XploseMusic, la plateforme musicale solidaire & équitable

Michel Labarre à gauche et Jean-Marc Hauser.

Si vous êtes artiste vous le savez, vivre de son art est quasi impossible et pourtant, la scène va fort, le spectacle vivant aussi et la consommation de musique atteint des sommets.
Jean-Marc Hauser et son associé Michel Labarre ont décidé d’Xploser le système en en proposant carrément un autre!

Rendez-vous est pris dans une salle flottante, sympa et bien équipée, La dame de Canton, une jonque amarrée quai de la Gare à Paris pour le lancement du nouveau site de XploseMusic.

Inutile de vous préciser que ce dernier a été retardé de quelques semaines par la Seine qui a pris un malin plaisir à se balader bien au-delà de son lit douillet.Un plateau bien équipé permettra tout au long de la soirée de découvrir les artistes du label sur scène pour deux titres entrecoupés de canapés et boissons. Nous attrapons au vol Jean-Marc, pour une fois sans sa console, afin qu’il nous explique les possibilités et la philosophie de Xplosemusic.

La Dame de Canton, un espace suffisant pour être à l’aise, une vue sympa et un roulis et tangage raisonnable ;0)

Besoin de vous rappeler qui est Jean-Marc Hauser ?
C’est l’un des ingés son studios les plus capés, et depuis 1997 il est arrivé aussi dans les salles avec son gros son bien gros. C’est donc en observant l’évolution des sources de revenus des artistes et la difficulté pour ces derniers de percer qu’il a eu l’idée de proposer sa plateforme musicale «…solidaire et équitable ! » commence-t-il. « Équitable car les revenus sont transparents et affichés sur notre site www.xplosemusic.com Le plus gros de la somme perçue pour l’achat d’un album ou d’un titre va à l’artiste. Sur un album vendu à 7,50 € TTC, il touche la moitié du prix HT soit 3,12 €. Xplose prend 1 € et le reste ce sont des frais et le streaming.

SLU : Comment marche le streaming ?

Jean-Marc Hauser : On offre 10 heures de streaming sur tout le catalogue de Xplose pour chaque achat d’un album sur notre site. Comme vous allez écouter d’autres artistes que celui dont vous avez acheté l’album, on en profite pour rémunérer ces artistes ce qui leur garantit un minimum de revenus.

Les artistes sont appelés sur scène par la ravissante Maître de cérémonie

SLU : Xplose est donc une plateforme qui offre un service qui va au-delà des mastodontes du marché…

Jean-Marc Hauser : Bien au-delà. Nous sommes des marchands de musique mais aussi un label. Très bientôt on ouvrira notre propre site de crowdfunding pour nos artistes et on proposera aussi des podcasts vidéo sur une chaîne YouTube afin de les faire découvrir.

SLU : Qui dit label dit production…

Jean-Marc Hauser : C’est exact. On participe en enregistrant l’album, on le mixe, masterise et ensuite on le propose à la vente avec clip et attaché de presse.

SLU : Et c’est toi qui t’en charges. Y’a pire comme ingé en studio (rires). Xplosemusic.com est en ligne mais vous cherchez des fonds…

Jean-Marc Hauser : Oui, on a des projets qui demandent à être financés, comme par exemple le pressage de vinyles en plus de la distribution électronique, et on doit aussi faire un peu de marketing pour se faire connaître afin de faire grossir notre catalogue. L’avantage d’Xplose aussi c’est d’être une plateforme mondiale. On ne segmente pas par pays ou par continent comme d’autres le font.

SLU : Xplose est né quand ?

Jean-Marc Hauser : En 2015, mais la première mouture n’était pas tout à fait au point, d’où ce nouveau lancement avec un nouveau site beaucoup plus fonctionnel.

The Holy Wod

SLU : J’imagine que comme avec tous les créateurs passionnés, tous tes cachets y passent…

Jean-Marc Hauser : Exactement. Je dors à côté de ma console ! Mais on veut faire bouger les lignes et faire en sorte de mieux accompagner les artistes. Nous intégrons par exemple le streaming dans un effort solidaire, afin qu’il soit offert aux acheteurs d’albums et qu’il représente malgré tout une vraie rémunération pour nos artistes. Ils touchent en streaming 10 fois plus que ce qu’offrent les grands acteurs de la profession. On fait juste attention dans notre modèle économique à garder de quoi payer la bande passante qui, le succès aidant, peut se révéler assassine. Le graphique ci-dessous le détaille.

Prix de vente album HT : 6,25 €

  • Artiste : – 3,12 €
  • SACEM et AGESSA : – 0,77 €
  • Rémunération XPlose Music : – 1,00 €
  • Frais (banque, flux etc) : – 0,42 €
  • Streaming perçu sur une vente : – 0,90 €
  • Artistes streamés : – 0,45 €
  • SACEM stream : – 0,33 €
  • Technique stream : – 0,12 €

Les 90 centimes prélevés sur le prix de vente HT d’un album sont reversés à 50 % aux artistes qui sont écoutés, les 50 autres pourcents paient le stream et la SACEM. Nous ne gardons rien pour nous.


L’Acantah

SLU : J’imagine que vous êtes bien vus !

Jean-Marc Hauser : Très. La Spedidam par exemple trouve notre projet vraiment bien et est prête à nous aider, ça se passe bien aussi avec l’Adami, je vais aller voir la Sacem pour mieux leur expliquer notre démarche et on en fait de même avec des gens qui parfois nous disent : « c’est bizarre votre truc, c’est de l’arnaque, c’est gratuit » (rires).

SLU : On est assez mal habitué et ce qui n’est pas cher peut faire peur ou pas sérieux ! Est-ce que vos artistes bénéficient aussi d’un coup de main pour se produire sur scène ?

Jean-Marc Hauser : Bien sûr ! Le côté solidaire marche à fond et les artistes s’entraident et se passent des plans, en France comme en dehors. Le côté nombriliste de l’artiste c’est pas pour nous. Si en plus j’ai la possibilité de les aider par mes entrées, je le fais. Les artistes doivent chanter sur scène pour vivre de leur art, et les retombées sont parfaites pour nous.

« Xplose c’est plus une histoire de cœur que de thunes. »

SLU : On est obligé d’être un artiste Xplose pour être vendu sur votre site ?

Cause

Jean-Marc Hauser : Non, on accepte tout le monde, mais pas forcément avec tous les avantages des artistes de notre label. Un artiste extérieur bénéficie du même prix communément pratiqué de 9,99 € l’album.
Venir chez nous est gratuit et transparent. Quand un album est vendu, tout le monde le sait. Encore un détail. Quand on reverse le fruit du stream gratuit, on le partage entre les artistes écoutés, mais on garde 5 % pour ceux qui ne le sont pas.
C’est ça la solidarité Xplose. Si on ne se serre pas les coudes, il n’y aura plus rien…

SLU : Parmi les projets, qu’est ce qui se prépare ?

Jean-Marc Hauser : Quand on aura beaucoup plus d’artistes, on lancera une plateforme d’édition réservée à la synchro, pub et films où des producteurs pourront venir choisir parmi les morceaux des artistes que j’aurai démarchés, et le tout se fera avec des contrats de 2 ans ou plus en cas de film, mais pas de contrat à vie.

SLU : Vous avez une vision très précise de la façon dont doit fonctionner Xplose.

Jean-Marc Hauser : Très précise. Les maisons de disques par exemple font leur job avec leurs artistes à leur façon, mais ce n’est pas la nôtre. On est une SAS qui fonctionne plutôt comme une SCOP. Chez nous les actionnaires seront les derniers servis et 40 % des bénéfices seront reversés à la production. On veut perdurer et on veut surtout que les artistes retrouvent un fonctionnement en carrière et pas en coups.

MisterFuzzyB

SLU : Musicalement Xplose accueille quel type de musique ?

Jean-Marc Hauser : Tout, on aime tout ; on n’est fermé à rien et on n’est absolument pas formaté. Le vrai choix, ce sont les clients qui le font. A partir du moment où il y a un projet, que ça sonne et que c’est bien foutu, on y va. Si on trouve un artiste dont l’album n’est pas réussi mais on croit en lui, on essaiera de lui filer un coup de pouce dans la mesure de nos possibilités. Xplose c’est plus une histoire de cœur que de thunes.

SLU : Vous êtes combien ?

Jean-Marc Hauser : Xplose ce sont deux personnes, Michel Labarre qui est à la technique et gère le site et moi-même qui m’occupe du son et des artistes. Nous disposons aussi d’un grand nombre de potes qui nous aident parce qu’ils ont compris eux aussi qu’il faut se serrer les coudes.

SLU : Il n’y a pas de pub sur Xplosemusic.com

Jean-Marc Hauser : Normal, on n’en veut pas. On y viendra mais à notre rythme et uniquement pour la musique, nos artistes, les concerts, nos partenaires, mais on ne fera pas de trucs intrusifs. Priorité à nos artistes.

Une Strato et un SM58, deux sacrés révélateurs de talent

SLU : Xplose te ressemble…

Jean-Marc Hauser : Ah c’est sûr que je suis par très conventionnel, limite révolutionnaire. J’ai tendance à l’ouvrir et à aller jusqu’au bout. Quand je partirai, je veux qu’il se soit passé quelque chose, on veut montrer avec Michel qu’on peut répartir les richesses autrement et favoriser du coup la création.
Je compte bien qu’on puisse en vivre, mais si on vit bien, ça veut dire que les artistes vivent super bien et c’est là le principal. Je ne suis ni mégalo, ni démago, mais ce sont les artistes qui feront le succès de notre plateforme, bien avant le nôtre.

Pour plus d’infos et surtout pour plus de musique sur le site Xplosemusic

Nouveauté PL+S. Avid complète la gamme de consoles S6L

On connaissait les S6L-32D et S6L-24D avec deux moteurs, le gros et le petit. AVID ajoute la surface paquebot 48D, la 24C compacte et la petite 16C, un moteur d’entrée de gamme 112 voies et enfin un Stage 32 et un local Stage 16. A vous de jouer et mixer.
L’idée d’Avid est de proposer un ensemble d’éléments inter-compatibles donnant la possibilité à chacun d’assembler la surface, le moteur et le, ou les stage racks qui conviennent à ses besoins.

Cette inter-compatibilité facilite aussi la vie des prestataires qui peuvent avoir au dépôt un ensemble de références prêtes à se substituer l’une à l’autre pour augmenter ou au contraire réduire la taille du système de mixage très facilement puisque tout est possible, y compris partir avec une toute petite surface et un énorme moteur !
Les éléments se divisent en trois parties : les surfaces, les moteurs et les stage racks auxquels s’ajoutent des cartes spécifiques couvrant les choix techniques liés à la diffusion, captation ou inter opérabilité entre matériels de marques différentes.

Commençons, une fois n’est pas coutume, par les moteurs DSP

La gamme actuelle Avid en comporte deux :
– l’ES6L 192 qui offre 192 voies d’entrée, 96 bus + LCR, une matrice 24 x 24, 200 plugs, une carte DSP HDX-192 (4 slots maxi) et enfin 4 autres slots pour des cartes d’extension.
– Et l’ES6L-144 qui n’offre plus que 144 voies d’entrée, 64 bus + LCR, une matrice 16 x 16, 125 plugs, une carte DSP HDX-192 (2 slots maxi) et les mêmes 4 slots pour des cartes d’extension.

Une vue du châssis standard qui accueille les trois types de moteurs 192, 144 et 112.

La carte d’extension MADI. Jusqu’à quatre peuvent être insérées, chacune véhiculant de façon bidirectionnelle, 64 canaux en 96 kHz.

Le nouveau DSP est le ES6L-112. Comme on pouvait s’y attendre il n’accepte plus « que » (tout est relatif…) 112 voies d’entrée, 48 bus + LCR, une matrice 16 x 16, 100 plugs, une carte DSP HDX-192 (pas de slot additionnel) et plus que 2 slots pour des cartes d’extension (SoundGrid Waves, Ethernet AVB, MADI..).
Les trois moteurs tournent à 96 kHz et les performances évoquées le sont pour des voies en « full process » sans aucun sacrifice en termes de plugs.

Les surfaces

Les nouvelles surfaces sont au nombre de trois. La plus grosse et franchement impressionnante avec ses 6 écrans et ses 48 faders, prend le nom de 48D. Elle se destine essentiellement aux comédies musicales où il faut de l’espace pour faciliter une exploitation multi-utilisateur. Cette possibilité existe déjà mais va être améliorée par un cloisonnement plus important des différentes zones.

On vous le confirme, la 48D est énorme et assez lourde, mais quel bel objet pour ceux qui détestent les layers…

La 24C avec un écran externe en plus. Poids, prix, encombrement, tout a fondu.

La seconde, la 24C est très intéressante car elle reprend en grande partie le potentiel de la 24D, mais en beaucoup plus compact, d’où le C remplaçant le D. Elle est idéale pour des tournées bien encodées.
Le GROS avantage de cette surface est de faire chuter le prix à ce qu’était celui de la Profile avant. Il n‘y a en revanche plus qu’un écran polyvalent.

La troisième, la 16C, est la reine de l’encombrement réduit, tout en ouvrant la porte si nécessaire au gros moteur et à autant de stage racks que nécessaire, mais en étant aussi la configuration « budget » des S6L proche de ce qu’était la SC48 d’antan en lui adjoignant le moteur 112 et des Stage 16. Seuls 4 panneaux subsistent soit deux banques de 8 faders, une de codeurs et le panneau master avec les sorties. Il faudra donc en passer par un écran externe et un local I/O externe.

Voici la prochaine Bibou Box, plus connue sous le nom de 16C. De vrais boutons, de vrais faders et la possibilité de se connecter à la puissance d’un moteur DSP AAX, à  SoundGrid et à des préamplis redondés, bref, le pro touti rikiki.

Les stages

Le Stage 32, la copie du 64 en termes de qualité et sécurité mais avec la place pour 4 cartes seulement.

Au Stage 64 de 10U de haut avec ses 12 slots conçus pour recevoir verticalement autant de cartes, capable de connecter en même temps 64 entrées et 32 sorties, Avid ajoute le Stage 32 où les mêmes cartes d’entrée ou de sortie octuples, cette fois au nombre de 4, sont insérées horizontalement.
Il est possible de panacher librement la nature des cartes et on peut connecter autant de Stage 32 que nécessaire pour atteindre la capacité max d’entrée du moteur.


Le Local 16, ou comment faire comme si vous aviez une console qui dispose d’un I/O ou encore le meilleur moyen d’avoir plus d’entrées et sorties en local.

Le Stage 16, le même qui sert avec la S3 est toujours là avec ses 16 entrées micros, ses 8 sorties analogiques et ses 4 sorties AES. Il n’y a pas de redondance et les préamplis sont légèrement différents mais ils gardent bonne presse et sont proposés à 2 000 €.

Autre nouveauté, le Local 16 vient redonner des possibilités en local en termes de ports d’entrée et de sorties qui font défaut sur la nouvelle petite surface 16C faute de place, ou bien en ajoutent si, malgré les centaines de plugs et de ressources DSP, vous désirez absolument utiliser vos vieux périphériques.

SoundGrid in the box

Dernière nouveauté, l’intégration des plugs Waves au travers de leurs serveurs SoundGrid (Server One ou bien Extreme Server) est désormais disponible. Une fois insérée la carte de connexion Waves WSG-HD dans le moteur Avid, il est possible de raccorder deux serveurs pour bénéficier de la redondance, un seul travaillant à la fois. L’utilisation est très facile et sans ordinateur externe puisque dans Venue, les plugs Waves apparaissent comme des instances où il est possible de chaîner jusqu’à 8 plugs. 128 instances au maximum.

C’est désormais disponible. Waves et Avid, simplement et directement.

Toutes les commandes des plugs bénéficient d’un codeur ou de touches attribuées. Rappelons aussi que ces plugs sont entièrement calculés par le SoundGrid ce qui ne consomme absolument aucune ressource sur le moteur de la console.
Si vous êtes à sec, un coup de Waves et ça repart ;0) Bien entendu, tout ce qui est fait sur ces plugs « externes » est mémorisé dans les snapshots du ShowFile et d’anciens shows s’ouvrent toujours sur SoundGrid grâce à une « traduction » avec les bons settings vers cette nouvelle configuration.

Spatialisation en direct

Autres intégrations dans l’univers Venue, le Spat Revolution de Flux est accessible très facilement afin de router dans un espace tridimensionnel des stems. Très prochainement il en sera de même avec L-ISA de L-Acoustics qui marche déjà sur ProTools mais est en train d’être porté sur S6L pour prendre directement la main sur le processeur sans besoin d’outils ou d’écran additionnels. Enfin d&b a développé son plugin Soundscape pour télécommander leur matrice DS 100 directement depuis la S6L.

