Le fabricant Polonais Portman nous a toujours présenté des produits originaux et de bonne facture, devenant parfois même source d’inspiration majeure, que l’on retrouve dans les applications de décoration scénique ou d’éclairage d’ambiance dont l’essence même provient directement de l’aspect visuel de l’appareil.
Après le succès d’engins à lampes halogènes les ayant fait connaître, la marque attaque les LEDs depuis plusieurs années avec des réalisations d’une qualité toujours remarquable, et toujours la même originalité. Encore une fois, l’Omniray dispose de plusieurs facettes pour nous émerveiller, et cette fois-ci pour produire aussi des effets volumétriques. Nous l’avons testé dans le studio de LA BS…
[private]
L’appareil se présente sous la forme d’un cylindre, au format d’un gros « PAR-LED » de 14 kg, avec une large lyre de fixation. L’aspect est celui d’un « projecteur » à la première approche. Comme vous vous en doutez, il n’en est rien et c’est bien plus que ça en fait. L’Omniray propose un certain nombre d’effets. C’est déjà une lanterne « décorative » à champ large multicouleur avec un intérêt visuel direct notable. C’est aussi un projecteur de faisceaux large multicouleur (dans le brouillard donc) et c’est enfin un projecteur de faisceau étroit et unique, également multicouleur. Le tout, combinable bien entendu.

L’utilité de ce genre d’engin va ici encore dépasser le simple concept d’un besoin d’habiller un fond de champ. L’Omniray, comme la majorité des produits Portman propose d’habiller l’espace avec des objets lumineux qui sont en soi un « décor », et qui amènent par leur présence une « signature », un aspect sténographiquement affirmé, mais aussi des effets lumière originaux et considérables en tant que tels.
Ici, la différence réside peut-être dans la présence d’un faisceau serré qui offre cette fois-ci un élément lumineux plus directif que ce qu’on a connu dans leurs gammes où la lumière émise était exclusivement diffuse et pouvait jouer du « blinder ». Les applications de l’Omniray vont pouvoir être encore plus diversifiées. Si on ajoute à cela que l’engin est classé IP65 pour une utilisation par toutes conditions, y compris sous la pluie, alors on imagine sa polyvalence et tous les champs d’applications possibles…

.
Le faisceau central
Ce faisceau serré est généré par une LED de 40 Watts RGB + blanc. Si sa puissance visuellement ne rivalisera pas avec une lyre « Beam », il projette un joli bâton marquant l’espace avec suffisamment d’impact pour être bien lumineux en proximité, et dont l’efficacité, utilisé en nombre, peut vraiment donner des rendus de très sympas. L’angle du faisceau est de moins de 4°, donc très très serré.
Première présentation vidéo
.
L’éclairage d’ambiance

L’éclairage par la grande corolle se fait par un ensemble de 22 LEDs de 20 watts chacune, et générant une lumière à partir de 6 teintes. RGBWLA (comprendre, en français : Rouge, Vert, Bleu, Blanc, Lime, Ambre.)
L’ouverture de ce faisceau est d’environ 90° avec des bords quand même assez francs, même si la lumière est plutôt diffuse. On peut tout à fait envisager du travail de faisceau dans le brouillard. Faisceau très ouvert certes, mais faisceau tout de même.
« L’objet » Omniray est lui-même, esthétiquement, au cœur de « l’effet » qu’il produit. La lumière diffusée sur le réflecteur présente en son centre un aspect particulièrement joli par la luminescence d’une couronne optique qui « prend vie » au passage de la lumière. Sur un fond de champ en captation, ça peut être vraiment très beau. Toute l’apparence de l’appareil présente un intérêt visuel, même à peine allumé.


La lumière
Les sources de lumière peuvent être réglées selon une fréquence d’émission suffisamment élevée pour ne pas inquiéter les capteurs d’appareils de prise de vue (à 12,5 kHz). La lumière générée par l’Omniray a un IRC (indice de rendu des couleurs) annoncé à 95. Ca indique les capacités d’intégration de cet appareil destiné à la lumière « de déco » dans des contextes d’éclairage purement techniques aussi. La lumière qui va être produite a les vraies prétentions d’une lumière exploitable en tant que source utile.
Les accessoires

A gauche le frost, à droite l’ » Omnicle ».
Portman propose pour l’Omniray une série d’accessoires de formes circulaires, et du diamètre de la sortie du projecteur, qui s’adaptent sur le nez de l’appareil.
L’attache se fait par aimantation, et une petite élingue discrète mettra tout ça en sécurité, raccordée à un encrage prévu à cet effet sur le côté de l’appareil.

Le premier accessoire, appelé « Omnicle » est un cerclage transparent sur lequel un masquage sur le rayon de la surface ronde vient créer une « barre » occultant depuis le bord jusqu’au centre de la sortie de lumière. Un trou pratiqué sur le milieu permet de l’utiliser aussi avec le faisceau central qui, du coup, n’est pas occulté.
Cet accessoire est purement esthétique et n’a aucune incidence sur la lumière produite. Simplement, on lui ajoute visuellement une « barre noire », qui, indiquons-le, est superposable aux autres accessoires. La fixation magnétique ne permettra un montage que dans 8 positions, espacées de 45° chacune.
Les autres accessoires sont eux destinés à modifier optiquement l’effet du projecteur. Un diffuseur de type « frost » va rajouter un bon 20° d’ouverture aux 90° natifs pour étaler encore plus la lumière, et ce coup-ci, avec une vraie grosse diffusion sans faisceau, qui aura aussi pour effet de rendre la surface de sortie de lumière du projecteur encore plus lumineuse.

