Magnum illumine la Tour Eiffel avec le Proteus Hybrid d’Elation

Avec 60 projecteurs dans une extraordinaire configuration en double hélice Magnum choisit le Proteus Hybrid d’Elation pour illuminer du 130e anniversaire de la Tour Eiffel.

Le 15 mai dernier, la Tour Eiffel fêtait son 130e anniversaire avec un spectaculaire Son & Lumière. Accrochés sur la dame de fer, 60 projecteurs Elation Proteus Hybrid étaient utilisés dans un extraordinaire agencement en double hélice. Résistantes aux intempéries, les lyres motorisées Proteus ont joué un rôle majeur dans ce spectacle.

C’est Magnum, qui participe depuis 2004 à la quasi-totalité des événements de la Tour Eiffel, qui a eu pour rôle de faire l’interface entre les idées artistiques du célèbre décorateur Bruno Seillier, et le directeur technique de la Tour Eiffel.
Conçu par Bruno Seillier et programmé par Clément Lelevé de Magnum, le spectacle de lumière retraçait une succession d’événements historiques, comme la conception et la construction de la tour par Gustave Eiffel, les transmissions particulières que la France a pu expérimenter grâce à la hauteur de la tour et divers autres événements marquants de l’histoire, jusqu’à l’incendie récent de la cathédrale Notre-Dame.

« Pour cet événement historique de grande ampleur, Bruno Seillier a voulu présenter la tour comme « l’ADN de Paris », traduit par la disposition des 60 Proteus Hybrid sur la partie supérieure de la tour », déclare Jérôme Chupin, responsable de Magnum.
L’arrangement en double hélice des Proteus montés au-dessus du deuxième étage, se prêtait à une belle symétrie et envoyait de puissants faisceaux de lumière à des centaines de mètres dans le ciel de la nuit parisienne, assurant des effets visuels sans précédent. Les Proteus fonctionnaient avec d’autres projecteurs Beam (sous dômes), installés au niveau de l’étage.

Il a fallu trois nuits aux techniciens escaladeurs, qui s’apparentent à des alpinistes, pour installer sur la tour Eiffel les sources IP65 multifonctions à arc. Des techniciens du monde entier ont eux aussi connu ce type d’expérience, quand les Proteus ont été utilisés sur le Burj Khalifa à Dubaï et le Space Needle à Seattle.

« Aujourd’hui, le Proteus Hybrid est le seul appareil qui réunit des qualités d’éclairage exceptionnelles exploitables dans tous les environnements », déclare Jérôme Chupin. «La dernière expérience d’Elation à la tour Burj Khalifa à Dubaï a été déterminante dans la décision de rassurer les services techniques de la tour Eiffel et de donner le feu vert à leur installation.»

Durant 12 minutes, le spectacle lumineux de l’anniversaire a fait ses débuts le 15 mai à la suite du concert gratuit de Jeanne Added et a été reproduit trois fois par nuit les 16 et 17 mai. Patrimoine mondial et symbole de Paris, la Tour Eiffel est une attraction à part entière mais elle est particulièrement remarquable lorsqu’elle est habillée d’un spectacle de lumière personnalisé, s’exclame Jérôme.

« L’impact du spectacle a été « wonderful » ! Pendant trois jours, à raison de trois spectacles par jour, une marée humaine s’est agglutinée de la Place du Trocadéro jusqu’au Pont d’Iéna pour le voir, il était tout simplement magnifique. »

D’autres informations sur :

-le site Elation
-le site Best Audio&Lighting

 

L’Atabal à Biarritz avec Bellote et JBL

Il est des salles avec une histoire. Des salles aux alentours un peu disgracieux mais avec une âme et un vrai plaisir à s’y retrouver pour faire la fête. Des lieux où la programmation, et les hommes et femmes qui y travaillent, portent la culture, celle qu’on n’a pas besoin d’expliquer avec des mots importants. L’Atabal à Biarritz en fait partie. D’accord les flaques d’eau sont plus grandes qu’ailleurs, mais le Pays Basque est beau aussi pour ça ;0)

La scène de l’Atabal terminant sa mue américaine et préparant déjà activement l’arrivée du backline de The Herbaliser, le groupe qui a eu les honneurs du nouveau système. Pas de lipfills ou d’infills, l’ouverture de 110° des têtes, une discrète douche de deux A8 depuis le pont central, les sides et plus généralement le son du plateau, règlent la question.

Nous arrivons un beau vendredi de mai. Pluvieux. L’Atabal ne paie pas de mine mais a deux gros avantages. Il joue le jambon (du Kintoa, une merveille) entre la gare SNCF et l’aéroport, l’idéal pour accueillir facilement des artistes.
Une fois à l’intérieur il n’y a qu’à tendre l’oreille pour se repérer. Le rire de Bellote est sonore. L’accueil tout autant. Les A8 sont déjà accrochés, les subs alignés cul contre scène et immobilisés par des cales en bois, les wedges en grand nombre empilés contre un mur et les sides en place tels des gardes suisses mais habillés en noir. Un vrai catalogue JBL. Une ronflette à peine audible rappelle qu’ici la terre est aussi capricieuse que le ciel.

Bellote avec Sabri Bouchfar, régisseur technique de l’Atabal et grand amateur de retours. Mais pas que…

SLU : Comment JBL s’est frayé un chemin jusqu’à l’Atabal ?

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Laurent Delenclos mais pour toujours Bellote (directeur technique audio Freevox) : L’été dernier je suis venu au festival Biarritz en Eté avec des A12 pour habiller la scène 2. Les régisseurs de cette scène n’étaient autres que les membres de l’équipe technique de l’Atabal.
Ils ne connaissaient pas JBL et ont été tellement impressionnés qu’ils m’ont demandé de leur rendre visite dans leur salle car ils prévoyaient de changer de système en 2019. Quand l’appel d’offres est sorti, j’ai répondu avec le A8 qui correspond mieux à leur jauge et reprend la technologie du A12 qu’ils avaient entendue et appréciée.

SLU : Tu leur as fait écouter ?

Bellote : Bien sûr. Même configuration. Deux fois 6 boîtes, arc sub de 8 B18 et cluster central de deux A8, le même modèle. J’ai préféré cette solution pour éviter les infills qui en mettent plein la tête aux gens. La A8 ouvre à 110° et s’y prête parfaitement. Le raccord sera pertinent.

Les six A8 par côté, des têtes qui malgré leur petite taille, tranchent avec les classiques montages en double grave et un moteur en offrant deux graves, quatre médiums à membrane et deux moteurs 2423K, les mêmes équipant la A12. Trois voies sur deux pattes d’ampli.

SLU : Et tu as apporté aussi wedge et sides ?

Bellote : Oui. Des wedges VTX en deux fois 12” et deux fois 10” (ils ont pris les deux fois 12”) et des sides de la série SRX 835 en trois vois actives et filtrage FIR. Wedges M22 comme sides ont la même phase acoustique que la série VTX. La phase et la scène ensemble s’aiment plus !

La moitié des wedges M22 de l’Atabal et tout au fond à droite la régie sur deux niveaux, l’éclairagiste disposant d’un pratos.

SLU : Ils en ont pris une palette de wedges…

Bellote : Douze M22 et d’un SRX818S pour les batteurs. La scène est assez grande ramenée à la surface tout debout de la salle. Ils peuvent désormais accueillir sereinement des groupes avec beaucoup de monde. Et ils ont enfin pris le même SRX 835 pour le bar, pour des petites animations. Il y a déjà de quoi faire du son avec ! (rires)

SLU : Est-ce que tout le monde a disposé d’une formation ?

Bellote : Absolument. Le matériel est arrivé lundi, moi mardi où j’ai tout testé au déballage et ensuite on a monté ensemble, un montage au ralenti qui a servi aussi de formation à l’exploitation en tant que prestataire. Mercredi et jeudi on a fait deux jours d’informatique autour de l’exploitation électronique du système, presets, amplis, réseau et quelques rappels d’acoustique et notions de base des line array. J’ai aussi volontairement câblé et commis des grosses erreurs pour qu’ils s’endurcissent et sachent les repérer plus facilement.

Une moitié des sides avec le SRX818SP, un sub 18” amplifié portant une SRX835P, une enceinte encore une fois maligne et très accessible. Bi amplifiée, trois voies et disposant du moteur annulaire maison pour l’aigu, gage de cohérence avec les wedges qui en disposent aussi. Un système amplifié et intégrant HiQnet pour garder l’œil et la main dessus. Derrière on aperçoit les amplis d’une partie du système et des wedges.

Aujourd’hui vendredi, stage pratique avec le premier groupe qui jouera dès ce soir sur le A8 (sourire). C’est important d’écouter un vrai mix et surtout du live car les musiques sur disque, on en a écouté beaucoup tout au long de la semaine, mais cela n’a pas grand-chose à voir avec ce qui sort d’une scène comme l’Atabal.

SLU : Tu as de quoi atteindre le décret en termes de pression ?

Bellote : Largement même si ce n’est pas forcément le but. L’avantage c’est de pouvoir jouer à un niveau élevé sans être agressif. Il faudra d’ailleurs faire attention car on ne se rend pas forcément compte que ça joue fort.

Ce qu’il y a de bien c’est que le choix du A8 est un choix du cœur et des oreilles de l’équipe tout entière de l’Atabal et que dans la foulée, EventLive Biarritz a acheté deux fois dix A8 et douze subs B18 ce qui leur permettra le cas échéant de se constituer deux petits systèmes ou un gros, et si besoin, de compléter le système de l’Atabal.

C’est d’ailleurs EventLive qui a gagné l’appel d’offres. Quoi qu’il en soit je passe toujours du temps, deux jours au moins, avec les clients de systèmes comme le VTX et souvent je m’arrange pour les accompagner lors de la première prestation.

SLU : Comment as-tu calé ?

Bellote : J’ai gardé les abaques habituels : une droite de 30 à 100 Hz. De 100 à 1 kHz, une décroissance constante sur 12 points et ensuite tout droit.

Tout est dit ou presque. Le contour, la phase, la linéarité, la réponse en fréquence très large…

…et la couverture à 1 kHz est plus que bonne. Bon, OK, une sortie de secours à jardin et un dérouleur incendie à cour ont quelques dB de moins…


SLU : Nous sommes mi-mai, ce n’est pas banal comme période pour installer du matériel, vous avez fait comment ?

Bellote : Nous avions du stock, et une semaine a été dégagée pour qu’on puisse intervenir. C’est vrai que c’est assez inhabituel de renouveler sa technique en pleine saison, mais c’est le choix de l’Atabal et comme on avait tout en boutique (gros clin d’œil) car Arnaud est joueur (Leschemelle, PDG de Freevox), on les a accompagnés. Ca leur permet aussi de négocier les groupes pour la nouvelle saison en insistant sur le nouveau système.

Nous avons partagé quelques instants avec François Maton, le boss de la salle, son âme musicale et l’homme ayant mené l’Atabal vers son succès actuel, afin de mieux connaître son parcours, la structure elle-même et enfin les raisons du choix de JBL.

Bellote et François Maton

SLU : Comment est structuré ce complexe ?

François Maton : La salle appartient à l’agglomération qui l’a créée en 2005 et la gestion a été déléguée à la ville de Biarritz. Nous fonctionnons donc sous le statut d’EPIC (établissement public industriel et commercial).