Le Spat Revolution de Flux, une fois encore le travail de l’IRCAM mis à l’honneur par Gaël Martinet. Plus que jamais, l’immersif creuse son sillon.

Un grand merci à Vanessa El-mir, toujours aussi efficace et adorable et Jean-Gab Grandouiller qui a été capable de nous réciter toutes les specs techniques des moteurs Avid sans jamais se tromper !

Pour plus d’infos visitez Avid S6L

Avec DV2, United Brands devient le distributeur allemand d’Adamson

Adamson est fier d’annoncer son partenariat avec United Brands GmbH avec DV2 au capital. United Brands devient ainsi son distributeur exclusif pour l’ensemble du marché allemand.
Basée à Düsseldorf, l’équipe de United Brands est présente sur le marché allemand de l’audio pro depuis très longtemps, et dispose du savoir-faire et des infrastructures humaines et techniques nécessaires pour accompagner la marque Adamson.

De gauche à droite Didier Dal Fitto de DV2; Jochen Sommer d’Adamson; Guy Vignet de DV2; Brock Adamson qu’on ne présente plus; Wolfgang Garçon d’United Brands; Tobias Rengersd’United Brands et enfin James Oliver d’Adamson.

“Nous avons connu cinq années de forte croissance en Europe et dans d’autres régions du globe” nous explique le directeur Europe d’Adamson Jochen Sommer. « Avec l’arrivée de United Brands dans le Network Adamson, nous avons toutes les cartes en règle pour retrouver cette même croissance sur le marché allemand et proposer à ses nombreux et brillants acteurs locaux, le même service.” Ce partenariat a été rendu possible par l’achat récent de United Brands par DV2 qui distribue Adamson en France, Belgique et Luxembourg et est lui-même actionnaire minoritaire d’Adamson.

Wolfgang Garçon, le dirigeant d’United Brands, nous explique les raisons de ce montage. « Les trois parties partagent les mêmes valeurs. Nous n’avons de cesse d’offrir le meilleur service en plus des produits. Nos offres commerciales incluent toujours le respect de nos clients, un support de tous les instants et une connaissance approfondie des produits et de leur mise en œuvre.
Cela a généré une synergie très positive pour l’avenir. L’arrivée de DV2 et d’Adamson va nous donner la possibilité d’élargir notre offre et nous ouvrir facilement vers d’autres marchés. » Tout comme DV2, United Brands est aussi distributeur de longue date de l’anglais DiGiCo ce qui ne peut que créer des synergies commerciales entre la star des consoles et le facteur d’enceintes premium.

DV2 va apporter son expérience et son savoir-faire de la marque Adamson sur le marché français et belge à United Brands. « DV2 Allemagne a ouvert la voie. Le moment est venu de passer le flambeau Adamson en Allemagne à United Brands,” dit Guy Vignet, Directeur Général de DV2. “United Brand est le partenaire parfait. La collaboration entre nos deux structures va offrir à nos clients et partenaires, l’étendue de notre expertise commune et de nos services. »

Au-delà de cette annonce assez corporate, nous avons profité de la présence de Guy Vignet et Didier Dal Fitto sur le stand Adamson pour creuser quelque peu ce deal allemand et en comprendre les éventuelles répercussions pour le marché français.

Une vue du stand Adamson après la tempête liée au press call, disons l’événement où la presse est conviée.

SLU : L’Allemagne est un marché stratégique et a peut-être été sous exploité par Adamson jusqu’à aujourd’hui…

Guy Vignet : En quelque sorte. Disons qu’il a été traité de manière un peu chaotique. Nous avons donc proposé à Adamson de mettre en pratique nos méthodes de service, compétence et support technique qui a marché partout ailleurs via DV2 Allemagne qui a été ouvert à Hambourg il y a deux ans. On a pas mal défriché le terrain, mais on ressentait le besoin d’élargir notre offre pour bénéficier de plus de leviers pour atteindre nos clients, il est donc paru évident qu’il fallait avoir un partenariat avec quelqu’un de local, plus introduit et disposant de marques aptes à faciliter notre pénétration sur le marché.
Appelons cela un accélérateur de développement. DiGiCo a été une sorte de clé qui nous a porté à nous approcher de Wolfgang Garçon et découvrir des points communs en termes de traitement du client, une vraie envie de travailler ensemble et un feeling fort entre nous. Une société efficace et à taille humaine. Tout comme Didier et moi, Wolfgang travaille avec un associé et ils sont tous deux originaires de Trèves à 120 kilomètres de Metz. Sans cet aspect humain, on ne se serait jamais lancé. Nous avons donc pris la majorité de United Brands.

SLU : Quid de DV2 Allemagne ?

Guy Vignet : La totalité de son activité va se déverser dans UB (United Brands) qui va continuer à opérer sous son nom.

SLU : Quelles marques étaient distribuées par UB avant le deal ?

Guy Vignet : DiGiCo, XTA, MC² Audio et Martin Audio. Bien entendu l’arrivée d’Adamson va mettre un terme à la distribution de Martin Audio à compter du 1er avril. Adamson arrive avec sa plateforme d’amplification Lab.gruppen labellisée Adamson et seule certifiée pour le marché du touring.

Une des deux nouveautés du PL+S 2018 pour Adamson, la IS10P, la version point source de la S10 dédiée à l’intégration.

SLU : Cette fois-ci l’Allemagne s’offre à vous !

Guy Vignet : L’Autriche aussi. Nous sommes ravis de ce deal et du choix d’Adamson de nous faire confiance. Avoir avec UB une base stable et réputée en Allemagne, va aussi nous permettre de rayonner plus largement au-delà. UB est aussi très fort sur le bateau de croisière, un nouveau marché pour nous. Il est enfin important de rappeler le rôle d’un distributeur comme DV2 en cette période où la vente en direct prend de l’ampleur et que les salons souffrent.

SLU : Comment va être organisée votre apport au sein de cette nouvelle étoile allemande de la constellation DV2 ?

Didier Dal Fitto : Simplement. Nous allons faire du transfert de connaissances et beaucoup de formation aux équipes allemandes de UB sur tout ce qui concerne Adamson et on les aidera ponctuellement pour mettre en place les premières grosses démos via Julien Poirot qui est déjà venu pour des shootouts que nous avons remportés en Autriche.
L’avantage d’être rentrés au capital de UB qui dispose d’une équipe compétente, efficace et qui nous ressemble se traduira aussi en termes de tranquillité d’esprit. On ne sera pas obligé de faire la navette ou déléguer du personnel en Allemagne pour faire marcher une filiale. C’est appréciable pour éviter de déshabiller nos équipes françaises ou belges.

SLU : Comment est le marché allemand ?

Didier Dal Fitto : Il y a deux gros acteurs, un allemand et l’autre français, et une multitude de fabricants allemands de taille intermédiaire ou petite et assez actifs.

Guy Vignet : Il y a la place pour Adamson. De la même manière qu’en France un grand nombre de tournées partent en Adamson à la demande des mixeurs ou des productions, le marché allemand peut s’ouvrir à une marque qui a prouvé sa qualité et sa différence, sans parler du support très personnalisé et propre à DV2. Cette proximité est l’un de nos points forts.

L’IS7P, ou comment disposer de la patate et de la précision du petit line-array IS7, mais en point source.

Didier Dal Fitto : Adamson a par ailleurs une gamme de produits d’installation très performants qui vont nous aider à bien répondre à tout type de demande au-delà du touring.

Guy Vignet : C’est anecdotique mais en début d’année il y a eu un shootout pour l’équipement d’un théâtre allemand entre nous et une marque française, et comme très souvent en pareil cas, c’est nous qui sommes passés.

SLU : Vous ne pensez pas arriver un peu tard dans un marché bien sédimenté ?

Guy Vignet : Je vais te prendre un exemple. En France on peut dire qu’on a saturé le marché… Et pourtant, on n’a jamais autant vendu que depuis le début de cette année.

Didier Dal Fitto : Des E15, E12, des subs, des S… L’industrie de l’Entertainment, de l’événementiel, de l’EDM n’a jamais été aussi florissante et exigeante que maintenant.

SLU : Et l’immersif ?

Didier Dal Fitto : Ca viendra (rires !)

SLU : Les E vont sur leurs 7 ans…

Guy Vignet : Il faut laisser 10 ans au marché pour digérer et rentabiliser un système. Ca bosse. Il faut savoir aussi que le monde est composé de diverses régions où les attentes ne sont pas les mêmes. Ce qui peut paraître urgent ici, l’est beaucoup moins ailleurs où la série E est encore quasiment une nouveauté.

SLU : Ca va fort en France les tournées Adamson grâce à MPM…

Didier Dal Fitto : C’est vrai qu’ils récoltent en ce moment le fruit de leur travail. Ils font un travail remarquable et c’est amplement mérité. Bravo à eux !

Et là, un monsieur comme vous et moi est présenté à Guy et Didier par James Oliver : « Let me introduce you to Tom Arko of Eighth Day Sound.. » Autant vous dire que j’ai mis le dicta sur Off et ai savouré le plaisir de serrer la main à Mister Pollstar, une véritable machine à records basculant peu à peu vers Adamson, un monsieur légèrement plus important que SLU, mais à peine ;0)

Nouveauté ISE, Work Pro Arion 21A et SL218 SA

On a découvert la marque espagnole Work Pro lors de l’ISE 2018. Bons composants, joli look, qualité de fabrication et prix très sage malgré un assemblage en Espagne. Nous avons donc choisi de vous présenter leur dernière tête et sub amplifiés et tout juste dévoilés.
La découverte de ces nouveaux produits a lieu sur le très grand stand d’Equipson la maison mère valencienne de Work Pro en compagnie de Juan José Vila, le directeur du marketing.

Juan José Vila, directeur du markéting et donc intarissable sur ses produits.

SLU : Combien de temps vous a-t-il fallu pour mettre au point votre nouvelle gamme Arion ?

Juan José Vila : Deux ans et demi, quasi trois ans mais désormais nous sommes en mesure de livrer.

SLU : Vous nous détaillez les deux produits ?

Juan José Vila : Tête comme sub sont amplifiés. La 21A est une tête line-array avec un double 10’’ Faital Pro et un moteur 1,75’’ à dôme en polymère PM-4 Beyma. Cette tête pèse seulement 27 kilos.
Le sub est un classique 2 x 18’’ si ce n’est qu’il est équipé de transducteurs Eighteen Sound. C’est le premier système line array espagnol à être entièrement commandé et surveillé en réseau.

Uniquement prévus pour être posés, les subs amplifiés SL218 SA ne pèsent que 96 Kg pour un SPL Max de 138 dB et une bande passante atteignant 30 Hz à -10 dB.

On ne se sert pas du RS45 mais bien d’un protocole propriétaire, l’Open Sound Control. Il est très sûr et rapide et nous l’employons sur l’ensemble de nos produits, y compris les consoles.
Un soft de contrôle et de gestion est livré avec les boîtes. On peut contrôler les températures internes, l’écrêtage, choisir des presets de couplage, créer des groupes, piloter les compresseurs et les limiteurs, le délai et insérer jusqu’à 8 points d’EQ paramétriques par boîte.

Une capture écran montrant l’ensemble de valeurs visualisables

Une vue de l’égaliseur et de ses 8 points d’EQ paramétriques


La face arrière protégée par une bavette. Chaque prise d’entrée audio, réseau comme secteur dispose de sa sortie pour ponter facilement les éléments. L’afficheur que l’on devine à gauche permet de paramétrer le DSP sans besoin de déployer de réseau.

SLU : Quels modules d’ampli employez vous ?

Juan José Vila : Du Pascal Audio. A mon avis ce sont les meilleurs du marché.
Dans la 21A nous disposons d’une puissance totale de 1 000 W.

Dans le sub SL 218 SA, nous avons adopté le module le plus puissant du fabricant danois qui développe 4 000 W en crête.
En revanche nous produisons à partir d’un DSP Analog Devices, notre propre carte de processing.


12 têtes 21A. Pour compléter le bas et disposer du contour nécessaire, il faut ajouter 6 Subs SL 218 SA

SLU : Le filtrage de la tête est en FIR ?

Juan José Vila : Non, pas sur ce produit.

SLU : Pour la simulation ?

Juan José Vila : Nous livrons Ease Focus avec le système.

SLU : L’entrée audio n’est qu’analogique ?

Juan José Vila : Oui, même si nous avons la licence Dante et que nous commençons à sortir des produits à cette norme.

Pour la 21A nous avons fait le choix de l’analogique comme de filtres standard car nous connaissons bien les produits face auxquels nous allons nous battre et, par exemple, ajouter des capacités Dante, ou même une entrée AES nous aurait fait perdre en compétitivité.

Deux polaires horizontales de la 21A montant un comportement très honorable de 5 kHz à 16 kHz, même si les courbes ne sont pas tout à fait superposables.

La réponse en fréquence on ne peut plus droite d’une tête où il manque clairement deux octaves complètes. L’apport en subs sera donc indispensable.


SLU : Une idée du prix pour une configuration type ?

Juan José Vila : Bien sûr. Pour 6 têtes par côté, soit 12 x 21A et 3 subs par côté soit 6 x SL 218 SA, on est en dessous de 30 000€. Notre but c’est d’être le plus compétitif possible malgré le fait qu’il s’agisse de notre premier line array actif.

D’autres informations pour prendre contact sur le site Equipson, pour les produits sur Workpro products et chez le distributeur Easy Com Audio

 

Soundscape, l’immersion allemande de d&b

“More art, Less noise”, “Democracy for Listeners”.
Pas besoin de vous faire un dessin. Depuis quelques années d&b a mis les gaz sur le son de demain, celui qui n’oublie personne et séduit tout le monde.

Officiellement lancé à l’ISE de cette année et reproposé à Francfort avec force ateliers et écoutes, Soundscape n’est autre que l’immersion vue par les ingénieurs de d&b, la réponse ultime après l’Array Processing de gâter un auditoire, et la plus belle façon de renouveler le principe de diffusion, de mixage, voire de composition, et accessoirement aussi de vendre des boîtes !

Marcus Baümler à gauche et Ralf Zuleeg à droite. Ils sont à Soundscape ce que Werner Bayer et Matthias Christner sont à la série SL. Et on se marre autant !

Nous avons eu le plaisir de découvrir Soundscape en compagnie de Ralf Zuleeg, qui l’a pensé et mis au point, et de Marcus Baümler, qui en est le chef produit et un très fin connaisseur de cette technologie qui a pris 5 ans à être mise sur pied. L’interview et l’écoute se sont déroulées à Backnang au siège de d&b où une salle spécifique de démo et de travail de développement a été créée.

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Rapidement et pour ceux qui n’auraient pas encore côtoyé cette technologie, l’immersif est une nouvelle façon, non seulement de diffuser une œuvre dans un espace ouvert ou clos, mais aussi de la penser et surtout de la mixer. Le terme mixer pourrait d’ailleurs être remplacé par -composer sa diffusion spatiale et dynamique-, cette « composition » pouvant être une partie intégrante de la création et pas un simple gadget de dernière seconde. Le mixage ne disparaît pas pour autant, il faut toujours une captation, une mise en forme des signaux et un équilibrage entre eux, mais la ressemblance s’arrête là. Mixer en immersif offre d’infinies possibilités que ni la mono, efficace et cohérente, ni la stéréo, plus généreuse mais interférente, ne peuvent même approcher.

Markus et Ralph dans le Hall 14 qui leur est entièrement dédié et où réside une configuration à 360° de Soundscape.

Travailler du son en immersif, signifie raccorder à nouveau visuellement un son avec un instrument, sans perdre ni SPL ni impact, et éventuellement le suivre dans ses déplacements sur scène et même en dehors. Pour ceci faire, l’idée consiste à déployer un certain nombre d’enceintes à la verticale du plateau, voire à étirer au-delà de ce dernier pour l’élargir, et à éventuellement compléter ce dispositif dit à 180°, par des outfills.
Mais on peut tout aussi bien ajouter un ensemble de petites enceintes ceinturant le public pour diffuser à 360° un signal recréant une acoustique de salle ou des effets simples, ou enfin choisir des enceintes plus puissantes pour y faire vivre une partie plus importante du show. Par exemple un musicien qui partirait avec sa guitare dans le public. Le système principal à la face est enfin complété par des rappels sur le nez de scène pour déboucher les premiers rangs et garder l’image à la bonne hauteur, et par un ensemble de subs venant compléter le rendu dans le bas du spectre.

L’immersion de Ralf

Cette intro étant faite, retrouvons Ralf, pour mieux comprendre sa vision du son et sa réponse au problème qui tarabuste les fabricants d’enceintes comme les ingés son depuis des lustres.

Ralf Zuleeg. Aussi brillant par sa façon de rendre accessible un concept que d’en faire du son, et du bon.

