Midas, Plisson, Allen & Heath Dansent Avec les Stars

On a beau faire le plus beau métier du monde avec nos oreilles, les outils aussi ont leur importance et leur charme. Certains les appellent « mes jouets » et aiment bien en changer. C’est précisément ce qu’on va vous raconter avec la complicité de Laurent Midas et Stéphane Plisson, grands défricheurs devant l’éternel, et qui viennent d’en découvrir un tout nouveau dont ils se sont équipés.

Mériadeck transformé en plateau télé et en piste de danse…sans glace !

La rencontre a lieu au cours d’une date de Danse Avec Les Stars à la Patinoire de Mériadeck, pour sans doute l’un des derniers reportages sur glace avant l’ouverture début 2018 de la superbe Bordeaux Métropole Aréna de 11 000 places. L’espace a été transformé en un immense plateau télé où prennent place les juges de l’émission éponyme et l’orchestre accompagné par les chanteurs choristes.

Yves Jaget et Laurent Midas à la régie retours

Devant, un large espace couvert de lumière, de son et de fumée tient lieu de piste de danse pour les stars qui participent à la tournée. L’équipe technique comporte un « petit nouveau » qui remplace Stéph Plisson à la face en la personne d’Yves Jaget, et c’est enfin Laurent Midas qui tient les retours. C’est ce dernier qui nous accueille et nous guide à sa régie.

SLU : Salut Laurent. Au fait, as-tu commencé sur analogique ou bien directement sur numérique ?

Laurent Midas : Je ne suis pas si jeune que ça (rires) J’ai fait mes armes sur des vieilles analogiques, cela dit c’est vrai que je suis de la génération 02R. Dès le début j’ai eu le nez dans des numériques, même si mes premières tournées je les ai faites en analogique avec des Paragon.

SLU : les avantages du numérique sont innombrables…

Laurent Midas : Le numérique a facilement 20, 25 ans, la 02R est sortie en 1995, mais jusqu’à il y a une dizaine d’années j’ai eu un doute. Je suis même parti en tournée avec Calogero an analogique et…je me suis emmerdé la vie avec des multis énormissimes, des petites pannes tous les jours et au bout d’un moment, j’ai regretté. Aujourd’hui tout ce qui nous a manqué d’analogique lors des débuts du numérique est derrière nous. Sur la dLive on a une latence de 0,6 millisecondes et je pense qu’il existe à peine mieux mais pas en live, du coup on est tout près de la phase parfaite entre son de tête et retour dans les oreillettes. On n’a plus de problèmes de latence avec les artistes et les musiciens.

SLU : J’imagine que les entrées et sorties…

Laurent Midas : 160 entrées et 64 sorties pour la dLive, aucune analogique n‘offre ça. Il faut l’avouer, l’analogique est dernière nous et on n’y reviendra plus.

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SLU : Comment êtes-vous arrivés à Allen & Heath avec Stéph ?

Laurent Midas : Septembre dernier on s’est dit justement avec Stéph qu’il était temps de remettre à jour le test de consoles que nous avions effectué il y a 7 ans avec Madje dans le studio de Potar à Bièvre. Ce test de 6 consoles avait fondé ce qu’allait être notre choix sur les années suivantes.

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Laurent devant son tout nouveau jouet

On a décidé de refaire la même chose en septembre avec Steph, Max (ime Ménélec NDR), Vlad (imir Coulibre NDR) et moi, mais cette fois avec 8 consoles et chez Planet Live. La dLive n’est pas arrivée en tête dans tous les domaines, mais en faisant une moyenne et en intégrant son prix, elle a largement gagné.

SLU : A la 60 millions de consommateurs !

Laurent Midas : Oui car avoir la table qui sonne le mieux mais qui pêche sur d’autres domaines ne sert à rien, pareil pour celle qui est la plus puissante mais n’est pas à l’aise dans le live ou celle qui a l’ergonomie qui tue mais ne sonne pas…La dLive a la meilleure ergonomie, la meilleure automation et un bon son.

Deux fois plus pour deux fois moins. Ou presque.

SLU : Le ratio prix/capacités paraît dur à battre.

Laurent Midas : Il est improbable ! J’ai aussi le sentiment que les produits de la concurrence sortis dans les derniers 18 mois sont un peu réchauffés et que leurs prix sont exagérés par rapport à ce qu’on nous propose en plus. Avec Allen & Heath on a pas loin de deux fois plus pour presque deux fois moins cher…Appelons cela une belle façon de rentrer dans le marché du touring !

SLU : Allen & Heath existait bien avant la dLive, ce sont des vieux briscards du numérique et avec le temps ils ont imposé la iLive…

Laurent Midas : Je connaissais de nom mais je ne l’avais jamais vue ! Pour être franc et si j’avais un seul défaut à trouver à la dLive c’est qu’elle ne fait pas encore grosse table, alors que c’est une pure console ! Je l’ai depuis novembre où j’ai tourné avec durant quelques dates pour faire des essais, suite à quoi j’ai prolongé avec Danse avec les stars (DALS) en me disant que « oui mais non, elle est vraiment bien, on a dû passer à côté de ce qui n’est pas bien » et puis au bout d’un mois et demi, je suis à court de reproches !

SLU : Tu ne vas pas nous dire qu’elle est déjà finie !

Le show bat son plein, la fumée est de sortie et le calme règne à la régie retours

Laurent Midas : Non, il me manque quelques trucs. Elle a à peine un an. Par exemple, un reste de l’époque Paragon, j’aimerais bien avoir la possibilité d’avoir le pré/post dynamique, de pouvoir choisir le point pre par tranche et par départ. Il paraît que c’est long à programmer car chez d’autres cela a pris trois ans, mais comme ce n’est que de l’informatique, je suis certain qu’ils vont y arriver.
Il me manque aussi la multi sélection ou les VCA d’aux, mais je suis certain que ça va être vite corrigé, d’autant que c’est déjà au cahier des charges. Un peu de patience et ça va arriver. La patience n’est pas mon fort (rires) Il y a aussi des trucs qu’il faut améliorer mais c’est mineur.

SLU : Qu’est ce qui est arrivé tout de suite et qui généralement prend du temps ailleurs ?

Laurent Midas : La belle surprise est que tout ce qu’elle fait, marche parfaitement. Les Safe fonctionnent et du premier coup. L’automation est super. La propagation relative des valeurs aussi. Elle a tout ce que j’aime. Cette console a une particularité, c’est d’être une sorte de gros réseau autour duquel tu mets ce que tu veux. Bientôt tu pourras mettre deux tables ensemble, mettre plusieurs ordinateurs en réseau sur une console, plusieurs iPad avec un administrateur et des postes verrouillés. Un musicien peut par exemple avoir sa tranche et son click et interagir directement avec le cœur de la console, sans pour autant pouvoir aller ailleurs et il ne s’agit pas d’une extension ou de paires en parallèle, voire de direct out ! Ce qui est génial c’est qu’ils te l’annoncent, donc tu demandes « oui mais quand ? » et eux « mais ça marche déjà ». C’est rare.

La surface S7000. Il ne lui manque que la ronce de noyer ;0)

SLU : Tu as pris quel modèle ?

Laurent Midas : La S7000, le gros bac, le moteur est le même puisqu’il est dans le stage. Regarde la tranche. Je la mets là, hop, je la déplace là, ou encore là. Cette simplicité de configuration, nous l’avons attendue très longtemps, et sur cette table ça marche du premier coup. Tu construis ta console exactement comme tu le veux, du coup, avoir une petite surface n’est pas gênant. Et puis (il cherche dans ses boutons…NDR)

SLU : Tu cherches tes petits là.

Laurent Midas : Un peu encore, mais ce sont des onglets en anglais et je ne suis pas fan (rires). Regarde, je viens de prendre huit tranches et je les ai passées sur une surface additionnelle, huit télécommandes IP que tu peux gérer de l’extérieur de la console.

L’IP8, une façon simplissime de pousser les murs et bosser à plusieurs.

Un exemple. Sur Priscilla (folle du désert, la comédie musicale NDR) un assistant HF dispose de sa petite surface additionnelle IP avec son propre réseau de PFL. Il peut écouter des tranches sans que cela ne gêne le mixeur à la console.

SLU : Ca peut aller loin ?

Laurent Midas : Ca va aller loin. Sur M. Pokora je veux que tous les intervenants techniques soient autonomes sur la console et interagissent sans me gêner. Bien sûr la dLive est une console de live donc un peu figée par son ergonomie mais c’est ce qui la rend facile d’accès. D’un autre côté, Allen & Heath l’a dotée d’une puissance broadcast avec par exemple une matrice de 800×800.

SLU : Une latence aussi basse est un plus aux retours ?

Une vue de la matrice qui se manipule du bout des doigts avec une fluidité très rassurante.

Laurent Midas : Bien sûr et ça faisait un bail que j’attendais. Cela fait par exemple 4 ans que Sennheiser me propose les micros numériques de la série 9000 mais le hic c’est qu’ils ont 3 millisecondes de latence et les consoles numériques comme celle que j’ai utilisée pendant des années 2,2 ms.
Le total devient gênant. Quand tu t’écartes trop du son direct, tu finis par ressentir un malaise sans même savoir ce qui cloche. J’ai donc refusé d’inclure de tels micros dans le parc d’une tournée. J’ai même eu un bassiste avec un pur groove qui m’a dit que ce n’était pas possible, ça ne répondait pas normalement. « OK, tu m’as grillé » (rires !) Grâce à la dLive on va travailler en numérique sur Pokora.
Le fait en plus d’être en 96 kHz fait baisser la latence et depuis le 3732, tous les Sennheiser travaillent en 96. Enfin je disposerai des nouveaux émetteurs ears WisyCom à entrée AES et liaison analogique. Grâce à ça je n’aurai plus de convertisseurs en cascade et le son y gagnera en précision et en dynamique.

SLU : Pour ce qui est la base même de la console dont préamps, filtres, égaliseurs, dynamiques et mélangeur…

La page du compresseur opto avec, juste en dessous de ses réglages et sur fond noir, la visualisation des 10 dernières secondes de son action. A gauche et en vert et rouge, les courbes du side-chain.

Laurent Midas : Je kiffe. Le préamp de base marche bien. Je l’ai comparé à d’autres modèles et marques connus pour me demander sur quelle source j’allais placer des racks externes sans entendre vraiment de différence et nous avons une première émulation de tube très jolie. D’autres arrivent avec des générateurs d’harmoniques. Le compresseur dispose de plusieurs couleurs et en ce qui me concerne, je suis fan de l’opto. Autre détail qui est grand et habituellement réservé au broadcast, on dispose d’une mémoire de 10 secondes, yeah, yeah, check one, two, regarde !! Tu peux visualiser son action dans le temps et c’est super pratique.

Le traitement de dynamique octuple et d’une puissance de traitement assez redoutable. Il s’appelle le Dyn8.

Les EQ sont efficaces et très bien et nous disposons depuis dix jours de nouveaux jouets, 64 EQ dynamiques à 8 bandes. Plus précisément 4 égaliseurs dynamiques et 4 compresseurs dynamiques sur deux couches.
Le résultat ce sont huit bandes qui travaillent ensemble par exemple sur une voix. Autant te dire que je peux faire ce que je veux et c’est facile à mettre en œuvre.

SLU : Les effets ?

Laurent Midas : Bons avec un bémol sur les réverbérations qui sont évidemment moins belles qu’une 480 mais absolument tout peut être employé. Le Hypabass est top, parfaitement en phase et Plisson Approved (rires). Les serveurs de plugs qu’on utilise depuis quelques années ont une certaine latence qui oblige à remettre derrière le signal en phase. Avec les effets internes de la dLive on n’a aucun problème de ce type. Le voice doubler est très bien, idem pour le multitap, du coup regarde mon Eclipse, il est éteint.

SLU : Du coup tu n’as aucun effet externe pour DALS.

Laurent Midas : Non, franchement pas besoin, en revanche pour M. Pokora j’aurai une 480 avec un moteur pour Matthieu et l’autre pour la batterie. Ceci étant, j’ai chargé la simulation de 480 durant la résidence. J’ai passé du temps et peaufiné les réglages pour qu’elle ressemble à la vraie et je m’en sers sur les cœurs. Ca fait très bien la farce et je suis certain que personne ne viendra me charrier !
Autre détail important, la dLive est livrée avec des presets d’effets bien fichus et triés par instruments à partir desquels tu travailles. Tu ne pars pas d’une feuille blanche, ce qui est pratique quand on te demande d’envoyer fissa une guitare, et ça peut dépanner ceux qui n’ont pas trop l’habitude de tripatouiller les algorithmes.

Hypabass, ou comment gonfler intelligemment un bas du spectre avec des réglages très complets.

Yves Jaget passe comme un astre, pétant la forme et le verbe acéré. Les bises claquent tout autant que son envie de ne pas se prononcer sur une console et une tournée qu’il découvre à peine. Oui elle marche bien, mais ni la nature du spectacle et des sources audio parfois enregistrées, ni la salle et le placement de la régie sur le balcon arrière, ne lui permettent de porter un quelconque jugement précis.
Il nous renvoie en rigolant vers patron Plisson qui a la responsabilité technique de la tournée et connait très bien la dLive. Ca tombe bien, nous avons été à sa rencontre au Casino de Paris en pleine répétition de la comédie musicale Priscilla folle du désert dont il a en charge la mise en son. On le retrouvera à la fin de ce reportage.

SLU : Mais au fait Laurent, vous avez déjà bossé ensemble avec Yves ?

Laurent Midas : Tu parles ! Ce sont des retrouvailles puisque c’est avec lui que j’ai fait mes premières armes il y a 17 ans de cela. C’était pour Vanessa Paradis. Comme ce soir il était à la face et moi aux retours, mais avant ça, je l’ai assisté en 97 ou 98 sur Zazie.

On est prêt à dégainer une nouvelle question quand… ON Y VA ! Fin de la première partie de l’interview, le show démarre sous nos yeux et chacun retrouve sa console pour de vrai.

Les SPL 9629 qui reçoivent le signal analogique pour l’éventuel pré traitement des sifflantes.

Disposant d’un pack Sennheiser, je peux savourer le travail et les blagues de Laurent, excellents tous deux. J’ai un bon aperçu de la qualité du Dyn8 avec la voix d’un des juges qui déclenche à la fois le déesseur analogique SPL 9629 avant de donner du travail à la section numérique. Le résultat est stupéfiant de naturel alors que les bargraphs s’affolent pas mal. On n’ose penser à cette même voix, sans les traitements…
Les danses s’enchaînent ce qui nous donne la possibilité de savourer le mix de Laurent qui fait la synthèse entre le confort et l’efficacité. Malgré une liaison HF, l’aigu sonne très finement et justement dans mes EM32. La stéréo est très ample et chaque instrument ou voix trouve sa place en dynamique et en timbre. L’ensemble est très agréable, ample et extrêmement propre. A la fin du premier des deux shows de la journée, on retrouve LoMid pour la fin de son interview. On achève bien les sondiers !

Le rack des récepteurs micro, ici des WisyCom MRK960

SLU : Comment cela se fait-il que tu utilises des liaisons WisyCom ?

Laurent Midas : En analogique c’est ce que j’ai entendu de mieux. Le compander n’est pas du tout pareil et l’aigu est infiniment plus naturel. Les émetteurs à main peuvent embarquer tout type de tête. J’emploie par exemple des Sennheiser 5500.

SLU : Tu héberges le stage et le moteur de la console de la face ?

Laurent Midas : Absolument, mais dans la dLive, le DSP est dans le stage. Le rack en plus est dû au fait que nous avons sur nos consoles un ou deux DX32, des racks d’extension qui peuvent contenir jusqu’à 32 entrées en 4 modules de 8 et sont librement panachables au gré des besoins entre entrées analogiques ou numériques et sorties analogiques ou numériques.