SLU : Comment es-tu arrivé ici ?

François Maton : J’ai postulé (rires) Je suis originaire de la région mais j’ai d’abord effectué une prépa HEC puis j’ai intégré une école de management et marketing où j’ai suivi un cursus à moitié à l’école et l’autre moitié en milieu associatif. J’ai choisi pour cela une asso de concert à Marseille.
J’ai fait une année de césure en maison de disques chez BMG ce qui m’a permis d’affiner mes choix et de partir à fond sur le live. Je suis pour cela revenu à Biarritz et jusqu’à 2009 j’ai travaillé dans l’organisation de concerts en milieu associatif et pour vivre j’ai bossé pendant deux ans dans une banque (sourires) pour enfin effectuer pas mal de petites missions pour la ville et la communauté de commune jusqu’à janvier 2012 où j’ai été embauché ici.

SLU : Il faut dire que tu as un profil rêvé. Tu as donc effectué deux fois 3 ans et…

François Maton : J’ai été embauché en CDI (rires) !

L’Atabal K-FE, bien plus qu’un surplus de recette, du plaisir signé Jean-François Ampo.

SLU : Quel style de programmation fais-tu ?

François Maton : Essentiellement de l’anglais pour pouvoir séduire à la fois le public français mais aussi celui espagnol. Nous sommes à quelques kilomètres de la frontière. Nous sommes aussi spécialisés dans les musiques extrêmes. Ca nous plaît et il y a une vraie appétence pour ce style musical.

Les visages crépusculaires des portables, ici celui de François…

SLU : Financièrement comment fonctionnez-vous ?

François Maton : On a le Label SMAC avec une subvention annuelle de fonctionnement de la ville de Biarritz, du département, de la région et de l’état. Cela représente 40 % de nos frais de fonctionnement. Les 60 % autres proviennent de nos recettes : la billetterie, bar, école de musique, studios de répétition et partenariats divers.
En 6 ans on a doublé note budget et l’Atabal est passé de 25 dates par an à presque 100 aujourd’hui. Notre saison va du 1er septembre au 30 juillet. On joue aussi la carte de la contre programmation en évitant les samedis où notre public de musiques actuelles, en majorité les 30-50 ans, sort avec sa famille.

SLU : Et pour avoir certains artistes de qualité il faut aussi s’adapter…

François Maton : C’est exact, on ne peut pas faire les difficiles sur les dates (sourires)

La refonte de la diffusion

SLU : Comment avez-vous financé le remplacement complet de la diffusion ?

François Maton : Par un emprunt sur 10 ans. L’investissement est lourd mais cela nous donne une totale autonomie technique. Aujourd’hui on peut accueillir avec le meilleur confort et qualité à l’Atabal, ou bien en dehors pour donner sa chance à un petit groupe avec les SRX ou enfin se déplacer dans une plus grande salle de 4 000 places pour certains groupes à très fort potentiel en prenant notre matériel et en louant un complément. Nos coûts de fonctionnement sont optimisés.

Sabri Bouchfar et…

…Mathieu Garcia tous deux régisseurs techniques et sondiers !


SLU : Et pourquoi cette refonte totale ?

François Maton : C’est simple. Notre matériel était obsolète et qualitativement insuffisant.

Sabri Bouchfar (Régisseur technique) : On n’a jamais eu de refus lors du booking des groupes, mais quand le mixeur voyait et écoutait notre ancien système, le nombre insuffisant de têtes et surtout les subs d’un autre temps, il nous en faisait la remarque. 4 têtes par côté…

Un arc sub dans toute sa splendeur, ouvrant à 70° et représenté ici à 50 Hz avec trois niveaux de plaisir pour le public : agglutiné aux crashs, faisant la fête en milieu de salle, ou buvant un coup dans le fond. Le mixeur reste bien servi.

SLU : Ca ne couple pas des tonnes!

Sabri Bouchfar : Oui, on avait un bas assez étrange où il fallait vite faire la police : « Tu limites… Laisse respirer un peu le système… » Certains le faisaient bien, d’autres moins bien.

SLU : Comment se sont passés la partie définition du cahier des charges et l’achat ?

François Maton : Sabri a rédigé un design théorique qu’il estimait être pertinent après avoir fait un diagnostic des manques du système précédent. Il en a tiré un appel d’offres dans lequel il a demandé un design à chaque marque. Nous avons reçu 10 dossiers. 10 marques différentes portées par 10 prestataires locaux. Après analyse des offres, les 5 premiers ont effectué un essai en grandeur nature et nous avons effectué notre choix.

Le mixeur de The Herbaliser en pleine balance quitte la Pro2 pour s’approcher (satisfait) de la diff et des subs protégés par des crashs

SLU : Locaux jusqu’où ?

François Maton : Raisonnablement, je pense à Bordeaux, Montauban…

SLU : (on l’interrompt) ohh ça sent le Dominique Maurel !

François Maton : C’est lui ! En cas de problème il nous fallait un prestataire capable d’être là assez rapidement et d’opérer si nécessaire, un complément avec le même matériel.

SLU : Des grosses différences de prix ?

François Maton : Oui. On a été assez interloqué au début. Sur une base 100, ça allait de 60 à 100. Une fois effectuée une première passe, cette fourchette s’est resserrée entre 75 et 100. Je pense que certaines marques n’ont pas compris que nous ne voulions pas les modèles d’entrée de gamme ou en nombre insuffisant mais bien ceux permettant de travailler et d’accueillir dans des bonnes conditions les groupes. Le prix avait son importance mais quand on amortit sur 10 ans aux taux actuels, on peut se permettre d’avoir le bon produit, même s’il est un peu plus cher.

SLU : Les tests sont importants ?

François Maton : Ah oui, ils ont été très parlants. Heureusement qu’on est passé par cette phase. Notre design théorique était plutôt bon et pourtant certaines marques sont arrivées avec 4 boîtes par côté.

Une partie de l’équipe de l’Atabal ou bien y travaillant. De gauche à droite Fabrice Darlas, éclairagiste intermittent aussi adorable que talentueux, François Maton, le Boss, Mathieu Garcia, Régisseur technique, Sabri Bouchfar Régisseur technique et Didier Lavignasse, Régisseur studio et voltigeur plateau quand il faut, bref, des gens tristes et n’aimant pas leur métier ;0)

SLU : Comment s’est passée cette phase de test ?

François Maton : Les mêmes 6 personnes ont écouté exactement les mêmes albums durant une pleine journée avec chaque système et chacun d’entre eux a été soumis au live via un concert, certes d’un groupe différent, mais très révélateur. On a réussi à écouter chaque marque sur un style musical où on avait des doutes.
Tout le monde a eu un super test. Bien sûr il y a de la déception chez ceux qui n’ont pas été pris, mais nous sommes certains de notre choix. Nous n’avions pas le droit de nous tromper, on partait pour 10 ou 15 ans et c’est en grande partie notre argent, l’argent de la salle qui était en jeu.

EventLive Group, plus qu’un intégrateur

Max Leroux

Impossible de ne pas interroger aussi Max, Maxime Leroux, le responsable commercial d’EventLive Group à Biarritz, l’intégrateur du système de l’Atabal et aussi l’heureux propriétaire d’un parc de A8.

SLU : Pourquoi Group ?

Maxime Leroux : Parce que nous avons EventLive Biarritz, Mixlive64 et bientôt une troisième entité en Nouvelle Aquitaine. Nous sommes des prestataires techniques pour le spectacle vivant, conférences, événementiel et on fournit du son, de la lumière et de la vidéo avec de l’écran LED plein jour et du gros VP Christie.

SLU : EventLive Group existe depuis quand ?

Maxime Leroux : 2015, je suis associé avec David Lafourcade. Je viens du côté DJ et je suis devenu le commercial de la société alors que lui est très technique.

SLU : Comment en es-tu venu à choisir JBL ?

Maxime Leroux : Par Freevox. Ils nous ont toujours suivis et aidés et c’est un des premiers distributeurs à nous avoir fait confiance au lancement de la société. On en intègre pas mal et on achète aussi beaucoup de lumière. L’année dernière, ils nous ont bien accompagnés lors du festival Biarritz en Eté. C’est une belle collaboration entre eux et nous et l’on se renvoie toujours l’ascenseur. Laurent (Bellote) est un type adorable, j’ai complètement confiance en lui et il n’est que de bon conseil.

Une répartition extrêmement homogène avec à peine plus de SPL en champ proche qu’au lointain. En cyan à 4 kHz et en jaune à 8 kHz. La balance tonale est parfaite.

SLU : Tu es heureux de ton choix avec le A8 ?

Maxime Leroux : Bien sûr, ça marche très bien et quand j’ai accueilli Sébastien Roblin d’Intelligence Audio (Seb..si tu nous écoutes !) à Biarritz en Eté avec des A12, il a été bluffé. Cela m’a mis en confiance d’autant que ça y est, j’ai les premières fiches techniques où figure le nom JBL. Je n’en ai pas eu 50, mais ça commence.

La Midas Pro2 aux mains des The Herbaliser. Il est possible de la remplacer par la CL5 des retours facilement puisque les sources passent par un patch analogique.

SLU : Tu as une autre marque audio dans ton parc

Maxime Leroux : Oui que je garde car c’est pratique pour de l’événementiel et les wedges sont efficaces, et je ne peux pas tout changer. Enfin c’est bien de pouvoir proposer deux marques.

SLU : Mais tu ne distribues que JBL…

Maxime Leroux : Absolument. J’ai déjà installé des clubs sur la côte avec cette marque et outre le A8, j’ai aussi d’autres références en parc comme les PRX et SRX.

Parole, parole, parole… dB SPL, dBA, dBC !

Nous écoutons quelques titres peu ou pas masterisés de Sheffield Lab avec notamment un mix direct sur du ½ pouce et 30 ips de George Massenburg et on savoure ce système. Le contour est pile poil comme le rendu d’ensemble.

Les quelques points pris sur le gauche/droite, notamment pour calmer le raccord dans un grave vraiment en forme !

Les deux têtes au centre, de la présence sans semer la zizanie dans le bas.

Le VTX-A est tout sauf l’idée qu’on se fait du son « américain. » On est dans un univers hi-fi. Dès les niveaux les plus bas, l’équilibre et la dynamique sont présents. A 80 dBA on savoure déjà du vrai son, complet et qui ne varie absolument pas à 90. Au-delà, l’impact physique apporte sa dîme et construit le rendu live tel qu’on l’aime pour son côté viscéral et événementiel, sans pour autant faire mal.
Une vraie réussite. Il sera possible de mixer absolument tout dans les A, y compris du classique et surtout le métal et autres musiques qui font la réputation de l’Atabal. Bellote a taillé ce qui est gênant et a livré un système capable de caresser comme de déboîter.

Comme le dit si bien Flux, 102 et pas un de plus !

Le soir même, The Herbaliser, le groupe anglais qui inaugure le nouveau système, le fait avec un mixeur qui l’est tout autant.
Les cuivres et les scratchs du DJ attaquent comme il faut et l’arc sub complète idéalement le bas sans abîmer la patate des 8” ce qui nous permet de retrouver le son « sooo british » et donc fort, assez sale et avec les basses oubliées dans la semie. Cela prouve encore une fois qu’un système ne fait pas le son, il le reproduit.