Ralf Zuleeg : La stéréo me pose problème depuis toujours et c’est au début des années 2000 que la puissance de calcul ayant fait des pas de géant, j’ai décidé de chercher une solution. Comme vers 2010 je travaillais dans une petite salle de spectacle de Stuttgart bien équipée où venaient des artistes parfois de renom, je me suis livré à des expériences en multi voies.
C’est aussi dans cette salle où j’ai compris que plus que le système, la limite était le technicien. Plus il était compétent et formé, plus il s’enfermait dans une configuration qu’il maitrisait et entendait depuis toujours, perdu qu’il était face à ma configuration multivoies. J’ai donc eu l’idée un soir de mettre derrière la console mon stagiaire, un garçon compétent et naturellement pas encore imprégné par le passé. Et ça a marché. Il a mis en pratique ses idées dans le système, profitant des possibilités offertes par ce dernier.
Ce soir-là, je n’ai jamais vu autant de personnes quitter la salle le pouce levé. Je suis donc reparti chez d&b convaincu, et on a bossé quelques années pour peaufiner, structurer et industrialiser tout ça. Mais cette idée appartient à tout le monde et j’ai le sentiment de participer à une croisade afin d’aller au-delà de la vieille stéréo. Le public paie des fortunes pour un résultat insuffisant et de toute façon, comme le dit le dicton de la profession, « cela n’a aucun sens de jouer plus fort, et si on jouait différemment » ? Je suis à peu près convaincu que dans 5 ans, on ne parlera plus de systèmes de diffusion d’ancienne génération.

Ralf nous montrant, VP à l’appui, ce que donne l’amoncellement de sources sonores dans un seul fil. « Monsieur j’ai la pique de votre contrebasse dans la tête ! » On appelle aussi couramment cela un mix mono. Admirez les 5 lignes de Y12, les Y-Sub au sol, les T10 posés dessus et enfin et non visibles, les Y10P sur les côtés.

La logique de Ralf est implacable, sa démonstration l’est tout autant. Il nous propose un quatuor voix, contrebasse, guitare acoustique et trombone très bien enregistré. Bien entendu il commence en mono via la ligne centrale de sa diffusion et des subs en mono. C’est cohérent, droit et propre, mais comme le précise Ralf, on met tout sur un fil unique ce qui conduit à des interférences dès que des sons à fréquences égales se retrouvent en opposition de phase. Dans un monde à une seule dimension, ces annulations sont irréversibles et conduisent le mixeur à jouer du fader pour mettre nettement en avant les sources importantes, une à la fois, afin de leur donner par exemple du poids lors d’un chorus.

Un graphique Ease démontrant la portion d’audience en mesure de bien percevoir l’effet stéréo dans une salle. En blanc. A part le mixeur et les spécialistes qui savent et se placent pile sur l’axe central…

Ralf nous propose alors le même quatuor en stéréo en jouant avec les lignes 1 et 5 en lieu et place de la seule 3. Ouf, ça respire et le son gagne en naturel. La théorie de la mono qui abîme fréquentiellement est évident, il y a moins d’accidents, mais la zone idéale où la voix se recompose en un point central virtuel est minuscule. Dur…
Arrive enfin la délivrance, le système est basculé en mode immersif, employant simultanément 5 lignes de 5 Y12 en accroche et un arc de 7 Y-Sub chacun surmonté d’une T10. Le résultat sur ce même quatuor est splendide de naturel.
Chacune des 4 sources sonores trouve naturellement sa place dans l’espace dans une image large, logique et offrant un sentiment de profondeur et de détail qui nous pousse à fermer les yeux pour mieux l’apprivoiser. On est proche du rendu tel qu’il devrait être à savoir que chaque élément du quatuor est localisable sur scène et le son semble provenir de lui ou de son ampli. Encore plus fort, on a beau se déplacer du lointain vers le champ proche et de cour à jardin, la localisation de chaque source ne bouge pas. Les Y et les T collaborent en timbre (remarquable calage vue la différence d’âge entre les deux systèmes) mais surtout sont 100% contributifs.

L’audi à l’acoustique très soignée malgré une forme pas évidente et longiligne

C’est la première fois que j’entends des lip fills aussi utiles pour tirer l’image vers le bas, et en même temps complémentaires dans leur action. A 50 cm de la scène où à 20 mètres, la chanteuse est tout simplement au centre et à 2 mètres de haut. Collés à la scène, la sommation Y & T est une réalité qui évite que l’image sonore ne bascule dans les genoux avec les T placés assez bas.
Quand on s’éloigne dans l’axe, on ne perd pas les T au bénéfice des Y, l’image basculant en l’habituelle douche. L’image ne bouge pas. Quand on se déplace d’un côté à l’autre du plateau sans s’éloigner du nez de scène, la voix ne perd que très peu d’énergie et de précision sans jamais quitter le centre. L’effet de spatialisation et d’immersion est bluffant sans générer le moindre artefact ou accident temporel, filtre en peigne ou rotation de phase. Bien sûr le calage dans cette salle a été peaufiné à l’extrême, mais de toute évidence l’algorithme marche remarquablement bien.

DS100. Y’en a là-dedans..

La matrice DS100 ou plus prosaïquement le centre névralgique de Soundscape

Revenons à présent à un peu de technique. Soundscape repose sur un processeur, le DS100, qui est improprement appelé matrice. Certes il remplit aussi ce rôle, mais au-delà de brasser corriger, retarder et router des canaux audio rentrants et sortants en 64×64 au format Dante, il embarque une puissance considérable qui est exploitée pleinement avec les deux programmes optionnels ayant chacun une fonction précise, En-Scène et En-Space. Ces deux modules pilotent les fonctionnalités de la matrice en plus d’offrir des fonctions spécifiques qui peuvent s’additionner.

En-Scène

En-Scène sert à positionner des objets sonores virtuels où l’on veut, que ces derniers soient statiques ou en mouvement et qu’ils soient sur scène ou bien, en cas de fonctionnement en mode 360° et avec les enceintes nécessaires, partout dans la salle. En-Scène, et je reprends ici l’excellente définition qu’en fait Mathieu Delquignies en charge du support application et de la formation chez d&b France, est une sorte de panoramique vectoriel qui s’applique à toutes les enceintes constituant le système de diffusion.

En-Space

En-Space est un très, très puissant processeur capable de recréer par convolution en temps réel et sur les 64 sorties, une acoustique virtuelle et à la fois bien réelle puisque modélisée dans des salles de différentes tailles et couleurs. A cet effet ce module est livré avec 6 espaces acoustiques dans trois tailles différentes où la part belle est donnée aussi aux premières réflexions. Avec En-Space l’acoustique d’une salle de concert peut être reproduite très simplement dès lors que celle qui va l’accueillir a des caractéristiques nettement « inférieures » à celle émulée, par exemple son TR.

Comment marche En-Scene

Une configuration comportant un déploiement En-Scene à 360° et 4 Function groups ou groupes de fonction matérialisés par des couleurs.

Tout d’abord et suivant en cela la volonté du fabricant allemand de garder une suite logique dans l’exploitation de ses systèmes, Soundscape est intimement intégré à R1, le logiciel de télécommande de d&b, nous verrons après comment. Une fois créée la salle dans ArrayCalc en gardant l’option Soundscape et Audio Networking cochées, il faut définir les zones où les objets pourront être placés ou pourront se mouvoir, zones qui peuvent aller bien au-delà de la scène seule si vous optez pour un fonctionnement En-Scene à 360° et que vous ajoutez un ensemble d’enceintes en périphérie de la salle.

Bien entendu il est aussi possible de se limiter à une couverture plus traditionnelle en optant pour En-Scene à 180°. La définition de cette zone de station et mouvement des objets est importante puisqu’elle permettra de faire parler avec les coordonnées identiques à celles d’En-Scene, tout type d’application externe communiquant par OSC avec le DS100, on pense à un système de positionnement 3D en temps réel comme à un plug VST/AU dans une station de travail.

Le Functions groups ou groupes fonctionnels, sont des modes de fonctionnement, des sortes de rôles pré établis pour les ensembles de diffusion, qui disposent chacun d’un algorithme différent. Le graphique ci-dessous en montre 9 avec dans la case Mode leur fonction, et dans celle Remarques, la description de leur mode de fonctionnement.

Comme vous pouvez le voir, tous les cas de figure sont pris en compte avec, par exemple, deux types de subs. Le premier peut être défini comme étant le renfort de grave d’une ligne, localisable et est appelé Sub Group. Le second en revanche est un véritable sub en mono et est destiné à renforcer la dernière octave sans aucune localisation vu son placement et les fréquences en jeu. Il est appelé Sub Array.
Une fois effectué votre design, une estimation du SPL doit être effectuée individuellement pour chaque source sonore (individuelle ou ligne entière) afin d’en vérifier la pression max, ceci à cause de la nature même de Soundscape qui n’utilise qu’une partie des ressources disponibles. L’alignement du système doit aussi être effectué au travers de la matrice DS100 et pas en utilisant les ressources des amplis, ceci pour permettre d’exploiter pleinement le principe de spatialisation d’En-Space qui emploie à la fois l’amplitude et des délais, déduits entre la position de l’objet et celui de la source qui le diffuse.

Spatialisation

Cette spatialisation peut être choisie individuellement pour chaque objet : Off, Tight et Full.

    • En Off, n’est employée qu’une méthode de pondération de niveau, le délai étant celui réglé lors de l’alignement de la diffusion.

Une représentation de la façon dont marche l’algo OFF. Uniquement des variations de niveau.

    • En Tight, l’algorithme d’En-Space applique en plus de la pondération de niveau aussi un délai spécifique par objet mais minimisé, une solution idéale en présence de sources enregistrées et/ou électroniques et donc sans un positionnement spatial marqué sur scène.

Ici le délai est de la partie mais réduit.

  • En Full, la position par défaut, niveau et délai sont utilisés mais cette fois-ci le délai appliqué tient automatiquement compte du placement géographique de l’objet sur scène et applique par déduction un retard afin que la somme entre la source acoustique et celle amplifiée soit cohérente. Full offre donc une parfaite clarté puisque, où que l’on se trouve, la diffusion est en phase avec la source.

Niveau et délai où on tient compte de la distance entre la source et l’enceinte.

L’algorithme d’En-Scene prend en compte les effets psycho acoustiques et les effets des combinaisons acoustiques des sources pour calculer la fonction de transfert à appliquer à chaque sortie de la matrice DS100. Le maintien de la règle de précédence où la source entendue en premier permet la localisation, offre une localisation précise des objets, tandis que la distribution de l’énergie en fonction de la position permet de conserver un niveau de pression acoustique et une balance tonale uniforme.
Il est bien entendu indispensable que chaque enceinte ou groupes d’enceintes composant le « main » mais aussi le « frontfill » en jargon Soundscape, soit en mesure de couvrir très largement et très régulièrement l’ensemble de l’auditoire puisque le principe même d’immersion implique que les objets arrivent avec leur trajet, donc leur temps et leur niveau aux oreilles du public où qu’il se trouve et quelle que soit l’enceinte ou l’ensemble d’enceintes qui reproduisent cet objet.
Outre le choix de modèles ayant une dispersion très large et régulière, il en existe plusieurs dans le catalogue d&b, l’Array Processing peut être d’un grand secours en lissant et uniformisant la zone de couverture. Une dernière commande appelée Spread distribue le son d’un objet au-delà, d’un seul des 5 points d’émission du système principal. Cet élargissement ou diffusion en français des objets retire un peu de précision en termes de localisation mais apporte une fusion, par exemple, d’éléments comme les voix d’un chœur ou évite aux retours effets d’être trop facilement localisables.

Les Objets

Les objets sonores sont au nombre de 64, comme les entrées et les sorties de la matrice DS100, et peuvent librement prendre place, via un écran spécifique de R1 qui les commande, sur la Positioning view, une sorte de table de travail où l’on fixe sa spatialisation x-y.
Chaque objet peut donc être situé précisément à l’aplomb de son instrument ou groupe d’instruments à la fois sur le plan horizontal, comme sur celui vertical, vertical signifiant en profondeur, en avant près du nez de scène ou bien tout à l’arrière. Pour le moment Soundscape ne gère pas le plan Z qui correspond à la verticalité qui pourrait être, par exemple, un son qui tomberait du ciel, mais cette fonction est dans les tuyaux.

Le placement très aéré d’un orchestre de variété où même les différents fûts de la batterie sont individualisés. Le dernier clavier à gauche et le sax à droite sont écartés à fond les ballons.

Cette Positioning view peut être multipliée comme les snapshots d’une console afin, dans le cas d’un concert de variété, de pouvoir modifier la spatialisation en fonction des morceaux.
Et bien entendu les mouvements des objets peuvent être pilotés en OSC, y compris pour suivre de manière dynamique et inaudible en termes d’artefacts, le déplacement de la source visuelle du son.

A l’instant où l’on tape cet article, Soundscape est intégré dans QLab et les objets peuvent s’animer grâce à Stagetracker II et ce n’est vraisemblablement qu’un début.

En-Space

En-Space est l’autre moitié de Soundscape, celle qui en quelque sorte finit le boulot. Signalons tout de même que simuler les caractéristiques sonores une salle, nécessite que celle où l’on reproduit les caractéristiques stockées, soit plus mate et plus « courte » pour permettre de bien entendre cet effet d’enveloppement et de construction d’un rendu crédible. Six salles sont pour le moment modélisées, par couples moderne / classique. Deux petites de jauge 250 places avec des TR de moins de 2 sec. Deux moyennes de 600 places avec des TR de 2 sec, et enfin deux grandes de presque 2000 places assises avec des TR d’environ 2,5 sec.

Le palais de la culture et des congrès de Lucerne en Suisse avec sa réponse T40 moyenne et sur le graph du dessous, celle effectuée par chaque micro. Une salle ayant été modélisée par d&b et d’un rendu idéal pour un orgue avec une remontée idéale pour gonfler à l’hélium les gros tuyaux.

EnSpace utilise 144 réponses mesurées dans 64 positions qui correspondent peu ou prou à l’emplacement d’une configuration à 360°. Cela permet de reproduire au mieux les premières réflexions si importantes pour construire le ciment sonore qui, par exemple, unit le son des différentes composantes d’un orchestre classique.

Des salles avec des propriétés très précises et convenant particulièrement à l’obtention de belle ambiances très réalistes et naturelles. Lucerne seule se distingue par son TR généreux dans l’extrême grave.

Pour ça, En-Space peut générer jusqu’à 144 process simultanés de convolution en temps réel (le processeur DS100 ne demande que 1,6 msec) avec au bout, une répartition comme suit : 32 moteurs pour le main et les outfills, 18 moteurs pour les frontfills, 80 pour les surround et enfin 14 pour les ceiling.
Cette distribution de ressources est automatique de telle sorte à ce que chaque enceinte raccordée aux 64 sorties potentielles, reçoive ce qui correspond le mieux à sa place et à sa fonction.
Autant nous avons pu découvrir et apprécier En-Scene, En-Space n’a été proposé qu’assez brièvement, nous ne sommes donc pas en mesure de nous prononcer au-delà de cette présentation succincte, ceci étant dit, son potentiel est très vaste.

Rien ne vous empêche par exemple dans une salle où se produit un orchestre classique amplifié, d’insérer un orgue échantillonné ou un orgue transportable de petite taille, en lui donnant par la suite un gros volume et une spatialisation d’église. Bien entendu tous les concerts en plein air retrouveraient une salle virtuelle, je pense par exemple à un Violon sur le Sable même si le déploiement des compléments latéraux et arrière ne serait pas de tout repos vu la taille de la zone d’écoute.
Enfin il est imaginable de redonner leurs lettres de noblesse aux projections de concerts dans les salles de cinéma pour des retransmissions en direct d’opéras ou de concerts, mais cette fois en profitant de l’acoustique naturellement éteinte des salles obscures pour les transformer en salles de concert.

Plus qu’un long discours, un graphique qui dit tout sans trop dévoiler de secrets.

Conclusion

Il y a 25 ans le son a fait un pas de géant avec le DOSC qui a permis à quasiment toute une salle de disposer d’une pression et d‘un rendu spectralement équilibrés. Depuis… ne cherchez pas, il ne s’est pas passé grand-chose. Si on fait le parallèle avec les lumières, en 1992 les scans débarquaient en éclaireurs d’une armée qui aujourd’hui a envahi les scènes du monde entier.
C’est la fête aux motorisés, aux leds, aux gobos, aux couleurs. La vidéo est plus lumineuse et transparente que jamais, les ponts bougent dans tous les sens et les artifices explosent de mille paillettes. Il est temps que le son tire lui aussi son épingle du jeu et propose plus et mieux à un public qui va perdre cette année 3dBA et le boulet en dBC. Je pense qu’à Backnang comme à Marcoussis et bientôt partout ailleurs, le mot d’ordre est de parvenir à faire dire aux spectateurs : « j’ai été écouter un concert » en lieu et place de : « j’ai été voir un concert » et pour ça, l’immersif peut se révéler décisif.

