L’an dernier, alors que nous déambulions à Prolight+Sound, notre curiosité avait été piquée au vif en découvrant une matrice de petites sources polyvalentes à led redoutablement punchy.
L’Atomic Dot, proposé en versions blanc froid ou blanc chaud avec effet Aura dynamique, se contrôle comme un pixel vidéo par le processeur P3 à l’instar de tous les luminaires de la gamme VDO Martin.
Nous retrouvons Yohan Ory, ingénieur d’applications lumière chez Algam Entreprises pour une visite guidée de cette petite machine.
Hors tension et sans accessoire, le VDO Atomic Dot a tout d’un PAR30 Led. Il se présente sous la forme d’un octogone de 17 cm de large par 15 cm de long pour un poids de 2,2 kg.
Sur son pourtour, quatre emplacements sont dédiés à la réception d’accessoires d’accroche, tous diamétralement opposés. Un de ces accessoires permet d’aligner jusqu’à 14 Atomic Dot, à la verticale, sur un seul point d’accroche.
La coque extérieure tout aluminium est parsemée d’ailettes intégrées dans la masse faisant office de radiateur. Précisons au passage que l’Atomic Dot, dépourvu de ventilation forcée, assure un fonctionnement 100 % silencieux.


Sur la face arrière, une embase encapuchonnée côtoie un gros presse-étoupe et son câble d’arrivée qui mixe signal de contrôle et courant électrique.

Ajoutons à cela un bouton-poussoir d’essai/réinitialisation, une LED témoignant du statut de fonctionnement de l’appareil, un point de fixation destiné à l’élingage de sécurité ainsi qu’une valve utilisée pour la mise sous pression et les tests d’étanchéité de l’appareil.
Oui car celui-ci est étudié pour ne pas défaillir lors d’une utilisation en milieu humide, avec in IP65. On note l’absence d’afficheur et de touches d’accès au menu. Il faudra passer par le processeur P3 ou en RDM pour adresser le projecteur.
De l’autre côté, solidement retenue par une couronne métallique (qui accueille aussi supports de filtres ou volets), se dévoile une belle lentille que je qualifierai d’hybride de par sa conception et son aspect visuel. Sur son pourtour on aperçoit une multitude de petites facettes transparentes, tandis qu’en son centre nous retrouvons plusieurs anneaux concentriques typiques d’une lentille Fresnel. L’appareil donne une impression générale de solidité, due principalement à son châssis tout métal.

Retour sur la face arrière de l’Atomic Dot pour attaquer son démontage. Nous retirons les 6 vis cruciformes qui maintiennent la tôle arrière sur le corps du projecteur. Celle-ci au passage me paraît relativement fine, il faudra être méticuleux lors de son remontage pour ne pas la déformer lors du serrage et mettre en péril l’étanchéité générale du produit.
On découvre ensuite l’intérieur du projo. Solidaire de la tôle extérieure et fixée par des entretoises, une première carte électronique double couche accueille quelques composants dédiés à l’acquisition du signal. Entre cette dernière et la tôle extérieure, plusieurs câbles semblent malheureusement fortement appuyer sur les composants de l’une des deux couches de la carte. Côté projecteur, sur le pourtour de la carcasse se trouve un joint à plusieurs lèvres destiné à l’étanchéité.
Nous accédons ensuite directement à la carte mère de l’appareil sur laquelle sont soudés les principaux composants actifs du circuit électronique de pilotage à savoir microcontrôleur principal, un RM46L850 Texas Instrument, qui intègre processeurs, mémoire flash, et RAM.

Il côtoie un KSZ8863 Microchip dédié à l’interfaçage Ethernet, deux convertisseurs de tension, les quartz dédiés aux microcontrôleurs et une multitude de composants passifs montés en surface.
La conception et la réalisation sont de belle qualité. Les petits connecteurs parsemés de colle verte témoignent eux d’un assemblage asiatique plus classique. Sous cette carte se trouve l’étage de puissance, composé d’une alimentation à découpage entourée d’un blindage métallique.
De ce côté du projecteur nous trouvons également un petit sachet de billes de silice utilisé comme déshumidificateur. En SAV, lors de l’ouverture du projecteur et de son remontage, ce sachet et le joint de couvercle sont systématiquement changés. Pour finir le remontage, le technicien procède à un test d’étanchéité en utilisant la valve prévue à cet effet.
L’optique
Côté optique, seulement quelques vis à ôter délicatement pour atteindre la lentille et les 17 leds Osram : une puissante led centrale, une première couronne de 4 leds RGB puis une seconde couronne de 12 leds RGB.

Seule la source centrale est directement couplée au corps du projecteur par deux vis, sans doute pour la dissipation thermique. Les autres sont soudées sur une carte électronique qui comporte aussi quelques composants actifs à savoir des drivers de leds à 12 canaux chacun (4xRGB), alimentant les 16 leds RGB.