The Herbaliser devant un public nombreux et ravi.

D’autres informations sur :

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Robert Juliat recherche Technico-Commercial H/F

Ce fabricant français de matériel d’éclairage scénique recrute en CDI au poste de Technico-commercial (H/F) pour la France et l’international.
En France, vous aurez la mission de suivre les partenaires, les clients finaux et les prescripteurs d’une zone géographique définie.
Sur le marché international vous serez amené à effectuer, seul ou en équipe, des démonstrations de leurs dernières solutions.

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SATIS & Screen4All 2019, 37ème édition en vue

L’édition 2019 du SATIS se tiendra les 5 et 6 novembre aux Docks de Paris à La Plaine-Saint-Denis.
Retrouvez notre interview vidéo de Stephan Faudeux son directeur où il parle de l’édition 2018 et donne quelques pistes sur celle de 2019.

SLU ayant été partenaire de l’édition 2018 du SATIS, nous avons pu mesurer in situ la satisfaction, le foisonnement d’idées et la fraicheur de ce salon, revenu au premier plan grâce à la ténacité de Stephan Faudeux qui l’a repris avec son équipe et remonté de toutes pièces en le rajeunissant.

Il s’en explique sur cet interview où il parle de l’édition passée et donne quelques pistes sur la prochaine qui se tiendra les 5 et 6 novembre 2019 aux Docks de Paris à La Plaine-Saint-Denis.

Et plus d’informations sur l’édition 2019 du SATIS

 

L-Acoustics annonce le switch AVB LS10

L-Acoustics vient d’annoncer à InfoComm 2019 le lancement d’un switch AVB prochainement certifié par l’Avnu, le LS10. Il s’agit d’une solution très simple d’emploi et fiable permettant la constitution de réseaux AVB/Milan redondés.

La face avant de LS10 avec les 5 premiers ports EtherCON™, trois autres sont accessibles en face arrière.

En tant que membre fondateur du groupe de travail sur le protocole Milan, L-Acoustics a largement adopté l’AVB, le seul standard conçu en tenant compte des vrais besoins en transport de données audiovisuelles. Milan et AVB apportent à l’industrie de l’audiovisuel la certitude de disposer dans le temps d’un standard efficace dans le transport de données sensibles dans un réseau.
Développé par et pour des utilisateurs et via des normes ouvertes, Milan est destiné à devenir un standard de nos industries. Pour mémoire, le groupe de travail Milan a été annoncé il y a tout juste un an à l’InfoComm 2018.

Genio Kronauer

« Nous savons que nos clients n’ont pas envie d’être des administrateurs, perdant du temps à configurer des réseaux » nous explique Genio Kronauer, le Directeur de la R&D électronique chez L-Acoustics et l’un des membres du groupe de travail Milan depuis sa constitution.
« Avec LS10 vous disposez d’un switch AVB fiable et qui fonctionne sans effort. Il suffit de l’alimenter en secteur et en signal et vous êtes prêts à envoyer de l’audio dans l’ensemble du réseau en quelques secondes. »

Deux LS10 peuvent être accolés et former un rack 1U pour bénéficier d’une redondance. Disposant de ports en face avant et arrière, LS10 peut être facilement monté dans le LA-RAK II de sorte à distribuer de l’audio et des des données à des contrôleurs amplifiés et à d’autres LA-RAK II grâce aux huit ports EtherCON™ et aux deux logements SFP pour des transceivers optiques. Dégageant très peu de calories et ne disposant donc pas de ventilateur, LS10 opère dans le plus absolu silence sans risque de surchauffe.

Simplifiant le déploiement de liaisons redondées Milan, le switch LS10 est conçu pour faire face aux problématiques propres au touring aussi bien qu’à celles de l’installation. Un port d’entrée pour une alimentation 24 V DC externe prend la relève en cas de coupure secteur. Si LS10 perd toute alimentation, il est à nouveau opérationnel après un redémarrage de seulement 5 secondes. En cas de panne avérée, un GPO peut commuter d’autres appareils.

La face arrière de LS10 avec les deux logements SFP, trois ports EtherCON™ un connecteur pour sans doute recevoir une tension externe et servir de GPO et la prise secteur.

« Le lancement de LS10 prouve notre engagement vis-à-vis de l’AVB et facilite la création d’un écosystème technique abordable et durable » ajoute Germain Simon, Manageur produit chez L-Acoustics. « Sa facilité d’emploi fait que les utilisateurs passent moins de temps à configurer le système et plus de temps à en tirer la meilleure expérience sonore possible pour le public. »

LS10 fonctionne aussi bien dans l’univers L-Acoustics comme en dehors et sera disponible à la vente au premier trimestre 2020. Sa certification Avnu est en cours et sera effective lors de sa mise en vente.

Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur l’AVB, le Milan, et l’Avnu, retrouvez cet article écrit par notre collègue Claude Ducros ici.
Pour télécharger la fiche préliminaire du LS10, cliquez ici.

Chris, Manu, l’écu, Camille et Nicolas jouent un coup de théâtre!

Christine and the Queens revient sur scène sous une nouvelle identité Chris, androgyne et animale, accompagnée des excellents danseurs du jeune collectif La Horde. Elle a imaginé une mise en scène privilégiant les corps et leur rapport à l’espace, le naturel, la simplicité.
Un grand écart artistique et technique pour l’équipe de création scénographique et lumière car il a fallu construire un spectacle qui a tout d’un Opéra et l’adapter aux contraintes de timing d’une tournée.

A l’AccorHotels Arena, une des dates de la rentrée parisienne de Chris, (de G à D) Camille Duchemin scénographe, Nicolas Olivier éclairagiste, Philippe Ducouret, alias l’Écu de MecaOctet et Manu Mouton, régisseur général nous racontent les étapes de la naissance de ce concert décalé.

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Avant même que nous posions la question, Manu Mouton, régisseur général de la tournée embraye.

Manu Mouton : « La première personne à citer dans la création c’est Christine. Quand je regarde mes notes du début du projet je retrouve tous les univers du show final. C’est elle qui a les idées. Nous l’avons accompagnée car elle ne sait pas forcément comment le dire techniquement, mais elle savait très précisément ce qu’elle voulait.

SLU : Comment êtes-vous arrivés tous dans ce projet ?

Manu Mouton : J’ai fait la direction technique du projet Justice il y a plus de 1 an. C’est la même production. Quand Christine a décidé de se remettre en route dans un univers complètement différent du précédent, Corida m’a proposé de réunir une équipe autour d’elle. L’artiste avait un brief vraiment très particulier : lumière blanche, pas de couleurs, ne pas voir les faisceaux, ne pas voir les sources.

Et si on commençait par la fin, Chris et tout son public sous la neige !

Elle parle de corps, de voir les muscles de voir la sueur. Elle évoque des toiles de fond peintes et des effets naturels comme la fumée, la neige, le sable, rien d’acidulé, rien de technologique, rien de numérique.
J’ai démarré le projet avec Philippe Ducouret, dit l’Écu, mon complice de toutes les créas, Justice et beaucoup d’autres, qui avec sa société MécaOctet construit de la machinerie assistée par ordinateur.

Dès le début avec Christine on parle d’éléments naturels dont la neige, et j’ai le souvenir d’avoir vu le plus beau de ce type d’effet dans un spectacle , “Neige”, de la chorégraphe Michèle Anne De Mey. Nous nous rapprochons de Nicolas Olivier qui a réalisé ces machines, il parle la même langue que Christine, et il a une grande expérience de la neige et de la fumée pour le théâtre.

De gauche à droite Camille Duchemin scénographe, Nicolas Olivier éclairagiste, Philippe Ducouret, alias l’Écu de MecaOctet et Manu Mouton, régisseur général

Pour l’anecdote, Christine arrive à l’essai suivant avec quelques photos de spectacles de danse dont elle souhaite se rapprocher et l’on découvre que c’est Nicolas qui a éclairé les trois quarts d’entre eux. Il a donc fait la créa lumière avec les niveaux, les intentions correspondant parfaitement à l’univers de Christine.

J’ai travaillé aussi avec Thibault Richard, mon complice de direction technique, qui a une spécialité réseau. Plus tard j’ai fait appel à la scénographe Camille Duchemin. Elle a repris les bribes que nous avions jetées et a commencé à accompagner Christine dans l’écriture du projet et la réalisation des toiles, choix des images, travail d’impression.

En son, Julien Decarne (FOH) et Vladimir Coulibre (sound designer et ingé système) nous ont proposé le projet L-ISA. C’est un chapitre à part mais que nous avons beaucoup travaillé car ça complique le rigging. Pour que ce soit possible il faut intégrer L-ISA très tôt dans le projet. »

Les toiles de fond de scène, imprimées et repeintes

Le premier espace resserré, très frontal, lié au premier tableau. Les corps sont très proches les uns des autres.

La montagne envoie une ambiance plus menaçante par les simples niveaux de lumière qui la révèlent. L’œil est attiré sur Chris.


SLU : Camille, comment as-tu travaillé le projet avec Christine ?

Camille Duchemin, scénographe : « Christine avait une idée assez précise de tableaux qu’elle voulait de l’époque de Hondson River School. On a découpé la chronologie en 3 parties. Une première partie terrestre sur une petite vignette serrée en bord de scène pour contraindre les corps dans un premier espace restreint avec un regard très cadré par cette image.

Le travail de découpe montre le chemin et les ailes qui porteront Chris dans la deuxième saison de l’histoire.

Un tremblement de terre permet de faire disparaître cette première toile. L’espace s’ouvre pour la deuxième partie sur une image plus tempétueuse, une mer déchaînée, une image plus longue et cinématographique. La lumière occupe l’espace différemment et la chorégraphie prend plus de place.

Deuxième espace, plus profond plus ouvert avec des éléments liquides qui, en fonction de la température de couleur des sources impliquées…

… renvoient un message différent.


On a beaucoup travaillé les modes d’impression sur les toiles coton imprimées. Elles ont été repeintes pour garder les reliefs et les volumes et gagner en profondeur. Quand on agrandit 100 fois un tableau qui mesure 40 cm par 60, on perd la qualité de la touche, on perd la nervosité qu’il faut restaurer.
La première toile est rigide, la deuxième toile est plus souple, soumise à la tempête et se fait avaler pour laisser la place au troisième espace immatériel. Cet espace vide est dessiné par le sable, la neige, la fumée, la lumière.

Le sable, juste éclairé par un PAR CP 60, un magnifique tableau plein de poésie

Espace sans limite, habillé par la fumée…

… la neige.