Le rack contenant le stage et les deux DX32 de la console de Laurent qui a besoin d’une grosse quantité d’entrées mais aussi de sorties. A gauche on entrevoit la config de la face avec un stage et un DX32 en plus. Entre les deux prennent place les générateurs d’harmoniques SPL et les émetteurs Sennheiser et Shure pour les ears, ainsi qu’un Eclipse assez éteint ;0)

SLU : Si tu as deux configurations complètes, tu passes donc par un split…

Laurent Midas : Oui, un split analogique. On est comme avec deux consoles indépendantes et c’est donc d’ici que part l’AES qui va aux amplis de la diffusion. Le protocole avec les surfaces est du réseau appelé GigaAce dans lequel passent les commandes et aussi de l’audio. Ils arrivent à faire remonter et descendre 512 canaux. C’est monstrueux.

Comme dirait Laurent en pleine explication: « c’est monstrueux »

Sur le papier cela ne sert à rien mais en fait oui. Si tu as une carte Waves, une MADI et une Dante, tu es ouvert au monde et surtout tu peux gérer 128 allers et retours en 96 kHz ! La carte MADI va arriver et la Dante un peu plus tard.

SLU : C’est quoi le carton que je vois posé sur ton rack ?

Laurent Midas : Ce sont les cartes au protocole FibreAce qu’on vient de recevoir. La connexion RJ45 est donnée pour 80 m, ce qui dans pas mal de salles est un peu court. Cela n’a pas posé de problème durant le show car moteur et stage sont l’un à côté de l’autre, mais Steph a eu quelques clics dans son enregistrement qui est effectué à la régie. L’idée d’Allen & Heath est de permettre de véhiculer les canaux jusqu’à la console de façon fiable, et c’est le cas puisque nous avons deux slots accessibles à l’arrière de la D7000 avec pour chacun 256 canaux et qu’on peut ainsi parcourir 500 m…

Noël avant l’heure ! Les cartes FibreAce à peine arrivées. 128 canaux à 96 kHz en montant et descendant en fibre, bien sûr aussi en RJ45 et avec la possibilité d’en tirer 500 m, sans oublier la capacité de servir de passerelle entre RJ et Fibre.

SLU : Au niveau puissance tu es servi..

Laurent Midas : Au-delà du raisonnable. Cette console dispose d’un très gros FPGA qui fournit 160×64 voies, le processing de course et le travail en full 96 kHz et 96 bits sur le mixeur.

SLU : Tu arrives à faire la différence entre les vieux mélangeurs et ceux actuels ?

Laurent Midas : Non, 32 ou 96 bit pour moi c’est assez abstrait, en revanche ce que j’apprécie c’est par exemple quand tu as une voix bien pleine et bien forte. La batterie rentre et ta voix ne recule pas, ce qui est pourtant le cas de quasiment toutes les consoles. Je n’ai pas mesuré cette aptitude car je ne suis pas un électronicien et cela reste très subjectif, mais en tant qu’utilisateur j’ai un bon feeling. Je trouve que cela fait du bon son. Pense que sur les 128 voies, j’ai le processing complet avec le super compresseur et je peux insérer 64 dynamiques à 8 cellules…

Laurent en plein travail avec son habituelle paire d’enceintes de proximité complétées par un petit sub afin de le rapprocher du rendu plus « physique » qu’ont les artistes sur scène, sinon « c’est trop smooth ».

SLU : A ce propos, ton patch sur DALS est de combien ?

Laurent Midas : 61 plus les talks, ce qui explique le besoin de racks d’extension. Sur la console, les talks vont de la voie 98 à 127.

SLU : Ca fait plus que ressembler à une émission télé !

Laurent Midas : Je te confirme que c’en est une car il a fallu caler tout ce petit monde. La première année cela a été du sport mais maintenant j’ai pris l’habitude et c’est un exercice intéressant.
J’ai programmé les soft touchs pour faire en sorte de parler directement avec telle ou telle personne sans risque d’erreur, c’est très pratique. Il a 26 commandes programmables et surtout elles étaient fonctionnelles dès la sortie de la console. C’est TRES rare.

Stephane Plisson

Comme nous l’a conseillé Yves Jaget, nous avons été à la rencontre de Stéphane Plisson pour recueillir ses impressions, et plutôt que de le faire par téléphone, nous avons fait un saut dans un Casino de Paris débordant de plumes et de disco.

SLU : Salut Steph et merci de prendre du temps en plein montage de Priscilla. Tu peux nous reparler de cette écoute de consoles, ta marque de fabrique, et nous expliquer ce que tu cherches en l’organisant ?

Stéphane Plisson : Je cherche à savoir où on en est avec nos outils, quelles sont les nouveautés qui en valent la peine, celles qui ne sont pas encore prêtes et surtout à ne pas passer à côté de technologies nouvelles.
Evidemment, je n’ai pas les mêmes besoins que Laurent. A la face il ne me faut pas des dizaines de mix ou plein de faders, mais surtout un super sommateur et une bonne tenue audio. Aux retours, en revanche, ils veulent le moins de latence possible et plein de départs. Le cahier des charges n’est pas le même, donc le même produit peut ne pas exactement correspondre aux deux utilisations. Notre essai grandeur nature sert aussi à trouver celui qui peut faire cette synthèse.

SLU : Comment Allen & Heath t’a tapé dans l’œil ?

Le cœur de la dLive, version DM64 repris à l’ISE, et chargé à bloc avec la carte Dante, la carte Fibre et la carte Waves.

Stéphane Plisson : J’ai entendu parler l’été dernier d’une console qui allait travailler en 96 kHz et 96 bits, j’ai été voir sur le web et cela m’a interpellé. J’ai pris contact avec A&H qui m’a renvoyé vers Algam qui venait d’en reprendre la distribution et discuté avec Bruno Dabard. Après j’ai appelé Laurent pour lui en parler car j’imaginais déjà le nouveau test de consoles où elle a bien figuré.

SLU : Comment s’est déroulé ce test ?

Stéphane Plisson : Simplement dans un bel espace de Planet Live. On a écouté avec le matériel de Vlad qui a des têtes L-Acoustics et un KS28 (!!) et deux équipes se sont formées avec d’un côté Max et Vlad plutôt sur les mesures et de l’autre Laurent et moi surtout sur les écoutes (rires). Ce qui est important c’est qu’on est toujours tous tombé d’accord sur chaque produit. Plutôt que se parler nous avons opté pour la saisie sur papier de nos impressions.

SLU : Laurent nous a dit que la A&H s’est révélée être la plus équilibrée dans ses performances.

Stéphane Plisson : C’est vrai. On a écouté des consoles qui sonnent mieux, mais coûtent entre 5 et 10 fois plus ou ne sont pas aussi l’aise en live. A quoi bon dépenser plus d’autant qu’A&H tout comme Algam sont à fond derrière, le produit est archi sain, et quand on a un problème ou un doute, ça pulse.
Pour résumer, la dLive bosse en 96 kHz natifs, la carte Waves marche tout de suite, le soft est mortel, les écrans sont impec, les snapshots sont mortels, le recording aussi, la fibre marche du premier coup, je demande un truc « oui pas de problème » et la semaine d’après c’est développé et surtout tout ce qui doit fonctionner, fonctionne.
Laurent a branché un micro, ses ears et… quasiment pas de latence. Il est tout de suite tombé sous le charme. C’est la seule et surtout à ce prix, à en avoir aussi peu. Ca lui a retourné la tête car cela lui ouvre plein de possibilités nouvelles. Du coup il en a eu une en prêt sur six dates de TOP50 pour la découvrir et a été emballé. On partait sur DALS et dans la foulée on a pu trouver un deal avec Algam pour vraiment en tester deux à fond. J’ai encodé le show en un jour et demi sans même la connaître et avec un recording en 96 pistes et 96 kHz. Le lendemain on jouait à Nantes. C’est ce que j’appellerai un outil d’aujourd’hui.

C’est même plus une console, c’est un outil

SLU : Tu nous expliques ça ?

Stéphane Plisson : Par exemple mes prises de notes de conduite, je les mets sur l’écran en deux secondes. Tu branches une prise USB en face avant et tu enregistres ton show en 24/96. Quand tu enclenches un compresseur il est déjà réglé. Sur d’autres marques tu l’enclenches et il est à moins infini.
Si tu ne sais pas utiliser la console, tu loades un show 48 entrées 16 sorties, load FOH et paf, tu commences ton mix. Tu l’organises aussi super facilement. On m’a rajouté 4 chanteuses l’autre jour. En 2 minutes elles arrivaient dans la table pile là où je le voulais sans *aucun* problème et pareil pour Lolo.
Cette console est pensée, créée et réalisée par des utilisateurs. C’est fluide, simple et ça répond très bien aux problématiques d’un mixeur. Tu peux tout faire avec, face, retours, télé, c’est un véritable outil au-delà d’être une console qui fait du son.

SLU : Mais t’as pas d’entrée AES sur le stage…

Stéphane Plisson : Oui, il faut juste ajouter des DX32. Dans le stage tu as déjà 64 entrées, 32 sorties, trois slots de libres et surtout il y a dedans le gros DSP. Imagine qu’avec la surface à 32 faders et le gros stage, tu t’en sors en prix public à 25k€. C’est imbattable.

Les petites unités de faders A&H que l’on ajoute à la table, soit 8 linéaires soit, visible à gauche de la photo, 6 rotatifs.

SLU : Et ce sommateur à 96 bits alors…

Stéphane Plisson : Ca n’écrase rien et quand tu charges vraiment la mule, ça devient épais, gros crado dans le bon sens du terme sans aucun bruit ou saturation numérique. J’ai mis mes tranches au taquet, les VCA à fond, j’ai baissé le master de 40 dB et j’ai écouté. C’est sale mais ça le fait.

SLU : C’est une synthèse cette table ?

Stéphane Plisson : Oui, cela fait des années qu’on demande un certain nombre de choses et des consoles comme la M5000 Roland ou la dLive d’Allen & Heath sont une très belle réponse à nos besoins. C’est d’ailleurs drôle que cela nous vienne de marques qui n’ont pas une réputation pro très marquée. Par contre, le bât blesse du côté de certains plugs. Les réverbérations courtes sont pas mal mais les longues ne valent pas un rack externe.

SLU : Vous avez donc investi avec Laurent dans MaWip.

Stéphane Plisson : Oui, Laurent a pris deux dLive S7000 et il n’est pas inenvisageable que j’en prenne une aussi. Cela dépendra de mes projets. Cela dit j’ai toujours mes deux Midas dont j’adore le son et qui tournent sur mes autres projets.

Prestataire son : Melpomen
Régies son face et retour : MaWip


En guise de clin d’œil, deux mots pour conclure ce reportage, deux mots pas sérieux pour deux ronds mais on n’a pas pu s’en empêcher. Appelons ça des souvenirs bordelais ;0)
Monsieur et madame Lestartines ont une fille…
Monsieur et madame Laté ont une fille…
Monsieur et madame Talu ont 4 fils…et ils ont le même prénom…

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Au Louvre pour la Fashion Week

La première sortie de Syva avec Alain Français

La cour Marly et sa superbe verrière offrant une lumière zénithale aux œuvres qui y sont exposées. On aperçoit à droite et à gauche au pied des escaliers deux Syva.

Quelques semaines après l’ISE, nous disposons d’un pass pour nous glisser dans la sublime Cour Marly du Louvre où pour la toute première fois, Louis Vuitton va faire défiler ses mannequins dans le cadre de la Fashion Week.

Un des 22 Syva & Syva Low posé sur sa plaque Syva Base avec derrière un des chariots portant des batteries de vidéoprojecteurs Panasonic.

A la baguette, Alain Français avec la complicité de L-Acoustics qui a prêté pour l’occasion 20 combos Syva & Syva Low flambant neufs. A charge pour eux d’animer cet immense espace marbré, peuplé d’œuvres que la scénographie minimaliste de ce défilé va parfaitement respecter.

Un simple coup d’œil au lieu rend le choix de Syva évident. Trois niveaux, un volume immense, une chasse incessante à l’objet de trop mais en même temps un réel besoin de pression et de qualité, de classe et de discrétion. La nuit promet d’être longue dans un incessant ballet de techniciens son, lumière, vidéo mais aussi de décorateurs, sans parler d’une captation qui s’annonce complexe à en juger par le nombre de flights et de cantines qui s’agglutinent dans les allées du musée donnant sur la Cour. Nous allons à la rencontre d’Alain et d’Olivier.

Alain Français avec ses nouveaux jouets. Comme il nous l’a rappelé, il emploie souvent beaucoup d’enceintes de type colonne composées de petits modules et d’un renfort de grave. Syva est donc une très belle surprise pour lui.

SLU : Comment as-tu eu l’idée de choisir cette enceinte?

Alain Français : Nous faisons partie des entreprises choisies pour la phase pilote de Syva. Cédric Montrézor nous en a passé une paire confiant dans notre franc parler. Quand nous avons été à Marcoussis avec Olivier Gascoin (le bras droit technique d’Alain NDR) et qu’on a vu cette enceinte, cela ne pouvait pas mieux tomber car on était en pleine réflexion pour ce défile au Louvre. On nous demandait pas loin de l’impossible. Pour schématiser, dans la mode il faut du son et pas d’enceintes. Nous avons des solutions avec des petits modèles assez faciles à cacher et qui peuvent sous certaines conditions délivrer du SPL, mais il nous aurait fallu beaucoup plus de temps pour les déployer.

SLU : Il faut rappeler que nous sommes dans un musée et qu’il est 23 heures…

Alain Français : On nous a donné accès à la Cour Marly ce lundi 6 mars à 18h. Le défilé aura lieu demain mardi à 18 heures et on doit libérer les lieux mercredi à 7 heures du matin. Les premières répétitions doivent débuter demain vers 8 heures du matin, autant dire qu’il aurait été impossible de tenir le cahier des charges. Quand on voit Syva pour la première fois, on se regarde avec Olivier avec la même idée tout en se disant que phase pilote ne signifie pas disponibilité d’enceintes en assez grand nombre pour ce chantier. On pose tout de même la question à L-Acoustics qui accepte le challenge.

Le gros avantage de Syva est aussi sa taille qui permet de porter suffisamment loin sans être obligé de surélever l’ensemble.

SLU : Et en quantité ! On a compté 22 ensembles Syva…

Alain Français : Oui, notre paire plus 20 autres, absolument neuves et prêtées pour l’occasion par L-Acoustics (Précisons que Syva ne sera disponible à la vente qu’à partir de Juin et va être à nouveau montré à Francfort après l’ISE NDR). Nous avons donc présenté le projet au créateur du défilé et à Vuitton qui ont immédiatement donné leur aval, car le produit est beau…Et va exister dans toutes les couleurs.

SLU : Au pire il suffit de le placer dans un tube de tissu de la couleur du marbre.

Alain Français :: Ahh non, on assume. Regarde la courbe du guide d’onde, cette enceinte est belle comme ça.

SLU : Toi qui as eu la chance de l’écouter, ça donne quoi ?

Alain Français : Bof (rires !) Non, sérieusement je pense que c’est une révolution et il y en a qui vont pleurer. Pour répondre à l’appel d’offre de notre client, nous avons fait une grande écoute ici, avec tous les petits systèmes existants typés –colonne- et tous les grands distributeurs qui ont joué le jeu.

La Cour Marly comporte trois niveaux. Dans celui du milieu 4 Syva ont assuré une couverture et un SPL sans failles. Les cadreurs de mode qui leur ont fait face peuvent en témoigner

Nous n’avons pas été vraiment satisfaits. L’après-midi même de cette écoute on a découvert et écouté Syva, un extraordinaire concours de circonstances. Tu connais la suite ! Il y a un gros prestataire d’événementiel qui travaille avec nous pour ce défilé au Louvre et qui est sous le charme. Idem pour un autre très gros prestataire spécialisé dans l’événementiel et qui est venu écouter Syva chez nous à Wissous. Ca va commander.

