L’Immersif arrive chez Adamson avec la Fletcher Machine

Comme tous les grands fabricants de systèmes de sonorisation, Adamson dispose désormais de sa propre solution de spatialisation sonore par objet, la Fletcher Machine, présentée à l’ISE 2022 de Barcelone et à l’InfoComm de Las Vegas et due à une équipe française !


« Votre imagination est la limite de ce processeur »

Développement entièrement nouveau dans le mixage basé sur l’objet, l’Adamson Fletcher Machine utilise la localisation d’amplitude et de temps, de sorte que les objets sont clairement perçus là où ils se trouvent, offrant à l’auditeur une connexion plus directe avec la musique. Les signaux envoyés aux enceintes sont calculés du point de vue de l’objet, ce qui garantit la meilleure cohérence spatiale pour la plupart des positions d’écoute.

AVB/MADI ou Dante, double alimentation séparée et jusqu’à 128 entrées et sorties.

Le Stage Unit est un rack 19″ 3U, capable de traiter 64 ou 128 entrées et sorties. Le modèle compact Traveller peut gérer 32 ou 64 entrées, associées à 32 sorties.
Chacun d’entre eux est disponible avec des configurations matérielles fonctionnant en AVB/MADI ou Dante à 48 ou 96 kHz. Toutes les configurations maintiennent la latence au niveau étonnamment bas de 1,33 ms.

L’interface utilisateur conviviale et simple d’emploi est basée sur l’approche d’une table de mixage numérique et comprend un ensemble complet d’outils de mélange, y compris l’égalisation et la compression pour chaque objet, jusqu’à 4 départs auxiliaires et jusqu’à 8 VCA, le positionnement des enceintes en 3 dimensions, ainsi qu’une réverbération intégrée exclusive et de haute qualité avec un grand nombre de contrôles.

Une image à laquelle nous allons vite nous habituer, un déploiement de 5 lignes qui occupent la largeur de la scène, piloté par la Fletcher Machine.

La Fletcher Machine peut recevoir des messages OSC et MIDI, ce qui lui permet d’être contrôlée par des dispositifs externes. De même, elle peut être facilement interfacée avec des systèmes de suivi dynamiques pour accrocher avec précision les mouvements des objets. Le logiciel de commande à distance est disponible pour les systèmes d’exploitation Mac ou Windows.

La première sortie à l’ISE 2022 à Barcelone de la Fletcher Machine dans une salle de cinéma équipée pour l’occasion.

Nous avons pu écouter une démo dans une salle de cinéma proche de l’ISE et parler quelques minutes avec Arnault Damien qui, avec Olivier Sens et Sylvain Thévenard, est à l’origine de ce processeur et de sa déclinaison « allégée »

SLU : Comment en êtes-vous arrivés à collaborer avec Adamson?

Arnault Damien : Nous sommes trois avec Olivier et Sylvain au sein d’une société qu’on a créée et qui s’appelle Bespline. Nous avons été approchés par Adamson qui nous a fait une offre que nous avons acceptée.

Arnault Damien

Nous sommes désormais trois nouveaux collaborateurs de la marque canadienne avec en charge le développement de la Fletcher Machine, ou plus particulièrement son évolution puisqu’elle existe et marche déjà. On reste basé en France mais on ira régulièrement au Canada (sourires)

SLU : Qui fait quoi entre vous ?

Arnault Damien : Sylvain Thévenard est le principal développeur du front end, il tient les manettes de cette démo et est musicien. Il est tombé dans l’immersif dès 2013. Olivier Sens est également musicien, contrebassiste et un brillant développeur.

C’est même l’un de ses outils qui nous permet de développer la Fletcher Machine. Il fabrique les briques logicielles qui nous manquent pour développer la machine. De mon côté je m’occupe du cahier des charges, j’apporte mes connaissances sur l’acoustique et je créé le lien entre nous trois.

Jochen Sommer, Director of operations EMEA et Chef projet de la Fletcher Machine avec derrière lui sur la DiGiCo Sylvain Thévenard dans le noir de la salle de cinéma.