Et on finit sur une dernière image où elle va dans le public. Elle veut pousser les espaces pousser les murs, gagner en possibilités, c’est ce que ses textes racontent. On a travaillé le rapport des corps à l’espace. C’est la lumière qui révèle les qualités de peau et donne un grain, une matière qui est très forte. »

L’écriture lumière

SLU : Nicolas, c’était quoi la difficulté en lumière

Nicolas Olivier, Eclairagiste : « C’était de venir avec un éclairage épuré par rapport à ce qui se fait dans cette taille de spectacle habituellement, éviter la vidéo, les effets de fumée intempestifs et surtout le dessin des faisceaux en mouvement, en couleur.
Ce que je trouve beau dans le spectacle c’est que les corps et l’artiste sont au centre du visuel, à l’opposé d’une scénographie complètement débordante qui aveugle, et où le sujet se perd parfois. Ici le sujet c’est le chant, la danse, les corps, le volume des espaces créés par la scénographie, différents plans, la profondeur.
Comme on a appris à parler ce vocabulaire en commun, la lumière qui restitue les matières, les teintes, les peaux, les volumes s’est faite assez naturellement et assez rapidement. »

Camille Duchemin : « Découper le ciel ou le sol, faire vivre les images pour les voir différemment. La toile de la mer on la voit de plusieurs manières différentes suivant les tableaux. Parfois elle est intégrée avec les corps, parfois on voit juste la vague et le dos de Christine. Il y a aussi tous les découpages à l’intérieur des toiles qui ont fait partie de l’écriture de la lumière. »

Un contraste violent de textures et de lumière.

SLU : Camille, tu parles beaucoup de lumière et toi Nicolas de matière, mais qui fait quoi exactement ?

Camille Duchemin : « C’est difficile de dire qui fait quoi. Quand l’équipe marche bien, chacun à un moment donné fait de la scéno, de la lumière. On vient chacun avec notre culture et très vite tout le monde s’imprègne de la pensée des autres. Nicolas a été amené à faire aussi des recherches de scénographie, de matières et moi des recherches de lumière. »

Nicolas Olivier : « Et puis aussi d’organisation de travail. On a tous bousculé nos zones de confort. »

Camille Duchemin : « Sur cette création, il y a deux cultures qui se rencontrent. La culture show musical qui n’a pas l’habitude de répéter longtemps et la culture théâtre pour laquelle il est normal de répéter sur plusieurs semaines. Ici, on arrive à une espèce de forme opératique et chaque changement de décor, de lumière demande à être répété pour bien valider qu’il rentre dans les corps de la chanteuse et des danseurs. Ces cultures de travail sont différentes donc tout le monde était un peu bousculé. »

Une belle ligne de Dalis 860 Robert Juliat bord plateau pour éclairer la première toile et attraper les danseurs.

SLU : Tu as utilisé quelles sources ?

Nicolas Olivier : « Il y a un peu de tout. J’ai utilisé des sources à décharge des PAR, de la led. J’ai choisi des Dalis sur perche pour éclairer la deuxième toile et je les ai utilisés en bain de pieds bord plateau pour éclairer la première toile et aussi ressortir les danseurs quand ils sont au premier plan.
Nous avons des barres de PAR car nous avons tout de suite senti le besoin du filament pour éclairer les corps, pour les sentir, sentir la sueur, les muscles naturellement. Je viens du théâtre donc c’est un outil que je connais très bien.

Les BMFL WashBeam choisis pour leur puissance et leur large ouverture, cohabitent avec les lignes de Par CP61 , une dizaine au total pour éclairer les corps. A gauche une ligne de Dalis 860 se réserve l’éclairage du paysage de mer déchaînée.

Et là où je suis sorti un peu de mon travail habituel c’est qu’il a fallu rentrer un kit qui pouvait se monter en un jour et qui réponde à toutes ces volontés de lumière, ne pas sentir le faisceau avoir un wash suffisamment large et puissant ou en encore un projecteur de découpe motorisé et c’est pour ça que l’on s’est tourné vers les BMFL Blade et WashBeam Robe.

Le Elidy est arrivé un peu par hasard. J’avais envie d’un effet latéral assez prononcé donc puissant pour casser par moments la lumière englobante et le Elidy était parfait pour assurer cette fonction. Et du coup il y a une source un peu technologique qui apparaît dans le spectacle et je trouve que ça fonctionne. Il a une très belle couleur, très très proche de l’halogène.

Le mur de Elidy est en deux parties positionnées par moteurs Gis dont l’asservissement a été développé par MecaOctet. Un au sol est dissimulé par la scène, l’autre est accroché.

A gauche de l’image, il envoie un éclairage latéral de forte puissance sur scène pendant la 3e partie immatérielle du show.

Les deux BMFL Blade et leur RoboSpot Motion Camera du système de poursuite semi automatisé de Robe…

… et leurs télecommandes back stage rebaptisées « mobylette » par tous les lighteux.

Nous avons aussi deux “mobylettes” (RoboSpot) qui nous ont sauvé la peau car je ne pouvais pas attaquer avec une poursuite traditionnelle en salle. J’accrochais les toiles, la première notamment qui est vraiment très proche de Christine. J’ai décidé de placer les BMFL Blade sur le pont de face et j’ai un très bel angle d’attaque grâce auquel elle ressort juste surlignée. »

SLU : Tu as recours aux CTO progressifs, aux ambres ?

Nicolas Olivier : Oui et au minus green, aux frosts progressifs et à la nature des sources elles-mêmes aussi, la lampe arc, le PAR, la led chaude du Elidy. Ces blancs créent suffisamment de températures de couleur différentes pour satisfaire nos besoins. La couleur existe par référence à ce qu’il y a à côté ou à ce que tu as vu avant. Travailler les blancs donne la sensation de ne pas voir le même morceau tout le temps par le dégradé et les nuances de blanc, le blanc qui du coup devient un peu gris. C’est vraiment ce travail qui m’intéressait et ça s’est joué très naturellement.

SLU : Et tu travailles quels angles de faisceaux !

Nicolas Olivier : Les PAR sont des CP 61 mais il y en a beaucoup donc on n’identifie pas 60 sources. Elles travaillent comme une seule source. Si je veux un contre-jour très directif, un latéral par exemple, j’ouvre les zooms des BMFL à fond, je mets le frost à fond et j’utilise 6 machines mais ça donne la sensation d’une seule machine en termes de lumière car on ne diffuse pas du tout de brouillard donc on ne matérialise pas les faisceaux.

SLU : As-tu eu des problèmes de rendu des couleurs avec les sources à arc ou à led ?

Nicolas Olivier : Avec les Dalis, non pas du tout. La lampe des BMFL Robe tire par contre un peu sur le vert mais il y a un minus green dans le projecteur qui me sauve la peau et que j’utilise systématiquement. »

Les effets d’éléments naturels

La troisième partie du show, place les corps dans un espace immatériel très poétique animé par la neige, des nuages de fumée sur scène et dans la salle, et des lignes de sable qui se désagrègent. Certaines machines sont louées par FX3, d’autres ont été développées par MecaOctet, et toutes sont contrôlées par l’Ecu en live.

Les seaux de neige ventilée, accrochés et frisés. Il y en a aussi une dizaine en salle pour un effet final immersif surprenant et très réussi. A droite un pont de 3 BMFL Blade, puis on devine la lentille de sortie des BMFL WashBeam sur 2 ponts qui encadrent les seaux de neige et la première toile. A gauche de l’image, un autre pont de BMFL WashBeam est positionné devant la deuxième toile.

SLU : Comment fonctionne cette fameuse machine à neige qui a provoqué la rencontre de Nicolas?

Manu Mouton : « Cet effet nécessitait de tendre des filets de 12 mètres sur 3 plans, agités par des moteurs, et comme ça gouttait un peu avant l’effet, il aurait fallu prévoir des volets motorisés.
La neige est un effet très important du spectacle mais qui dure seulement 20 secondes. Investir autant d’argent ne valait pas le coup. Je suis finalement revenu à un système de seaux ventilés qui crachent de la neige, plus simple à mettre en œuvre et surtout moins coûteux. »

SLU : Quelle est la technique qui permet d’avaler la deuxième toile ?

Manu Mouton : « Nous avons deux toiles pour le décor de mer déchaînée. Il était impossible dans le cahier des charges d’avoir une belle toile en couleur et en profondeur, assez fine pour être enroulée et qui redevienne tendue et lissée le lendemain donc on l’a doublée. On largue la première dans le noir. C’est une deuxième toile, plus légère qui s’agite dans la tempête et à la fin se fait embobiner en une seconde dans une machine qui a été développée par l’Ecu. »

La version souple de la deuxième toile, moins détaillée et plus légère, juste avant le « sniffage »

SLU : Comment parvenez-vous à maintenir un nuage dans le dispositif scénique ?

Nicolas Olivier : « Pour la troisième partie du spectacle, on utilise un fond de scène noir et 1,5 m plus à la face, il y a un tulle, un clear screen. Dans cet espace que l’on appelle le bocal, la fumée stagne car on parvient à créer un microclimat par différence de températures et l’on y évite les courants d’air. Le nuage ne se dissipe pas tout de suite ce qui produit un effet de profondeur. Ce système est issu d’une recherche que j’avais faite pour un précédent projet.

A gauche du couple de BMFL Blade et WashBeam, on remarque la présence discrète d’un des tubes de sable collé à son boîtier de commande.

Devant le bocal sur scène on envoie de gros jets de fumée à dissipation très rapide et dans la salle on utilise des fumigènes pour créer des nuages.
C’est un artifice Le Maitre qui produit une traînée de fumée de couleur verte. L’avantage avec les artifices c’est que les couleurs sont très denses.»

SLU : Quelle est la machine qui envoie des lignes de sable sur “La Marcheuse” ?

Manu Mouton : « J’ai une dizaine de machines à sable développées par l’Ecu. C’est un tube qui mesure 50 cm de haut et 8 cm de diamètre. Il contient 13 minutes d’effet. On l’utilise pendant 3 minutes, autrement dit une grosse poignée de sable par machine. »

Un beau petit théâtre monté en seulement une heure et demie

Manu est vraiment enthousiaste à juste titre. L’accroche des 15 perches nécessaires aux toiles, frises, machines à neige, barres de PAR, projecteurs et consorts ne prend finalement pas plus d’une heure et demie.

Manu Mouton : « Nous étions à Saint-Omer dans le Pas-de-Calais, dans la salle où nous faisions toutes nos répétitions. A 3 m du bord plateau, avec l’Ecu, on regarde le plafond en se disant que jamais on ne pourra monter un système traditionnel d’accroche en tournée, et on commence à réfléchir à un système de poutres face/lointain, des mother truss, pour supporter les perches. On n’a pas beaucoup de charge mais on a besoin de 15 ponts car toutes les sources sont frisées et du coup ça ajoute un grand nombre perches.

En position haute, 3 des 4 poutres de 500 carré chargées des moteurs de levage des nombreuses poutres.

Ce jour-là, Philippe Coudyser, le patron de Sonoss et Frédo de Régie Lumière passent déjeuner avec nous. Philippe est à Lille donc voisin. Et l’histoire se raconte en quelques heures entre Sonoss qui fabrique, Régie Lu qui achète et moi qui loue.

On est parti d’une poutre Eurotruss en 500 carré, complètement ouverte dessous, comportant un rail auquel sont accrochés des moteurs 250 kg D8+ (double frein) qui nous évitent les élingues de sécurité donc qui restent disponibles. C’est important, on a les machines à neige à recharger, des machines à sable à recharger, les lâchers de toiles, etc. On a développé un système de 4 poutres face lointain en 500 carré de 15 mètres de long, chacune montée par 4 moteurs 2 tonnes avec peson.
J’ai donc seulement 16 points d’accroche au plafond de Bercy. Dans chaque poutre sont intégrés 16 moteurs, donc 64 au total, prêts à contrôler mes 16 perches. C’est Eurotruss via Sonoss qui a fabriqué la poutre de 500 ouverte avec un rail au milieu et les moteurs de 250 kg D8+ Gis. C’est une marque suisse qui fabrique des petits moteurs, légers et maniables.