SLU : D’un point de vue sonore, tu lui trouves quoi ?

Alain Français : C’est de loin le plus complet et il se suffit à lui-même sans que l’on soit obligé comme souvent avec d’autres systèmes, de planquer des subs pour apporter la dimension physique essentielle au son. Syva même sans son renfort de basses marche très bien. Il ouvre réellement à 140° sans lobe au centre et quand tu t’éloignes, tu ne perds pas la balance tonale avant une bonne trentaine de mètres. Les deux 12’’ du Syva Low sont aussi très puissants, aucun besoin d’ajouter des subs ici, j’ai l’équivalent de 22 K2 en grave et je ne veux pas jouer trop fort pour ne pas exciter le lieu. Et je ne te parle pas de Kiva II que j’ai accroché pour un autre défilé. T’as l’impression d’écouter du Kara, c’est impressionnant.

Le Rio 3324 et quelques contrôleurs LA8 cachés, comme l’ensemble des alimentations, des flight ou du personnel durant le défilé, dans les galeries qui encadrent la Cour Marly.

SLU : Tu ne penses pas que tel quel ce système a les défauts de ses qualités esthétiques ?

Alain Français : Idéalement il faudrait un modèle Touring en plus de celui actuel. Quoi qu’il en soit, on va essayer notre paire aussi sur quelques concerts de jazz car ça risque de devenir le système idéal pour ça.

SLU : On n’a vu que des LA8 dans les racks.

Olivier Gascoin : On a aussi quelques LA4X au dépôt mais comme on n’avait pas besoin d’avoir quatre entrées, qu’on a les presets d’installés et que qui peut le plus peut le moins…(rires)
Il est minuit, le chantier bat son plein et on décide de laisser avancer les équipes de De Pref qui doivent tirer leurs câbles, rouler la puissance et raccorder le Rio 3324 aux sources et surtout aux contrôleurs.

La Cour Marly est située dans l’aile tout à gauche de cette image du Louvre.

Quelques heures et beaucoup de cernes plus tard

A 14h, jour du défilé, on retrouve une Cour Marly immaculée où toute la technique a disparu au bénéfice des œuvres d’art et d’un grand nombre de petits bancs entourant les chemins qu’empruntent les 45 mannequins. Ces derniers répètent inlassablement leur parcours pour se le mettre dans les jambes en permettant aux équipes vidéo de travailler leurs angles. Aucun fil n’est visible ou presque et les 22 enceintes donnent un look extrêmement élégant à l’ensemble.

L’étage d’entrée de la Cour Marly avec, bien visibles, 3 Syva dont le style épuré se fond très bien avec les rares éclairages. Les ponts comme les alims ou gradas sont « enfermés » dans des boites en pléxi du plus bel effet.

Dès les premières notes de musique, Alain qui a la main sur le mélange et sur le Network Manager et Olivier Gascoin qui pilote la TC6000 pour masteriser les morceaux qui composent la bande son du défilé, taillent dans le grave. La musique est certes très riche en bas du spectre mais surtout Syva Low est définitivement efficace et le très grand volume réverbérant des lieux n’arrange rien. La première impression est « Woaw, ça envoie le bois »

De gauche à droite Olivier Gascoin, Cédric Montrézor de visite le jour du défilé et Alain Français. Les deux techniciens ont chacun un mac pour avoir la main sur le mélange, le système et le procesing TC. La femme de dos est un modèle qui répète et va être « accueillie » par un steady-cameur qu’on aperçoit tout au fond.

Alain a bien fait de distribuer sur 22 points sa diffusion, cela offre une bonne couverture et surtout ça permet de ne pas lâcher les chevaux. Syva est donné pour un SPL Max de 137 dB et on sent que ce ne sont pas des mots en l’air.

SLU : Vous avez dû calmer les 12’’…

Olivier Gascoin : Oui, à 84 Hz mais cela est dû au lieu et à 120 c’est plutôt la générosité de l’enceinte.

Alain Français : Cela dit, on est dans une configuration très particulière et très réverbérante. On excite les lieux avec 22 sources omni, cela prolonge le grave encore plus. On va sécher les basses avec la TC pour retirer un peu d’énergie aussi au programme musical qui en a beaucoup.

Le ramage laisse sur place le plumage

Au bout de quelques cycles de répétitions, le défilé ne dure qu’une quinzaine de minutes, le rendu devient très convaincant et le ratio grave / TR rentre dans les clous. Nul doute que les invités vont absorber une partie de l’énergie et vont encore améliorer le son d’ensemble.
Ce qui est certain, c’est qu’il va faut étudier le placement de ces enceintes par rapport au public, par exemple en les surélevant un peu ou en respectant une distance de quelques mètres. Leur puissance est très surprenante et sans commune mesure avec leur taille. Sans avoir pu pleinement juger leur rendu avec des sources de qualité, il est certain qu’elles sonnent bien et « mordent » comme une vraie enceinte de concert marron et pas comme une simple colonne. Impressionnante aussi, la polaire va réellement à 140° voire au-delà.

Nous irons rapidement écouter Syva dans de bonnes conditions à Marcoussis pour finir de découvrir ce produit attachant et malin qui manquait au catalogue de L-Acoustics…enfin, il manquerait aujourd’hui !

D’autres onformations sur le site L-Acoustics et sur le site De Preference

Nouveauté L-Acoustics

Syva, quand l’audace paie

Syva juchée sur Syva Low et trônant à l’entrée du stand L-Acoustics à l’ISE d’Amsterdam

La surprise est jolie, finement courbée et de taille, environ 2,15 mètres de haut pour Syva et Syva Low, la dernière nouveauté de L-Acoustics présentée à l‘ISE d’Amsterdam.
Stéphane Ecalle et Cédric Montrézor ont accepté de nous dévoiler tous les secrets ou presque de cette enceinte initialement conçue par l’équipe L-Acoustics de Christophe Combet pour L-ISA en résidentiel, mais que ses performances, sa facilité de mise en oeuvre et sa belle gueule ont rendue désirable pour un usage professionnel, à tel point qu’Alain Français l’a lancée dans le grand bain de la mode. Exclu SLU en deux parties.

Il faudra s’y faire, la cadence des L-Acousticiens de Marcoussis semble être désormais de trois annonces par an en moyenne. Au PL+S 2016 on a eu le couple KS28 et LA12X, à l’Infocomm 2016 c’est Kiva II qui a été présentée, à l’ISE 2017 sort Syva et pour Francfort cette année c’est le P1, un processeur réseau qui pointe le bout de ses afficheurs. Chouette, par le passé le marron était un peu chiche question nouveautés. Oui mais ça, c’était avant.
Pour cette première, laissons la parole à Stéphane Ecalle, le directeur du markéting d’L-Acoustics et à Fred Montrézor le directeur des applications installations fixes. Dans quelques jours on vous raconte la première sortie de Syva au milieu des œuvres du Louvre et des mannequins de Louis Vuitton.

SLU : Comment décrirais-tu Syva dans le catalogue de L-Acoustics ?

Stéphane Ecalle : Syva est un développement que l’on peut classer comme –conceptuel- et aucun client ne nous a demandé ce modèle. C’est donc un pari. Les premières réactions sont malgré tout positives et on m’a même dit : « woaw, c’est ce que j’aurais voulu faire moi-même ! » « Voilà un système de sonorisation que je n’ai plus à cacher ».

Cédric Montrezor : Pour être encore plus précis, il n’y a eu aucune étude de marché à proprement parler (rires !)

SLU : On est bien d’accord, Syva a été développé initialement pour servir d’enceinte résidentielle de L-ISA…

Une vue du système de connexion entre Syva et Syva Low avec la pyramide de centrage au sein de laquelle se trouve le connecteur véhiculant le signal audio vers Syva, 4 points dont 2 sont employés. Quatre silent blocs en caoutchouc, quatre axes verticaux et enfin 4 puissants aimants apportent la solidité à cet édifice. Syva étant passif, un filtre est incorporé pour alimenter les six 5’’ et les trois moteurs à gorge de 1,75’’

Stéphane Ecalle : Oui, c’est un développement produit rendu nécessaire par les recherches de Christian Heil sur les applications L-ISA.

Cédric Montrezor : Christian a briefé les équipes de design sur la primauté de l’élégance pour faciliter son intégration en résidentiel, mais en préservant la réserve d’énergie, de dynamique et de SPL pour reproduire chez soi le son et l’expérience d’un concert. Le fait de lui adjoindre un sub et un système de raccord très simple, rend ce système plug and play et extrêmement rapide à mettre en oeuvre.

Souris puisque c’est grave !

SLU : Syva dispose de deux « sources de grave », Low et Sub. Laquelle des deux était prévue en résidentiel et laquelle en sonorisation.

Une configuration très musclée dans le bas et associant au couple Syva & Syva Low, une paire de Syva Sub. 12 dB de contour. Comme la tête Syva est passive, cet ensemble mobilise un LA4X complet.

Cédric Montrezor : En résidentiel, le SPL étant moins indispensable que l’extension dans l’infra, c’est Syva Sub qui a été prévu, mais désormais des configurations associant les deux sont tout à fait possibles.
Pour en revenir à ta question, l’association Syva et Syva Sub est acoustiquement remarquable mais nous avons voulu redonner quelques dB SPL en plus, on ne se refait pas, pour un usage professionnel, d’où le développement de Syva Low avec un format double 12’’. Si l’on veut avoir un contour de concert et de l’infra, on recommande un ratio Syva, Syva Low + deux Syva Subs .

SLU : Un SB18 ne ferait pas la même chose que Syva Sub ?

Cédric Montrezor : Ce n’est pas la même enceinte. Son efficacité serait supérieure (5dB de plus NDR), mais elle offrirait moins d’extension de grave. Syva Sub est vraiment très proche de KS28 en rendu et en dynamique. Si tu en places quatre, tu as à peu de chose près un KS28, volume de charge mis à part. Ceci a été confirmé par des écoutes à Marcoussis.


Deux Syva Sub correspondent peu ou prou à une moitié de KS28

Syva Sub peut devenir un outil précieux dans des « live-bars », ou des lieux qui jouent de l’EDM … et dans tout lieu où la compacité du Syva Sub est utile. La place manque souvent. Enfin et même si ce sub est tout beau, il a une grille en face avant et est peint avec la même peinture granitée très solide du reste de la gamme pro. C’est une enceinte professionnelle.

SLU : Vous êtes un des seuls fabricants à ne pas avoir au catalogue de subs avec des charges autres que du bass reflex à même de vous apporter encore plus d’efficacité. Pourquoi ?

Cédric Montrezor : Nous avons un SB18 en double bass reflex conçu pour maximiser le SPL Max. Le reste de la gamme est effectivement en bass reflex pour répondre à des exigences de taille de produit et/ou d’extension de graves. Cela correspond donc à des choix de design.

Le SPL Max, un max de bruit rose

SLU : Comment calculez-vous votre SPL Max ?

Cédric Montrezor, le Directeur applications installations fixes, autant dire la personne rêvée pour parler de Syva

Cédric Montrezor : On charge le preset de l’enceinte de grave dans le contrôleur et on la place à puissance maximum avec du bruit rose pendant 2 heures. Il faut qu’elle tienne ces 2 heures en continu. Le bruit rose comporte un facteur de crête de 4 soit 12 dB. Notre SPL max est donc le continu plus ces 12 dB de crête.

SLU : Vous vous contentez de bruit rose ? Vous ne rajoutez pas des vraies crêtes telles qu’un homme pourrait les envoyer ?

Cédric Montrezor : Cela est du ressort de notre cuisine interne. On teste nos enceintes avec de la musique, des bursts … jusqu’à atteindre leurs limites en dynamique et en thermique, Quand on annonce un SPL Max, il a été mesuré en incluant toutes les protections appliquées au sein des presets.

L’arrangement des six HP de 5’’ couplés deux par deux

SLU : Quelle est la capacité à générer du grave de Syva sans le Low ou le Sub ?

Stéphane Ecalle : Les six 5’’ permettent d’atteindre 87 Hz. L’octave du dessous est reproduite par le renfort Syva Low. On peut séparer tête et sub et dans ce cas une entrée spécifique et un bornier sont prévus par le haut de l’enceinte.

SLU : Le filtrage entre tête et sub est de quel type ?

Cédric Montrezor : Les pentes sont douces afin de faire quasi disparaître les Notchs dus à la hauteur de l’émission sur les fréquences autour de 200 Hz.

SLU : Les 12’’ des Low et Sub ont quel lien de parenté exact avec K2 et KS28 ?

Stéphane Ecalle : Les 12’’ de Syva Low sont identique à ceux qui équipent la section grave de K2, celui qui est monté dans Syva Sub en revanche est assez original. On a pris le moteur du transducteur 18’’ qui équipe KS28 et on a en quelque sorte monté une membrane de 12’’.

Une vue indiscrète du Syva Sub et de son extravagant 12’’. Quand on connaît la violence de la version 18’’ dont le BL doit être d’anthologie, on imagine ce que doit subir sa membrane taille réduite malgré un preset qui doit sacrément la protéger, surtout avec LA8 et LA12X. Rien que le cache noyau est une poésie

SLU : C’est le même aimant et la même bobine ?

Cédric Montrezor : Tout à fait. C’est exactement le même HP mais dont la surface est divisé par 2. Le 12’’ et le 18’’ résonnent à la même fréquence ce qui nous permet de descendre extrêmement bas. On passe 27 Hz à -10 dB.

SLU : Le raccord se passe bien entre Syva et Syva Sub ? La différence entre les transducteurs est très importante.

Cédric Montrezor : Non, les six 5’’ génèrent un vrai grave dynamique et Syva Sub vient raccorder à plus de 100 Hz et apporte impact et infra. Attention, cette configuration ne convient pas à une application professionnelle où l’on recherche avant tout du SPL. Dans ce cas il faut utiliser le Syva Low..

SLU : D’autres enceintes similaires existent déjà chez d’autres fabricants, appelons ça des colonnes…

Stéphane Ecalle : Oui, mais pas avec la cylindrée d’un K2 ! Le pari est de porter un outil qui n’est pas traditionnellement utilisé par des prestataires qui travaillent dans l’événementiel d’entreprise ou dans l’installation. Il y a aussi des prestataires qui emploient des produits consumer qui offrent des avantages en termes de compacité mais sont longs et plus complexes à mettre en œuvre et n’offrent pas le rendu –spectaculaire- qui sied à l’événement.

Si le ramage se rapporte au plumage

La connexion entre sub et tête. Une image qui permet aussi de voir les angles, les coins, les bords, bref, tout ce qui rend belle cette enceinte mais que rien ne vient protéger en exploitation. Les prestataires devront très vite fabriquer des fly-cases sur mesure.

SLU : Les tous premiers retours de la phase pilote sont bons ?

Stéphane Ecalle : Ils sont excellents car justement les prestataires sont séduits par le produit et ses possibilités, et font la démarche d’expliquer et de « vendre » Syva à leurs clients. Ce n’est pas évident car on retrouve dans cette enceinte la technologie L-Acoustics concert en reprenant des éléments des lignes source, mais ça ne se voit pas et c’est beau.

SLU : Où en est-on en termes d’avancement du projet et des presets ?

Stéphane Ecalle : Syva est livrable en phase pilote depuis le 1er mars. Ca marche déjà bien.

