constituent une équipe dédiée au pôle machinerie sur la tournée et garantissent le bon déroulement du show depuis l’installation jusqu’au motion et toujours en gardant en tête leur priorité ultime : la sécurité du public, des artistes et des techniciens.


En amont l’équipe en charge du développement et de la fabrication n’a, comme à son habitude, pas ménagé ses efforts pour mettre en place une structure assez flexible pour suivre la créativité « des Louises » et de leur designer lumière Vincent Lérisson. Six pods, en forme de cerce et surmontés de demi-dômes avec une face miroir construite à partir de tôle pliée recouverte d’un film miroir collant, ont été garnis de projecteurs.


La réflexion des faisceaux sur la surface réfléchissante des pods donne une sensation poudrée autour de ces gigantesque « lampes ».

Cette surface réfléchissante crée des effets intéressants avec la fumée comme le décrit Louis Perrin, coassocié de MECAoctet : « Un morceau de tole reproduit la courbure d’une boule à facette grâce à une succession de petits angles.

Cela donne un élément très léger car il n’y a pas de structure finalement. Par-dessus, un autocollant réfléchissant permet d’améliorer la réflexion des faisceaux, et de leur donner un effet intéressant de blur ce qui change en comparaison avec des facettes miroir qui renverraient le faisceau de façon très nette. »

En amont, Philippe Ducouret a géré toute la phase de développement et de fabrication des six Pods pendant une période qui a duré quatre mois. Le mot d’ordre : légèreté, pour respecter les impératifs liés à la transportabilité de ces mécaniques qui devaient par ailleurs être démontables.

Chaque Pod est piloté par 3 moteurs, soit 18 palans à chaîne asservis au total, qui leur assure près de 300 degrés de liberté. Rick précise : « Les pods avait une latitude d’orientation jusqu’à pouvoir créer une face publique pour orienter les Washs en position blinder. »


Les pods semblent tout droit sortis d’un film de Jean-Pierre Jeunet mis en valeur par le superbe flux bleu des MagicPanel.

SLU : Quel est le support de poids prévu par palan à chaîne ?

Rick Ducouret : Les pods pèsent 300 kg chacun et nous avons prévu 250 kg par palan à la fabrication. L’installation est donc surdimensionnée de manière à être presque capable de les prendre sur un seul point, que l’on complète par deux autres qui prendraient 10 kg chacun en théorie, car en réalité le poids se répartit en fonction de l’angle du pod.

Par ailleurs, en plein centre de la scène, deux plateformes mobiles sont dissimulées. Il y en a une sous la scène et une au plafond. Elles permettent d’assurer la transition entre les deux modèles de batteries dont l’apparition marque par ailleurs la première et la deuxième partie du show. Sous la scène, un tampons en vis sans fin et un tampon pantographe permettent de faire monter et descendre la trappe centrale installée dans la scène.


Rick Ducouret Pupitreur motion sur la tournée.

Rick explique : «Ce tampon est sur 4 axes qui sont en réalité quatre vis sans fin. C’est comme une colonne de levage que l’on vient monter et ce système permet de commencer très bas et d’aller assez haut. Une tournette mécanique fait par ailleurs pirouetter la plateforme à 360°.»

En hauteur, la batterie est cachée depuis le début du spectacle et descend sous les yeux ébahis du public pour marquer un moment fort du show : le début de la deuxième partie.
Elle est suspendue par quatre winches et dispose, elle aussi, d’une tournette électrique. Un tube de tissu camoufle toute cette mécanique pendant les moments de transition c’est-à-dire avant, au milieu et à la fin du spectacle. »


L’équipe technique a dû faire face à des défis de conception, de légèreté, de transportabilité et d’adaptation à de nouveaux éléments, comme les colonnes et la tournette.

Rick Ducouret : « Pour le pilotage de la motion, il a donc fallu s’adapter à une configuration très hétérogène par nature, avec différents éléments de décoration qui bougent de manière distincte. A l’encodage, 6 canaux sont donc utilisés pour créer une séquence indépendante pour chaque Pod et pour la tournette de la batterie du plafond.

Un logiciel embarqué permet à l’opérateur d’assurer le pilotage et la sécurité des éléments. Rick précise : « Je me suis tout particulièrement occupé de l’aspect logiciel embarqué et notamment la partie sécurité qui demandait pas mal d’adaptations et un réseau en étoile sans latence afin de pouvoir communiquer avec la régie de manière instantanée et bloquer le système en cas de panne pour éviter des positions trop extrêmes sur les Pods. Cette communication en temps réel entre les modules et le logiciel a été envisagée par Antoine Certain. »

Antoine_Certain : Programmeur pour MECAoctet.

Antoine Certain a récemment intégré l’équipe de MECAoctet. Spécialiste en programmation, il rencontre un des trois associés de MECAoctet pendant ses études d’ingénieur. Après une orientation en informatique et en électronique, il travaille dans le domaine de le l’aérospatial à la conception de satellites à Toulouse. Fort de son expérience, il s’oriente aujourd’hui vers le monde du spectacle pour relever de nouveaux défis et découvrir un nouveau domaine.

Avec une approche orientée vers la réduction du temps de traitement des informations au sein des systèmes prévu par MECAoctet, il assure plus de sécurité sur ces lourdes installations qui peuvent alors s’arrêter de manière quasiment instantanée. C’est une partie des éléments qui assure la bonne marche des projets de la société.


La célébration des 25 ans du groupe Louise Attaque à travers la tournée de l’album « Planète Terre » a été une réussite exceptionnelle, marquée par deux dates incroyables à l’Accor Arena. Vincent Lérisson, éclairagiste et scénographe du groupe, a brillamment relevé le défi d’une scène centrale et magique. La résidence technique bien qu’intense a permis gérer la complexité de cette tournée.

L’utilisation innovante de dispositifs tels que le Pixelidy-S pour animer la batterie par des effets visuels uniques et captivants. La spécification des Martin Mac Aura XB, Robe MegaPointe et Forte et GLP JDC1, ont été pensés pour offrir une expérience visuelle dynamique et englobante.
La scénographie, avec ses six pods et ses plateformes mobiles, a ajouté une dimension extraordinaire, avec des mécanismes sophistiqués orchestrés par l’équipe experte de MECAoctet. Les ponts qui se prolongent dans la salle sont équipés de Martin VDO Sceptron, ont contribué à créer une ambiance dynamique. Sur le plan technique, le réseau en étoile conduisant le MAnet, l’Artnet, et le P3-net a assuré une gestion efficace du kit contrôlé par une console grandMA 3, pilier central de cet éclairage complexe.

La fusion réussie de la créativité artistique, de l’innovation technique et de l’expertise professionnelle a fait de cette tournée un moment inoubliable pour les fans de Louise Attaque, témoignant du talent exceptionnel de toute l’équipe impliquée dans la réalisation de ce spectacle hors du commun.

Vincent Lérisson et l’équipe de MECAoctet s’associent à la douleur de la famille de Vincent Mouchez récemment décédé.


Pour plus d’information sur :

– Robe Lighting
– Ayrton
– Martin
– SGM
– Ereimul

 

Crédits - Texte et Photos Allison Cussigh

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