Une répartition des objets pour un show à 360°. On a écouté, c’est bluffant.

Soundscape est un système qui marche. Des limitations techniques existent, 64 entrées c’est court et 48 kHz un peu désuet, mais cela semble plus être des verrous qui per définition finissent par sauter, que de vraies lacunes. L’interfaçage dans une console de mélange et l’élévation font défaut (et pourtant c’est prévu dans l’algorithme).
Il n’y a pas d’enceintes spécifiques à très large ouverture et les choix multiples et parfois complexes de ce système ouvert, ne vont pas dans le sens de la simplicité d’exploitation des produits de la marque.

Mais face à ces quelques restrictions, Soundscape brille par sa latence minime, la très grande puissance du DS100, un algorithme audio particulièrement abouti et discret, un mélange entre fills et système principal vraiment contributif, la qualité et la constance de la position des objets en tous points d’écoute et enfin la grande latitude de réglages facilitant l’obtention d’un résultat optimisé. N’oublions pas aussi la qualité de la série Y qui semble être le cheval de bataille de la marque allemande pour démarrer dans l’immersif et qui délivre un rendu en tout point excellent avec un aigu de toute beauté.

Marcus se moque de Ralf et la salle se marre : « tu nous jouerais pas une belle sérenade par hasard ;0) »

Vous aurez enfin remarqué que nous n’avons volontairement pas joué la carte de la comparaison entre Soundscape et L-ISA. La raison en est simple. Les deux systèmes marchent avec leurs différences et sont supportés par les deux plus grands fabricants d’enceintes pro, un gage de qualité et de sécurité dans le temps.
Il ne fait aucun doute que, malgré le respect et estime que se portent d&b et L-Acoustics, la guerre va faire rage, non pas pour imposer un standard unique, mais pour convaincre des productions, des artistes et des prestataires de franchir le pas de l’immersif avec leur marque. Il n’y aura donc pas de gagnant ou de perdant. Si l’immersif prend, ce sont tous les fabricants qui en sortiront gagnants et, in fine, tous les shows et tous les spectateurs. Il y a pire comme perspective.

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RégieTek fête ses 15 ans et toutes ses dents (de lait)

On a l’impression qu’ils sont là depuis toujours et pourtant ils sont jeunes, beaux, talentueux et artistes aussi, mais que depuis 15 ans. Qu’importe ; la fête à La Marbrerie à Montreuil a été belle, revivez-là en quelques photos.

Ahh ce stand. Désormais on connaît mieux la vigne et ce qu’on peut en tirer quand on la travaille bien…

Une fois trouvée la salle de 1500 m² bien cachée derrière une entrée très discrète, l’accueil de Cédric Duminy est plus efficace qu’un brise-glace au propre (nous sommes fin décembre) comme au figuré, bien aidé par le stand où l’on vous raconte le vin que vous allez boire avant de vous le servir.

Au bout d’une petite heure la jauge maxi de l’orchestre est atteinte et même les balcons de la Marbrerie, une adresse plus que sympa, commencent à se garnir de clients, fournisseurs, collaborateurs et amis de l’équipe de RégieTek.

Un puissant VP projette en boucle les images du 10e anniversaire, heureusement sur un mur très brut et caillouteux car certaines expressions trahissent parfois un état de fatigue liquide ou des accoutrements très, très drôles. Des artistes sur scène essaient tant bien que mal d’attirer notre attention mais les rencontres, les potes, les souvenirs et les petits fours, ne leur facilitent pas la tâche.

Pris dans les arabesques lumineuses créées par le VP et tout à droite, Jacques Kaspi chauffe sa voix.

La scène de la Marbrerie. On devine derrière le Patt, l’étage cantine de la salle

Un discours ! Un discours !

Cédric, Régis Casu et Jacques Kaspi prennent la parole pour dire et redire leur plaisir, leur joie et leur envie de continuer l’aventure de RégieTek ensemble, presque en famille, et à voir les visages des présents s’illuminer comme des ballons lumineux, leurs mots font mouche. La suite est la montée de tous les collaborateurs actuels et passés sur la petite scène de la Marbrerie dont la résistance a été testée avec succès. C’est du solide.

Le guitariste et accessoirement créateur, directeur, vendeur et intégrateur de RégieTek : Cédric Duminy

Le sondier, mixeur, directeur, créateur et animateur de RégieTek : Régis Casu.

Les souvenirs s’enfilent implacablement comme des diapos sur leur Carousel Kodak

Le râtelier à vieilleries qui ne sortent plus jamais. On n’a qu’un dos et un petit serveur…

A gauche Céd et Régis fantasmant sur des potars, à droite sur des écrans. Quelques années sont passées.

 » Allez, venez toutes et tous sur scène vous qui avez fait RégieTek ! « 

Amale Benaddi, en charge de la comptabilité et de l’administratif de RegieTek.

 » Montez, montez  » insiste Régis.

Le quart d’heure sérieux

Jacques Kaspi, en charge de la stratégie de l’entreprise, profite d’une audience de plus en plus importante pour lâcher avec parcimonie quelques mots sur 1600 mètres carrés d’espaces dédiés à la création artistique en cours de rénovation et qui vont ajouter à la panoplie de services déjà offerte par la maison RégieTek, une dose de pré-production très recherchée. Résidence Live !

Jacques Kaspi a des bonnes nouvelles à annoncer.

Tout est dit !

Show devant et étincelles partout !

Les tubes sont chauds, les musiciens aussi et la chanteuse n’attend que ça pour mettre le feu. On est dans une salle de spectacles ou bien ?

Mention spéciale à Erika Duminy pour son staffing, booking, looking and good, very good singin’

Il arrive parfois que la confusion de genre entre techniciens et artistes conduise à un profond ennui. Il n’en est rien. Ca tourne comme une horloge, c’est bien en place et sans grimaces ou efforts trop laborieux. Dommage que le temps ayant manqué (mais comment pourrait-il en être autrement dans nos métiers NDR) le RégieTek Band, ne nous interprète qu’un morceau, celui qu’ils ont eu le temps de répéter. A ce propos, il paraît que le guitariste et la chanteuse sont ensemble. Ca va encore foutre la pagaille dans le tourbus mais passons.

Y’aurait-il encore un bassiste dans la salle ;0)

Des étoiles sur scène illuminent la Marbrerie !

Chaud et en plus Régis sait encore mixer !

T’as 15 ans de boîte, t’as pas un Mesa Boogie rougeoyant, t’a raté ta vie !

Il vaut mieux une drum en plastok qu’un batteur en bois (cherchez pas, je viens de l’inventer..)


La suite a consisté en un buffet excellent et varié, des bouteilles de vin toutes défectueuses car se vidant toutes seules et un DJ qui a fini de mettre de l’ambiance. 20 ans c’est dans combien déjà ?

Le Casu wall

 

Beyerdynamic, la tradition a du son

Qu’est ce qui fait la force d’une société ? Ses employés, son passé, ses idées et un actionnariat stable ! Beyerdynamic nous le prouve et se rappelle à nos oreilles comme étant l’un des spécialistes des transducteurs de captation et de restitution, deux étapes essentielles de la chaîne du son.

« Ca vous dit d’aller visiter les ateliers de Beyer en Allemagne ? » Vous imaginez la réponse qu’on a faite à André Zagury, le PDG d’Audiopole, qui distribue la marque en France. « Quelques semaines et quelques heures de TGV plus tard, nous voici à Stuttgart, la ville où les maisons alternent avec les usines dans une harmonie post-moderne toute en délicatesse mais à la fois révélatrice du pourquoi nos amis d’outre-Rhin nous taillent des croupières côté industrialisation… Au détour d’une avenue tranquille et arborée d’Heilbronn, à quelques kilomètres de la capitale du Bade-Wurtemberg qu’on a quittée en minibus, apparait le logo Beyerdynamic sur un bâtiment discret et bas sur pattes.

En haut de l’escalier, l’accueil avec sa fenêtre illuminée. Celle d’après donne la lumière du jour à la pouponnière où naissent des centaines de membranes chaque jour !

Nous sommes accueillis par Michael Knopf, un ingénieur application très sympa et parlant un très bon français et Klaus Kirchhöfer, un vieux de la vieille ayant déjà bourlingué dans la maison Beyer et à même de nous la décrire par le menu. Quelle n’est pas notre surprise de constater que la première pièce de la visite est petite et placée dos à l’accueil. Il s’y passe pourtant une opération essentielle : le pressage des membranes, que ces dernières soient ensuite l’âme d’un casque ou d’un micro.
Rappelons brièvement que Beyerdynamic produit depuis 1924 des enceintes, des casques et des micros, tous trois demandant de maitriser l’équipage mobile au sens large du terme. Si les enceintes ont très vite été abandonnées, les casques et les micros sont toujours la grande spécialité de la firme allemande qui a accumulé un savoir-faire impressionnant, des machines uniques et une main d’œuvre qui l’est tout autant dans un ballet où la précision n’a d’égal que l’apparente simplicité du geste. Apparente ! 350 personnes travaillent dans la société et plus d’une vingtaine ne s’occupe que de R&D.

Les casques

Pour simplifier à l’extrême, une fois découpé le rond de Mylar de différents types, épaisseurs, rigidité et j’en passe, la pièce est pressée par une machine conçue et fabriquée par Beyer.

Mou, très mou le Mylar ou polytéréphtalate d’éthylène, ici dans les mains de Klaus.

Et le voici une fois pressé et mis en forme. Non, le monsieur derrière n’est pas de chez Beyer pas vrai André ;0)

Si votre M88 sonne aussi bien depuis presque 50 ans, cette presse et les ouvrières archi spécialisées qui la mettent en œuvre y sont certainement pour quelque chose.

Des ouvrières spécialisées vont ensuite et avec d’infinies précautions retirer les dômes des futurs micros ou casques de cette pièce ronde à l’aide d’une pince brucelle, et en vérifier visuellement la forme et la qualité avant de les déposer dans des boîtes qui vont passer à l’étape suivante, le collage de la minuscule bobine constituée du cuivre le plus fin et changeant en fonction du modèle à fabriquer. Mais avant cela, cette bobine aura été enroulée sur des gabarits d’acier du bon diamètre et évidemment à la spire près.

Deux bobines très grossies pour les besoins de la photo.

Dit comme ça, cela paraît limite préhistorique et pourtant aucune machine n’est en mesure de le faire aussi vite et surtout aussi bien qu’une femme, en écartant sans hésiter les pièces hors gabarit.
Interrogés sur la quantité d’ouvrières au sein des ateliers de fabrications, la réponse de Beyer a été immédiate. Il n’y a presque pas d’hommes !

Ce travail de formage de membrane, bobinage et collage mais aussi d’assemblage final des produits est effectué quasiment à la demande en fonction des besoins que les différents distributeurs et grands comptes répercutent à la maison mère.

L’avantage de fabriquer une très grande partie des produits dans l’usine de Heilbronn (seuls quelques rares modèles tout public d’entrée de gamme proviennent de Chine) est de pouvoir réagir très rapidement à toute demande.

La bobine est chassée sur son support déjà solidaire de la membrane de ce futur casque.

Un bac chargé en équipages mobiles prêt à passer à l’étape suivante.


A l’aide d’un pinceau, le vernis isolant et collant est posé sur la bobine solidaire d’une minuscule tournette.

Et ensuite les deux minuscules fils de cuivre de la bobine sont séparés et collés sur la membrane afin de ne pas vibrer et, par la suite, de rejoindre les points de contact sur le saladier du transducteur où sera appliquée la puissance en provenance de l’ampli casque.


Enfin l’équipage mobile rejoint son petit saladier et son aimant où il est collé en place avant de partir pour recevoir des vernis spécifiques et colorés pour s’y retrouver, sur la surface de la membrane.

La matière première essentielle chez Beyer. Si le diamètre change de modèle en modèle, le principe du fil de cuivre est immuable et la consommation importante.


Bien entendu, l’usage de colles, fils à souder et autres aimants au néodyme a donné lieu à l’installation d’un système d’aspiration très performant afin de mettre le moins possible en contact des ouvriers avec des vapeurs et des poussières potentiellement dangereuses. L’éclairage des postes de travail et des loupes spécifiques complètent l’outillage sur mesure mis à disposition de chaque salarié.

L’assemblage des aimants d’un casque à l’aide de fines rondelles bien brillantes, synonymes d’aimants au néodyme, prisés chez Beyer malgré leur coût. L’avantage par exemple dans un casque est de fournir une force équivalente pour une pièce pesant 14 grammes contre 270 grammes pour celle en ferrite… Un poste de travail où il ne fait pas bon venir avec sa montre automatique…

Les aimants d’une future série de casques d’écoute attendant de rejoindre leur équipage mobile. Chacun est séparé de l’autre par une pièce qui les maintient à distance afin de faciliter leur manipulation, et les colonnes sont tout simplement aimantées au meuble de travail métallique, comme il se doit.

Les micros

Dans l’autre aile du même bâtiment, voire du même plateau, sont fabriqués les micros, avec peu ou prou les mêmes étapes que pour les casques : création des membranes, bobinages (de compensation et des membranes) collages des éléments et enfin assemblage du tout dans les têtes ou au bout des manches dans lesquels prennent place des circuits passifs ou actifs et qui sont parfois remplis de laine et autres tissus bien précis pour amortir la charge arrière.

Une bobine de compensation vient d’être bobinée sur cette machine en comptant soigneusement les spires et ensuite est vernie.

Rien n’a vraiment changé dans le design et la fabrication des micros chez Beyer depuis les années 50 comme dans ce dynamique qui doit pouvoir délivrer la même signature sonore année après année.


Et rien de tel qu’une bonne vieille lame de rasoir Wilkinson pour ébarber et ôter des restes de colle une fois le dôme de ce M201 en place.

Le bourrage plus technique qu’il en a l’air d’un manche de M88 afin que la charge arrière et la chambre qu’il forme pour cela, ait des caractéristiques précises d’amortissement et d’absorption. Ce fil est bien entendu choisi pour ses caractéristiques y compris de tenue dans le temps.


Parmi tous les micros en fabrication, nous sommes tombés sur un modèle particulier se devant d’avoir un très long col pour pouvoir y fixer un logo, ne devant pas briller si éclairé directement, être léger pour pouvoir être porté longtemps à bout de bras, disposer d’une suspension très efficace pour atténuer les bruits de manipulation et enfin disposer d’une réponse en fréquence plutôt centrée sur la voix humaine et apte à nettoyer les bruits ambiants. Mesdames et messieurs, voici le M58, un micro très apprécié par les reporters.

Le M58 tout nu et loin d’être fini d’assembler. La capsule est en bas et l’XLR de sortie ira en haut connectée aux fils apparents.

Le même M58 une fois terminé et dans les mains de Klaus.


L’ensemble des pièces métalliques comme les manches, grilles, arceaux et autres peintures cuites au four et inscriptions spécifiques sur ces pièces sont sous-traités. Les transducteurs, l’assemblage et le test final est exécuté à Heibronn. Un détail qui a son importance. Dans la même région, des marques comme Mercedes et Porsche ont leurs usines et surtout leurs sous-traitants, c’est donc l’esprit tranquille que Beyer confie ces tâches à ces mêmes industriels spécialisés.

Essais et mesures

Bien entendu tous les ensembles micro et casques, les parties qui produisent un son ou qui le génèrent, sont testées avant assemblage final au minimum en impédance et réponse en fréquence. Comme nous le verrons plus loin, les micros de mesure sont testés individuellement en chambre sourde et certains micros statiques sont livrés avec leur réponse individuelle sur papier, là ou pour d’autres, le même test est effectué aussi pour vérifier que la réponse tient dans les tolérances, mais sans être fourni au client final.

Un des nombreux bancs de mesure qu’on croise dans les ateliers, ici côté casques.

Des DT990 personnalisés et pour celui de gauche, gravés sur les arceaux du nom de leur propriétaire, prêts à passer au banc de mesure et à l’écoute pour en vérifier le parfait fonctionnement.

Une micro chambre sourde. Pas de panique, Beyer en a aussi une grande et belle !

Enfin, certains casques sont écoutés individuellement et les micros appairés le sont…vous allez voir comment. Cela dit n’imaginez pas une seule seconde que ce ne soit facile à faire, le coup d’œil de cette ouvrière est chirurgical et pourtant rapide. Les différences sont minimes. Chapeau.