SLU : OK c’est un très bel objet, mais qui dit beau dit aussi fragile…

Stéphane Ecalle : Il va y avoir des housses de transport spécifiques qui intègrent les poignées absentes du produit lui-même. Nous tenons à sa forme et à ses arêtes assez fines. Syva est aussi conçu pour être joli, mais pas seulement. Avec sa portée de 35 à 40 mètres et sa couverture horizontale de 140°, il est imbattable en pouvoir couvrant. Il délivre une pression importante et homogène aux alentours de ± 6 dB sur une surface de 500m².
Quand on sait qu’on peut mettre aisément trois personnes par mètre carré, cela commence à faire du monde, et même si l’on s’en tient à 500 personnes assises, cela reste une très bonne performance. Le couplage vertical des trois moteurs dans des guides DOSC fonctionne très bien et offre une couverture verticale qui plonge volontairement à 40 mètres.

Le mapping vertical très serré et surtout horizontal de 1 à 10 kHz de Syva. Les chiffres fournis par Stéphane Ecalle sont très vrais mais si l’on accepte une atténuation supérieure à -6 dB on couvre 800 m² et à -9 dB on va au-delà de 1200 m². Chaque carré représente 100 m² et chaque changement de couleur -3 dB. La couleur la plus claire correspond à 95 dBA. Bien entendu cette atténuation est celle d’un line array, à 100 Hz la décroissance est de 6 dB. Pour obtenir de telles performances, la base de Syva doit être placée à 1 m au-dessus de la cible visée

Parlons technique

SLU : Le système Syva s’alimente apparemment via le LA4X, mais qui peut le plus peut le moins non ?

Cédric Montrezor : Oui bien sûr, Syva peut être amplifié par LA4X, LA8 et LA12X. Il est conçu pour donner sa pleine puissance avec LA4X ; un Syva, un Syva Low ou un Syva sub par canal.

SLU : Ce qui prouve bien que le HP du Syva Sub tiré de celui qui équipe KS28 n’est pas tout à fait le même…

Cédric Montrezor : Il est logique que 2 HP en parallèle dans KS28 nécessitent plus de puissance d’amplification, d’où l’utilisation du LA12X. Un canal de LA4X est donc largement suffisant pour amplifier Syva sub.

SLU : Revenons à la tête, Syva, comment l’emploie-t-on. Elle ne peut d’aucune manière être couplée de par sa polaire et le fait que c’est une sorte de colonne ?

Cédric Montrezor : Syva ne peut pas être couplée à l’instar des lignes sources à courbure constante et variable. L’enceinte est optimisée pour des applications multicanales, et doit être employée en configuration distribuée. Soundvision nous permet d’optimiser la couverture sonore de Syva afin d’obtenir la distribution du SPL souhaitée.

La couverture horizontale avec une directivité marquée dès 400 Hz et une transition membrane / moteur réussie

La couverture verticale avec quelques petits accidents mais globalement un cahier des charges respecté et une portée garantie


SLU : Il faut donc la considérer comme une enceinte point source mais avec une projection cohérente et allant loin…

Cédric Montrezor : C’est ce qui nous a amené à définir la technologie segment source. Pour les applications multicanales elle se doit d’avoir une valeur de directivité horizontale importante ce qui est le cas puisqu’elle affiche 140° à -6 dB sur toute la bande passante des trois moteurs et jusqu’à 500 Hz.

SLU : Comment font les petits 5’’ à ouvrir à 140° Ils n’ont pas du tout le même comportement.

Cédric Montrezor : Nous avons effectivement une directivité plus large dans la bande médium et cela jusque 500Hz. Quand on regarde plus précisément les courbes, on est très bien en vertical grâce au décalage physique des 5’’. Pour l’horizontal on est stable dans la bande médium et cela devient parfait grâce aux L-Fins à partir de 1 kHz.

Une image qui montre bien la courbure en J des trois moteurs et le décalage physique et donc temporel des deux 5’’ du haut par rapport aux quatre du bas.

SLU : N’aurait-il pas été intéressant de faire travailler Syva en actif ?

Cédric Montrezor : Non, il n’y aurait eu aucun réel avantage. On a voulu optimiser la transition entre membranes et moteurs avec un filtre passif et on est plus connu pour parvenir à réaliser physiquement ce que d’autres font d’ailleurs très bien avec de l’électronique.
Dans le V-Dosc par exemple, on règle la directivité verticale physiquement sans besoin de DSP. On s’y prend de la même manière avec Syva, on a ajusté acoustiquement l’enceinte et grâce à ça, on évite de consommer des canaux d’amplification pour, par exemple, prendre séparément en charge les 5’’ situés en haut et en bas.
Il faut aussi savoir que travailler avec des délais fait qu’en fonction de l’endroit où l’on se trouve par rapport à la source, le décalage temporel ne sera pas le même. Si ce retard est créé mécaniquement, on n’a pas ce problème et il fallait de toute façon rattraper à la fois la courbure du segment des trois moteurs donc cela nous a permis de créer le beam qu’on voulait. On a préféré la simplicité et un coût d’amplification maîtrisé.

SLU : Tu arrives à garder de la cohérence dans portée entre les 6 HP de 5’’ et les trois moteurs ?

Cédric Montrezor : Oui, jusqu’à 35 m et ceci grâce à la taille de ligne qui est différente dans chacune des parties du spectre sonore. On a un comportement qui est uniforme avec un niveau SPL de 95 dBA qui nous sert de référence pour indiquer la portée de nos systèmes points sources, segment sources et lignes sources à courbure constante.

Une façon d’accrocher Syva sur un mur grâce à une platine orientable appelée…Syva Wall !

SLU : Est-ce que Syva est conçu pour marcher assemblé tête sur sub ?

Cédric Montrezor : Idéalement c’est le mode d’exploitation le plus simple qui convient très bien à une audience assise, des applications convention, défilé de modes. Nous avons prévus des accessoires et des accroches permettant de séparer Syva et Syva Low. Ils nous permettent, dans un théâtre, de couvrir orchestre et balcons séparément par exemple.

SLU : Mais dans ce cas tu ne peux pas couper tête et sub de la même manière.

Cédric Montrezor : Non en effet. En extension de grave on le coupe à 100  Hz, en couplage avec Syva Low on le coupe beaucoup plus haut, au-delà de 200 Hz. Les deux possibilités sont optimisées et ça nous permet également d’avoir le premier lobe, la première annulation au sol en dehors de la bande utile de Syva, c’est pour ça qu’on a réglé la coupure plus haute. Le fait de découpler tête et renfort de grave fait que l’on exploite toute la capacité à générer du grave de Syva..

SLU : Et du coup vous perdez du SPL ! Est-ce que le fait de descendre plus bas fait augmenter la distorsion ne serait-ce que d’intermodulation des 5’’ ?

Cédric Montrezor : Pour ce qui est du SPL, on en perd effectivement un peu (2 dB). En ce qui concerne la distorsion, les 5’’ et l’enceinte ont été conçus pour reproduire du 90 Hz sans problèmes. Le rendu est acoustiquement comparable si on coupe à 100 Hz ou au-delà, à 200 Hz.

SLU : La charge des 5’’ est individuelle ?

Cédric Montrezor : C’est un volume commun par deux haut-parleurs. Les 4 du bas disposent par deux d’un volume de charge séparé. Ces volumes sont petits mais nécessaires pour atteindre les 100 Hz. Tout est vraiment optimisé. On a trois évents L-Vents.

SLU : Les trois moteurs, sont trois pour quelle raison ?

Cédric Montrezor : Pour avoir une meilleure directivité et pour optimiser le SPL. En associant Syva et Syva Low, on se retrouve à peu près comme avec un K2. Si on prend les deux 12’’, les six 5’’ et les trois moteurs, on est dans cet ordre d’idée.

SLU : Les 5’’ sont ceux de la 5 XT ou bien ils sont proches des médiums de K2 ?

Cédric Montrezor : Ce ne sont pas ceux de la 5 XT mais ils s’en rapprochent. Dans le K2 ce sont des 6,5’’ mais assez différents. Les 5’’ de Syva ont l’avantage de pouvoir descendre par le biais de leur débattement assez important ramené à leur taille.

Une vue de l’arrangement qui a donné son nom cette nouvelle « famille » d’enceintes à moyenne portée.

SLU : On a bien compris que Syva n’est pas une ligne source tout en reprenant une partie de ce qui les caractérise, mais qu’est-ce que précisément un segment source.

Cédric Montrezor : Le segment source est l’association des médiums, de la partie des moteurs d’aigus et des guides d’ondes. Cet arrangement de transducteurs nous permet d’avoir un contrôle très précis de la directivité et d’obtenir une portée importante pour un système en source unique.

SLU : Est-ce que les petits 5’’ séparés par les trois moteurs, couplent malgré tout bien ?

Cédric Montrezor : Les médiums se couplent parfaitement dans la beamwidth définie par la J-shape des aigus. On utilise également un filtre passif du 1er ordre car c’est le plus optimisé d’un point de vue audio. Nous avons une transition plus douce entre le médium et l’aigu.

SLU : Comment se positionne, pour un concepteur ou un prescripteur, le combo Syva & Syva Low dans la gamme L-Acoustics, par quoi peut-il être par exemple remplacé pour couvrir 35 mètres ?

Stéphane Ecalle : Syva a son marché à lui dans un univers luxueux où qualité sonore et beauté, rapidité de mise en œuvre et simplicité d’emploi sont recherchés.

Cédric Montrezor : Une solution peut être un ARCS Wide posé sur un SB18m, ou alors 2 Kiva II posés sur un SB15m. Grâce à l’architecture médium des segments sources, Syva sera plus directif et aura une directivité horizontale plus large. Par contre, il n’est pas couplable.

Stéphane Ecalle : En audience plate, le prix à la couverture est ce qui se fait de mieux.

SLU : Syva est fait en bois. Si maintenant vous recevez une commande énorme, vous gardez ce matériau ou vous faites mouler du composite ?

Stéphane Ecalle : C’est vrai que c’est une ébénisterie complexe qui requiert du temps et du savoir-faire, mais on a fait ce choix en fonction de propriétés acoustiques précises donc on s’y tiendra.

Sur le papier Syva a les cartes en règle pour devenir un produit recherché auprès des prestataires d’événementiel. La preuve en son dans quelques jours avec la première sortie de 22 enceintes au Louvre aux mains d’Alain Français et son équipe pour donner le la au défilé de Louis Vuitton.

D’autres informations sur le site L-Acoustics

 

Au CDBM du Perreux le 4 mars

Learprint d’Alain Français en concert

De la puissance, du stockage, de la distribution et du traitement. Une partie du secret de Learprint, l’autre partie, la plus importante est dans les oreilles et le cerveau d’Alain.

C’est sans nul doute la plus belle reproduction électroacoustique d’un orchestre symphonique qu’il m’ait été donné d’entendre. Appelée Learprint elle implique au-delà d’une captation qu’Alain Français maitrise à la perfection, un déploiement précis des enceintes, un calage rigoureux et un mixage sur site.

Le résultat est éblouissant de réalisme et laisse à des années-lumière tous les systèmes de spatialisation ou multivoies existants.
Pour cette nouvelle sortie de Learprint c’est le Centre Des Bords de Marne, le CDBM qui est l’hôte d’Alain et de ses dizaines d’enceintes, cordons, effets, processeurs et amplis, le tout parfaitement bien racké à la sauce De Préférence.
Cet ensemble sera installé dans le Petit Théâtre du CDBM, une salle d’une jauge de 100 places assises où il sera possible d’écouter des extraits d’œuvres enregistrées spécialement pour Learprint comme si l’on était placé devant un symphonique, mais aussi de déambuler entre les points sonores et découvrir les interactions et les fuites de point à point savamment orchestrées et remises en forme par Alain.

Les enceintes dédiées aux violons, des modèles assez répandus de chez Bose

Une vue de la salle de captation au sein de l’ONDIF où une partie des œuvres qui vont être jouées ont été enregistrées en multipiste par Alain


Ci-après, Un film de présentation de Learprint :

Alain Français à gauche et à droite son vieux complice Dominique Guerder

Une date s’offre à vous en présence d’Alain Français, Le 4 mars de 14h à 19h30. Il vous accueillera pour des séances de 20 minutes.

Il faut impérativement réserver :

  • Par téléphone au +33 1 43 24 54 28
  • Ou bien le faire par mail à resa@cdbm.org

Retrouvez l’ensemble des informations nécessaires en cliquant sur le lien ici

 

Démo à Roissy-en-France

Best ressort les Leopard de leur cage

On prend les mêmes et on recommence ! Best Audio vous convie à nouveau dans le superbe auditorium de Dushow pour une écoute du Leopard, le vilain félin de Berkeley, léger et petit comme un chaton mais capable de soulever les foules et les cœurs surtout épaulé par le 900 LFC, le sub dédié à cette tête et reprenant ses cotes.

Deux 9’’ entourant un moteur 3’’ et le tout poussé par trois étages en classe D, dit comme ça le Leopard semble tout juste le modèle d’entrée de gamme des Leo, il en est rien, Meyersound a intégré dans cette enceinte amplifiée, une technologie décidément moderne et apte à lui donner un SPL et une phase de course puisqu’elle tient de 92 à 18 kHz en ±30°.

Une paire de 900 LFC, les compagnons du bas du Leopard

Contrairement aux autres démos, Stéphane Boutineau et sa magnifique DW ne seront pas de la partie mais, la S6L Avid et un ProTools chargé avec ses sets seront à votre disposition pour chatouiller le système et apprécier sa dynamique.
Vous pourrez écouter et mixer à votre guise lors de sessions personnalisées de 45 minutes où il sera par ailleurs possible de connecter un disque dur avec des enregistrements live.

Sébastien Nicolas se tient à votre disposition pour vous réserver un créneau et accueillir vos diverses demandes techniques.
Trois dates vous sont offertes : le 27 février dans l’après-midi, le 28 toute la journée et le 1er mars. Il reste des places mais les créneaux se remplissent vite.
Appelez au +33 1 34 38 25 34 ou écrivez à sebastien@bestaudio.fr

La régie telle que vous risquez de la retrouver face au système.

 

Nouveauté ISE

Nexo GEO M10, léger, efficace, économique.

La belle surprise de Nexo, trois Geo M1012 posés sur une paire de subs MSUB15

Grosse nouveauté de l’ISE 2017, le GeoM10 est le nouveau line array du français Nexo. Equipé d’un 10’’ et d’un moteur de 1,4’’ en montage passif, il est annoncé comme délivrant 4 dB de plus que le M6 soit 131 dB SPL Max.
De plus il nous arrive accompagné par un sub dédié, le MSUB15, reprenant les cotes de la tête et apportant le supplément de SPL et d’extension dans le grave nécessaires pour attaquer des grands lieux.

Moderne, léger, entièrement conçu à l’aide de l’informatique, c’est le premier modèle 100% estampillé NexoPino™ ou CarcoNexo©, bref, imaginé et créé par l’équipe technique de Nexo sous la direction de Joseph Carcopino.

Pour notre bonheur nous avons débusqué sur le stand du fabricant de Plailly, Mathieu Pobeda, ingénieur en électroacoustique et spécialisé dans les transducteurs et David Hochstenbach, en charge depuis 2006 de la finalisation des produits via ses presets, pour une présentation aussi exhaustive que possible, voire plus comme vous allez le lire. La première question est habituellement la dernière. Qu’importe…

SLU : Vous sortez une nouvelle tête dans la famille Geo, la M10 avec son sub. Disponibilité ?

Mathieu Pobeda : Disponibilité… (il n’a pas le temps de répondre NDR)

Jean Mullor (PDG Nexo) : Annoncée le 7 février, disponible le 7 février !

SLU : Voilà une réponse qui est claire. Comme le M6, le M10 est originaire de la Dordogne !