Le pont Eurotruss en 500 carré ouvert dessous laisse passer l’extrémité des moteurs accrochés sur le rail interne..

SLU : Comment sont gérés les 64 moteurs ?

Manu Mouton : Sonoss a optimisé le système en prévoyant de placer une armoire de contrôle de pilotage à chaque extrémité des poutres. Et ainsi tout est concentré en haut. Je monte une 32 tri et une mini Socapex pour alimenter et contrôler une armoire, donc 8 moteurs. J’ai au final 8 câbles d’alim et 8 câbles de contrôle pour les 64 moteurs. Au niveau du câblage ce n’est rien.
Je récupère ensuite mes 8 câbles sur ma télécommande 60 moteurs et j’ai mon théâtre sous la main. Temps de montage 1 h 30 chrono ! J’évite aussi une forêt de câbles, le coût de 64 points d’accroche au plafond de la salle et d’une nuit de rig.

La télécommande analogique des 64 moteurs Gis fabriquée par Sonoss

Aujourd’hui on a des pesons externes qui communiquent en wifi avec un ordi pour le contrôle de charge. Avec la nouvelle télécommande numérique que Sonoss vient de développer, je pourrai voir la charge appliquée à chaque moteur. C’est un projet qui m’intéresse pour des productions plus classiques à forte charge donc je continue son développement.

À terme on prévoit de grossir le rail intégré dans la poutre pour utiliser des moteurs asservis de 500 kg et même des 500 mouflés si on a besoin de 1 tonne. Tout comme on fait des prépas de light, on va pouvoir faire des prépas de rig, faire des mémoires et les rappeler. Et puis accrocher simplement avec le contrôle de la charge ce qui pour moi est obligatoire. Il est urgent de travailler avec des pesons, ne serait-ce qu’en festivals.

J’aimerais tirer mon chapeau à Philippe de Sonoss qui a développé le système et à Frédo de Régie lumière qui a investi, car pour moi, côté budget de création de la partie technique, c’est hyper compliqué de débloquer des fonds juste pour des questions de rapidité de montage. C’est invendable à l’artiste, ça parle peu au producteur. Ce sont des gens qui nous suivent depuis longtemps et Frédo à l’époque a dit “Ok, j’achète et je vous le loue sur 9 dates !” On est au-delà de la logique financière d’une boîte. »

Conclusion

En rupture avec tous les concerts que nous avons vus, en rupture avec ce qu’elle faisait avant, Chris surprend certes et finalement rassure. Elle assume sa volonté de sortir d’un cadre qui l’étouffait, elle assume tout autant la tempête qui en découle et souffle un vrai vent de liberté soutenue par son producteur Corida, et son équipe de création technique. Ils se sont mis en quatre pour aller au bout de ses envies. La lumière ne se montre pas comme un support de la partition musicale, elle se plie aux besoins d‘une scénographie située entre opéra et comédie musicale.

On ne parle pas de conception lumière, on parle d’éclairage et Manu Mouton a recruté avec Camille Duchemin et Nicolas Olivier des experts dans l’art de l’illusion. Le regard est tout entier focalisé sur les corps qui s’expriment avec une sensualité féroce dans un décor ou une absence de décor qui traduit 1 000 ambiances par le jeu magique des lumières et des effets naturels. “On s’est rendu compte que la simplicité pouvait emprunter des chemins sinueux” me confiait Camille Duchemin, et cette équipe de techniciens aime à l’évidence les randonnées de l’extrême.

Produire un Opéra pour une tournée est un challenge technique qu’ils ont maîtrisé avec leur expérience, leurs talents de chercheurs et l’investissement de toute l’équipe. Proposer un Opéra dans une salle grande comme l’AccorHotels Arena pour 18 000 spectateurs était par contre un pari vraiment osé…

Plan de feu 3D

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GLP S350 Wash, Highlander, Impression FR10 Bar et modules KNV

Sur le large stand déployé pour leur 25e anniversaire, en plus des nouveaux modules KNV, trois machines ont retenu notre attention, toutes issues de la gamme « Impression » reconnaissable au premier coup d’œil. Alexander Braun, directeur marketing pour la marque allemande nous passe en revue les nouveautés.

Quelques-unes des machines du musée de GLP et disposées par ordre chronologique.

L’an dernier nous vous présentions l’Impression S350 Spot, cette année German Light Products a décidé de compléter son offre avec une version S350 Wash.

Adoptant le look commun à la série Impression, le S350 Wash se distingue comme une source wash polyvalente avec sa puissance de 350 W LED.

Même carrosserie compacte que le Spot (65 cm de hauteur tête relevée), et même poids (25,5 kg), même puissance de 350 W pour le moteur de leds plaçant cet appareil au milieu de la gamme de puissances disponibles chez GLP.
Pas de différences notables concernant la plupart des fonctions du projecteur, même module de couteaux, même trichromie et roue de couleur additionnelle.
Le modèle Wash ne dispose pas de gobos ni d’iris, mais embarque un correcteur de température (CTC) linéaire ajustable entre 2500 et 8000K. Le zoom dispose d’une plage d’ouverture plus étendue que le spot, pouvant varier de 6 à 60°.

À quelques pas de là une grosse silhouette attire notre attention. Nous restons dans la catégorie des lyres Wash pour vous présenter l’imposant « Highlander Wash ».
Cette nouvelle machine reprend les codes des appareils issus de la série Impression en particulier la base, qui semble bien étroite comparée à cette massive tête mobile.

Une imposante tête pour une base et un poids restreints, bienvenue au Highlander, puissant wash embarquant une lampe de 1 400 W.

Le Highlander est en effet la réponse apportée par GLP à l’éternelle problématique d’obtenir une puissance lumineuse conséquente (27 500 lumens annoncés), tout en limitant le poids des appareils.
Ici nous sommes devant une lyre de près de 80 cm de haut (tête relevée), embarquant une lampe Osram de 1 400 W, un module de 4 couteaux asservis, une trichromie combinée à deux roues de couleurs et un correcteur de température ainsi qu’un zoom de 5 à 70° pour un poids total de 29,5 kg seulement. Belle performance !

Dalles LED combinant matrice et effets très appréciées, les modules KNV sont désormais quatre au catalogue.
Aux classiques Cube et Arc s’ajoutent les modèles Line et Dot. La version linéaire est composée de 5 des 25 pixels du KNV Cube.

La famille KNV s’agrandit, les modèles Line et Dot (ce dernier pouvant être équipé d’un support distinct comme à gauche de l’image) rejoignent les modules Arc et Cube.

Ses dimensions et son pitch identiques permettent différents assemblages sans discontinuité. Le module « Dot » déroge à la règle, disposant d’un unique « pixel » : une led centrale blanche entourée de 16 leds RGBW qui elles sont matriçables.

Cette version est évidemment compatible avec les autres modules mais se distingue également comme source à part entière. Alimenté par un boîtier externe, ce dernier peut fournir suffisamment d’énergie pour créer des ensembles de 25 « Dot » maximum.

Notre rencontre avec ces nouveaux produits germaniques s’achève par l’Impression FR10 Bar, effet dynamique, combinaison de la carcasse du X4 Bar 20 et de 10 sources led FR1. Nous obtenons un projecteur de forme linéaire proposant 10 faisceaux de 60 W RGBW (LED Osram Ostar) disposant chacun (et là réside l’innovation) d’un zoom indépendant variable de 3,7 à 35°. Le tout est pilotable en TILT sur 200°.

10 sources avec pour chacune un au zoom indépendant équipent l’Impression FR10 Bar, l’une des nouveautés proposées pour les 25 ans de GLP.

Cette machine d’une longueur de 1 mètre, serait autant à l’aise en tant que source d’effets que d’éclairage de cyclorama. Nous attendons avec impatience de le voir en action dans des conditions plus propices.

Plus d’informations sur le site La BS et sur le site GLP

 

Prolight+Sound 2019 en Live

Day1 – Morgen

Sonnez trompettes, l’escadrille SoundLightUp est arrivée pied au plancher dans le Hall 12 du Prolight+Sound.
Le temps de saluer nos compatriotes français d’Ayrton, dont le show arc-en-ciel signé Stéphane Migné explore toutes les facettes des Bora, Khamsin, Levante et Diablo, nous traversons l’effervescente académie Minuit 1 avant de nous séparer dans les allées.

ADB se situe à une place de choix pour présenter les Fresnel et Pebbles Orkis en versions définitives, juste après leur dernière console Ocean, équipée d’une évolution du soft Hathor qui risque fort de nous surprendre dans les prochains jours.

ADB Pebble et Orkis

ADB Pebble et Orkis

Le gigantesque stand Robe nous précipite dans une cascade d’aventures, de temples mystérieux et de projecteurs insensibles aux chutes d’eau. Un troupeau d’iPointe, des MegaPointe musculeux et surtout étanches, barbotent tranquillement dans les douves entourant la scène.

Stand Robe

Et surplombées par une myriade de SuperSpikie, de T1 Wash ou Spot et de SilverScan, ainsi que par le remix 2019 du mythique premier scan du constructeur Tchèque il y a 25 ans.

Robe SilverScan

Robe SilverScan


Surprise chez Luminex avec leur toute nouvelle gamme de Luminode high-tech, concentré insolent d’idées, d’ergonomie et de passerelles numériques tendues vers un futur 100 % réseau.

Luminex Luminode

Luminex Luminode

Tube Astera

Les ingénieux Teutons sans fil d’Astera jouaient au Mikado avec la famille « Titan Tube », désormais au complet avec le modèle éponyme en 1 m, le petit nouveau Helios en 50 cm et le prototype fonctionnel de la « grande tige » en 2 m.
Du coup, tous les délires décoratifs de zigzags et lignes brisées deviennent possibles.

Du côté des Américains, le stand Elation déjà pris d’assaut par les visiteurs était dominé par un imposant drone baptisé Proteus Maximus équipé d’un moteur de LEDs côtoyant le kilowatt.


Day1 – Sunny Afternoon

Toujours au galop les journalistes SoundLightUp manquent de se télescoper au croisement des stands Starway et GLP.

Starway présente entre-autre les nouveaux membres de la famille Vega, un Maxi-Vega qui porte bien son nom et un astucieux Mini-Vega, dont les accessoires d’accroche permettent la construction d’éléments imposants. Des supports de montage sont aussi disponibles pour les FloodLite 650, HD et UV pour la construction de barres ou de cadres type Molefay.

Stand Starway

Stand Starway

Cette drôle de salamandre est le dernier émetteur/récepteur DMX sans-fil LumenRadio, format de poche et poids plume.

Lumenradio MoonLite

Lumenradio MoonLite

Le MoonLite utilise leur dernière puce TimoTwo, avec une batterie de 10 heures d’autonomie et une connexion Bluetooth pour la paramétrer depuis son téléphone portable.

Drôle et ingénieux présentoir « Ikea meets Castorama » chez Artistic Licence avec une collection de lampes diverses et variées (LED, Fluocompacte, etc.) pour une démo toute en finesse et gradation du module SunDial, impressionnant en début de course.