Un bac plein de TG 153 validés et disposant pour chacun d’entre eux de sa courbe de fréquence mesurée. Le jeu consiste à étaler un certain nombre d’entre elles sur la table et ensuite en parcourir un autre tas comme un jeu de cartes. L’expérience fait le reste et permet de trouver le plus de ressemblances entre deux capteurs. Un coup d’agrafeuse et ils sont mariés pour le meilleur et pour le pire…de la musique !

Les micros sont ensuite rangés par paires avec leurs courbes bien agrafées par deux. Aucun risque d’erreur, chaque capteur porte un numéro unique qu’on retrouve sur la courbe. Pour un micro vendu à moins de 100€ TTC l’unité sur vos sites web préférés, l’effort et le sérieux du fabricant sont remarquables.


Questionné sur la possibilité d’obtenir un « jumeau » de son micro préféré après coup, Klaus a été affirmatif, pour peu que le modèle soit toujours au catalogue et que votre modèle ne se soit pas trop écarté des tolérances pour des raisons telles que nicotine, humidité, chocs ou autres.

La chambre anéchoïque

De taille respectable, bâtie dans les années 80 et équipée d’une tournette pour saisir les polaires des capteurs face à une enceinte calibrée et sous le contrôle d’un micro étalon Brüel et Kjær, la chambre anéchoïque de Beyer se partage entre la R&D et la production, qui vient notamment y tester le micro de mesure de la marque, le MM1. Nous avons justement retardé avec notre visite l’essai d’une série de ces capteurs qui, bien entendu, sont mesurés un à un dans d’excellentes conditions techniques. Juste un radiateur qui apporte quelques calories, déclenche le rire très sonore de Klaus quand on lui fait remarquer que cette relique thermique cliquette pas mal ;0)

La chambre anéchoïque dont on devine à droite l’enceinte bafflée de laine de roche jaune sur sa face avant et le filet métallique au sol sur lequel on se déplace dans le vide là où les ondes sonores passent librement au travers et vont perdre leur énergie dans les absorbeurs qui la tapissent, y compris sous les pieds, reproduisant les conditions du champ libre.

La taille de cette salle permet des mesures allant jusqu’à 65 Hz et cette dernière repose sur un complexe système d’amortisseurs garantissant le plus parfait découplage avec le bâtiment et les machines qui s’y trouvent ainsi que sur la route qui passe devant les murs de l’usine.

L’enceinte coaxiale ne laisse apparaître que le dôme d’aigu, le reste du spectre est reproduit derrière les orifices visibles dans le trou rond de la laine de roche. Devant on distingue le micro de mesure Brüel et Kjær et juste au-dessous une XLR noire attend les candidats à la mesure.

La série de MM1 en train de se faire tracer le portrait.

Pour info, voici la réponse en fréquence et la polaire du MM1. Ne vous fiez pas à la remontée au-delà de 15 kHz, elle n’est vraie que si vous attaquez la tête à électret à 0°. A partir de 90° ou en champ diffus, cette réponse redevient parfaitement droite. Rappelons que ce micro est omnidirectionnel.

Le CMS à la maison

Comme si ça ne suffisait pas, Beyer a choisi de ne pas sous-traiter les quelques circuits électroniques présents dans ses gammes de micros HF, certains micros studio et dans les amplis casques et systèmes de conférence. Le volume est faible mais la variété importante, ceci explique sans doute cela. 3 machines placent les composants de surface avant que la carte ne passe dans un four pour leur braser les papattes.

La pose des composants, toujours très impressionnante par la vitesse et la précision de son exécution.

Le four petit et unique mais suffisant vu les petits volumes de volumes circuits à produire.

Le mot du PDG

Wolfgang Luckhardt, PDG de Beyerdynamic a pris le temps de venir à notre rencontre et a surtout accepté de répondre à nos questions.

SLU : Quel est le pourcentage entre les produits pro et le tout public et comment est la tendance entre les deux ?

Wolfgang Luckhardt

Wolfgang Luckhardt : On est environ à 50/50. Dernièrement on assiste à une montée du marché tout public, même si nous sommes à l’origine une société bâtie sur le Pro et le B2B. Parmi cette moitié de marché pro, les systèmes de conférence en occupent un tiers, les micros traditionnels un tiers et les micros HF le dernier tiers.
En ce qui concerne le tout public, les casques représentent la grande majorité de nos ventes et ce segment va croitre en 2018. Nous sommes aussi en croissance sur la branche professionnelle micro filaire, HF et B2B, cette dernière étant essentiellement constituée de systèmes de conférence, et nous tenons absolument à garder notre spécificité pro qui est notre ADN.

SLU : Allez-vous compléter la gamme HF au-delà du TG1000 ?

Wolfgang Luckhardt : Oui, nous développons à l’heure actuelle quelque chose mais dont on ne peut pas encore parler en détail. Tout ce que je peux dire c’est que la gamme HF va grandir avec plus de produits milieu de gamme et entrée de gamme et avec des produits pour les musées et les conférences.

SLU : Est-ce que Beyerdynamic va rester une société privée détenue par sa famille ?

Wolfgang Luckhardt : Oui absolument. Il reste trois branches à l’arbre Beyer du début et rien ne va changer dans la gouverne de la société. Jusqu’à aujourd’hui nous n’avons pas eu besoin de faire appel au marché ou à des partenaires, nous fonctionnons en autofinancement et sur ce point aussi nous n’allons rien changer. Au cours des 15 dernières années notre croissance a été accompagnée sur nos propres deniers car nous tenons à notre indépendance.

SLU : Qu’est-ce qui se prépare côté microphones filaires ?

Wolfgang Luckhardt : Nous travaillons sur un certain nombre de produits plus abordables pour le marché de l’interactif et de YouTube car c’est un marché en expansion où le son peut progresser et où certains produits spécifiques manquent. Nous montrerons peut-être quelque chose lors de l’ISE 2019.

Neubauer ne vend pas que des voitures…

Bernd Neubauer, le baladin de la marque qui porte la bonne parole sur scène et en studio et fait vivre la marque dans l’univers audio pro

Wolfgang a juste le temps de quitter la salle de réunion avec un mot gentil pour tout le monde qu’arrive Bernd Neubauer, ingénieur terrain, ou application engineer, et en charge chez Beyer, des relations avec les artistes endorsés ou en passe de le devenir. Un monsieur très intéressant pour nous, d’autant qu’il commence sa présentation par un « I’m the rock’n’roll guy » qui claque juste comme il faut !

Bernd Neubauer : Je passe le plus clair de mon temps en dehors du bureau, ou plutôt mon bureau sont les scènes où je me balade pour diverses raisons, y compris former nos clients sur les produits HF. Une de ces raisons est aussi de dialoguer avec les utilisateurs de nos produits pour avoir leur avis, leurs envies, et surtout leur aide lorsqu’on développe un nouveau produit.

Prenons par exemple le D71, notre nouveau micro de surface pour grosse caisse. Il a pris deux ans à être mis au point et en production. Nous avons commencé par ce prototype. Il a été fait à la main dans notre atelier et ne tient plus fermé qu’à l’aide de gaffer. Ce modèle a été prêté à un grand nombre de mixeurs qui l’ont essayé durant leurs tournées et en fonction de leurs remarques, le capteur a été modifié. Nous avons fabriqué en tout 3 protos ce qui a accéléré la phase de test. On effectue aussi des essais ici, on a un petit studio pour ça, mais rien ne remplace le terrain et c’est la raison d’être de mon travail.


J’ai mes entrées un peu partout, studio et touring et connais beaucoup de techniciens, ce qui nous donne la possibilité de leur créer le meilleur produit possible. Je suis le messager de leurs désirs et je les répercute à la R&D à chaque fois que je reviens au siège. Rencontrer des mixeurs ici est beaucoup moins intéressant pour nous car on ne parle pas de leur problème mais de problèmes génériques, et il nous manque surtout le son du système, de la salle, des différentes consoles, instruments… On ne peut enfin pas être juge et partie et nous ne serons jamais notre client…

Le D71 tel qu’il existe dans le commerce

SLU : Le look entre le proto et le def est très différent.

Bernd Neubauer : le look oui, le son moins, on n’était pas loin d’avoir trouvé le bon rendu du premier coup, en revanche la grande différence est l’électronique embarquée pour le capteur à condensateur dans le D71 et qui était dans un boitier séparé pour le prototype.

La Eugen (Beyer NDR) Sound Academy, la petite salle de test, plaisir et RP de Beyerdynamic.

Depeche Mode on tour

En tournée depuis mars de l’année dernière et de passage en France pour 5 dates en festival cet été, Depeche Mode est parti avec le plein de capteurs et liaisons Beyer.

Bernd Neubauer : Ils utilisent pour la batterie de Christian Eigner le D71 dans la grosse caisse et le D70, un dynamique, dehors, des D58 clipés sur les toms, le M160 à ruban en overhead pour la façade et le MC840 pour les retours de Christian, deux M160 sur les charley, des D50 sur la snare et j’en passe. Rien que pour la batterie il y a 34 voies de console mobilisées car certains toms sont repiqués aussi par en dessous. Pour Dave Gahan et toutes les voix en général, ils emploient le TG1000. Les guitares sont en HF. La console brasse en tout un patch de 98 sources et ils sont 5 à l’équipe son pour gérer tout ça.

SLU : Peut-on dire que Depeche Mode est endorsé ?

Bernd Neubauer : Non, pas exactement. Nous appelons cela un « tour support » Le matériel est en prêt et nous est retourné à la fin de la tournée, ce qui nous permet de le checker et de voir comment il a évolué durant un an et demi de tournée dans tous les continents et sous tous les climats.

SLU : Comment avez-vous pu fournir des micros à ce groupe ?

Bernd Neubauer : Très simplement. Leur ingé son nous a approchés pour avoir deux micros en prêt et est parti avec le kit complet ! (rires) Il a écouté mes suggestions une par une car il connaissait le M88 qu’il apprécie tout particulièrement, et d’envoi en envoi dans la salle de répétition où il a encodé le show, il a tout gardé. Je crois qu’il reste un SM57 sur une des caisses claires mais je n’en suis même pas certain (rires).

SLU : Quel tête équipe l’émetteur main de Dave Gahan ?

Bernd Neubauer : La V70. Une dynamique hypercardioïde à grosse capsule qui délivre un grave généreux qui plaît beaucoup au mixeur et qui sort très bien sur le système L-Acoustics. Nous avons gravé les émetteurs avec le logo du groupe et ils sont ravis !

Micro de Mesure 1 = MM1

Nous l’avons vu dans la chambre anéchoïque en train de se faire tirer le portrait acoustique bien rectiligne, le MM1 revient sur le devant de la scène avec Bernd, trop content de nous raconter l’histoire de ce micro de mesure au prix très, très contenu et existant aussi en capsule interchangeable pour le TG1000.

Bernd avec le MM1 en version vissable sur la tête de l’émetteur maison.

Bernd Neubauer : Je suis sur la tournée de Mark Knopfler et je commence à discuter avec l’ingé système qui est un allemand, un berlinois. Il emploie un micro de mesure sans fil très connu. Il me vient l’idée de brancher notre MM1 qui n’existe à ce moment-là qu’en filaire sur un émetteur TG1000. J’ai envie de pouvoir me mesurer à notre concurrent. Quatre jours plus tard je suis de retour sur la tournée avec MM1 et un ensemble émetteur bodypack et récepteur TG1000. On compare les deux systèmes sans fil et la réponse en fréquence comme la phase de l’ensemble Beyer sont meilleures. Je rentre à Heilbronn et demande qu’on me trouve une solution pour visser le MM1 et l’alimenter en 48 Volt par l’émetteur main du TG1000. Deux semaines plus tard, j’ai reçu deux prototypes de têtes.

Un émetteur TG1000 sans tête, prêt à se transformer en système de mesure.

Une est partie sur la tournée d’Adèle et la seconde sur celle de Mark Knopfler. L’ingé système de Rammstein qui a appris l’existence de ces protos a aussi voulu le sien. Ces trois tournées nous ont fourni des tonnes de retours positifs et de petites améliorations qui nous ont permis, en pas plus de 8 semaines, de sortir un produit fini.

SLU : Le système TG1000 n’intervient donc aucunement sur la dynamique, la réponse en fréquence…

Bernd Neubauer : Non, c’est grâce à cette linéarité parfaite de notre liaison entre 5 Hz et 20 kHz et à la qualité sonore de notre codec que, contrairement à d’autres systèmes HF concurrents, nous avons pu y adapter notre tête et offrir ce combo de mesure qui, en plus de marcher mieux, est beaucoup moins cher que notre concurrent américain.

SLU : Quelle est la fréquence d’échantillonnage du système TG1000?

Bernd Neubauer : Presque 48 kHz.

SLU : ??

Sur cette capture écran, les courbes des deux liaisons qui ne laissent aucune place au doute. En brun l’américaine, en rose l’allemande. L’audio issu du TG1000 est parfaitement apte à la mesure. Allemagne 1, USA 0.

Bernd Neubauer : Je sais, ça paraît étrange mais notre codec fonctionne à merveille comme ça, il n’y a qu’à voir les mesures pour s’en rendre compte, et nous avons donc fait le choix de garder cette fréquence. Un SRC (convertisseur de fréquence d’échantillonnage) remet bien entendu le tout en forme pour délivrer un flux compatible en sortie. Enfin nous fournissons la courbe de réponse de chaque MM1 sous le forme d’un fichier afin que les ingés système puissent par exemple l’importer dans SMAART et calibrer leur chaîne de mesure.

SLU : Comment te sens-tu quand tu luttes contre des marques comme Sennheiser ou Shure qui sont reconnues comme étant des spécialistes de la HF ?

Bernd Neubauer : Moi ? Bien. Mais, et cela n’engage que moi, on ne peut pas comparer des grandes maisons comme celles que tu cites à une société à taille humaine comme Beyer. Nous ne sommes en tout que 350 et cela doit être à peu près le nombre de personnes qui travaillent pour la R&D de Sennheiser (rires !) En revanche j’accepte volontiers de comparer nos produits et les leurs et de ce point de vue, nous sommes sur un pied d’égalité.
Je constate aussi que depuis au moins deux ans, les productions et les prestataires sont plus ouverts à l’idée de travailler avec d’autres produits. Notre grand avantage c’est qu’une fois essayé un de nos produits, en général il ne revient pas. J’ai prêté une paire de M160 à ruban au preneur de son de Mark Knopfler pour repiquer ses amplis, et Mark en personne est venu me voir pour me dire qu’il voulait les garder, il n’avait jamais entendu aussi bien sa guitare. Il ne faut pas comparer des courbes ou des spécifications, elles sont toutes pareilles. Il faut brancher et écouter. Le son ça s’écoute, ça ne se regarde pas.

Et la R&D ? Mais on y va !

Le quasi mot de la fin revient à Ulrich Roth, le Directeur de la R&D de Beyer qui a accepté de nous emmener dans son antre, fatalement en travaux, merci la croissance, et où, comme c’est étrange, nous n’avons pas pu prendre de photos ;0)

Si une, celle de la poubelle de la R&D qui n’avait pas été vidée ! Le monsieur en chemise n’est pas l’homme d’entretien, mais bien Ulrich Roth…

Ulrich Roth : Nous sommes 35, quasiment tous ingénieurs et la plus grande partie du développement des nouveaux produits se fait ici, avec trois équipes distinctes : celle qui travaille sur les systèmes de conférence, la plus petite, celle ensuite qui travaille sur les micros, et enfin la dernière qui se charge des casques. Bien entendu nous avons fait un peu le ménage avant de vous inviter et toutes les nouveautés sont cachées sous les bureaux (rires).

SLU : Combien d’années de maison avez-vous ?

Ulrich Roth : Bonne question. Cela fait 26 ans de Beyer et 18 ans que je dirige la R&D. Tout cela ne nous rajeunit pas !

SLU : Votre spécialité étant les micros et les casques, la HF a certainement dû vous demander beaucoup de ressources.

Nous avons menti. On a pu prendre une seconde photo dans la R&D. Elle se passe de tout commentaire d’autant que cette affiche était scotchée sur un mur porteur…

Ulrich Roth : Beaucoup oui. Si je compte en heures et je divise en personnes, le développement du TG1000 a requis 40 ingénieurs répartis sur 4 années de travail.

SLU : Qu’est-ce qui est prévu après le TG1000 qui est une réussite reconnues de tous, quelles nouvelles versions ou évolutions se préparent… (rire général de la R&D)

Ulrich Roth : J’aurais beaucoup de choses à dire… On a déjà décliné une partie de la technologie dans le TG500 et travaillons sur d’autres modèles et aussi, bien sûr, sur d’autres technologies. Ce qu’on évitera à coup sûr c’est de commettre l’erreur de vouloir développer des appareils qui ne soient pas compatibles avec l’offre existante car une simple prise câblée à l’envers ou un connecteur en haut d’un émetteur main différent, peuvent changer la donne et nous aliéner une part du marché.