SLU : Il y a deux matrices…

Arnault Damien : Oui, la grosse qui, à l’instant où l’on se parle est en 4U (interview réalisée le 10 mai à Barcelone) mais va très vite se contenter de 3 et prendre l’apparence de la machine finale.
La Traveler est terminée et existe aussi en deux versions, la Entry avec 32 entrées et autant de sorties et la Full qui offre 64 entrées et toujours 32 sorties.

Le boîtier est peut-être destiné à évoluer mais le format très compact ne changera pas et offrira aux ingés son nomades, la possibilité de voyager légers en poids mais bien équipés question puissance de traitement.

Arnault Damien et Sylvain Thévenard avant la 1ère démo.

SLU : La grosse machine offre beaucoup plus…

Arnault Damien : C’est le but. Rackable et avec deux alimentations séparées, elle est faite pour les gros déploiements en 128 in et out, par exemple lorsqu’un théâtre veut faire de l’acoustique augmentée et du surround sur plusieurs balcons. On est aussi prêt pour gérer l’élévation. La démo ne le montre pas car on ne pouvait pas accrocher au-dessus du public, mais cela fonctionne très bien.

L’écran de la réverbération sur le soft de pilotage.

SLU : La réverbération est stéréo, va-t-elle évoluer vers un ensemble de moteurs plus flexibles ?

Arnault Damien : On y pense. On sait où aller chercher des ressources d’autant qu’un fonctionnement 3D en élévation n’est pas fréquent, on pourra donc redistribuer ces ressources pour traiter différemment le frontal.

SLU : L’ensemble est stable ?

Arnault Damien : Totalement. Le moteur et son logiciel fonctionnent depuis plus d’un an et l’été dernier nous avons sonorisé en immersif 70 dates de classique, un travail tout en subtilité pour renforcer sans que cela ne soit perceptible.

La version maison de la Fletcher Machine dite Traveler, parfaite pour les petites exploitations ou pour l’encodage. Petites mais pouvant tout de même atteindre 64 entrées et autant d’objets dans 32 sorties !

SLU : Fletcher Machine est plus processeur de diffusion que de création?

Arnault Damien : Non les deux. On a veillé dès la conception du soft de pilotage d’y incorporer un ensemble d’outils de création de trajectoires et en quelque sorte de show control, d’où la connexion avec les consoles en OSC et MIDI.

SLU : Comment gérez-vous les subs ?

Arnault Damien : Là où les autres s’interdisent de spatialiser le grave, nous avons décidé de le faire. Chaque sub est donc sur une sortie distincte. On indique au processeur où se trouve chacun d’entre eux pour que l’énergie rayonne en suivant le positionnement des objets.
Ce n’est pas une obligation, mais si on dispose d’une grande salle ou même en plein air, et on fait le choix de l’arc sub pour mieux répartir la pression, on remplace complètement l’arc sub traditionnel par un rayonnement choisi de l’énergie et accroché à l’objet. Notre façon de faire limite en plus au minimum la perte d’impact propre aux arcs sub.

La démo

Toute première de la journée et le premier jour de salon, la démo a permis de valider un rendu naturel avec une cohérence en phase évidente entre têtes et subs et, à l’oreille, aucun artefact ou manque de précision dans le rendu des transitoires. La dynamique semble totalement intacte. Les quelques mouvements ont aussi paru fluides et naturels.

Un exemple d’égalisation d’un objet.

Le démasquage des sources, un des points forts des systèmes de spatialisation par objets, semble aussi au rendez-vous mais on attendra de réécouter une configuration Adamson dans une salle plus large et avec un mixage réalisé sur ledit système pour nous prononcer.

La réverbération enfin nous a semblé bien pleine, naturelle et son potentiel paraît très important avec son algorithme mêlant convolution et générateur interne avec un désir de « pousser les murs ». Ici aussi on en saura plus lors d’une nouvelle démo ou une première opération en public.

Et pour plus d’informations sur la Fletchr Machine

 

Crédits - Texte : Adamson & SLU- Traduction : Ludovic Monchat - Photos : Adamson, JB Millot & SLU

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