Mathieu Pobeda : Tout à fait. L’ébénisterie est fabriquée là-bas en polyuréthane réticulé avec une particularité au niveau de l’injection qui provoque une compression sur les parois du moule, ce qui aboutit à une structure de type composite. On a une peau de chaque côté et à l’intérieur une âme. c’est rigide comme un composite de bateau, mais en restant léger.
C’est le même matériau notamment employé sur les STM M28, M46 et B112 et sur le M6. On a un moulage haut/bas avec du nid d’abeille pour encore rigidifier l’ensemble et, comme toujours chez Nexo, on ne se sert pas de la boîte comme élément de structure, il a des ferrures qui la ceinturent et garantissent, via une continuité métallique, sa solidité et sa résistance dans le temps et au feu.

SLU : Il y a plusieurs versions de M10...

Mathieu Pobeda : Oui, nous avons un M1012 et un M1025. Le 12 ouvre à 12° en vertical et le 25 au double. Horizontalement, en nominal nous ouvrons à 80° mais il est possible d’adapter des volets, des flanges optionnels et magnétiques qui viennent se clipser sur le guide. Cela est possible très simplement grâce à la possibilité qui est offerte d’ouvrir la grille à l’aide d’un levier accessible en face avant.

SLU : Il y a donc la possibilité de créer des lignes en courbure variable avec le 1012 et constante en 1025…

Mathieu Pobeda : Ou bien de terminer une ligne par un 1025 pour arroser les premiers rangs. Il y a un W sur le 1025 qui signale que c’est le modèle « wide » puisqu’en dehors de cette marque, rien ne les différencie. Les deux modèles pèsent 21 kg et acceptent 750 W.

La M10 sans sa face avant, cette dernière étant solidaire de l’ébénisterie via un lien acier visible. Remarquez la taille des quatre ouvertures pratiquées dans le guide et qui permettent de fixer les flanges via des aimants. La version d’installation en revanche a une grille fixe.

SLU : Que peut-on dire sur le 10’’.

Mathieu Pobeda : On connaît bien ce format de HP avec la PS10. Nous avons repris le transducteur de ce best-seller qui honnêtement est un tueur, et l’avons à peine modifié pour son nouvel emploi. L’aimant est au néodyme. Nous avons repris le principe de la pièce de mise en phase qui coupe en deux la surface émissive.
Le résultat, ce sont deux sources espacées de la moitié de la distance ce qui fait que le couplage vertical ne présente aucun souci dans le médium, tout en laissant la capacité au 10’’ de délivrer un vrai grave consistant qui fait que ce système peut être considéré comme wideband.


SLU : Il y a donc des presets prévus pour se passer de renforts de grave.

Mathieu Pobeda : Absolument, il y en a plusieurs en fonction du nombre de boîtes dans la ligne.

SLU : Le 10’’ descend jusqu’à 59 Hz et est relayé à…

Mathieu Pobeda : Il descend à 59 Hz à -6 dB et est coupé à 1,3 kHz où la chambre de compression prend le relai avec un petit recouvrement. Nous avons appris cette semaine que le brevet de forme en V de nos évents a été validé pour le monde entier, la fameuse échancrure. Ce n’est donc plus un « patent pending. »
Cette forme d’évent corrige des turbulences qui génèrent un son parasite à une fréquence en relation avec l’évent lui-même et sa géométrie. Dans notre cas, ce bruit est à 500 Hz, une fréquence que j’ai déjà par ailleurs. Ce n’est donc pas tant ce bruit qui est gênant, mais bien les interférences qu’il va générer.

Mathieu Pobeda, ce que l’on appelle un « bon client » dans une interview. Merci à lui pour toutes ces précisions.

SLU : Qu’y a-t-il dans l’ébénisterie en termes de traitement ?

Mathieu Pobeda : Pas beaucoup de choses. On place deux petits panneaux absorbants. Il faut être malin là aussi. Dans un système à résonateur, placer des feutres entraine l’absorption de certaines ondes stationnaires indésirables, mais plus tu en mets, plus tu as tendance à réduire le Q de ton résonateur en le rendant moins efficace en freinant l’air.

SLU : Le choix de rester en passif ?

Mathieu Pobeda : Nous l’avons fait pour des raisons de prix et de coût d’amplification, d’autre part dans le segment de marché que vise le M10, une bi-amplification n’était pas le bon choix.

SLU : Quels auraient malgré tout été les avantages de partir en actif ?

Mathieu Pobeda : Ceux typiques offerts par les pentes importantes que tu peux avoir et la mise en phase à la coupure. Quand tu as un recouvrement très faible, tu optimises encore plus ta directivité horizontale. Nous avons cela dit dans le M10 un filtrage en 12 /24 qui est très efficace et bien optimisé en phase.
Là où nous avons fait des efforts, c’est sur la protection au feu, quelque chose qui nous tient à cœur chez Nexo. Nous savons très bien que nos produits sont employés dans des lieux accueillant du public. A ce propos, on ne s’auto certifie pas chez Nexo, c’est TÜV qui valide nos notes de calculs et nos simulations en éléments finis.

Une vue arrière des M10 avec leur mécanique de prise d’angles simple mais très efficace

SLU : Cette protection démarre par le HP j’imagine.

Mathieu Pobeda : Absolument, nous faisons de notre mieux pour fiabiliser par exemple les collages chez nos fournisseurs et pour effectuer les meilleurs contrôles qualité mais l’erreur est humaine, et un mauvais mix dans une colle peut à terme se révéler très problématique.

SLU : Donc la cabine de torture a été mise à contribution !

Mathieu Pobeda : Largement, et le pauvre 10’’ a été alimenté tel quel avec deux pinces croco jusqu’à le faire s’enflammer. J’ai ainsi pu observer comment le feu nait, progresse et s’arrête très vite, sans contaminer les composants adjacents.

SLU : Le moteur est aussi tiré d’un modèle existant ?

Mathieu Pobeda : Non, il est nouveau. Aimant au néodyme et dôme titane, bobine 2,5’’, bien optimisé notamment au niveau de la suspension car nous avons opté pour le full titane, sans raboutages d’aucune sorte.

SLU : Un seul moteur suffit ?

Mathieu Pobeda : Oui. Cette enceinte vise une utilisation professionnelle mais à moyenne portée. Le M28 qui en revanche doit compléter le M46, embarque deux moteurs. Le segment des Geo se contente d’un moteur dont la taille varie. Le S12 a un 3’’, le M10 un 2,5’’ et le M6 un 1,75’’.

On y achève les bobines, les spiders, la cellulose bref, la cabine de torture de Nexo comme si vous y étiez et sentiez l’horrible odeur qui y règne…

SLU : Il y a deux modèles de M10. Combien perds-tu entre celui ouvrant à 12° et celui à 25° ?

Mathieu Pobeda : Aux alentours de 2 dB. On a en revanche beaucoup travaillé pour que le 25° soit aussi sain que le 12°. On a vu chez la concurrence des enceintes où, quand tu passes sur un angle vertical plus grand, le comportement devient assez erratique avec des trous à certaines fréquences qui reviennent quelques degrés plus tard. De notre côté un cherche un effet de shelf le plus naturel possible.

SLU : Quelle est l’impédance de cette enceinte et comment est-elle amplifiée ?

Mathieu Pobeda : C’est une 8 Ohm et sur un NXAmp4x4 il est possible d’en mettre 4 en parallèle. Cela permet de raccorder 4 têtes ou trois subs par canal d’ampli.

SLU : Est-ce possible de placer le M10 en position verticale, a-t-il cette polyvalence ?

Mathieu Pobeda : Non, nous n’avons pas poussé vers cette possibilité dans ce segment, mais rien n’empêche cela dit de le faire.

40 kg sur la balance, 1 kW au bornier et 136 dB SPL au sonomètre

SLU : On parle du sub ?

Mathieu Pobeda : On a d’abord soigné la taille en le concevant en 2 pour 3 en hauteur donc des flight compatibles, faciles à rentrer, à ranger dans un camion, ce qui est très appréciable. Il est prévu pour être en ligne ou au sol. Le HP qui l’anime est un tout nouveau 15’’ au néodyme plus léger, et surtout avec une élongation très conséquente pour cette taille de membrane et un son beaucoup plus « tenu » car on a pu travailler son BL.
Sans être un flat top, sa courbe chute beaucoup moins vite. Même sur de grandes excursions, on maintient ce HP dans une fenêtre où il est efficace, garde de l’articulation dans le grave et ne tire pas sur la suspension jusqu’à générer des bruits parasites.

Le MSUB15, 101 dB de sensibilité pour 40 kg sur la balance

SLU : Quelle est la charge ?

Mathieu Pobeda : Un passe-bande mais un peu plus hybride, ce qui nous donne une sensibilité de 101 dB. J’ai passé près d’un an et demi sur ce HP pour lui faire faire ce qu’on voulait tout en le fiabilisant. Comme ce 15’’ est tenu, cela a été relativement facile.

SLU : Tu nous développes ça ?

Mathieu Pobeda : Quand un HP est en limite de compliance, très souvent la suspension va se retourner et comme tu tires sur le cône, tu vas vite détruire la cellulose et le tout va péter. Il en va de même pour le BL. Si ton HP n’est pas tenu, il va partir très vite et faire n’importe quoi. Concevoir une enceinte à partir d’un HP bien tenu simplifie les choses.

SLU : Le cahier des charges pour le sous-traitant impliquait donc un certain nombre de caractéristiques précises…

Mathieu Pobeda : Bien sûr. La demande part pour un 15’’ et 3’’ pour la bobine ce qui est suffisant pour ce type de sub, avec une certaine puissance admissible et certaines autres caractéristiques. Ce qui est important c’est que le dimensionnement soit bien fait et que tous les watt soient utilisés.

SLU : Vous l‘avez pensé plus comme renfort ou comme vrai sub ?

Mathieu Pobeda : C’est un sub de ligne qui n’est pas conçu pour générer de l’infra ; pour cela il faut du RS18 ou du LS18. Eventuellement, posé, il retrouve une extension vers le bas grâce au couplage avec le sol, mais pas en ligne.

SLU : Ratio de 2 subs pour 3 têtes, comment avez-vous prévu l’accroche ?

Mathieu Pobeda : Nous avons deux frames différents. Le Touring Bumper va prendre à la fois des subs et des têtes, avec comme limite que le nombre de têtes et de subs, ces derniers multipliés par 1,5, ne dépasse pas le chiffre de 12. Par exemple 6 têtes et 4 subs cela fait 12 puisque les 4 subs comptent pour 4*1,5=6. Le maxi est donc 12 têtes ou 8 subs par bumper. Le second bumper n’accepte que des têtes et monte à 12. C’est celui qui sert aussi à raccorder sous les subs des têtes. Le MSU15 peut facilement être accroché à 0° ou à 180 grâce à des connecteurs Speakon en face avant.

Deux montages qui permettent en revanche d’atteindre la pleine capacité du frame, 8 subs ou 12 têtes.

Un montage plus que raisonnable par rapport aux normes. 6 têtes et deux subs. Les deux autres, permettant d’atteindre un contour et une réponse satisfaisants, sont posés au sol.


SLU : Malgré son ébénisterie en bois, le MSUB15 ne pèse que 40 Kg. Pourquoi du bois et pas du composite ?

Mathieu Pobeda : Quand ce n’est pas nécessaire d’avoir recours au composite pour des fonctionnalités précises comme sur les têtes ou certains subs, on reste en bois sur les subs.

SLU : Est-ce que vous faites encore de la vibro sur la caisse elle-même et comment ?

Mathieu Pobeda : Bien sûr. On le fait avec des accéléromètres et des lasers mais franchement on sait déjà à peu près où se situe le problème grâce à la simulation et à notre expérience de fabricant d’enceintes. L’empirisme est génial, mais pour une entreprise comme nous, il faut capitaliser sur le savoir Nexo.

Joseph Carcopino pris dans son labo lors d’un reportage paru en 2016

SLU : Au fait, qui est le papa du GeoM10 ?

Mathieu Pobeda : L’ensemble de l’équipe R&D et Comsol (rires). A titre personnel je me suis beaucoup occupé de la partie acoustique mais pour ces deux nouvelles enceintes il n’y a pas eu de personne dédiée. C’est vrai que je me suis beaucoup occupé en son temps du M6, mais pour le M10 on a vraiment tous collaboré sous la direction de Joseph (Carcopino NDR) qui est à a tête du R&D.

SLU : La M10 a donc bénéficié à plein de la simulation informatique.

Mathieu Pobeda : Oui absolument, on a vraiment mis la surmultipliée dans ce domaine. La simulation te fait gagner énormément de temps, t’évite d’aller vers des solutions qui ne marcheront pas et tu sais à l’avance les derniers détails qui vont avoir besoin d’être lissés. La simulation ne trouve pas de solutions à ta place, mais te simplifie le travail. Quand tu vas sortir les premiers modèles, tu sais déjà où tu auras structurellement des modes. En revanche tu ne sais pas s’ils seront pénalisants et tu ne sais pas quel sera leur niveau. Il y a encore des progrès à faire dans cette direction-là.

SLU : Tu te sers de l’existant ?

Mathieu Pobeda : Bien sûr. On benchmarke avec nos autres produits, qu’ils soient en ébénisterie traditionnelle ou en composite.

SLU : Vous corrigez beaucoup dans les DSP des NXAmp ?

Mathieu Pobeda : Non, le DSP peut lisser et améliorer légèrement mais comme on dit dans la profession shit in, shit out ! La M10 est bien née et on n’a pas besoin de corriger des défauts à proprement parler.

SLU : Donc si un nouveau NXAmp arrive avec plein de ressources, le son de la M10 ne va pas changer…

Mathieu Pobeda : Non, et puis ce n’est pas dans nos habitudes. Il faut favoriser la compatibilité, et dans ce cas précis, ce ne serait pas le cas entre les deux amplis que tu cites. Nos enceintes quand elles sont mécaniquement finies ont, comme tu l’as suggéré, 98% de leur potentiel prêt à fonctionner tel quel. On n’est jamais tombé en rade de ressources DSP.

David Hochtenbach : J’ai pendant 10 ans eu la responsabilité des presets chez Nexo, c’est donc un sujet que je connais TRES bien.

David Hochtenbach, deux oreilles, une langue bien pendue, trois bonnes raisons de l’écouter

Mathieu Pobeda et David Hochtenbach

SLU : Pourquoi parles-tu au passé ?

David Hochtenbach : Place aux jeunes (rires). Nous avons convenu que les ingénieurs du bureau d’études commencent les presets et que je les finirai. On a choisi cette façon de travailler après les premières écoutes.
La M10 est très bien née aussi parce qu’il y a une belle collaboration entre les ingénieurs R&D et le terrain, sur une architecture qui va déjà délivrer ces fameux 98% du son. Le preset n’est que du lissage, du papier triple 0 qui fait mieux glisser, le reste est déjà abouti.


SLU : Les GeoM10 sont donc sur la fameuse potence Nexo ?

Un montage au ratio normal, trois têtes M10 et deux renforts MSUB15.

David Hochtenbach : On va dire ça comme ça. On travaille dessus, on est bon. C’est prêt à être lancé. Pas d’effets d’annonce chez Nexo. J’ajouterai aussi que ce système va sortir avec des data sheets très conservatrices. On est « plus et mieux » que ce qui est annoncé.

Mathieu Pobeda : Quand on annonce un SPL Max de 131 dB, on le fait en bande large, pas en coupant un peu dans le bas. Si on coupe à 100Hz, on monte à 135 dB. Quand on annonce 56 Hz c’est à -6 dB.

SLU : Il y a quand même les niveaux, les limiteurs, la mise en phase à encoder…

David Hochtenbach : Non, tout ça est déjà fait !