Enfin, nous pouvons admirer la belle lentille hybride placée entre les leds et la vitre de sortie du projecteur.
Joël nous explique que contrairement au Sceptron, dont les leds sont coulées dans de la résine, ici les ingénieurs ont fait en sorte que tous les éléments soient démontables et remplaçables facilement.
Nous ne pouvons que valider et encourager ce type d’initiative !

Petite entrevue au passage avec le Boîtier (lui aussi étanche !) de connexion/mélange data et alim permettant d’un côté de brancher un câble Ethernet ou DMX ainsi qu’une alimentation et de l’autre, raccorder un câble hybride vers les projecteurs.
Il est uniquement dédié au mélange des différents types de signaux.
Les essais

On envoie les sources à pleine puissance et nous passons en revue les différentes teintes.
Globalement c’est très satisfaisant, léger bémol sur le bleu qui à mon goût aurait pu être un peu plus profond.
Les mélanges sont agréables, aussi bien les pastels que les teintes saturées.
Le blanc créé à partir des sources RGB allumées à full est comme d’habitude perfectible, il sera évidemment possible de l’affiner en réglant les taux des couleurs primaires. Suggestion personnelle pour une éventuelle version 2 de ce projecteur : l’adjonction du blanc aux leds RGB de l’effet Aura, apporterait une encore plus grande variété de teintes.

Passons aux effets dynamiques, le point fort de ce petit projecteur. Comme dit précédemment, chaque source a la possibilité d’être indépendante ce qui peut rendre ce petit Dot assez gourmand en canaux DMX, avec un maximum de 64. Depuis la console, nous choisissons d’envoyer les macros préenregistrées pour faciliter le travail du pupitreur.
Les pixels s’animent sous nos yeux au gré d’une multitude d’effets variés. Ayant à disposition plusieurs Atomic Dot, dont un dévêtu de sa lentille, nous observons alors le résultat brut des pixels et leurs couleurs.
En positionnant un frost sur le porte-filtre extérieur, les combinaisons de pixels se transforment en visuels psychédéliques sur ledit filtre, augmentant encore le potentiel d’effets de l’appareil.

Effet Aura coupé, voilà qu’une machine noire posée au sol commence à gentiment ronronner dans la pièce : place au brouillard ! Au tour maintenant de la puissante LED centrale, cachée derrière la zone Fresnel de la lentille, de nous dévoiler ses ressources !
Dimmer à fond : ça ne fait pas semblant ! Le petit projecteur jusqu’alors modéré nous torpille d’un boulet de canon de photons. Nous jouons avec la gradation et nous imaginons de suite, à la vue du faisceau généré, les possibilités d’utilisation supplémentaires. Outre l’effet blinder, l’Atomic Dot génère un sympathique faisceau wash de 11° d’ouverture. Autre caractéristique de la gamme, l’appareil est déclinable en deux versions, selon le choix de la température de couleur de la diode centrale.

La version blanc chaud appelée WRM (et CLD le pour blanc froid) se confondrait quasiment avec du trad, ce projecteur offrant la possibilité de simuler la courbe de gradation des lampes à incandescence. Le résultat est crédible, et on envisage déjà l’utilisation du Dot sur scène au sol ou sur un pied pour la mise en valeur à proximité d’un chanteur ou d’un musicien.

Quelques tripatouillages de console plus loin, cette puissante LED se transforme en strobe ici encore tout à fait convenable, à l’instar des autres produits de la gamme Atomic. Très curieux et original en blanc chaud, le résultat est évidemment réussi en blanc froid.
Un paramètre supplémentaire émule le scintillement d’un tube au xénon lorsque l’on pousse la vitesse du strobe dans ses plus hauts retranchements.
Notons que la plage du strobe varie précisément entre 0.289 et 16,667 Hz. Décidément, il a de la ressource ce petit Atomic Dot ! Nous n’avons malheureusement pas de chiffres mesurés à vous communiquer concernant l’éclairement de cette source centrale. Rappelons seulement que Martin annonce un flux total maximal de 3 000 lumens.

La combinaison des effets proposés par les diodes dédiées à l’effet Aura avec la puissante source centrale confère au petit nouveau de Martin un usage très polyvalent sur scène ou sur un plateau de TV lors de prises de vues rapprochées.
L’Atomic Dot aura vraisemblablement tendance à être utilisé en matrice, grâce à la puissance du processeur P3, et il sera aussi utilisé en source ponctuelle. Ses multiples possibilités d’accroche et d’accastillage autorisent d’infinies fantaisies d’implantations, que ce soit en intérieur, comme en extérieur !
Le tarif public du Martin VDO Atomic Dot est annoncé à 536 € HT sur le site Algam.
Plus d’infos sur le site Martin.com et sur le site Algam Entreprises
Les + du produit :
- La polyvalence
- Les possibilités d’accroche
- L’indice de protection IP65
- La conception
- La température de couleur du blanc chaud (LED centrale version WRM)
Les – du produit :
- L’absence de leds blanche à l’effet Aura
- Le câblage interne, un peu à l’étroit par endroits
- L’impossibilité d’adresser la machine sans RDM ou P3