Nous découvrons deux nouveaux appareils de la gamme P issus des ateliers de la maison JB Lighting, l’un d’entre eux (P12 Profile) propose une solution très complète en termes de fonctions pour une puissance intermédiaire.

Au détour d’une allée nous rapprochant des contrées danoises, le petit VDO Atomic Dot de Martin nous éblouit par ses caractéristiques innovantes dont le flux impressionnant généré par sa led centrale entourée d’une couronne de leds et ses multiples possibilités d’accastillage.

Martin VDO Atomic Dot

Martin VDO Atomic Dot

Day2 – A Suivre

 

Rendez-vous à Prolight+Sound 2019, du 2 au 5 avril à Francfort

Tous les regards seront tournés vers Francfort où, du 2 au 5 avril, Prolight+Sound y présentera les nouveautés et dernières tendances du secteur de l’événementiel et de la technologie des médias.
Le salon proposera également aux experts de l’industrie comme aux néophytes un programme didactique plus complet que jamais. Les principaux acteurs techniques de tous les segments de l’industrie du spectacle et de l’événementiel y présenteront leurs nouveaux produits. Voir la liste ici.

Comme précédemment, Prolight+Sound ouvrira ses portes durant quatre jours ouvrables (du mardi au vendredi), soulignant ainsi son positionnement pro. Ainsi programmés, les deux salons sont voués à renforcer les synergies et à mieux refléter les souhaits des visiteurs et du marché international.

Cette année Prolight + Sound se tiendra en parallèle durant la totalité des quatre jours avec Musikmesse, le plus grand salon européen de l’industrie musicale.

En 2018, Prolight+Sound et Musikmesse ont enregistré une fois de plus une augmentation de leur rayonnement international en accueillant des visiteurs de 152 pays au total.

Un nouveau Hall pour Prolight+Sound : les avantages

Le parc des expositions de Francfort s’est enrichi d’un nouvel atout architectural : le Hall 12. Tout nouveau, c’est le bâtiment le plus grand et le plus moderne du parc, il dispose de 33 600 mètres carrés (bruts) d’exposition et offre un cadre de premier ordre pour la présentation de produits et solutions dans les domaines de l’éclairage, de la scène et du divertissement.

De plus, le Hall 12 complète le système de passerelles entre halls, permettant d’accéder au Hall 8.0 Audio, distant de seulement 130 mètres. Pour les visiteurs, le regroupement de l’ensemble du domaine audio, son et enregistrement, depuis les systèmes de sonorisation mobiles jusqu’aux installations permanentes en passant par les studios et la technologie radio se traduira par beaucoup moins de marche.

Des distances courtes entre les halls

Les secteurs des leds et de la technologie des médias conservent leur place traditionnelle dans le Hall 4.0, avec l’adjonction d’un espace spécial dédié à la protection et à la sécurité des événements. Hall le plus central du parc des expositions, il se trouve à quelques pas de l’entrée « Torhaus ».
Il est également à proximité immédiate de la « Zone de réseautage » située dans le Hall 4.1, le nouveau pôle d’affaires du salon. Il propose un concept de salon élaboré, avec des plateaux de conférence et des espaces de restauration, et offre ainsi d’excellentes conditions pour les discussions professionnelles.

Savoir ce qui fait bouger l’industrie

Les attentes vis-à-vis des productions modernes ne cessent de croître, et, avec elles, les exigences imposées aux professionnels du secteur. Le programme de séminaires de Prolight+Sound offre de précieux renseignements provenant d’experts de l’industrie.

Nouveauté Prolight+Sound 2019, les séminaires CAVIS Congress for Audio Visual Integrated Systems (Congrès pour les systèmes audiovisuels intégrés) se concentreront sur le marché en croissance des instals fixes.
Ils vont donner aux exposants la possibilité de présenter des projets et des produits adaptés. Les sociétés ARRI, Audinate, ETC, Holoplot, Lightact et Meyer Sound ont confirmé leur participation.

Le nouveau forum Broadcast + Production Forum (5 avril) fournit une plate-forme destinée aux tendances technologiques telles que la transmission sur IP, la lecture virtualisée et le streaming UHD. Les fabricants de caméras, liaisons radio, encodeurs de flux, mélangeurs d’images, panneaux de diffusion et applications audio spécialisées présenteront leurs solutions au cours d’exposés de 45 minutes.

©Jean-Luc Valentin

Après leur première édition réussie en 2018, les séminaires « The Future of Music and Audio Technology (L’avenir de la musique et du son) » seront étendus et couvriront notamment des sujets qui ont un impact décisif sur l’industrie musicale mondiale, comme l’intelligence artificielle, l’intégration d’applications et les objets portables (wearables) pour les musiciens.
Programme organisé par Advanced Audio + Applications Exchange (A3E) et qui aura lieu le 4 avril.

Le « Forum sur les technologies immersives (Immersive Technology Forum) » est également reconduit et même prolongé sur quatre jours. Les entreprises du secteur des technologies de l’événementiel et des médias fourniront des informations sur les meilleures pratiques en matière d’audio 3D et spatial, de réalité virtuelle et augmentée, de projection sur 360° et d’holographie. Holoplot, L-Acoustics, Out Board, ShowTex et Visoso participeront à ce programme.

©Robin Kirchner

Pour la première fois, Prolight+Sound collabore avec les organisateurs du Sample Music Festival (Festival de l’échantillonnage musical). Akai, Denon DJ, RANE, Ortofon et Mixars dirigeront des exposés dans un espace particulier du foyer du Hall 4.0.
D’autres sociétés, telles qu’Ableton et Native Instruments, présenteront leurs nouveaux produits dans le cadre d’ateliers et de démonstrations. Schenker Technologies est le principal sponsor officiel du « Sample Music Festival Area ».

Avec l’Audio Makers Square, Prolight + Sound et Musikmesse instaurent un espace spécial pour la communauté internationale du DIY. Les visiteurs y trouveront tout ce dont ils ont besoin pour construire leurs équipements audio et pourront participer à des ateliers de construction audio. La zone est organisée par MakeProAudio GmbH et divers partenaires.

Une autre première est la collaboration avec les organisateurs du Music Tech Fest.
Le programme comprend une ‘Innovation Masterclass’ avec le compositeur primé Reeps One et les ‘MTF Labs’, lors de laquelle les leaders de l’innovation dans le domaine de la production musicale transmettront leurs connaissances.

Le programme est complété par un « Trackathon » de 24 heures au cours duquel de jeunes futurs musiciens produiront et interpréteront des chansons. Le « Trackathon » est animé par la compositrice, productrice et multi-instrumentiste Martine-Nicole Rojina.

Au cours de l’International Event Safety Conference (I-ESC) conférence internationale sur la sécurité des événements, qui aura lieu le mercredi 3 avril, des conférenciers de renom se réuniront sur la Circle Stage, dans le Hall 4.0.

Ils débattront de l’actualité de la sécurité des événements au travers de conférences et de réunions satellites, tout en facilitant la participation du public. Pour la première fois, le programme se déroulera entièrement en anglais. Le conférencier principal sera Donald Cooper, directeur exécutif d’Event Safety Alliance.

Evénement majeur du salon, la Conférence Prolight+Sound (du 2 au 5 avril) mettra en lumière les principaux aspects de sujets importants pour l’industrie : éducation et formation, normalisation et obligations légales, et utilisation innovante de la technologie, autant sur scène que pour les installations audiovisuelles.
Des représentants d’entreprises et d’organisations telles que Gerriets, Neumann & Müller, Showtex, l’Université d’informatique de Copenhague, l’Association allemande des technologies de divertissement (VPLT) et l’Association Européenne des Centres d’Evénements (EVVC) figurent parmi les intervenants.

Une première mondiale pour les visiteurs de Prolight + Sound et Musikmesse est le Spectacle audio de concert vintage avec les événements marquants des systèmes de sonorisation de concert de quatre décennies.
Plus de 200 expositions sur une zone spéciale de Forum.0 montreront à quoi ressemblaient les systèmes de sonorisation des années soixante, soixante-dix, quatre-vingt et quatre-vingt dix. Plusieurs de ces anciens systèmes seront en situation.

Chaque jour de l’événement, un panel de discussion audio sera créé sur cette décennie au cours de laquelle des ingénieurs du son de cette période expliqueront le matériel utilisé à l’époque et répondront aux questions des visiteurs.
Parmi eux, Hans-Martin Buff, ex-ingénieur des studios Prince, Jon Caffery (Division Joy, Sex Pistols) et Michael Baur (Rammstein), et bien d’autres. Le programme complet ici.

Et plus d’infos sur le site Messe Frankfurt

 

Calogero dans les lumières de Vincent Lérisson

C’est lors de deux concerts successivement donnés à la Halle Tony Garnier (à Lyon) et quelques jours plus tard à l’AccorHotels Arena (Paris – Bercy) que nous avons pu découvrir la scénographie et la lumière conçue par Vincent “Lewis” Lérisson, jeune et talentueux éclairagiste pour le « Liberté chérie tour » de Monsieur Calogero.
Vincent Lérisson est un éclairagiste connu et reconnu pour ses lumières impressives et énergiques, totalement jouées en live. Point de time-code ou autres équivalents du « play-back » pour un éclairagiste. Vincent défend une certaine idée de l’interprétation lumière en live qui font sa marque de fabrique.

Les Svoboda apportent la profondeur et la chaleur, les chaussettes créent un volume, la lumière des MagicPanel dessine un spectacle.

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S’il n’est pas seul à être extrêmement attaché à l’énergie vivante de la lumière et de son pilotage « à la main », (c’est le cas d’autres éclairagistes, dont moi), nous pouvons au moins souligner que dans ce domaine il figure dans les meilleurs du genre sur notre territoire.
Si on ajoute à ça un goût pour une lumière qui lui est propre et une « patte » qu’on peut identifier comme sa signature, il était important pour nous de faire écho de sa dernière œuvre, tant d’ailleurs, elle est réussie et a été remarquablement reçue par l’ensemble de ceux qui ont pu assister à un de ces concerts.

Le bonhomme est d’ailleurs coutumier du fait. Il a déjà fait preuve de ses talents à intervalles réguliers avec de belles réalisations. Notons qu’il est par ailleurs aussi l’éclairagiste de Justice. Nous vous invitons à parcourir l’article que nous avons déjà réalisé à son sujet sur la tournée de Louise Attaque.

L’équipe de Bercy avec en haut de gauche à droite : Olivier “L’Abeille” Alain, Jules La-joie, Vincent Lérisson, Aurélien Visbeq, Marion Hervieux, Jean-Maxence Chagnon, Sébastien Sacco, Martial Blond, Christophe “Poussin” Beaup, Philippe L’Écu Ducouret, Jérémy Dufeux, Louis Perrin, Sébastien Richardon,
En bas : Antoine Tomasi, Christophe Janin, Cyril Vlaemink, Yvan “Vanvan” Petit Pierre, Alexandre “ La Mangue” Tuloup.