SLU : Ohh t’es un futur chômeur toi…

David Hochtenbach : Non (rires !) Il y a longtemps eu une jurisprudence qui voulait que ce soit plat dans l’axe à la mesure. C’est bien pour 10% des ingés son, , mais pour les 90% restants c’est une très grave erreur car ils ne s’y retrouvent pas. Il ne faut donc prendre aucune option marquée mais faire en sorte que ça sonne sans être obligé de mettre des points d’égalisation partout.

SLU : C’est donc ton boulot. Ca existe encore être droit ?

David Hochtenbach : Pas vraiment. Il y a des gabarits de courbes de réponse sur les tournées. Les gabarits actuels sont à +14 dB pour la bande qui va jusqu’à 120 Hz et après, la ligne bleue des Vosges avec un petit trou dans le haut mid vers 2,5 kHz car ça arrache un peu les oreilles. On parle là des musiques dites traditionnelles, je te laisse imaginer ce que c’est sur des musiques électro.
Je te donne un exemple que j’ai vu avec nos enceintes. Trois M28, six S118 et six B112, et la balance tonale plaisait à l’utilisateur. On est loin des 14 dB ! On arrive à des lignes de subs qui n’en finissent plus, des subs qui très souvent sont en plus mal employés. Il y a des erreurs commises dans le design des subs.

Le S118, le sub du système STM

SLU : Tu nous expliques ?

David Hochtenbach : On pense contrôler la directivité mais en définitive on perd le punch et du coup on est encore obligé d’en mettre encore plus. La répartition des subs dans la salle n’est pas bonne. Tu peux faire le montage que tu veux mais ne perds pas de vue que la couverture horizontale n’est que la moitié du travail, l‘autre moitié c’est le punch.
On travaille dans le live et c’est important de préserver le temporel et cet impact que les gens recherchent. On a fait des essais et des séminaires chez Nexo, et nous sommes arrivés à la conclusion que 5 ms de plus sur un sub qui est à l’extérieur pour faire du steering, ça conduit à un hors phase à 80 Hz.

SLU : Ahh c’est sûr que ça tape moins…

David Hochtenbach : Le problème est que plein de tournées agissent ainsi. Ils sont contents parce que ça couvre large, mais il n’y a plus aucun punch. Tout ça pour dire que la balance tonale est quelque chose de très subjectif. Il faut absolument favoriser le temporel.

SLU : Quel montage préconises-tu alors ?

David Hochtenbach : Cela dépend de la salle, mais il est essentiel de ne pas vouloir aller trop loin dans la répartition horizontale. Il faut faire très attention à la dissonance cognitive qui est engendrée par la vision de lobes dans le logiciel de prédiction, des lobes qui, à l’écoute, ne se révèlent pas si gênants que ça.
Il ne faut pas de son qui soit fait au détriment de la physiologie ou du ressenti. Le sub dans le live est là pour offrir des sensations, et si cela n’opère pas bien dans le punch, on perd tout l’effet. Il y a quelque temps à Seoul, Psy passe en pleine époque du Gangnam Style. Un million de personnes se massent devant la scène. On avait mis 56 S118 sur le front de scène. Le truc était parfaitement léché avec des délais sur les côtés. C’était magnifique.
Arrive le mixeur de Psy. Il joue un CD et là il nous annonce que c’est tout pourri et qu’il veut deux tas traditionnels à gauche et à droite. Les séoulites avaient passé des heures à tout mesurer et caler, il a fallu tout changer. « Moi, il faut qu’il y ait du punch » avait-il dit. Entre les deux il faut trouver le bon compromis. Il faut beaucoup de pédagogie, mais aussi des connaissances physiologiques et acoustiques.

 

 

A Mériadeck

Max & Vlad, les Kids United

Nous sommes allés écouter ce que deux sacrés garnements, Maxime Ménélec au système et Vladimir Coulibre au mix, sont parvenus à tirer d’une salle difficile. Plus propice aux lames qu’aux gammes, la Patinoire de Mériadeck sortie de terre à la fin des années 70 avec ses formes d’ovni au cœur de glace, accueille à la fois des hockeyeurs et des chanteurs, un grand écart sonore dompté par la crème de nos sondiers au service de 5 gamins en pleine bourre, les Kids United.

Une partie de l’équipe technique, celle qui a répondu à notre appel radio « photo à la régie façade ! » De gauche à droite JR Mazenc au backline, Vlad, Max, Valérian Pillet et Charly Fourcade assistants plateau et Nelly Robert assistante système.

Je ne vous ferai pas l’insulte de vous décrire Mériadeck, nombre d’entre vous y ont déjà travaillé, il en n’en reste pas moins qu’y pénétrer en pleine balance fait toujours un peu peur. Le TR est looooong, le grave Danse avec les Stars et la précision se repose dans le TourBus en attendant le public.
Le système de cette tournée est composé autour des très récents K2, KS28 et de Kara en renfort central stéréo, et de latéraux aussi de Kara, un kit qualitatif, efficace et très bien dimensionné pour un show devant séduire avant tout un auditoire jeune et familial.

Mériadeck en mode tout assis. Adossée aux gradins, la régie son et la régie lumière.

C’est Vlad qui abandonne la console où il remplace Stéphane Plisson afin de nous répondre en premier.

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SLU : On t’a vu pas mal travailler tes niveaux…

Vladimir Coulibre (Vlad) : Je découvre le mix et je découvre aussi le système dans cette salle donc je le fais vivre pour me l’approprier. Je reprends aussi la main sur une base qui est faite et bien faite depuis un moment.

SLU : T’as pas envie de travailler un pied pour ressentir le tout et surtout le grave qui est assez difficile à tenir en respect dans dette salle sportive ?

Max mort de rire et Vlad en mode « attends, je t’explique » On remarque bien le petit pratos idéal pour bien voir, beaucoup moins pour bien entendre…

Vlad : Non, je n’en ressens pas le besoin. J’ai Max qui fait bien la transition entre Stéph (Plisson NDR) et moi et qui peut me dire si je vais dans le bon sens par rapport à ce qu’il a entendu chaque soir. La salle est compliquée et très réverbérante, la régie est perchée sur un praticable qui résonne un peu donc autant collaborer avec ceux qui savent comment satisfaire public et prod. Je manipule aussi les niveaux pour me remettre la table en main mais si tu observes, je tourne autour des réglages mémorisés.

Maxime Ménélec (Max) : Il prend ses petites habitudes, c’est normal car la console comme les niveaux, le contour, tout est organisé et calé pour et par Steph.

K2 & KS28, le combo ultra efficace

SLU : Venons-en au système. Comment l’as-tu conçu avec Steph pour cette tournée et plus encore pour cette salle ?

Max : Le système des Kids est conçu pour que les subs soient en l’air donc placés loin du public qui est essentiellement constitué d’enfants. Il n’est pas question que cela soit trop violent pour les premiers rangs.

SLU : Tu as choisi les KS28. Combien en as-tu pris par côté ?

Max : A la base, on est parti sur une antenne de 8 pour satisfaire à un certain nombre de critères, mais cela s’est avéré être trop puissant, je suis donc revenu à une antenne de 6 en front back front / front back front.

Le système à jardin avec les élingues détachées. De droite à gauche, les 6 Kara servant en douche pour combler les zones d’ombres du K2, les 12 K2 amplifiées en LA12X, les 6 KS28 en montage cardio et l’outfill composé de 9 Kara.

Vlad : L’optique de Steph et Max est d’avoir un système full range accroché et cela tient parfaitement la route dans toutes les salles. Bien sûr il nous manque une fondamentale qu’on n’a que lorsque les subs sont au sol mais dont on peut aisément se passer dans ce type de musique, et les avantages partout dans la salle selon moi l’emportent. Si on avait mis les subs au sol on les aurait énormément atténués et on aurait gagné à peine 3 Hz tout en perdant de la cohérence. Cette tournée me plait bien aussi pour ça, sans oublier que le fabricant pousse ce type de montage.

SLU : OK pour le respect des oreilles et la cohérence sur la tournée, mais certaines salles sont plus difficiles…

Vlad qui écoute et « regarde » le son. Plus concentré t’as pas !

Vlad : Oui, d’autant qu’on peut travailler sur l’énergie des subs avec un montage cardioïde mais cela ne nous aide que sur la bande passante du KS28, or le K2 descend aussi. Je pense qu’il ne faut pas lutter, il faut laisser vivre le système, ce sera à moi après de réadapter le mix. Entre par exemple Rouen qui est très bien et ici, le RT du grave est beaucoup plus long.

Max : Le fait de placer les subs très près du système pour minimiser le délai et donner une certaine directivité, nous donne une bonne homogénéité entre les salles.

SLU : C’est du temps de gagné…

Max : Absolument. J’ai quasiment le même EQ et le même délai à chaque date. Je n’ai qu’à réadapter le contour du grave. Je n’ai plus de corrections extrêmes et peu de réflexions avec le sol.

Vlad : Surtout ce genre de montage uniformise le rendu de salle en salle. Il n’y a plus de mauvaise date. On se doit en plus de délivrer un mix rock et typé concert en veillant simplement à ne pas jouer trop fort. La prod ne nous demande pas de sonoriser un « spectacle pour enfants ».
Quand Steph (Plisson NDR) m’a proposé de travailler pour lui, j’ai bien aimé le challenge de sortir un son puissant en gardant un niveau raisonnable. C’est loin d’être évident et cela va à l’encontre de tout ce qui se fait d’habitude et demande aussi à Max beaucoup de soin dans la position des enceintes, le réglage et la balance tonale.

Les premiers rangs prennent une douche de Kara complétée par une lichette de quelques X8 jouant le rôle du jambon entre deux Rollapix Ayrton

SLU : Pourquoi avoir opté pour deux downfill intérieurs en Kara et pas un simple down mono central ?

Max : D’abord parce qu’on voulait effectivement rester en stéréo. On a fait le choix d’offrir aux gens assis devant la scène une image qui ne soit pas réduite au centre. C’est une vraie stéréo.

Vlad : On a quelques petites choses notamment sur les guitares via des plugs pour travailler cette stéréo, mais pour la diffusion on récupère un gauche/droite en AES tout ce qu’il y a de plus standard.

SLU : Ne serait-il pas possible d’accrocher quelques Kara sous les K2 ?

Max : Non, mécaniquement ce n’est pas possible et puis nous ne gagnerions rien en ouverture horizontale. Les deux ouvrent à 10° en vertical et 110° en horizontal. Les deux Kara down doivent juste boucher les trous où je ne vais pas avec le K2.

Vlad : Tout en sachant qu’ajouter une source sonore pour combler un manque à un endroit, créé invariablement un petit problème ailleurs.

Une vue de Soundvision en mode délai du “main” et du Kara down et prouvant le bien-fondé du choix de Max. Les zones non alignées sont limitées.


SLU : Tu les délaies comment tes Kara down ?

Max : Je ne les délaie pas ! Si je le faisais, il n’y aurait qu’une toute petite zone qui en bénéficierait, mais comme ce sont des sources qui génèrent aussi du grave, elles m’abîmeraient celui du K2.
Je préfère ne pas délayer et créer d’autres interférences, sans doute audibles mais acceptables au point d’overlap. Les outfill sont en revanche délayés.

K2 et Kara font la paire…à quelques années près

SLU : Je reste malgré tout sur ma faim quand je sors du K2 et je rentre dans le Kara. Ce sont deux mondes différents.

Vlad : Il faut aussi dire que le K2 est une boîte remarquablement réussie, je trouve cela dit que le Kara est le Leatherman du son, on peut tout faire avec, de la face au front. Il n’y a pas d’enceinte parfaite, mais sa polyvalence est extrêmement utile.

Max : Le design est conçu autour du K2 qui couvre la plus grande partie de la salle et le Kara ne vient que pour le complémenter par petites touches, et si on peut s’en passer dans certaines salles, on le fait car plus on limite le nombre de points d’émission, meilleur est le son.

Vlad : Il faut veiller aussi à ne pas comparer un système modulaire à un système full range. Le Kara a besoin de son renfort de grave pour offrir la pression et l’extension dans le grave du K2.

Une ligne de K2 pour guider naturellement le grave et une antenne de KS28 en cardioïde pour en faire…de même.

SLU : Admettons que tu puisses disposer de K2 pour les latéraux…

Max : Non…

Vlad : Non, ça ne marcherait pas si bien. Il est très puissant donc il faudrait déjà beaucoup l’atténuer et puis l’association de 12 boites à 10° et 6 boites à 10° ne donnera pas la même couverture, en tous cas tu ne peux pas la faire de la même manière.

Soundvision en mode délai du “main” et de l’outfill à cour. Le délai d’alignement entre les deux est appliqué et le moins que l’on puisse dire est qu’il y a très peu de rouge et qu’il se cantonne dans des zones périphériques ou sans spectateurs.

Max : Ce n’est pas une bonne idée de venir placer sur un système full range plus subs, un autre système full range, cela va créer inévitablement des interférences et puis si c’est pour l’atténuer et le couper dans le grave, à quoi bon… Peut-être que la mise en cardio du KS28 et le travail fait sur la ligne de K2 apporte beaucoup d’énergie et de précision là où c’est nécessaire et moins sur les côtés, d’où cette transition plus audible avec le Kara.

Vlad : Lorsque je fais du design, j’accepte désormais qu’étant sur le côté, on se retrouve dans un autre registre de son au niveau fréquentiel et en termes de gain. Je préfère optimiser temporellement toute une zone au lieu d’aller mettre du grave dans un endroit qui va du coup me polluer tout le reste.

SLU : Dans le style « Tu es loin, tu vois de loin, tu entends de loin. » On avait rêvé de donner à chaque spectateur…

Vlad : C’est irréalisable et on le sait bien, quelle que soit la config. Il faut aussi essayer de rester quelques minutes à un endroit et se demander si ce que l’on entend est satisfaisant ou pas. C’est évident que quand on se balade on perçoit des différences, mais le spectateur ne bouge pas.

Max : Il vaut mieux perdre par endroits pour optimiser pour le plus grand nombre, surtout dans des salles comme la Patinoire. On travaille dans le compromis…

LA12X & Soundvision

SLU : Comment sors-tu de ta console ?

Max : AES et on les descend vers les contrôleurs LA12X.

Le rack de drive du système avec un PC pour avoir la main sur le LA Manager et un grand écran pour afficher les courbes du Flux.

SLU : Tout est en 12X ?

Max : Oui, les KS28 forcément et les K2 aussi ; on a réussi à en avoir chez Dushow. Il n’y a que les Kara down et les extérieurs qui restent en LA8.

SLU : Rien de nouveau question DSP sur les 12X ?

Max : Non, on a toujours les 8 points d’EQ, les deux plateaux FIR dans le grave et les 3 dans l’aigu et c’est largement assez pour travailler le contour du système et les deux ou trois modes de la salle.
Si tu utilises les bons presets, travailles bien avec Soundvision, tu es sûr à 99% du résultat. Je ne fais quasiment plus de mesures pour mes délais, je me fie de ce que me donne Soundvision. Il faut en revanche respecter le placement des enceintes…

SLU : Outre la rapidité et la simplicité, quels sont les autres avantages ?

Max : Quand tu cherches ton délai à l’analyseur avec un micro, tu vas optimiser certaines zones et en négliger d’autres sans forcément t’en rendre compte. Avec Soundvision tu vas vraiment voir ce que tu optimises et ce que tu négliges. Même mes bases de plateau FIR dans l’aigu sont faites avec. Je me répète, mais si tu travailles bien avec Soundvision, tu as les salles modélisées et disponibles sur la base de données de L-Acoustics pour le faire, et que tu respectes le placement des enceintes, tu lèves, tu ouvres et ça marche. On travaille en amont les points de rig avec Autocad, ce qui me permet de savoir exactement où se trouvent les emplacements référencés par Soundvision.

