Confinement

Souvenirs de quarantaine : Bobo Jacquier-Laforge

Bobo Jacquier-Laforge, responsable Technique Son, première gâchette chez B Live, dégoupilleur de gros son avec les deux oreilles et le cerveau a pris un peu de son temps pour nous raconter ses journées de forçat du Covid en chômage partiel. L’éducation parentale a gagné un nouveau prof !

SLU : Quels sont vos secteurs et zones d’activités ?

Bobo Jacquier-Laforge : Les métiers des spectacles vivants et de l’évènementiel

Comment allez-vous, vous et vos proches ? Êtes-vous touchés par le virus Covid-19 ?

Jusque-là tout va très bien, personne de ma petite famille n’a déclaré de symptômes bien que nous ayons été en contact avec des gens infectés

Où êtes-vous ?

Dans notre appartement à Colombes

Quel a été pour votre activité l’impact de cette pandémie avant le confinement ?

L’arrêt progressif mais extrêmement rapide des opérations en extérieur. Nous nous sommes donc concentrés sur l’organisationnel.

Et depuis le confinement ?

La majorité des salariés étant en chômage partiel, l’ensemble des activités ont été suspendues.

Quels ont été les principaux projets annulés ?

Les tournées en cours, Le Printemps de Bourges, Le Chorus des Hautes de Seine

Quels sont les projets reportés, et à quelle échéance ?

Difficile d’avoir une véritable vision, les plannings vont encore pas mal bouger en fonction des directives. Et puis, pour des projets internationaux, je pense à Rock en Seine notamment, quid des directives dans les autres pays, même si l’activité reprend en France, est-ce que les artistes étrangers pourront se déplacer ?

Quel est l’impact économique pour vous ou votre société, cela risque-t-il d’impacter votre avenir de façon permanente ?

Je ne suis pas assez dans les chiffres pour avoir une vision renseignée et précise, j’imagine qu’il y aura malheureusement des conséquences, mais dans beaucoup de domaines, je sais aussi que nos patrons, Eric et Yannick, font le nécessaire pour assurer la continuité du groupe et protéger les employés, depuis le début des annonces (fermeture des écoles) ils travaillent d’arrache–pied pour trouver les meilleures solutions à cette situation inédite.

Quelles sont vos activités personnelles durant ce confinement ?

Le matin, je mets ma tenue d’instituteur pour mes enfants ;-).
Je suis un très gros lecteur et un très gros féru de littérature, autant dire que je ne m’ennuie pas, j’ai pas mal de bouquins en retard et de classiques à relire ! (Non, je ne céderai pas aux tentations des tyrans de la distribution de masse…)
Je suis en train de lire Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khadra, c’est passionnant ! Et j’en profite aussi pas mal pour prendre des nouvelles de copains, au final les journées passent très vite !

Comment occupez-vous votre temps professionnel ?

Etant en chômage partiel à 100 %, je ne travaille pas. Je profite plutôt de la période pour échanger avec les collègues, pour me former ou former.
Je fais aussi du tri dans mes archives, dans mes venues (plans de salle ArrayCalc). Et j’essaye tant bien que mal de prendre du recul sur la situation, sur le sens des choses…

Quelle est la première chose que vous allez faire en sortant du confinement ?

Boire une bonne bière avec les copains ! Et puis on m’a promis un tiramisù à la Fraise !

Voulez-vous partager des initiatives ou soutiens créés durant le confinement ?

Nous sommes contraints et forcés de vivre au « ralenti », finalement chose assez rare dans nos rythmes endiablés où l’urgence régit chaque journée ; ça doit nous permettre de porter un autre regard sur nos vies « d’avant » le confinement et de prendre du recul de façon globale sur la société dans laquelle nous évoluons. Si on prend un peu le temps de s’informer, de façon construite et critique, il y a des aberrations qui doivent nous sauter aux yeux.
Il nous faut, pour l’heure, gérer l’urgence du virus, de notre santé, de celle de nos proches, mais il serait important que chacun s’interroge sur la suite… Devons-nous sauver l’Avant, recoller les morceaux, reconstruire l’empire des grands écarts, ou devons-nous imaginer l’Après ?

Avez-vous des questions ou des conseils à formuler ?

Est-ce que tout le monde va bien ?

Avez-vous une anecdote surprenante à nous détailler ?

Pas liée à la situation, mais une histoire qui me fait sourire à chaque fois que j’y repense, et en ce moment ça fait du bien.
Un soir, en rentrant de l’école, ma fille Lilou, en dernière année de maternelle à ce moment-là, me raconte sa journée.
« Et bah la maîtresse aujourd’hui elle nous a demandé ce qu’on voudrait faire comme métier quand on sera grand. »
« Ah, très bien, et alors, tu lui as dit quoi ? »
« Et bah je lui ai dit que quand je serai grande, je ferai monteuse de bois comme papa !!! »
« Ah bon ? »
« Mais la maîtresse, elle sait même pas ce que c’est, alors elle m’a dit : ah, tu veux dire que tu vas bricoler avec ton papa ? Alors j’ai dû lui expliquer : mais non, Maîtresse, je vais faire des concerts ! »


Nous ajouterons chaque jour les souvenirs qui nous parviendront via le questionnaire à télécharger ici.
Et nous l’envoyer avec un selfie au format paysage sur l’adresse mail  redaction@soundlightup.com

Crédits - Texte : Bobo - Photo : Bin...Bobo !

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