Conclusion

On a quitté Beyer avec des certitudes. Il y a à Heilbronn de la matière grise, des idées et des wagons de savoir-faire. On y a trouvé aussi des femmes et des hommes heureux de travailler, fiers d’être chez le « petit » capable de faire aussi bien, voire mieux que les mastodontes.
On a enfin ressenti l’humilité, l’ouverture d’esprit et la volonté d’écouter le client, des vertus qui mises bout-à-bout, permettent de faire de grandes choses. Encore merci à toute l’équipe allemande et française pour cette belle visite et rendez-vous à Francfort pour découvrir tout ce qu’Ulrich a fait planquer à ses ouailles !

Avec d&b, Chantons et du son sous la pluie, 2ème partie

Bienvenus au Grand Palais pour la seconde partie de notre reportage. Une suite et fin où l’on chante sous la water, avec du flutter. Singin’ in the rain en compagnie des équipes du Châtelet, c’est passionnant et c’est maintenant. Suivez le guide avec votre parapluie !

(c)Theatre du Chatelet Marie-Noelle Robert

Après la régie HF, nous repartons avec Cyril en direction de la fosse d’orchestre posée à même la dalle du Grand Palais. Pour l’atteindre, on passe sous le plateau à partir du lointain ce qui permet d’admirer divers points techniques. Le premier est celui de l’interphonie en DECT, du Bolero Riedel qui passe aisément partout malgré la taille de l’endroit et les effets étranges du dôme sur les ondes radio. Tout de suite après on retrouve les amplis D6 et D20 du Châtelet, utilisés pour les retours.

Nous sommes au lointain, tout au bout c’est le nez de scène et la fosse orchestre.

Brillant de mille feux, les Ghost interpellent. Cyril Auclair : J’en ai installé partout. Deux ici juste sous la régie HF, deux en fosse et enfin deux à la régie façade. J’y véhicule le Dante de l’Aviom, le réseau pour le sous-titrage, ça me permet de récupérer la partie Wireless Systems Manager des HF en cas de besoin. Je véhicule aussi le R1 de d&b, l’intercom en AES67 et enfin un réseau data. L’audio lui passe par l’Optocore.

Le point intercom avec les modules DECT Bolero en pleine charge.

Les amplis des retours avec, à gauche et en bleu, deux Ghost.


Les réservoirs de stockage de l’eau de pluie connectés au bac placé sus la scène dont le sol est spécifiquement ajouré pour permettre l’évacuation de l’eau, et les différentes pompes et filtres achetés par le Châtelet pour cette production.

La balade continue par la zone  » humide « , où officie un pisciniste en charge de fournir tous les soirs l’eau sous pression, réchauffée à 35°, filtrée et purifiée. Cette eau est récupérée par le sol à chaque show et subit le même process afin de garantir aux acteurs une totale sécurité.

Nous arrivons enfin à proximité de la fosse de l’orchestre et donc à l’aplomb du système d&b en gauche, centre, droit, ligne de subs et fills en T10. L’endroit idéal pour y placer les amplis.
Juste à côté on retrouve le stage rack qui accueille les micros de l’orchestre et les racks Aviom pour donner au musiciens les flux à mixer individuellement et l’interphonie.
A la vue des Ghost, la question est inévitable. La réponse prévisible. Cyril Auclair : Bien sûr qu’on va avoir des Ghost au futur Châtelet ! D’abord cocorico et surtout, quel produit intelligent, utile, facile d’utilisation et encore plus pratique en POI et 10GB.

Siglés On-Off (vive la politique de groupe ! NDR), les 12 D80 nécessaires à donner vie à 36 Y, 10 V-Sub et quelques side et front fills grâce à 12 T10. Les Y fonctionnent en Array Processing, ceci explique le nombre d’amplis. Un rack de 3 amplis c’est une ligne de 12 têtes passives.

De l’audio à gauche, des retours au centre et de l’interphonie à droite. Ce qui brille le plus, c’est du Ghost et ce qui est écrit en orange…c’est l’Orange Box, avec deux slots occupés par une carte DMI-Opto et DMI-Dante !


Quelques pas en plus et nous arrivons dans la fosse qui est assez rangée, enfin, plus la partie cordes occupée par les filles que celle des cuivres qui l’est par les garçons. Au milieu de la fosse et face au chef d’orchestre, le piano attire notre attention.

SLU : Tu le repiques quasi fermé, pourquoi ?

Cyril Auclair : Complètement ouvert il sonne différemment et je n’aime pas trop et puis, il y a à boire et à manger avec tout ce qui l’entoure. En plus sur la grande béquille on ne voit plus le chef d’orchestre donc, il ne restait que la petite.

Une paire de DPA 4099 pour  » la base  » du son de piano.

Un bon vieux Schoeps pour  » le plus « , placé vers les cordes de grave


Et un M88 Beyer enfin, pour avoir une autre couleur et plusieurs matières à travailler.

SLU : Combien de musiciens as-tu dans la fosse ?

Cyril Auclair : Deux pupitres de trois violons, un alto, trois violoncelles, une contrebasse, quatre multi-instrumentistes (sax, flûte, clarinette), trois trompettes, deux trombones, un percussionniste, un pianiste et un batteur. 23 plus le chef d’orchestre.

Une contrebasse de l’Orchestre Pasdeloup, équipée jazz pour l’occasion avec un capteur Schertler et un 4099 DPA.

SLU : Ta fosse sonne comme celle du Châtelet?

Cyril Auclair : Rien à voir, en revanche la taille et les dimensions générales sont les mêmes.
Nous avons choisi avec Stéphane (Oskeritzian, le responsable audio du Châtelet NDR) d’ajouter des panneaux acoustiques pour parfaire l’acoustique de la batterie dont l’habituel cache en plexi nettoie des problèmes mais en créé d’autres.
On a donc dessiné nos panneaux et nos ateliers de décoration nous les ont fabriqués avec une partie basse pleine et absorbante et le haut transparent.

Une consolette Aviom A360 avec la somme de sources que le musicien peut régler à sa guise, 16 en tout. La touche jaune N°1 de chaque unité permet à chaque musicien, d’écouter un direct out de son propre micro, sur lequel éventuellement, prenons le cas de la trompette, le musicien peut ajouter le stem contenant un mélange des trompettes. Il est toujours maitre de son propre niveau individuel. Chaque soir une sauvegarde est faite de chaque consolette via son port USB et une clé qui porte le numéro de cette dernière afin de garantir la conservation du  » mix  » de chaque musicien. Comme ces derniers changent assez souvent, quatre mix sont rappelables instantanément à l’aide d’une touche.

SLU : C’est toi qui gère les envois pour les musiciens ?

Cyril Auclair : Oui, on prépare les stems avec Pierre, mon assistant, qui s’occupe par ailleurs d’envoyer les effets sonores durant le spectacle, et ensuite ce sont les musiciens qui font leur mélange avec le système Aviom que nous avons loué pour cette opération. On a travaillé avec eux durant les 4 jours de la répétition pour leur apprendre à s’en servir. Certains musiciens savaient déjà, mais la plupart étant issue de l’Orchestre Pasdeloup, notamment les cordes, n’avaient jamais été au contact de ce type de technologie.

SLU : Peux-tu écouter ce que chacun se fait comme mélange et peux-tu sauver la vie à distance à un musicien qui aurait trop tripatouillé les niveaux ?

Cyril Auclair : Nous avons un boîtier Aviom à la régie face pour vérifier le bon fonctionnement de ce réseau et le bon envoi de nos sources, mais on ne peut ni écouter ce qu’il fait, ni même intervenir, c’est un peu le point faible du système. En revanche j’ai veillé à distribuer les consolettes sur différents switchs de telle sorte à éviter que si l’un tombe, on se retrouve avec tous les violons ou tous les cuivres en moins. Enfin j’enregistre chaque soir en multipiste pour pouvoir tracer les problèmes techniques très précisément. Comme je prends 90 pistes, mes enregistrements sont en 44KHz et 16 bits. Sinon cela devient énorme (sourires)

Un 4099 DPA qui attend sagement que son violon revienne comme tous les soirs pour s’y accrocher avec délicatesse. Pierre qui assiste Cyril vient aider les musiciens à équiper leur instrument chaque soir et parfois opère quelques retouches ;0)

SLU : Les micros qu’on voit sur les instruments sont tous à vous et si oui, comptez-vous en acheter quelques-uns numériques à l’avenir ?

Cyril Auclair : Oui, ils sont quasiment tous à nous. Pour ce qui est des micros numériques, je trouve ça très intéressant d’un point de vue du son, mais leur déploiement réclame encore pas mal d’interfaces et d’ordinateurs quand l’on n’a pas la console qui parle en AES42. C’est encore trop long et pas assez fluide à mon goût.

SLU : Comme casque ?

Cyril Auclair : Du HD25 Sennheiser ou différentes références de Westone. Durant la résidence, chacun a pu choisir ce qu’il préférait.

A droite le rack vidéo, essentiellement du matériel issu du théâtre, et à gauche un rack contenant la partie médias sonores gérés par Q-Lab, le tout bien entendu redondé et attaquant la console en MADI.

Allez zou, on monte à la régie face, le line check va avoir lieu et ça nous permettra de découvrir la TRES grosse SD7 et la somme de petits éléments vidéo indispensables dans l’exploitation au quotidien d’un théâtre puisqu’au Châtelet cette mission incombe aux gens du son.
Un exemple intéressant de cette mission vidéo est la fourniture d’un flux vidéo et sonore aux spectateurs retardataires qui ne peuvent rejoindre leurs places assises que lors de l’entracte, et dans cette attente, disposent d’une loge spécifique où ils retrouvent son et images du show.

On continue notre discussion à bâtons rompus quand, dans le doute que cela ne soit pas un panel resté ouvert, j’excite la salle avec ma voix et là, venant de nulle part, le plus remarquable slapback qui soit, claque fort et clair et nous fait exploser de rire. Sacré Grand Palais, heureusement ce soir le son ne sera pas émis depuis la régie, mais plutôt vers elle !

SLU : Combien de signaux reçois-tu dans ta console ?

Cyril Auclair : 50 liaisons plus 43 lignes de la fosse, talks inclus et ici à la régie j’ai les 16 pistes du QLab, 3 retours réverbération (un tout petit peu pour l’orchestre et zéro pour les voix) et 6 micros d’ordre, bref, j’ai 118 entrées et 130 signaux divers. Et j’ai juste une cinquantaine de snapshots.

La SD7T avec son gros side-car en dessous de laquelle prennent place le sonomètre officiel et un panel d’interphonie mais aussi, moins fréquent, une paire de jumelles !

SLU : Les acteurs sont disciplinés avec les micros ?

Cyril Auclair : Oui, mais même s’ils ne l’étaient pas, je suis chaque phrase à la main et entre deux tirades, je ferme toujours la tranche inutile. Mes snaps rappellent des VCA (drôle, on a commencé à dire DCA lors des premières numériques et puis l’habitude a fait que le V est sorti de l’hospice… NDR) des VCA donc, avec les personnes dont j’ai besoin. J’essaie de ne pas dépasser 6 artistes à la fois car cela devient compliqué. En plus des voix, je rappelle aussi des VCA d’instruments. L’ensemble part après dans la matrice de sortie pour router les stems en fonction des besoins.

Il y a des flight cases d’expérience et des semi-remorques de souvenirs, et comme on ne le retrouvera bientôt plus qu’au large de la Pointe du Fier une mitraillette à la main et des maquereaux plein le seau, on s’est posé quelques minutes avec Roland Girard.

Roland Girard

SLU : Tu es arrivé quand au Châtelet ?

Roland Girard : La première fois c’était pour Black and Blue en 1985. J’ai travaillé ensuite pour toutes les comédies musicales américaines qui venaient en France, y compris en tournée en Europe. J’étais intermittent. Je ne le suis plus depuis la fin d’Hello Dolly en 1993 / 94 où j’ai rejoint le Châtelet. Et j’arrête dans quelques jours ( plus précisément il le sera fin février 2018 NDR) A Chorus Line, My Fair Lady, que de souvenirs…

SLU : Pourquoi t’es-tu dédié aux HF ?

Roland Girard : Mais parce que personne ne voulait s’en occuper (rires) Peut être étais-je plus technicien que les autres, mais j’ai pris le bébé, et comme je n’ai pas accroché complètement avec les consoles numériques et que c’est plus sympa d’être derrière avec les artistes, j’y suis resté. Je bricole aussi pas mal avec Benoit et on s’amuse. On a mis au point avec André Chevalier un électricien de scène, le push pull. Les micros terminent tous par cette prise qui permet des connexions rapides et facilite les changements d’émetteurs quand on en a moins que de micros, et qu’il faut les faire voltiger. C’est moi qui soude ces bretelles avec une loupe.

SLU : C’est fiable ?

Roland Girard : Le contact oui, mais potentiellement c’est un point de casse en plus et on en a eu quelques-uns qui ont lâché, mais le gain de temps vaut le petit risque.

SLU : Et après Régiscène, le Chatelet et toutes les autres sociétés et aventures que tu as connues, quel est ton programme…

Roland Girard : Je ne sais pas trop. J’ai un bateau et une petite maison sur l’Ile de Ré, je te raconterai ça sur place en buvant un coup !

Cyril Auclair

Personnalité totalement différente mais gros bagage technique et artistique, nous avons posé quelques questions sur son parcours aussi à Cyril Auclair.

SLU : Comment en es-tu arrivé à exercer ce beau métier de sondier…

Cyril Auclair : Je suis issu d’une famille de musiciens et mon père est issu de la filière musique contemporaine avec des personnages comme Pierre Henry.
Mon premier stage je l’ai fait dans un festival de musique électro acoustique avec justement Pierre Henry et des œuvres de Pierre Schaeffer… Pour le reste je suis flutiste, mais arrivé à mon prix, je n’ai pas suivi le chemin logique de l’orchestre et me suis décidé à aller vers le son, mais avec une oreille formée par les études classiques.

SLU : OK, tu es tombé dans la marmite étant petit.

Cyril Auclair : Depuis mes 6 ans je savais et je disais que je voulais travailler dans le son. J’ai donc passé un BAC STI génie électronique et informatique industrielle. Ensuite je suis parti en IUT en électronique et informatique ce qui m’a pas mal appris.

SLU : Dangereux, t’aurais pu bifurquer…

Cyril Auclair : Ahhh noooon, mon chemin était tracé et après l’IUT je suis parti dans une école de son. Tout était clair dans ma tête, mais je voulais comprendre le fonctionnement d’une machine avant de l’employer, d’où mes études.

La SD7, voilà un beau sujet d’étude…

SLU : Et cette école de son ?

Cyril Auclair : C’était e CFPTS, la seule qui en 2004 traitait un peu du live. Et comme pour rentrer dans cette école il fallait en passer par le contrat d’apprentissage, après moult péripéties, j’ai réussi à décrocher le Châtelet où ils étaient trois, Gérard Fernandez dit Frisé, Roland Girard et Stéphane Oskeritzian.
J’ai réussi à gagner rapidement leur confiance et dès la deuxième année d’apprentissage j’ai pu participer aux spectacles avec les balbutiements de la HF.
Je suis ensuite devenu intermittent avec 50% de mon temps au Châtelet et le reste en dehors avec notamment deux spectacles de Savary. Comme le Châtelet me prenait de plus en plus de temps, j’ai été intégré en tant que technicien permanent, puis régisseur et enfin assistant du responsable du service.

Le pupitre du Stage Manager exploité au Grand Palais. Pensé, créé et voulu par les équipes du Châtelet, il a été récupéré sur place.

SLU : Stéphane mixe lui aussi ?

Cyril Auclair : Au tout début oui, on mixait tous les deux, après on s’est rendu compte que d’abord il y avait besoin d’un interlocuteur et d’un filtre pour le metteur en scène et qu’ensuite, la complémentarité entre deux mixeurs ne s’obtenait qu’avec des périodes longues de répétitions, un luxe qu’on n’a pas puisqu’on ne dispose que de 6 à 7 jours en moyenne. Comme les anglais avaient créé ce poste et qu’ils ont un coup d’avance sur nous, on a aussi inventé le poste de sound designer, responsable du son et c’est Stéphane qui par goût et ancienneté l’a pris.

SLU : Mais le mixage des comédies musicales, ses codes, son rendu si particulier, comment l’as-tu appris.

Cyril Auclair : Quand les comédies musicales sont arrivées au Châtelet, différents mixeurs ont été appelés d’œuvre en œuvre pour gérer le son. Un français d’abord s’y est essayé mais il faisait un son musclé, beaucoup trop. Un second français a été appelé, mais une fois encore cela n’a pas plu. A la troisième comédie musicale c’est donc un anglais, et un bon qui a pris les manettes, mais a coûté très cher, ce qui a donné l’envie au Châtelet de pousser les internes vers la console, et c’est comme ça que j’ai pris la relève.