Une vue de Mériadeck via Soundvision, un mapping de 1 kHz à 20 kHz du main, outfill et down à cour. Y’en a vraiment pour tout le monde avec des écarts très raisonnables entre orchestre et balcons.

SLU : C’est utile de gagner autant de temps ?

Max : Oui et pour une très bonne raison. Ca nous arrive d’ouvrir les portes à 13h30 pour jouer à 15h00. Je commence à 8h00, le système est en l’air à 11h30, ça ne me laisse que 45 minutes de calage. On a dû apprendre à être vraiment efficace et j’ai beaucoup optimisé avec Soundvision.
De toute façon il faut aller dans le sens du constructeur.
Je me suis rendu compte lors de formations que j’ai données que parfois je passais un peu à côté de la philosophie de L-Acoustics or, pour aller plus loin, il faut éventuellement embellir la chose, mais commencer par respecter les règles de base.

SLU : Qui fournit le matériel ?

Max : Le système et le multi viennent de chez Dushow, les régies et le drive de chez Maw. Les lights c’est RégieLu.

Ethique & L-Acoustic

SLU : Vlad, on t’a connu au système, puis au mix, où en es-tu aujourd’hui ?

Vlad : Toujours et de plus en plus au mix, j’adore ça et cela n’est pas près de changer. Bien sûr, quand je suis dans des petites salles, je m’occupe aussi du système mais pour des tournées plus grosses, j’ai quelqu’un avec moi pour s’en occuper comme ici pour Kids United avec Max.
Il y a une nouvelle génération de techniciens comme de matériel qui arrive et qui est bien, donc je m’éclate.

SLU : T’as pas encore envie de raccrocher les clés du TourBus…

Vlad : Peut-être de rentrer dans une boîte où je ferais encore de la tournée et où les jours de repos ou entre deux tournées, au lieu de bricoler chez moi comme je le fais aujourd’hui, je pourrais donner une valeur ajoutée à ce travail sur site. Je trouve qu’il y a une espèce de gap entre les gens qui mixent et les structures, alors qu’à une époque ça se faisait. Cela n’engage que moi mais je pense que ce serait intéressant pour tout le monde que la personne derrière la console représente la société.

Ils sont trop chouettes pour qu’on ne les montre pas. De gauche à droite Gérald Garrieri, pupitreur du show, Max sondier d’en haut et Vlad sondier d’en bas.

SLU : Un peu ce qui se passe chez Clair Bros…

Vlad : Oui d’autant qu’aux Etats Unis il n’existe pas d’équivalent de nos Intermittents, un statut que je n’aime d’ailleurs que très modérément.

Max : L’idéal c’est de pouvoir se poser, faire des tests et aller plus loin dans des choses que tu ne peux qu’effleurer quand tu es intermittent et seul. Un exemple. Il y a quelque temps, grâce aux sociétés de Steph (Plisson NDR) et de Laurent (Midas reNDR) on a pu faire un grand test de consoles afin notamment de comparer les latences et le rendu. Travailler dans une société te donne plus de facilités pour le faire et il est assez facile d’aller dans le dépôt prendre ce dont tu as besoin.

Vlad : Ce n’est pas faute de le demander dans différentes boîtes mais ce n’est pas facile de les convaincre, de trouver du temps et du matériel et surtout, qu’est-ce que cela va leur apporter…Tu parlais de Clair Bros. Quand ils ne tournent pas, ils entretiennent le matériel et ils font des tests et des écoutes.
Cette démarche est vraiment importante pour mieux explorer des appareils de plus en plus puissants et complexes. Qui connaît le vrai son de ces nouvelles machines. On les met dans des réseaux mais personne n’a vraiment eu le temps et le recul pour aller loin dans les niveaux et les interactions entre les étages.

Max : L’exemple typique est le Lake. Ca sonne mieux avec ou sans… Il faut mesurer, écouter, comparer et cela prend du temps pour bien le faire et c’est loin d’être facile à réaliser.




SLU : On est bien d’accord, vous travaillez avec tout type de système (rire en coin NDR)

Vlad : Si je suis accueilli oui, sinon non. Arrête de te marrer, il faut déjà du temps pour connaître et maîtriser un système…

Max : On en découvre tous les jours !

Vlad : J’aime l’approche de L-Acoustics via Soundvision et ce n’est pas facilement transposable. Les outils changent de constructeur à constructeur et les boîtes ont des caractéristiques et une philosophie différente.

Max : Les acquis d’une marque ne s’appliquent pas du tout à une autre. Le K2 est une enceinte full range qui ne peut pas être comparée à d’autres qui coupent à 60 Hz.

Vlad : Quand je m’occupe du système, je ne pars que sur des tournées en L-Acoustics même si en accueil j’ai entendu et pratiqué d’autres très bons systèmes. Plus précisément je préfère passer du temps à aller encore plus loin avec une marque que je connais. J’échange énormément avec des gens qui utilisent d’autres produits et qui ont une approche différente. Être compétent et à l’aise sur d’autres marques prendrait beaucoup de temps et au final, j’aime mieux me concentrer à fond sur un seul fabricant, une seule philosophie sonore et moins de modèles. Quand tu as deux jours de pré-prod et que tu dois offrir la tranquillité d’esprit au mixeur, à l’artiste et à la prod, tu dois être hyper efficace ! Et ne n’ai plus 20 ans, il faut cibler ses intérêts (rires) ! Je laisse à des gens passionnés par d’autres marques comme je le suis par L-Acoustics de bien s’en occuper.

L’époque des briquets est bien révolue…le geste est heureusement resté !

SLU : Mais vous êtes curieux, techniquement et auditivement…

Max : Tous les systèmes m’intéressent. J’aime bien savoir comment ils sont fabriqués, la mise en œuvre, la philosophie du fabricant. Je suis passionné par la technique et les enceintes en général, savoir comment sont écrits les presets des boîtes concurrentes, comment sont faits les guides d’onde des autres fabricants, mais je veux aussi et surtout aller plus loin avec L-Acoustics et notamment le K2 que j’adore et dont, selon moi, on n’exploite encore qu’une partie du potentiel.

SLU : Ceci étant Vlad, tu es toujours formateur chez L-Acoustics..

Vlad : Oui, j’ai un contrat de consultant et donc une éthique de travail, mais ça ne m’a pas empêché d’aller à Bercy voir et écouter du Coda pour avoir une ouverture d’esprit et comprendre ce qui se passe ailleurs.

Conclusion

« Attention messieurs, silence salle, noir salle, on y va, bon concert » Les premières notes et surtout les premiers coups de grosse caisse sont rassurants, Mériadeck bien plein et avec la tribune face à la scène érigée sur la glace, absorbe et nettoie, y compris le grave, et ce dernier gagne une précision appréciable.
Les voix des enfants sonnent naturelles, la dynamique est assez respectée et le timbre de chacun se démarque nettement, parfois même un peu trop.
Les musiciens bénéficient d’un système et d’un mix qui leur donne l’attaque et la précision que ce type de spectacle n’offre pas forcément. Une balade dans la salle donne un bel aperçu de la couverture du grave qui est bonne et homogène sauf quand on quitte les K2 et qu’on perd les 12’’.

Aïe, ça pique, surtout que les 107 dB sont plus que pondérés A, ou alors A comme aigu !

La zone d’overlap entre les Kara down et le K2 existe et s’entend, mais une fois encore, il faut ne pas oublier que nos oreilles entrainées et nos incessants aller-retours pour débusquer les zones d’interférence ne sont pas représentatifs de ce que les spectateurs feront. L’énergie du grave, volontairement réduite latéralement bénéficie effectivement de ce choix et de cette cohérence temporelle.
Le rendu est sec et profond, dynamique et détaillé partout ailleurs, quelque chose plus difficile à obtenir quand plusieurs sources cohabitent. Le sentiment de pression est agréable et presque grisant, un fait qui n’est pas corroboré par le sonomètre ce qui est parfait, sauf quand le public très jeune et enthousiaste s’en mêle et hurle sa joie.

Clairement Max et Vlad savent raconter leur son mais aussi et surtout le faire d’autant qu’ils connaissent les boîtes marron comme vous l’adresse de SoundLightUp. Le risque de les associer aurait été qu’ils se marchent sur les pieds. Raté, chacun a son rôle et s’y tient.
Max opère et cale le système, Vlad mixe. Une fois qu’on a dit ça, on a bien senti par leurs réponses que ces deux-là s’entendent comme deux larrons en foire, si ce n’est que contrairement au sens de cette expression, ils ne volent rien, au contraire, ils apportent tout leur savoir pour bâtir un rendu efficace et cohérent pour le plus grand nombre.
Un dernier mot pour Steph Plisson qui est à la direction du son de cette tournée et dont les choix, techniques comme humains, apportent beaucoup en termes de confort et de qualité sonore.

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EDUCATION / TRAINING / CERT,

NEXO : Les séminaires de formation 2017

NEXO vient de communiquer les premières dates confirmées de son programme de séminaires de formation ETC (Education Training Certification) pour l’année 2017, des formations gratuites qui seront données dans ses locaux de Plailly en français et à certaines autres dates en anglais toujours à Plailly. Il s’agit des ETC 1 et ETC 2.

La salle qui n’attend plus que vous à Plailly.

Nicolas Poitrenaud

Rappelons tout d’abord que ces séminaires sont gratuits, durent deux jours et que le champ d’applications du programme ETC va bien au-delà des produits NEXO.
Les cours sont assurés par Nicolas Poitrenaud, le responsable de la pédagogie.

ETC-1 détaille les problèmes généraux théoriques de la sonorisation dont les bases de l’acoustique avec la théorie des sources ponctuelles et des systèmes line array. Tous les séminaires comprennent des travaux pratiques avec les technologies de haut-parleurs propres à NEXO et une écoute en extérieur.

A l’arrière de la grande chambre sourde qu’on devine posée telle une boîte dans la boîte, les moyens de levage « indoor » de Nexo.


ETC-2 s’adresse aux techniciens et ingénieurs système. Ce cours commence par des notions théoriques sur l’acoustique et les technologies NEXO, et se poursuit avec des sessions pratiques concernant la gestion et l’optimisation des systèmes avec les haut-parleurs NEXO. Des écoutes ont lieu en extérieur.

La fameuse zone d’écoute de Nexo à Plailly avec sa potence et ses moteurs. On ne vous garantit pas que vous aurez un temps aussi radieux…

Ci-dessous figurent les dates arrêtées pour ces formations. Attention, la première arrive très vite, ne tardez pas à rentrer en contact avec Nexo.

ETC 1 :

  • Le 28 Février – 01 Mars (en français) Plailly, France
  • Le 25 Avril – 26 Avril (en anglais) Plailly, France
  • Le 19 Septembre – 20 Septembre (en français) Plailly, France

ETC 2 :

  • Le 14 Mars – 15 Mars (en français) Plailly, France
  • Le 09 Mai – 10 Mai (en anglais) Plailly, France
  • Le 03 Octobre – 04 Octobre (en français) Plailly, France

Tous les détails sont disponibles sur le site de NEXO et par mail en écrivant à training@nexo.fr

 

Deep WEB ou la cathédrale de Laser

Franchement, ça caille. Il y a du monde. A l’entrée de l’hiver, toutes les générations s’entassent dans le tram pendant que toutes les couleurs se pressent d’habiller la ville. Toutes ces installations, tous ces projecteurs à led et… toutes ces quenelles ☺ Votre inébranlable intuition ne vous trompe pas, nous sommes à Lyon pour la Fête des Lumières.
Pour trouver et traquer le sujet de notre reportage, il faut suivre le fin trait bleu qui fend « l’obscurité » du ciel lyonnais. Il semble venir de l’espace et pointe droit vers l’Hôtel des Régions. Pour l’occasion, le bâtiment lyonnais se plonge dans le noir et se remplit d’un léger brouillard. À l’entrée, vigiles et longues barrières nous donnent plus l’impression de patienter devant un gros club plutôt que face à un bâtiment de l’administration régionale.

Deep WEB C’est quoi ? Deep WEB est un ovni

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Captation de Deep WEB au festival CTM à Kraftwerk, Berlin.


DEEP WEB – kinetic audiovisual installation and performance from WHITEvoid on Vimeo.

Vue d’en haut… et de très haut. (© A.Aubert – Tetro Production)

Et c’est un ovni monumental. Cette cathédrale de laser est constituée de 175 sphères motorisées, 12 projecteurs laser haute puissance et 8 points de diffusion sonore.
Les 175 moteurs asservis sont équipés dans un grill de 25 m de long suspendu à 10 m de haut. Chaque sphère se déplace de haut en bas et est éclairée par des « éclats de rayon laser ». L’ensemble est synchronisé sur une performance sonore en multicanal réalisé par Robert Henke et donne vie à une structure architecturale mouvante et lumineuse.
Equipe de choc, à la conception du projet on trouve deux grands piliers. L’artiste et designer Christopher Bauder, fondateur du fameux studio White Void.
Et l’artiste Robert Henke plus connu sous le nom de Monolake, et indéniablement, en tant que co-développeur de l’omniprésent logiciel Ableton Live.

Deep mind (© A.Aubert – Tetro Production)

La constellation de la girafe … blague ? (© A.Aubert – Tetro Production)


Mais cette installation n’aurait pas été possible sans l’aide au développement de Michael Sollinger, le fondateur de Laser Animation Sollinger. Il a fourni l’expertise technique et le développement de cette configuration de lasers très spécifique.

Le Winch Led 4.0

De son côté, White Void réalise des installations dans le monde entier et, depuis 2005, Kinetik Lights conçoit et commercialise les moteurs asservis « Winch » sous plusieurs déclinaisons, certains générant même de la lumière full color avec le control RGB.

Chanceux que nous sommes, Robert Henke et Christopher Bauder nous ont accordé une précieuse interview en tête à tête.

SLU : Bonjour et merci infiniment de nous recevoir ! Allons droit au but : pourquoi « Deep WEB » ?

Christopher Bauder

Christopher Bauder : Premièrement, ce travail est avant tout composé de lignes, de notes et de connexions. Ce qui m’a tout de suite fait penser à un réseau ; et puis bien sûr, « Deep WEB » fait aussi référence à la partie cachée du net, celle qui n’est pas à la surface.
On y trouve des sortes de créatures, faites de données et d’associations sous la surface de la toile, comme quelque chose qu’on ne comprend pas complètement. Et techniquement, Deep WEB est avant tout un réseau de communication.

Robert Henke

Robert Henke : Mais faisons tout de suite la différence entre le « dark WEB » et le « deep WEB ».
Ce que nous décrivons avec le « Deep WEB » est tout ce qui est véhiculé sur internet ailleurs que sur les sites web. Nous parlons juste de flux de données, beaucoup de données. Ceci nous passionne.
Si nous en regardons la représentation, nous voyons juste des lignes et des notes, et c’est tellement représentatif de notre époque.
« Deep WEB » est un peu comme une interprétation artistique du WEB.

Sur Deep WEB, les sphères sont passives, elles ne font que diffuser la lumière qu’elles reçoivent du laser…

Décidément un look de chauve souris


Christopher Bauder : Nous essayons de décrire la communication et les interactions entre deux points par une ligne droite. Ce qui n’est pas la réalité dans l’architecture du net, mais c’est notre abstraction artistique.

Robert Henke : Quand Claude Debussy a composé « la Mer », il n’a pas eu besoin d’avoir le son des vagues.

SLU : Merci pour ce bel exemple. Parlons un peu technique, quels sont les logiciels que vous utilisez et comment partagez-vous l’information ? midi, osc, dmx ?

Christopher Bauder : Haha, un peu de tout en fait !

De gauche à droite, Ableton et Touch Designer

Robert Henke : Il y a Ableton Live qui fait tourner les sons, mais nous l’utilisons aussi pour envoyer des tops et des informations via l’OSC à un deuxième ordinateur sur lequel tourne le logiciel Touch Designer. C’est l’outil que nous utilisons pour contrôler les moteurs et donc le mouvement des boules.