Comme bien souvent, une réalisation de ce type est le travail d’une équipe. Vincent a également ses acolytes qui jouent un rôle essentiel. On peut parler notamment de Sébastien Sacco, qui gère et intègre tous les systèmes réseaux… Il y a Rico, qui gère la machinerie scénique imaginée par notre designer et qui doit faire fonctionner tout un tas d’appareils qui montent et qui descendent tout au long du show… Il y a Jérémy qui seconde Vincent à la console et qui assure son remplacement sur les dates ou il ne peut être présent.
Il y a « Ecureuil » et les équipes de MECAoctet qui ont développé tout un fourbi de motorisation complexe pour donner vie à des énormes ascenseurs qui s’éclairent et qui modifient l’aspect de la scène en permanence… Il y a aussi… bref, il y a plein de monde qui a réalisé ce très beau concept.

Vue de l’infrastructure scénique globale

La mise en lumière de la scène repose en bonne partie sur deux éléments bien définis et qui sont uniques et remarquables dans le design de ce show.
Tout d’abord un fond, entièrement tapissé de Svoboda asservis, et ensuite, un plafond qui est en fait tout une impressionnante machinerie de « pods » motorisés pouvant agir à toutes les hauteurs, redessinant l’espace scénique et son envergure au fil des chansons.
D’autres dispositifs plus classiques viennent parachever l’œuvre, et nous allons voir en détail comment.

Le fond, les « svob »

Vincent Lérisson devant le mur de Svoboda

Parlons donc déjà du fond. Il s’agit d’un mur de 60 projecteurs Svoboda montés sur lyres asservies Spotlight.
L’assemblage a été réalisé par Dushow, qui a fourni l’ensemble des équipements lumière de la tournée, suivant les demandes de Vincent.

L’arrière des projecteurs reçoit un miroir, reprenant la forme si particulière et asymétrique du Svoboda. Ces miroirs sont réalisés en Dibond, un matériau sur panneau destiné à réaliser des éléments découpés pour la création d’enseignes, de décors, etc… Chaque Lyre avec son Svoboda pèse 54 kg.

La gestion des machines se fait sur 4 paramètres pan et tilt en 16 bits (donc 2 paramètres par fonction) et un cinquième paramètre pour le gradateur externe selon la méthode traditionnelle. Les machines sont positionnées sur une gigantesque grille fabriquée tout spécialement pour l’occasion et qui les présente sous la forme de 6 rangées de 10 projecteurs. L’assemblage est constitué de différents modules.

L’efficacité redoutable des Svoboda.

Chaque module comporte 4 appareils, disposés en carrés, et sont transportés montés et câblés dans des panières de 3 modules. Ils sont montés étage par étage et démontés de la même façon. Une fois accroché, l’ensemble, projecteurs, câblage et grille, pèse environ 4 tonnes. C’est Side-Up qui a réalisé ce système d’accroche, ainsi qu’une bonne partie du décor.
Personnellement j’ai trouvé ça absolument magique. L’aspect chaud et « trad » de cet ensemble, travaillé au milieu d’un dispositif résolument moderne et contrastant fortement avec ce type de source est incroyablement réussi. Vincent est le spécialiste de ce genre de mariage. Ça fait partie de sa signature et de ce qu’il maîtrise en roi.

Le plafond, les pods et leurs « chaussettes »

Toute la partie supérieure de la scène est occupée par un énorme système de ponts qui supporte un ensemble de 21 éléments mobiles, organisés sur trois lignes de 7. Chaque élément porte sur sa face inférieure un Mythos ClayPaky et 3 MagicPanel-FX Ayrton.

Le système de chaussettes déplié à fond

Ce carré, bardé de ses projecteurs, peut descendre quasiment jusqu’au sol, entrainant au-dessus de lui le déploiement d’un tissu blanc tendu sur ses 4 faces, à l’intérieur duquel, 2 ClayPaky K20 permettent une colorisation globale de l’ensemble.

Le déploiement se fait sur une course de pas loin de 10 mètres et permet des effets de prise d’espace assez spectaculaires : faire jouer les projecteurs qu’ils soutiennent suivant des angles variant constamment et pouvant passer « en rase motte » au-dessus de la tête des musiciens, mais également d’être un support pour de la projection vidéo sur toute la surface de la toile et sur 3 côtés. Bref, un dispositif très complexe dont on n’a pas fini de décrire tous les usages possibles et qui sont fortement exploités dans ce spectacle.

Le système de chaussettes replié

Quand les pods sont repliés en partie haute, ils laissent place à une scène ample et limpide dans l’espace de laquelle les faisceaux des Svob et des Mythos s’expriment sur de grands volumes.
Le morceau suivant, descendus presque au maximum, le plafond vient « écraser » les artistes confinés dans un espace très bas de plafond à quelques dizaines de centimètres de leur tête…

L’effet est saisissant, comme peut l’être en général la motorisation d’éléments scéniques d’envergure, mais là encore, le concept est vraiment poussé très loin et offre un visuel à chaque fois très inattendu, et fort vecteur d’émotion dans l’ensemble du spectacle.

Le sol

Le sol lointain, avec les Mythos et Chorus-line au pied des Svoboda.

Le sol paraît presque vide tant la machinerie qui occupe le haut et le fond de la scène est imposante, et il a une grande importance, notamment pour son interaction avec les deux gros dispositifs mobiles.
Il est constitué de ClayPaky Mythos, de systèmes de barres à leds motorisées Elation Chorus line, et d’une grosse poignée de stroboscopes Martin Atomic LED.

Le fond de scène est occupé par 6 Mythos et 7 Chorus line. Ils permettent des contrejours parfois très violents et impressifs, et les Mythos permettent aussi d’envoyer des faisceaux vers les MagicPanel-FX situés plus haut, ou même dans les miroirs arrière des Svoboda.

Jeu des Chorus-line

On retrouve aussi ces deux appareils latéralement, avec par côté, trois ensembles de deux Chorus-line montés verticalement collés par deux, et trois Mythos.
Tout ce kit de sol offre une multitude de combinaisons d’usages très bien pensées.

Projections de gobos des Mythos sur les « chaussettes » déployées.

La face et quelques latéraux

Les ponts de latéraux en BMFL

Un pont de face équipé de 10 BMFL assure l’éclairage des musiciens. Entre ces projecteurs, 8 Chorus-line viennent prendre place pour répondre à ceux du sol et envoyer des lames de faisceaux plats vers la scène ou vers le public.
Un ensemble de 4 BMFL par côté, positionnés sur des ponts latéraux, vient compléter l’éclairage des musiciens.

La vidéo, un appui stratégique tout en finesse

Lors de certaines parties du concert, souvent plus intimistes, Vincent utilise les ressources de la machinerie, de la lumière et de la vidéo…

La vidéo dans ce spectacle n’est pas prédominante et sert simplement à diffuser certains médias en rapport avec les chansons, ou des gros plans d’artistes.
Les images sont projetées sur les toiles déployées par la descente des pods à partir d’un ensemble de 6 vidéoprojecteurs, 2 de 30 000 lumens de face, et 2 de 20 000 lumens de chaque côté pour diffuser certaines images en relief sur les côtés des « chaussettes ».

C’est Alabama qui a fourni la régie vidéo et les équipes. L’habillage des différents angles des « chaussettes » permet un relief vraiment sympa et appuie encore le côté « tridimensionnel ».

…pour créer des tableaux dont certains secteurs s’imbriquent parfaitement pour créer une scénographie propre à chaque chanson.

Interview de Vincent Lérisson

Nous avons rencontré Vincent Lérisson pour lui poser quelques question à propos de son travail sur cette tournée.


SLU : Comment es-tu arrivé sur ce projet et quel était le cahier des charges ?

La vidéo-projection joue avec les miroirs des Svoboda…

Vincent Lérisson : Calogero et son directeur artistique avaient suivi différentes choses que j’avais faites depuis la tournée Justice de 2012 sans trop que je le sache, et ils m’ont contacté pour me proposer de travailler sur ce projet car ils avaient envie de changer d’univers : « On aime bien ta patte », etc. Au tout départ, il y avait même un scénographe pressenti, et ils m’ont finalement confié aussi la scénographie.


… et les Mythos avec ceux des MagicPanel

Question cahier des charges, je n’en ai pas eu réellement, à part peut-être de Thierry Suc, le producteur, qui souhaitait un design assez coloré et pas trop « noir et blanc ». Et ça correspondait très bien aux demandes de l’artiste qui avait envie de quelque chose de plus « pop » et de plus léger.

SLU : On reconnaît ta “patte”, avec des codes qui te sont chers et que tu déclines de différentes façons, notamment avec ce déplacement de matériel dans l’espace.

Vincent Lérisson : J’aime quand les choses deviennent magiques et prennent vie. C’est quelque chose que je travaille depuis longtemps, que je recherche en permanence. J’aime moduler l’espace par la lumière. Ça passe par l’accroche des projecteurs, l’animation par des mouvements avec des accessoires qui se déplacent autour des artistes sur scène.
J’ai la chance d’avoir trouvé des gens qui savent le faire et qui m’accompagnent.

Le rack des NPU et les liaisons réseau par Gigacore Luminex.

SLU : Sur cette tournée, il y a beaucoup de matériel qui de toute évidence a été créé et construit spécialement pour ce spectacle. Dans ce cas, qui finance les créations et quelle est la part d’achats spécifiques et de location ?

Vincent Lérisson : Il y a deux parties. La prod finance une partie, comme par exemple les panières de cadres, le hardware des pods, tout ce qui est purement décor et différents accessoires totalement spécifiques au spectacle.
Et pour tout ce qui est motorisation et technologies développées pour ce show, ce sont les fournisseurs qui ont investi pour développer les produits.
Forcément qu’il y a un coût qui est répercuté sur la facturation de la prestation « à la date » de concert, mais c’est un très gros investissement pour ces structures qui ont passé énormément de temps à développer des systèmes très spécifiques pour cette tournée.

SLU : Concernant la vidéo, quel est l’angle sous lequel tu as travaillé pour son intégration dans le show? C’est une volonté de ta création d’intégrer des reprises cam ou une demande artistique?

Vincent Lérisson : Le projet est né avec l’idée de ne pas avoir de vidéo. Et l’artiste a eu quand même le sentiment que dans les grandes salles, ça serait un peu frustrant pour le public éloigné de la scène, de ne pas bien voir les artistes. Mais il avait la volonté malgré tout d’éviter le traditionnel « l’écran vidéo »posé sur scène ou accroché.
Comme j’avais imaginé ce concept avec les « chaussettes » blanches qui se déplient, j’ai pensé qu’on pouvait projeter sur cette surface et même sur les trois faces visibles par le public. Cela nécessitait de placer des vidéoprojecteurs latéraux, mais l’idée d’un effet de relief devenait vraiment sympa.
Ensuite, techniquement, on a mis en place tout un système de mapping qui fait une liaison entre la motorisation des chaussettes et la diffusion vidéo. Il y a un interfaçage qui fait en sorte que l’image ne dépasse jamais la surface déployée par les mouvements des « chaussettes ».

Mélange de vidéo et d’effets de Mythos sur les chaussettes

La vidéo n’est pas réalisée ici comme un élément principal du spectacle, mais une fois qu’on a eu les VP intégrés au kit, on a essayé de s’en servir intelligemment à différents moments pour créer certaines textures ou habillages. Les médias sont développés en interne avec Seb Sacco.
La base de la présence de la vidéo dans ce show étant la reprise cam, nous avons au total 4 caméras dont une de face qui capte une bonne partie du show, et trois automatisées réparties sur la scène, pilotées depuis une petite régie près de la scène. Tout passe par un serveur AI Avolites et le mix est contrôlé en live depuis la console light. Les cadreurs ne s’occupent que du cadre, zoom et focus.