Les années passent, la conduite reste et, quand on sait lire la musique, rien de tel qu’une bonne partoche !

SLU : Et tu en as profité pour apprendre avec ceux qui sont passés avant toi !

Cyril Auclair : Bien sûr. J’ai bu, je me suis imbibé des points forts de chacun. Comme je le dis souvent, je n’ai rien inventé mais j’apprends toujours, à la fois quand je tourne et je suis accueilli ou bien quand je fais l’accueil et je regarde travailler les autres.
Et je reste un fan des comédies musicales que je vais voir à Londres dès que j’ai le temps en scrutant de près les régies et en tissant des liens avec mes collègues d’outre-manche. En 12 ans de pratique on a donc réussi à créer notre propre son du Châtelet, en essayant d’aller dans un sens  » acoustique  » tout en étant amplifié.

SLU : Ça ne doit pas être évident de satisfaire tout type de public.

Cyril Auclair : On est pile à la frontière entre les amateurs de classique du Châtelet qui viennent vers le spectacle amplifié et ne jurent que par le son naturel, et les amateurs de comédies musicales et de shows amplifiés qui demandent plus de pression. On mixe dans la tradition anglaise, pas fort et un peu en dessous pour respecter cette moitié de public plus  » classique « . Petit à petit on s’est équipé pour cela et surtout pour faire en sorte que dans un théâtre à l’italienne comme le nôtre, chaque siège bénéficie d’un bon son. On est donc bon sur la matrice avec Stéphane (rires) !

Prêt pour le show, Pierre Bodeux, l’assistant de Cyril à la face est plus spécialement en charge d’envoyer les effets sonores.

SLU : Vous n’êtes que deux, qui te remplace si tu as un pépin physique ?

Cyril Auclair : Sur Singin’ personne, mais je suis un dur à cuire, cela m’es déjà arrivé une fois de mixer dans un état pathétique ! Sur les autres shows, on essaie d’être deux et pour permettre à mon binôme d’être à l’aise, il travaille avec moi et dispose de la conduite et du multipiste du spectacle pour répéter ses ouvertures et fermetures.

SLU : Tu joues le noise gate intelligent en somme…Combien de dB d’atténuation, 6, plus ?

Cyril Auclair : Ce dépend des situations. Par défaut c’est -6 pour ne pas avoir de problèmes, parfois cela peut être plus et d’autres fois le metteur en scène nous demande de laisser tout ouvert pour qu’on entende l’effet de rapprochement entre les deux artistes et leurs deux micros ! Parfois on se trompe et ça plaît !

On aime bien les grosses consoles dans les comédies musicales. Voici une SD7 + ¾, grosse et poussiéreuse à cause des canons à air chaud qui ne brassent pas que des calories. Vive le pinceau Cyril !

SLU : Je vois que tu n’as quasiment aucun périphérique externe, tu fais tout dans la console ?

Cyril Auclair : Presque. De toute manière je ne me sers que de compresseurs multibande et d’EQ dynamiques. J’ai un ou deux artistes qui ont des voix assez étranges qui nécessitent d’être freinées.
Ceci étant, dans le spectacle il y a une femme avec une voix qui doit vriller les tympans, cela fait partie intégrante du rôle, donc elle joue avec cette voix et il y a tout un travail qui a été fait pour l’exploiter ainsi.

SLU : Et l’orchestre ?

Cyril Auclair : J’ai quelques multi bandes sur certains VCA, les cuivres parc exemple, pour mieux les tenir et faire en sorte de ne pas trop subir le changement d’instrument et de musicien. Mais la dynamique est là et je suis opposé aux galettes. On aime la dynamique dans la comédie musicale.

Ca parait gros vu comme ça, mais un  » théâtre  » de 2400 places c’est très gros et le démontage n’a pas dû être une partie de plaisir. Juste 100 tonnes de ferraille et 24 tonnes de décors, plus toute la technique, le câblage, les tissus…

SLU : Pour terminer fais-nous rêver, admettons que la dernière vient d’avoir lieu, en combien de temps vous cassez tout ça ?

Cyril Auclair : Pour le son on a 8 heures. La nuit qui suit la der. Après, toute la scène, la machinerie, les bassins et les pompes ont 48 heures de plus. Comme la remballe n’est pas simple entre ce qui nous appartient et ce qui a été mis à disposition par Silence, tout part dans leur dépôt et on fera le tri après afin de rapatrier notre matos dans nos dépôts de St Ouen.

SLU : Et après qu’est-ce qui va se passer ? Il est long votre chantier…

Cyril Auclair : Oui mais il était nécessaire, la dernière grosse rénovation datait de 1998 et depuis lors, on a assisté à une stratification des câblages et un manque de place pour déployer correctement les nouvelles technologies. Nos passages de câbles étaient pleins au point que l’inutile prenait le pas sur l’utile. Il y a bien eu des investissements avec le passage du C3 au Q pour la diff ou de l’XL3 à la SD5, la première arrivée en Europe et puis la SD7 pour le mixage, mais il était temps de tour curer et remettre à plat.

Une des C3 des débuts, toujours vaillante…

On devrait réaccéder à la salle début 2019, mais on aura un temps d’adaptation et quelques shows pour rôder les installations et bien prendre nos marques. D’ici là, comme les responsables de service et leurs assistants sont partie prenante dans l’ingénierie du projet, nous sommes tenus d’être présents et collaborer à ce que sera le futur Châtelet.
C’est une démarche assez rare pour être signalée et pour que nous soyons force de proposition et suivions bien le chantier. Sinon nous allons avoir des opérations extérieures moins longues que Singin’ mais tout aussi prenantes et enfin si l’un d’entre nous a un coup dans une autre salle, nous pouvons le faire en prenant un congé sans solde.

SLU : Au fait, tu dois toucher le fond des ressources de la SD7 avec le bout des orteils. Un beau moteur Quantum 7 s’impose non ? (rires)

Cyril Auclair : Sur les 256 paths de la console il doit m’en rester 2 donc oui, forcément, d’autant qu’on dispose d’une grosse configuration DiGiCo avec en plus du sidecar et des 3 stage racks, les dual engines montés en Optocore. Ce donc serait dommage de se priver de cette possibilité de regonfler et prolonger cette belle console pendant encore de longues années.

SLU : Et peut être quelques cartes 32 bit…

Cyril Auclair : Je ne te le fais pas dire (rires)

Dan Burton, l’interprète de Don Lockwood, au Grand Palais – Théâtre du Châtelet (c) Sylvain Gripoix

Conclusion

Ce lieu est féérique, et tout comme Prince y a donné en 2009 deux concerts mémorables et pourtant improvisés en 3 jours seulement, le Châtelet s’est aussi lancé dans l’aventure du Grand Palais, mais avec de tout autres moyens et une réussite quasi-totale, Grand Palais qui a fini par se laisser apprivoiser car impossible n’est pas français. Quand en plus les allemands filent un coup de main, cela fait une très belle comédie américaine. C’est ce que l’on appelle la mondialisation du talent au service du spectacle avec un grand S.

Une vue des Y8, une boite passive mais puissante et très délicate.

Dès les premières notes on est sous le charme. Le rendu est léger, fin, précis et sous-produit dans le bon sens du terme. Certes on ne peut pas régler la réverbération et l’écho, mais on n’est pas du tout frustré. On sent que captation, mixage et diffusion sont à l’unisson de ce style musical si particulier, et les voix trouvent naturellement leur place dans cette arabesque d’arrangements et d’instruments 100% acoustiques, qu’une pression raisonnable garde justement très acoustiques.
La finesse de l’aigu du Y qui rappelle celui du V, un spécialiste en la matière, apporte sa touche finale et complète le tableau de l’intelligibilité qui, malgré les 6 secondes de RT restantes et des flutter echos dignes d’être modélisés, s’avère suffisante. Les turbines à air ne font pas dans la discrétion mais couvrent aussi pas mal de réflexions en jouant sur l’effet de masque. On se console comme on peut !

Solide, sans doute antidérapant et ne gonflant pas une fois mouillé, ce bois n’a malheureusement pas les caractéristiques et le montage propre à le faire sonner, mais plutôt à bien évacuer l’eau.

Dernier petit regret, le plancher  » ouvert  » indispensable à la tenue du spectacle s’avère moins sonore et surtout claque un peu mou malgré les trouvailles de l’équipe son pour en tirer la quintessence.

©Théâtre du Châtelet

Cyril fait voler ses doigts sur les faders de sa SD7 et apporte un équilibre constant où pas une tête dépasse et le show déroule comme sur des rails. Merci à lui d’avoir subtilement baissé la charley qui scande le rythme et remonté d’autant la contrebasse. Ahh ces journalistes biberonnés au contour !

 

Allez, on peut le dire aussi, le micro plongeur ne sonne pas trop comme le DPA, mais à l’impossible glou…glou…

Quoi qu’il en soit, bravo aux artistes dans la fosse et surtout ceux sur scène. Ca joue, ça chante, ça danse avec un entrain et une qualité remarquable qui justifient tous les efforts consentis pour le montage de cette troisième mouture de Singin’ in the rain.
J’avoue bien volontiers avoir eu le plus grand mal à faire mon métier d’emmerdeur patenté sans devenir l’espace d’une heure et demi, un simple spectateur captivé par tant de talent. Chapeau aux artistes, mais aussi au Châtelet et aux intervenant extérieurs comme d&b qui a fait un super boulot et rendez-vous sous en 2019 dans un théâtre flambant neuf pour un nouveau reportage sentant bon le mastic et la peinture fraîche !

(c)Theatre du Chatelet Marie-Noelle Robert

Avec d&b, Chantons et du son sous la pluie, 1ère partie.

Leur théâtre étant en rénovation, c’est au Grand Palais que les équipes du Châtelet ont choisi de remonter le musical Singin’ in the Rain. Véritable prouesse arrosée par des trombes d’eau à 37°, retrouvez l’histoire d’une réussite sonore et artistique.

Dan Burton, l’interprète de Don Lockwood, au Grand Palais – Théâtre du Châtelet (c) Sylvain Gripoix

Le challenge est de taille. Puisque le Châtelet s’est transformé en mars 2017 et pour deux ans et demi en très, très gros chantier, pourquoi ne pas tenter de transformer le Grand Palais et ses 77 000 m2 magnifiquement rénovés en théâtre pour 45 shows, et comme la place ne manque pas, aussi en lieu d’accueil et de divertissement pour le public ? Aussitôt dit…Presque aussitôt fait ! SoundLightUp vous offre une « le son » sous la pluie en deux parties. Voici la première.

L’impressionnant théâtre fait de tubes et de tissu qui trône sous la nef du Grand Palais entouré par ses deux aires de divertissement .

Une fois obtenus les accords nécessaires, rendez-vous est pris avec Cyril Auclair, mixeur du Châtelet et second de l’équipe Son, pour nous raconter le montage de ce musical et, en filigrane, nous parler un peu de sa maison mère qui aime tant la comédie musicale.

Rappelons brièvement que le Châtelet au départ a été un haut lieu de l’opéra, la bascule vers la comédie musicale et Broadway étant intervenue sous l’impulsion de Jean-Luc Choplin arrivé en 2004, ce dernier faisant le choix de monter à Paris, et en VO, la crème des  » musicals « .

SLU : Malgré la cage de scène placée sous la nef, cet espace est quand même immense.

Cyril Auclair : On pourrait y faire tenir 4 Châtelet ! Grâce à cet espace, on accueille et on offre un show total au public. L’entracte durant 30 minutes, cela nous laisse du temps pour cela. Le gros avantage c’est aussi de ne rien masquer, d’où nos fly-cases empilés qui contribuent au décor.

Des pendillons comme s’il en pleuvait, le gage d’une absorption maximale et du moins possible de réflexions. Remarquez la rambarde de bout de gradin à gauche de l’image, habillée elle aussi de sorte à éviter le plus possible les fuites par le trou arrière bien visible entre le côté et le fond.

SLU : Quels prestataires sont concernés par ce musical ?

Cyril Auclair : Dushow s’occupe de la distribution électrique et des lumières et Silence qui est notre prestataire historique, fournit le son, même si tu vois marqué un peu partout On-Off.

SLU : Bref, B-Live quoi

Cyril Auclair : Voilà ! (rires)

SLU : La cage de scène et les gradins sont pas mal tapissés de pendards. Cela doit considérablement améliorer l’acoustique..

Cyril Auclair : L’idée de départ était de garder les lieux tels quels. Après une visite sur site et des mesures, le TR ici est de 12 secondes avec quelques bizarreries dans l’aigu et le bas médium, nous avons sensiblement modifié le projet initial en passant par différentes options, une desquelles aurait été de fournir à chaque spectateur un casque d’écoute.
On est finalement revenu au côté live en fermant les côtés des gradins et la cage de scène, tout en préservant la verrière de la nef qui est magnifique. Pour cela nous avons été assistés par un acousticien (Federico Cruz-Barney) et surtout beaucoup aidés par les équipes de d&b pour simuler et valider dans Ease nos choix.

SLU : La régie son a abandonné les lights placés dans la tour régie ?

Cyril Auclair : Oui, nous avons insisté pour être plus bas dans le public quitte à voler quelques sièges, et mieux nous placer dans la zone de couverture du système. Si nous étions montés dans la régie technique, il aurait fallu rajouter des boîtes pour nous qui auraient, à coup sûr, contribué à la pollution ambiante en sautant les pendards.

SLU : Quelle est la jauge de cette  » salle  » ?

Cyril Auclair : Environ 2400. Au Châtelet on a 2 000 places, mais pour le reste nous avons gardé les mêmes proportions. L’ouverture de cadre par exemple est de 15,80 mètres au Châtelet, là elle est de 16,50. De toute manière on ne pouvait pas faire autrement puisque tout le décor est le même et il n’était pas question de le modifier. Il en va de même pour la distance entre le dernier siège et le nez de scène. Au Châtelet comme ici, on a 40 mètres, mais la similitude s’arrête là. Le Châtelet c’est un théâtre à l’italienne en fer à cheval avec des étages et des poteaux alors qu’ici on offre une très belle visibilité à tout le monde.

La  » salle  » depuis le plateau. Visibilité parfaite, zone de couverture sonore compacte et réduite mais plafond…comment dire… On devine à trois quarts des gradins la régie son et tout en haut habillée de noir, la tour régie avec la régie lumière, vidéo, les poursuiteurs et l’audio description.

SLU : Système d&b…

Cyril Auclair : Oui, de l’Y. C’est exactement ce dont on a besoin pour obtenir la couverture et la pression que l’on recherche et surtout le rendu sonore qui correspond le mieux à notre manière de mixer. Plus de pression ou une directivité moins maitrisée et on excite les lieux. Les deux lignes extérieures sont en 80° sauf les boîtes du bas qui sont en 120° et la ligne centrale est entièrement en 120°.

SLU : Tout ce que l’on voit ici est loué ?

Cyril Auclair : Non du tout. Le cahier des charges pour cet événement a été de réutiliser au maximum notre propre matériel qui a de toute façon été démonté pour permettre la réfection de la salle. Je pense par exemple à la DiGiCo SD7 de mixage avec ses stage racks…

Le plateau ouvert de part en part, avec à l’arrière des éléments de décor sur roulettes. Bien visibles, deux des trois lignes d’Y d&b. Sur le nez de scène six T10 alimentent en dialogues les premiers rangs et descendent l’image sonore. A cour et jardin, trois T10 apportent un peu d’orchestre et un fil de voix.

SLU : Tous les HF…

Cyril Auclair : Surtout pas. Nous n’en avons jamais acheté et jamais voulu le faire.

SLU : ???

Cyril Auclair et à droite Roland Girard. Complicité, respect et beaucoup d’heures de vol et de shows délivrés au public à eux deux.

Cyril Auclair : Nous les louons à chaque fois. Les plans changent et les matériels évoluent. C’est plus souple, d’autant que je ne sais pas chaque année combien de productions vont être montées. Sur Singin’ on a 50 HF, sur d’autres spectacles, la moitié.
On accueille la télé, des shows de variété, quelques opéras, des récitals, du classique, je reste convaincu que notre choix est le bon. On a avec Silence de l’excellent matériel. Les micros en revanche sont à nous. On a notre parc de capteurs DPA car on préfère maitriser ce composant très fragile et dont la traçabilité est essentielle pour sa fiabilité.

Il y a malgré tout chez nous une personne qui s’occupe des HF et est un vrai ancien de la profession, Roland Girard (on le retrouvera plus loin, un personnage TRÈS savoureux NDR) Il a été de toutes les aventures du Châtelet avec un autre ex de Régiscène, Gérard Fernandez dit Frisé.
Grand coup de chapeau à Roland, c’est son dernier spectacle, il prend sa retraite dans quelques semaines.