Christopher Bauder : Mais Touch Designer est un logiciel modulaire, c’est plus un environnement de programmation, un peu comme MAX MSP. Nous y avons en fait développé notre propre logiciel spécifique à cette installation. Robert l’utilise aussi pour d’autres projets. Plus concrètement, nous y définissons les coordonnés de chaque boule et leur couleur. Ces données sont ensuite envoyées à d’autres ordinateurs, ceux situés dans les lasers.

Plan de communication Deep WEB. Architectural jusque dans son réseau

Chaque laser est équipé de son propre ordinateur puissant et travaille sous Linux. On demande donc à chaque laser d’éclairer telle ou telle boule à tel moment et de telle couleur.
Ensuite un autre logiciel, encore, dirige le faisceau du laser pour frapper les boules. C’est un dérivé du logiciel Lasergraph DSP, le logiciel d’origine des lasers Sollinger.
En fait, Michael Sollinger est la troisième personne du projet. Sans lui… tu n’aurais rien vu ! On ne fait qu’envoyer des coordonnées ; c’est le logiciel de Michael qui après calibration, effectue les calculs nécessaires pour ne pas perdre les boules.

Les enceintes L-Acoustics ARCS sur leurs SB 18, et les lasers Sollinger Phaenon AT.

Les enceintes sont colorisées en jaune et les lasers en rouge


SLU : On parle donc d’un processus en temps réel ?

Christopher Bauder : Oui forcément ! Ce paramètre est très important pour nous car il nous permet d’intervenir « on the fly ». L’avantage c’est qu’on peut spontanément changer les choses, si par exemple j’ai la sensation que tout ceci serait bien plus joli en orange, il me suffit de le faire.

SLU : C’est du très beau boulot !

Christopher Bauder : C’est surtout un travail d’équipe. Chacune des trois parties est techniquement équivalente. Tout part de Robert et du logiciel Ableton. Dans un sens on est esclave de lui, mais les lasers Phaenon AT sont esclaves de Touch Designer. Et dans cette chaîne, les « Winchs » (les moteurs), après avoir reçu une info DMX de la part du soft Touch Designer, vont aussi générer un signal DMX indiquant leur position réelle. Ce sont ces datas que nous envoyons aux lasers. Ainsi en cas de problème, moteur plus lent ou autre, le ou les lasers garderont le mapping correct.

La première de Deep WEB à Kraftwerk à Berlin. (© Ralph@Larmann.com)

SLU : Robert, tout cela signifie-t-il que vous performerez la représentation de ce soir comme vous performez un de vos lives ?

Robert Henke : Oui je le pourrais si je le voulais. Je peux intervenir sur les patterns de position et de couleur. Si je trouve qu’un état est intéressant, je peux par exemple facilement le répéter et en changer sa couleur. Et en demandant un changement de position des boules, il se crée aussi tous les états intermédiaires pour que l’installation aboutisse à la position voulue.

(© A.Aubert – Tetro Production)

Christopher Bauder : Il y a les patterns qu’Ableton peut déclencher, mais on y a aussi « mappé » des variables. Ainsi, pendant le déroulement d’un pattern de position, on peut ponctuellement l’altérer, le « détruire » avec tout un tas de paramètres.

Robert Henke : Oui par exemple sur un mouvement lent avec une très belle couleur, je peux avoir la main pour doser un effet de « flicker » et perturber momentanément le mouvement, la couleur, ou l’intensité lumineuse de plusieurs sphères.

Petite anecdote : pour diffuser la lumière efficacement, les sphères sont remplies d’eau. Lors de ses recherches, l’équipe a toutefois trouvé mieux que l’eau, le lait. Mais au troisième jour, une délicate odeur a finalement tranché… Ce sera l’eau.

SLU : Avec la société Kinetic Lights, vous commercialisez vos moteurs DMX, ainsi que le logiciel KL Control pour piloter vos produits. Est-ce que cela signifie que demain nous pourrons réaliser nous-mêmes nos propres installations ?

Christopher Bauder : Oui c’est possible ! Nous fournissons un support permanent et même des formations. On peut aussi contrôler le logiciel avec une console Grand MA et de bien d’autres façons encore.
D’ailleurs certains utilisateurs confirmés sur la Grand MA peuvent piloter directement les mouvements des moteurs. Toutefois, dans cette configuration ils ne pourront pas bénéficier du feedback DMX.


Le logiciel développé pas Kinetic Lights dédié à ses « winchs DMX »

SLU : Aujourd’hui est-ce que vous vous sentez limités technologiquement pour concrétiser vos projets ?

Robert Henke : Non. Tout est là. Ce dont nous avons besoin c’est des idées et du temps. Surtout du temps. Les puissances de calcul sont suffisantes et si ce n’est pas le cas, il suffit de rajouter des ordinateurs. Les réseaux sont bons, les résolutions et la rapidité de communication aussi. Il n’y a pas grand-chose qui me manque et que je souhaiterai acquérir… Peut-être juste des opportunités et de l’argent, haha !

Christopher Bauder : Puisqu’on parle de souhaits, pour ma part et considérant le monde dans lequel nous vivons, je voudrais juste que les gens puissent passer plus de temps à découvrir et expérimenter de l’art plutôt que de fuir les bombes !

VIDEO : L’installation GRID, en 2013 à la fête des lumières de Lyon.


GRID Performance – DMX winches, Kinetic Lights, RGB LEDs from WHITEvoid on Vimeo.

SLU : Après Atom et Grid, Deep WEB est votre troisième collaboration. Avez-vous de nouveaux projets ?

Allongé, comme sous les étoiles

Christopher Bauder : Qui sait (rires) ?

SLU : Peut-être vous ?

Christopher Bauder : On ne sait pas encore.

SLU : Peut-on espérer voir Deep WEB prendre la route ?

Christopher Bauder : Oui on y pense et on aimerait beaucoup. Mais il faut réunir beaucoup de conditions. Un grand hall sombre et haut de plafond, de bonnes connexions sur place, le temps de travail, le budget… On utilise une technologie chère et compliquée ; il y a un temps de mise en place important. Et puis il ne faut pas oublier que nous travaillons avec 12 lasers dont un seul suffirait pour une utilisation dans un stade. Tout cela représente des moyens conséquents.

Le son et la lumière

SLU : Combien de temps dure le montage et combien de personnes constituent votre équipe ?

Robert Henke : 5 jours de montage et 2 jours de calage à 10 personnes. Ce qui représente 70 jours de travail ramené à une personne.

Christopher Bauder : C’est vrai qu’on pourrait n’embaucher qu’un mec (rires) !

SLU : Toute votre diffusion est en L-Acoustics. Vous êtes heureux ?

Robert Henke : Oui beaucoup. Il y a seulement quelques marques avec lesquelles j’aime travailler et L-Acoustics est définitivement l’un d’entre elles. Les ARCS sont des enceintes remarquables et les SB 18 aussi. Oui j’adore en fait !

SLU : A ce propos Robert, comment gérez-vous le surround dans Ableton ? Vous utilisez des effets MAX MSP ?

Robert Henke : Non, c’est beaucoup plus simple. Sur ce projet, j’ai le temps de travailler, je fais donc simplement des automations d’envoi sur des bus.

On remercie chaleureusement Christopher et Robert qui ont dû mettre Deep WEB en pilote automatique le temps de partager cette bière autour d’une bonne interview… 😉

Le Phaenon AT peut même se piloter en WiFi

Pour vous parler des projecteurs Laser, Les Phaenon AT consomment 0,75kW, la largeur du faisceau est de 1,4 mm. L’angle de projection monte jusqu’à 80° et chacun des 12 lasers peut donc cibler 91 sphères… Une belle marge de manœuvre.
Si on additionne l’énergie de tous les lasers, le résultat est impressionnant et Deep WEB a une puissance de feu à ne pas mettre entre toutes les mains. D’ailleurs les systèmes Sollinger proposent un outil logiciel, « La Toolbox », qui permet de générer des masques vectoriels pour définir des zones de sécurité où le laser n’ira pas, ou avec une intensité moindre.

Indéniablement une fois qu’on en a fait l’expérience, il y a un avant et un après Deep WEB. Car dès qu’on est plongés dedans, et même en fait… dessous, on bascule tout de suite dans l’émerveillement tant la forme est inédite. L’immersion est très réussie. Et surtout… quelle claque de constater que c’est une performance plutôt qu’une installation en « mode automatique ».
D’ailleurs, le projet a déjà remporté deux prix : ILDA award 2016: 1st place, category ‘Laser Fine Art’ et le Darc award / architectural 2016: Winner, category ‘Art (Light Art)’

Vous l’aurez compris, la réussite du projet repose sur le partage de l’information entre les différents éléments. Et le plus intéressant dans ce réseau reste… l’humain. L’installation étant une performance, l’opérateur Ableton, soit Robert Henke, est forcément influencé par ce qu’il voit, tous les états intermédiaires crées par le système, et il réagit en fonction de ce qu’il perçoit et ressent. La boucle est bouclée !

Initialement, le projet est une commande de la Fête des Lumières de Lyon pour l’édition 2015. Mais suite à l’annulation de l’année dernière, l’installation a été inaugurée à Berlin, et revient finalement en 2016 à Lyon. On remercie aussi tout le reste de l’équipe qui nous a aidés pour le reportage notamment Philip Rasehorn et Tetro productions.
Et surtout rappelez vous : la technique est au service de l’art car certains maitrisent l’art de la technique 😉 On se revoit vite ! Peace   MaaMo

Plus d’infos sur les sites des intervenants

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The Cure Tour 2016 avec Britannia Row & L-Acoustics

Peu de de groupes rock sont aussi reconnaissables par leur son ou le look de leurs membres que The Cure. 40 ans de carrière dont une grande partie accompagnée par les londoniens de Britannia Row qui sont complices des performances de Robert Smith et son groupe depuis 1979. Pour cette tournée, leur prestataire historique a spécifié un impressionnant système en K1, K2 et KS28.

The Cure avec le fringant Robert Smith malgré ses bientôt 60 ans

A part quelques rares dates et festivals, le The Cure Tour 2016, qui a parcouru l’Amérique du Nord et l’Europe pour 67 shows dont 3 en France, marque la première vraie tournée du groupe depuis 2008. En préparation de cet événement musical, Britannia Row a ajouté un nombre important d’enceintes à son parc déjà bien fourni en matériel L-Acoustics dont du K1, K1-SB, Kara, ARCS II, ARCS Wide, X8 et 5XT plus les tout nouveaux subs KS28 et contrôleurs LA12X.
Faisant le plein dans toutes les plus grandes et réputées salles américaines dont le Hollywood Bowl et le Madison Square Garden, The Cure en a fait de même en Europe y compris dans la Wembley Arena de Londres en jouant un mélange de titres couvrant leurs 40 ans de carrière, mais aussi des inédits ou des raretés.
Le design habituel de cette tournée comporte un gauche / droite en K1 prolongé par un nombre variable de K2 et renforcé dans le bas par deux lignes de K1-SB accrochées derrière le K1. Des latéraux en K1 prolongés par du K2 et des ARCS II complètent la diffusion accrochée. Au sol, les sièges latéraux bas sont couverts par deux paires d’ARCS II et des paires de Kara débouchent les premiers rangs. Le bas du spectre et l’infra est confié à un nombre variable de stacks de 3 KS28 en montage cardio. L’ensemble est contrôlé et amplifié par des LA8 et des LA12X.

Dans le Mediolanum Forum de Milan, une salle d’une jauge maxi proche de notre AccordHotels Arena, un impressionnant déploiement. Par côté on compte 14 K1 complétés par 4 K2 pour le système principal et 6 K1 et 8 K2 pour les latéraux, auxquels s’ajoutent 12 K1-SB. Tout en haut on distingue 3 ARCS Wide pour les gradins placés à 90° du plateau. Au sol et posés sur les subs, 4 paires de Kara et deux paires de ARCS II couvrent les premiers rangs.

« Mettre à disposition de Paul Corkett, l’ingé on façade du show, un rendu régulier de date en date est très important, » affirme le directeur général de Britannia Row Bryan Grant.
« Mais c’est tout aussi important de penser aux milliers de fans du groupe qui se pressent à chaque date à l’orchestre contre les crashs, comme dans les gradins les plus reculés et qui attendent le meilleur son où qu’ils se trouvent. » Le challenge, surtout lors des dates américaines, a été d’adapter le système à la très grande variété de lieux clos ou en plein air rencontrés. « Passer des grandes Arénas américaines aux salles de sport universitaires, des immenses amphis aux plafonds invisibles aux simples pelouses et enfin revenir à des salles polyvalentes réverbérantes et basses sous plafond a été le quotidien de nos techniciens, » rappelle Bryan Grant.
« Malgré tout, notre système en K1 et K2 a parfaitement relevé le challenge. Selon moi, c’est actuellement le meilleur en termes de rendu, couverture et modularité. Pour le rendre encore plus versatile, nous avons embarqué sur la tournée un ensemble de contrôleurs amplifiés capables de répondre à la grande variété des lieux visités par The Cure, et les retours des médias ont été totalement positifs, sans parler de ceux de la production et du groupe, tous deux extrêmement satisfaits. »

Une vue de près de l’armada de KS28 installée pour la date donnée au Mediolanum Forum, le nouveau sub standard de L-Acoustics qui couplé au LA12X, délivre 3 dB SPL de plus que le SB28 et infiniment plus de précision et d’impact. 24 KS28 sont ici assemblés en 8 stacks de 3 en montage cardioïde. Si l’on y ajoute les 24 K1-SB accrochés, les 40 K1 et les 24 K2, on peut dire que les LA12X n’ont pas trop dû chauffer ;0)

De l’avis du directeur du marketing de Britannia Row, Dave Compton, Soundvision s’est révélé être la pierre angulaire du succès du tour 2016. « Une fois arrêté le choix et l’étendue du système, une très grande partie du design a été effectuée bien avant que la tournée ne prenne la route. Nous avons profité des données incorporées dans la database de L-Acoustics, et pour les salles n’en disposant pas, nous avons bénéficié de l’aide de David Brooks et d’autres collègues du réseau L-Acoustics.
Nous avons ensuite créé un modèle dans Soundvision incorporant l’ensemble des ressources techniques du tour ainsi que des groupes standard d’enceintes dans différents types d’assemblages aussi bien en l’air qu’au sol, sans oublier différents déploiements des subs. Cela a permis d’accélérer le design pour chaque salle. La fonction mute/hide de la fenêtre des enceintes s’est révélée être extrêmement pratique.
« Adam Smith, l’ingé système de la tournée, n’avait plus qu’à effectuer les dernières retouches à peine arrivé dans chaque salle en contrôlant par la même occasion la validité des données en sa possession. Ne restait plus qu’à confirmer la nature des lignes et leur composition et à en faire de même pour les subs afin de parvenir à la cible SPL en fonction de la distance. » nous précise Dave Compton.
« Conscients de la somme de variations engendrées par l’installation du système et par le show lui-même, nous faisons attention à ne pas nous fier uniquement à la modélisation acoustique ; il n’empêche que Soundvision se révèle être redoutablement puissant et précis dans ses prédictions. C’est un outil indispensable dès qu’une enceinte L-Acoustics est déployée dans une salle. »

40 ans de carrière et toujours des grandes jauges pleines pour The Cure

L’équipe audio du The Cure Tour 2016 comprenait à la face Paul Corckett assisté de Collin Burrel à la console, Rob Elliott au système avec Laurie Fradley au montage. Les retours étaient tenus par Rob Elliott assisté de Luke Chadwick.

D’autres informations sur le site Britannia Row et sur le site L-Acoustics