SLU : Parlons de ton fameux dispositif de « pods ».

Vincent Lérisson : En fait c’est une idée que j’ai eue sans trop savoir comment la réaliser. Il était question que ça prenne une place importante dans le show. On a un système qui sert à la fois de support aux projecteurs, avec les changements d’angles à volonté, qui permet de moduler le volume scénique au-dessus des musiciens. Les éléments sont décoratifs et s’illuminent par l’intérieur, et enfin on a l’aspect « vidéo » car le système sert d’écran de projection. C’est un dispositif dont l’usage est multiple.

Des contrejours très impressifs et des jeux de couleurs dans les volumes.

J’ai contacté une entreprise qui réalise et conçoit ce genre de choses pour nos métiers. Il s’agit de MECAoctet. Ils sont très calés en motorisations et asservissements en tous genres et savent adapter des équipements industriels pour créer des tas de choses qui n’existent tout simplement pas pour le spectacle. Et cette société est animée par des gens qui connaissent nos métiers et la tournée. Et là, ils ont parfaitement répondu à nos attentes et plus encore.

Effets spéciaux spectaculaires par l’animation des chaussettes motorisées et leur colorisation interne par les K20.

SLU : Comment le système est-il géré pendant le show? Tu envoies des commandes depuis ta console?

Vincent Lérisson : Non. Le système est géré par Rico qui est placé sur le côté de la scène. Il a un logiciel spécifique développé par MECAoctets et qui réagit a des tops bien précis.
L’opérateur est indispensable pour des raisons de sécurité essentiellement. Les pods peuvent tous descendre jusqu’au sol mais nous avons réglé des fins de courses pour éviter tout incident.

SLU : J’ai vu que tu utilises vraiment beaucoup la lumière d’ambiance sur le public. C’est une volonté de ta part d’éclairer si fortement le public ?

Vincent Lérisson : C’était une demande de l’artiste qui a besoin de voir les gens. Il est certain que ça peut paraître un peu violent pour le public, mais c’est vraiment important pour lui. Ça lui permet de se sentir plus à l’aise. Ca fait partie des compromis que je dois faire. On a d’ailleurs en cours de tournée ajouté des ponts en salle avec des projecteurs à led SGM P5 pour éclairer le public sous un angle qui est moins aveuglant.

Mélange équilibré de vidéo et d’effets lumière.

SLU : Ce kit est destiné à ne faire que des grosses salles ou vous envisagez de pouvoir le déplacer en festivals ?

Vincent Lérisson : En festival, on emmène tout sauf les pods. Il y a deux raisons à cela.
La première c’est qu’on va jouer sur certaines dates qui ne pourront pas accueillir une telle structure.
La deuxième c’est le vent… Le système de pods représente une telle prise au vent qu’il n’est pas envisageable de le faire jouer sur des scènes extérieures. Ce sont de véritables voiles de bateau, disposées à quelques centimètres les unes des autres…
On emmène tout le mur de Svoboda, tout le sol, et pour le reste, on s’adapte.

Vincent Lérisson et Jeremy Dufeux en pleine action.

SLU : Tu nous parles de ton équipe ?

Vincent Lérisson : J’ai quelques interlocuteurs principaux qui sont compétents dans des domaines bien spécifiques et avec qui j’aime travailler.
Seb Sacco, pour le réseau, Jeremy au pupitre qui me remplace sur certaines dates, Rico pilote les moteurs, et Poussin fait une des poursuites.

Et je travaille avec l’équipe de Dushow et qui est constituées de gens vraiment top. Il y a notamment Aurélien, le chef poursuiteur, qui travaille avec Calogero depuis longtemps, et qui m’a beaucoup aidé à de multiples reprises lors de la mise en place de la création.

SLU : Tu n’es pas sur tous les shows car tu tournes en même temps avec Justice si je ne me trompe pas ?

Vincent Lérisson : Oui exactement. C’est d’ailleurs la première fois que je ne suis pas tous les soirs aux manettes d’une de mes créations. C’est un peu une découverte pour moi. Ça a de bons et de mauvais côtés. Le bon côté c’est que quand on repasse sur la tournée après un certain temps, on a un regard un peu frais sur le spectacle.
Mais dans l’autre sens, je suis très adepte de faire évoluer le show au fil de la tournée, car bien souvent l’interprétation des artistes peut changer elle-même, et là, je ne peux pas le faire. Quand il y a des changements en cours de route, j’ai besoin de voir les choses pour faire évoluer mes séquences, donc c’est assez difficile pour moi en ce sens.
J’aime modifier, affiner, faire des essais, et en parler ensuite avec l’équipe. J’aime tenir compte du ressenti de chacun. Tout le monde apporte quelque chose au spectacle donc je les intègre dans ce mouvement-là.

SLU : J’ai vu qu’il y a beaucoup de lumière qui peut sembler parfois un peu agressive pour les yeux des musiciens sur scène. Tu n’as aucun souci avec eux de ce côté-là ?

les MagicPanel utilisés en effet massif…

Vincent Lérisson : Il est vrai que « ma patte » est connue pour envoyer des lumières un peu violentes, et dès le départ je les ai prévenus. Donc j’ai amorcé la discussion pour que tout le monde soit à l’aise et comprenne ce que j’allais faire. Il y a des noirs, de la lumière vive, des changements d’angles radicaux, des marquages de « pêches », etc. Je leur demande d’avoir une certaine ouverture d’esprit et d’essayer d’appréhender au mieux la contrainte artistique.

… avec une exploitation intense et efficace de leur tilt infini

Après, s’il y a des choses qui posent des problèmes purement techniques, on trouve des solutions.
C’est un dialogue que j’ai eu notamment avec Calo en premier pour qu’il ait bien conscience que sur scène ça risquait de bouger, mais qu’une bonne partie des effets qui font ma lumière viennent aussi de là. Tout le monde a joué le jeu, et globalement ça se passe bien.

La motorisation des pods par MECAoctet

Nous avons rencontré Philippe Ducouret, l’un des dirigeants de MECAoctet qui a développé tout le système de pods motorisés. Interview.

SLU : Philippe, peux-tu nous présenter ta société et son intervention sur le show de Calogéro ?

Philippe Ducouret : La société s’appelle MECAoctet et nous sommes une jeune entreprise né il y a bientôt 3 ans, basée près de Toulouse. Nous sommes 4 associés, deux développeurs, et deux spécialistes en électromécanique. Nous travaillons dans le domaine des asservissements de moteurs, et développons le hardware et le software de nos réalisations.

Contre-jour violent et impressif

Nous venons d’horizons très différents, avec un Docteur en mathématiques, des ingénieurs venus de l’industrie, mais aussi des gens du spectacle, comme moi qui pratique dans ce secteur depuis de nombreuses années.
Nous connaissons Vincent depuis un moment pour avoir déjà travaillé avec lui sur certains projets.

SLU : En quoi consiste le système que vous avez conçu ?

Philippe Ducouret : Le concept est celui de 21 pods, dont la base carrée mesure 2,3 m x 2,3 m. Ils sont motorisés et asservis de façon indépendante. La descente de chaque pod entraîne le déploiement d’une « chaussette » en toile venant former une surface rétroéclairée qui sert également de support de projection. Chaque élément pèse 495 kg, soit un poids total de 13 tonnes pour l’ensemble des pods.

SLU : Techniquement, ça représente quoi en terme de hardware ?

Philippe Ducouret : La conception mécanique de chaque pod repose sur un double cadre. L’un est fixe, accroché au grill qui supporte l’ensemble du dispositif, et l’autre est mobile et animé en hauteur par un système de moteur qui entraine trois chaines.
Ce cadre tire avec lui les toiles en les dépliant, le tout pouvant descendre sur 9 mètres en supportant un ensemble de 4 projecteurs asservis. La réalisation purement « métallerie » des cadres a été réalisée par la société Side-up basée à Nimes, qui a aussi fabriqué la plupart des panières et chariots de transport des éléments techniques de ce spectacle.

Quand les Svoboda définissent une ambiance Pop / Rock et romantique.

SLU : Et pour la gestion ?

Philippe Ducouret : Nous avons développé le logiciel qui pilote chaque pod de façon indépendante, mais avec aussi une partie d’interpolation (qui permet par exemple de créer des « vagues » dans les déplacements entre les pods).
Le développement software a nécessité de mettre en place également une interface de contrôle pour l’opérateur du show qui manipule le système en live. Il peut en fonction des besoins du show « dessiner » en live une forme que peut prendre l’ensemble des volumes, et gérer le déplacement de chaque unité. Ca peut être un positionnement mais aussi une évolution en mouvement.

Les panières de Svoboda sont avancées pour le repli vers les camions.

SLU : La sécurité ?

Philippe Ducouret : Pour cet ensemble qui évolue au-dessus de la scène, il a fallu aussi qu’on imagine plusieurs niveaux de protection.
Ça passe par des systèmes de freins qui bloquent tout mouvement en cas de rupture d’alimentation, une surveillance du réseau de transmission du data, un coup de poing d’arrêt d’urgence évidemment, etc. Tout est organisé pour qu’il n’y ait pas d’incident.

SLU : Et pour la mise en œuvre ?

Philippe Ducouret : C’est assez simple, il y a un grill en structure carrée de 500 fourni par Transit (qui fournit le rigging sur la tournée), tenu par 12 moteurs de 2 tonnes en mouflage, qui est constitué principalement de trois ponts, correspondants à nos trois profondeurs, et sur lesquels on vient accrocher nos 21 pods (3 x 7).
Ces modules repliés devaient mesurer 1,30m de hauteur, projecteurs compris pour en charger 10 dans une semi.

SLU : Vous avez abordé le dossier d’un point de vue technique, mais avez-vous aussi envisagé les choses d’un point de vue artistique ?

Philippe Ducouret : Absolument ! Il fallait intégrer des données qui sont de l’ordre de l’émotion. Par exemple, dans l’absolu, un simple déplacement de rideau de scène est une action purement technique, mais à laquelle vous pouvez donner « vie » par la façon que vous avez de le manœuvrer. Là c’était un peu la même chose. Il y a eu une grosse part de réflexion concernant le mouvement, la vitesse de déplacement, la façon dont vont évoluer les éléments entre eux, et fournir un résultat qui convienne aux attentes de l’artistique.

L’impressivité et l’énergie de la lumière des Svoboda asservis. De toute beauté.

Nous avons été séduits une fois de plus, par la mise en lumière somptueuse de Monsieur Vincent Lérisson. Il signe là encore un splendide design faisant preuve d’un bel usage de la technique dans une réalisation surprenante et grandiose, dans une lumière terriblement vivante, entièrement pilotée « en live » par la main et la sensibilité de l’éclairagiste.
Rien ne saura la remplacer tant que la musique « live » aura au moins la prétention de vouloir transmettre une émotion au public. Bravo !

Les équipes


Liste Lumière

Implantation au sol

Implantation dans les ponts

Implantation des pods

Synoptique régie vidéo

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