SLU : Vous êtes combien au son au Châtelet ?

Cyril Auclair : Trois. Stéphane Oskeritzian est le Chef de service audio, je suis son assistant en charge du mix et enfin Roland qui s’occupe de la HF au sens large. Nous sommes un petit service comparé aux 10 de l’éclairage et aux 15 machinos. Cela est dû au fait que nous venons de l’opéra et ce n’est que depuis peu que nous avons migré vers la comédie musicale.

SLU : Vous employez aussi certainement des intermittents…

Cyril Auclair : Plein, et qui connaissant parfaitement l’endroit comme nos besoins.

SLU : Vous louiez aussi votre diffusion au Châtelet ?

Cyril Auclair : Non, on a investi dans un cluster central constitué de 7 Q1 et de la C6 bien cachée pour déboucher les zones d’ombre. Pas qu’on voie trop ces affreuses enceintes dans un haut lieu du classique (rires) On avait au départ 4 C7 assez imposants et on est passé au Q1 aussi grâce à sa plus petite taille. Dans le théâtre en général l’amplification arrive, mais doucement, discrètement.

La ligne centrale de 12 Y, dédiée uniquement aux voix et délivrant un signal homogène, très précis et, grâce au SPL plus que raisonnable, sans aucune distorsion. On voit bien derrière la frise de ciel, deux des 10 V-Sub qui eux aussi n’ont pas eu à rougir tous les soirs, mais offrent un rendu très régulier et homogène.

SLU : Elles ne sont pas très cachées vos trois lignes de Y…

Cyril Auclair : Elles auraient dû l’être beaucoup plus. Au départ du projet, tout le cadre aurait dû être noir et encore, il y a une ligne de 10 V-Sub cachée derrière la frise de ciel. Comme dans le spectacle il y a une ligne de fuite d’arches, on a recréé à la demande de Robert Carsen, le metteur en scène, l’arche du Châtelet.
Les petites T10 qui débouchent le champ proche par exemple sont noir sur noir et ne se voient pas. On ne nous a pas mis de pression pour le son, le challenge était déjà assez difficile comme ça, sans parler de la contrainte temps. L’ensemble technique, y compris les gradins, a été monté en 4 jours et 4 nuits. On a joué la carte de l’efficacité. Une fois que le show commence, on ne voit plus rien.

Deux des C6 servant de surrounds latéraux et, comme les enceintes qui souvent officient dans les cinémas, offrent un rendu d’une couleur très différent des Y. Si elles prenaient leur retraite, ce ne serait pas un drame ;0)

SLU : Elles servent à quoi les C6 sur les côtés et derrière ?

Cyril Auclair : Il y en a 8 en tout. Elles ne servent que pour diffuser certains effets et typiquement c’est une réutilisation de ce que l’on a démonté au Châtelet. On s’en sert très peu et certainement pas pour ambiancer, on a déjà assez de réverbération comme ça… On faisait la même chose avec quarante Control 1 JBL au Châtelet.

SLU : Comment avez-vous approché d&b pour déterminer le cahier des charges de votre diffusion.

Cyril Auclair : On sait ce qu’on veut. Intelligibilité et couverture, le SPL passe largement après. En termes de design, un cluster central pour les voix, complété et étiré vers le bas par les front fills. Une sorte de T à l’envers. Dans le gauche / droite on envoie l’orchestre. On a beaucoup travaillé avec Lulu (Didier Lubin NDR) et Pierrot (Pierre Scalco NDR) qui ont été très disponibles et efficaces. L’acousticien a aussi participé à cette phase et a échangé avec d&b France, mais nous a surtout bien aidés lorsqu’il a fallu ceinturer et atténuer les réflexions, en choisissant le meilleur tissu en termes acoustiques, de poids et enfin de prix.

Singin in the Rain (c)Théâtre du Chatelet Marie Noëlle Robert

SLU : Sacré bruit de fond au Grand Palais. Les canons à air chaud sont nombreux et assez bruyants…

Cyril Auclair : J’ai entre 72 et 73 dB et je joue entre 85 et 92 dBA, la dynamique est suffisante mais une fois encore, on privilégie la couverture et l’intelligibilité. On adore pour ça la T10 en mode 105° x 15° (et pas en 90 x 35) afin de bien prendre les premiers rangs avec uniquement les voix. On met la trompe en mode  » line  » mais le preset est en mode point source. Ce choix offre un rendu qu’on adore.

Les six T10 dans le nez de scène. On aperçoit en dessous les partoches des cordes dans la fosse.

SLU : Pas trop de problèmes de raccord temporel entre la ligne centrale et les fills ?

Cyril Auclair : Non, car j’ai une SD7-T qui dispose de délais au niveau des points de croisement des matrices. J’ai donc travaillé avec Boris Laforge qui a calé le système pour bien maitriser cette partie de mise en phase. L’idée est de tirer les voix vers le bas et faire en sorte qu’elles proviennent toujours du plateau. Mes front fills m’aident à faire ça en niveau et délai. Je travaille cette phase beaucoup à l’oreille. Quand j’entends mon effet, dans le cas du positionnement ou bien le filet de voix que j’ajoute par exemple sur les latéraux, c’est déjà trop. Je reste cohérent avec la théorie et puis j’affine à l’oreille. Avec parfois des doutes sur des comportements étranges.

SLU : L’étrange me paraît s’être invité ici…

Cyril Auclair : Ohh oui. On ne sait parfois pas d’où proviennent certains échos, flutters, retours de réverbérations ou autres bruits, mais il y en a. C’est souvent le dôme car la régie est placée pile en dessous mais au moins, c’est nous qui avons ces bruits et pas le public !

SLU : Comment as-tu choisi le placement pour ton grave ?

Cyril Auclair : Simplement. Je ne voulais pas voir les subs, je déteste quand les premiers rangs sont avoinés et mes besoins sont raisonnables : je n’y envoie que la contrebasse et le pied, d’où l’alignement de dix V-Subs accrochés en hauteur.

Une partie des 10 V-Sub en arc, une idée de Lulu et Pierrot de d&b déjà testée avec succès au théâtre, à la droite desquels prend place l’écran pour les livrets en français et la verrière, aussi magique qu’imprévisible. Remarquez aussi le grill, rendu nécessaire afin de réutiliser les décors créés pour cette même pièce au Châtelet. Bien entendu il n’y a pas 80 porteuses comme à la maison, mais juste ce qu’il faut pour ce musical !!

SLU : Sur le plateau comment sont gérés les retours des artistes ?

Cyril Auclair : Les artistes ne s’entendent que par le biais de 12 E8 d&b en douche (une habitude ici, ou c’est de l’eau, ou c’est du son NDR), six plans de deux boîtes allant du front de scène vers le fond. La règle de la comédie musicale est de ne jamais mettre de voix dans les retours. Au Châtelet nous travaillons généralement avec un DPA 4061 omni sur le front. Comme nous ne savions pas comment cela allait marcher ici d’un point de vue acoustique, nous avons opté pour le serre-tête en 4066 omni, un peu plus proche de la bouche, mais quoi qu’il en soit, les chanteurs anglo-saxons ont l’habitude de travailler comme ça donc, je ne fournis qu’une douche d’orchestre.

Une des douze E8, placée vers l’avant de la scène. Les trois gros cubes noirs ne sont autre que les V-Sub.

SLU : Pourquoi une boîte aussi petite que la E8 ?

Cyril Auclair : Je veux une boîte petite, passe partout, puissante, précise et propre, sans des paquets de grave et de bas médium qui bavent partout. L’artiste doit percevoir un message clair et simple. La E8 avec sa petite membrane et sa petite taille correspond pile poil à mes besoins.

Notre ballade se poursuit par le fond de scène où apparaît une cahute faite de tubes et de pendards d’où sortent des rires sonores. La régie HF.

L’accueil est génial avec Roland, l’homme qui dégaine des vannes et des souvenirs plus vite que son ombre, Anna et sa casquette, Isa et ses yeux bleus et Benoit. Ne rigolez pas, c’est comme ça qu’ils se sont décrits pour légender les photos ! Ajoutez Pierre Bodeux qui assiste Cyril et ce dernier, et l’équipe son est au complet. 2 à la régie façade et 4 à celle HF au plateau.

La régie HF, le royaume du roi Roland avec de gauche à droite Benoît Bertheau assistant du responsable HF, Pierre Bodeux, assistant FOH en charge de l’envoi des effets son, Isabelle Gouillart technicienne HF, Cyril Auclair en charge du mix façade et de la conception technique de cet événement, Roland Girard le responsable HF avec tellement de cordes à son arc que même Chuck Norris ne pourrait pas décocher une flèche et Anna Conroux l’autre technicienne HF.

Silence, fournisseur officiel du Châtelet, n’a pas lésiné sur les récepteurs. La série 5000 de Sennheiser est présente 28 fois, soit un total de 56 liaisons possibles pour les acteurs/chanteurs/danseurs, pantalons pour claquettes (on y vient, patience NDR), micros main de secours, pantalons de secours, récepteurs de secours et récepteur pour le micro waterproof (ici aussi, patience NDR).

Le Point Source CO-8WD prêt à être utilisé sous l’eau. On aperçoit facilement le bas ajouté et fixé sur la bonnette via du fil blanc. Précisons aussi que le comédien interprétant Don, fait son possible pour tourner artistiquement la tête de telle sorte à ne pas présenter le capteur au jet d’eau de la gouttière…

Tout ce petit monde fonctionne sur piles, le rechargeable ayant prouvé que son faible voltage créé plus de problèmes qu’il en résout, et l’ensemble dispose de magnifiques boîtes pleines à raz-bord de Y, d’adaptateurs divers et de micros de rechange, normaux ou étanches, prêts à garantir un fonctionnement fluide chaque soir.
Autre nécessité de Singin’ in the rain, la résistance à l’eau, est obtenue par la mise en sachet étanche de l’émetteur de Don Lockwood qui, sous le charme de Kathy Selden, va chanter et danser sous une pluie nourrie. Il se protège lui et son capteur avec son parapluie mais  » se termine » ensuite comme dans le film, sous une descente de gouttière qui envoie des dizaines de litres d’eau. Plus que l’émetteur, c’est le micro qui souffre le plus.

Laissons la parole à Roland Girard : Le truc c’est, outre le Point Source CO-8WD qui est résistant à l’eau, de renforcer la bonnette afin de protéger le plus possible la membrane et la grille placée devant et qui se bouche si une goutte tombe pile dessus. Pour ceci faire nous découpons un bas mousse, le traitons avec une bombe de spray déperlant (merci à Benoît qui est motard NDR), et recouvrons la bonnette avec. Une fois le bas fixé, on remet un coup de bombe. Le bas doit être de type mousse afin d’être acoustiquement compatible. Avouons franchement que nous avons eu quelques ratés au début, mais il suffit de sécher le micro et il repart pour le show suivant. Il est très résistant.

Mais que font ces pantalons dans la régie…

…ils se font vérifier par l’équipe technique car ils contiennent chacun deux micros en bas des jambes afin de capter le son tenu des claquettes sur un sol qui n’est pas spécifiquement fait pour ça, obligé qu’il est de résister à l’eau et de permettre son retour à l’envoyeur à l’étage du dessous.

SLU : Qu’appelle-t-on un raté et comment entend-t-on la chose alors que le comédien ne fait que danser ?

Cyril Auclair : Non, après la grosse douche de la gouttière, il doit dire une dernière phrase avant de quitter le plateau et de déclencher l’entracte qui permet aux équipes de tout sécher. En outre si le micro est frappé directement par le jet d’eau, une goutte peut venir se placer devant la membrane et comme c’est un capteur de pression, on perd tout l’aigu et on n’a quasiment plus de niveau. Cela nous est déjà arrivé, de même qu’une goutte qui tombe pile dessus et fait un bruit très perceptible en rebondissant, un  » tic « . Espérons que ce soir tout ira bien.

Dan Burton qui interprète le rôle de Don Lockwood en plein tube sous la pluie équipé du micro Point Source pour ce seul titre.    (c)Théâtre du Châtelet – Marie-Noëlle Robert

Aussi rapide à faire qu’à écrire, Roland a connecté un serre tête en DPA et celui en Point Source IP57 sur des packs, et nous propose via sa matrice Yamaha, une écoute comparative des deux capteurs sur une des enceintes de la régie.

Roland Girard : Il n’y a pas une grosse différence entre les deux, les spectateurs en tout cas ne se rendent compte de rien. Mehhhhhhhhhhhhhhhhhhh…et ça c’est l’autre. Meeeeeeeehhhhhhhhhhhh. On n’est pas en studio que je sache !

Des 5000 comme s’il en pleuvait (expression très humide agrée par Singin’ in the rain NDR) Remarquez aussi les deux écrans donnant un classique aperçu technique des liaisons pour celui de gauche. L’écran de droite, bien aidé par la matrice bleu ciel Yamaha (une création de Benoit), ajoute à une écoute instantanée et dynamique de chacune d’entre elles, l’affichage de la photo de l’artiste, ou de la source qui alimente cette liaison.

SLU : Dans un cas de figure on a le timbre de la voix avec de belles harmoniques, et dans l’autre il n’y a pas grand monde au-dessus de 6/7 KHz, et un médium qui reste un peu plus dans le nez. Mais on écoute sans aucune égalisation. Comment marche votre belle matrice ?

Un coup de flash les a débusquées, deux des 4 antennes du plateau, espacées réglementairement de 10 cm. Placées en hauteur pour éviter les chocs. Pour garder la même impédance, les 8 antennes ont toutes le même toron de 50 mètres de coaxial avec un gain de 10 dB en sortie d’antenne. Les fréquences sont dans les 600 MHz pour les voix et dans les 470 MHz pour les 8 liaisons des claquettes, les taps. 

Benoit Bertheau : Les récepteurs sortent en analogique vers le stage qui dialogue avec la console en Optocore. On récupère les sorties digitales des récepteurs avec la DME.

Roland Girard : C’est indispensable d’avoir une matrice pour écouter à la volée les liaisons. D’abord on a de plus en plus de micros et, contrairement à ici où le Grand Palais agit comme une cage de Faraday, au Châtelet on est pas mal gênés côté HF, ça permet donc de réagir plus vite. On a notamment les péniches spectacle qui sont équipées pour certaines en HF et qui passent, plus ou moins vite suivant qu’elles montent ou descendent la Seine. Parfois on profite longtemps de leur animation (rires)

SLU : Combien d’antennes avez-vous déployées ici pour récupérer vos signaux ?

Roland Girard : Huit. Deux omni au cadre, quatre au plateau, des 100° et deux omni ici près de la régie. Le tout arrive en coaxial à la matrice / combineur Wisycom MAT288. Elle permet d’équilibrer très finement les voltages. On a un super signal tout en tournant à 10 mW. A 50 mW, cela occasionne d’autres problèmes HF et la consommation est trop importante.

SLU : En termes de scan ?

Roland Girard : Un scan numérique Winradio et un analogique Hameg.

Sortez le train et la crosse pour l’appontage, nous allons nous poser et en rester là pour la première partie. Un arrêt aussi frustrant que nécessaire puisque dans deux jours vous aurez droit à la visite de la fosse orchestre, de la zone des pompes, la zone d’interphonie, la distribution Aviom, la puissance pour la face, puis la régie face, quelques mots avec Roland, beaucoup avec Cyril, et des centaines de litres de flotte. Prenez votre maillot, vos tongs et à très vite !

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Mardi 27 février 2018

Freevox Pro Day, Formation gratuite Sonorisation EN54

Dans le cadre des Pro Days, Freevox vous propose une formation gratuite d’une journée sur les systèmes de sonorisation et d’évacuation EN54 dispensée par Laurent Delenclos.
Le but de cette formation est de découvrir et comprendre les systèmes de sonorisation de sécurité EN54.

Laurent Delenclos en pleine explication.

En combinant les amplificateurs, routeurs et systèmes d’annonce EN54 conçus par ASL et les modèles d’enceintes EN54 proposées par JBL, vous êtes en mesure de concevoir et de proposer des systèmes de sonorisation de sécurité certifiés et évolués.

Elle s’adresse aux installateurs, techniciens, ingénieurs, chargés d’affaires et consultants désirant comprendre et acquérir les connaissances nécessaires à la mise en œuvre de systèmes de sonorisation de sécurité EN54.

  • La formation est gratuite. Pour s’inscrire, et faites vite car les places sont limitées et Bellote adorable et infiniment compétent, cliquez sur ce lien

Si enfin vous êtes intéressés par les Pro Days et l’ensemble de formations dispensées par Freevox et ses spécialistes produits tout au long de l’année, dont certaines sont qualifiantes et agrées, visitez cette page Freevox.