Deux autres accessoires optiques (que nous n’avons malheureusement pas pu avoir pour le test) sont constitués d’une lentille Fresnel avec échelons changeant la diffusion de lumière en lui proposant un point chaud s’estompant vers le bord, et une lentille en « banane » produisant un faisceau ovale de 10° par 60°.
Portman annonce aussi un système de volets « Barndoors ». Les accessoires optiques sont optionnels, l’« Omnicle » est livré en standard.
Contrôle de l’OMNIRAY
Portman a l’habitude de sortir des produits soignés et aboutis. Ici encore, on est en présence d’une machine dont le pilotage a été bien pensé pour permettre aux différents types d’utilisateurs d’y trouver leur compte… Quoi qu’on veuille en faire, il y aura un mode de contrôle qui va être parfait pour nous. Ô joie ! On est sur du pilotage DMX, avec contrôle RDM, et possibilité optionnelle de CRMX si besoin. 8 modes de contrôle DMX sont disponibles, nécessitant de 8 à 28 canaux.
Le mode le plus simple offre de piloter en RGB chacune des sources, d’autres modes donnent aussi l’accès au strobe et à quelques subtilités, tandis que les modes les plus techniques, en dehors du 16 bits sur la plupart des fonctions, offrent des tas d’options de colorimétrie, de l’émulation tungstène (inertie du filament), des minus green, des macros d’effets internes avec plusieurs canaux pour les animer.
Pour ce qui est des couleurs, selon les modes que vous aurez choisis, vous pourrez y accéder de façon indépendante par couleur de sources, ou de façon émulée de façon simplifiée (en RGB, ou RGB + blanc, etc.) Bref, que vous utilisiez l’Omniray pour aller vite fait à quelque chose de simple, ou que vous opériez avec un directeur photo très exigeant, vous avez la possibilité de faire comme bon vous semble.
A noter aussi, le mode manuel qui permet de l’utiliser sans aucune console. Si vous souhaitez juste en disposer quelques-uns en décor, ou en éclairage ponctuel, les appareils seront tout à fait autonomes. Il suffit d’aller dans le menu, de les règler comme vous le voulez, et zou… ça joue… Le simple exemple d’une interview captée avec quelques projos, certains pour éclairer le sujet, d’autres pour faire du contre-jour ou du fond de champ… Voilà… Pratique et monstrueusement efficace !
Construction

La réalisation est très soignée et la finition exemplaire. Cet appareil est un vrai petit bijou. Le démontage se fait en ôtant quelques vis. Globalement, l’accès est assez bon.
Sur le devant, on peut trouver la platine supportant les sources LEDs surmontée de ses éléments optiques, à commencer par la grosse parabole couleur alu qui entoure tout le système, et le guide de lumière avec ses lentilles qui concentre la lumière du « Beam » central.
Une optique en couronne dont la surface est travaillée en multiples facettes fait office de diffuseur directionnel pour envoyer la lumière des 22 LEDs qui éclairent le réflecteur principal. C’est aussi lui qui s’illumine pour former ce halo luminescent au fond du projecteur. Derrière la plaque électronique portant les sources, on a le refroidissement avec un gros radiateur qui vient en dissiper la chaleur.

Un petit sachet de dessiccant est présent sur le côté, juste derrière la parabole, et permet d’absorber toute trace d’humidité qui pourrait apparaître à l’intérieur de l’appareil, ne serait-ce que par condensation. Il se remplace très facilement si besoin.
Un petit ventilateur fait circuler de l’air dans l’appareil, et le brasse vers le radiateur. Il fait vraiment très très peu de bruit (quasi imperceptible), mais si besoin de silence absolu, une fonction « silent » permet de le supprimer totalement.
Dans ce cas l’électronique régulera la puissance des LEDs en fonction de la température afin de ne pas mettre en péril les composants.
.

L’arrière est occupé par l’électronique et l’alimentation. Le câblage interne pourrait être un peu plus long pour déployer les différentes parties plus facilement. De ce côté-là, l’accès est un peu délicat, mais la nécessité d’intervention dans ce secteur est en principe rarissime.
Sur le fond, côté extérieur, on trouve les différents connecteurs. On a une entrée d’alimentation en Powerkon Seetronic, ainsi qu’une sortie du même type en femelle pour la recopie en cascade.
Présence évidemment d’une entrée et d’une sortie DMX en XLR5, et d’un connecteur USB permettant les mises à jour du software de la machine. Tous les connecteurs sont équipés de capuchons caoutchouc pour l’étanchéité.
Un large écran OLED incluant les 4 boutons de commande tactiles donne un accès à tous les paramétrages de l’Omniray dans le menu très convivial et pratique, comme sur la plupart des appareils de la marque.
.


.

L’étrier de fixation vient se fixer sur le côté de l’appareil, avec un serrage particulièrement franc et efficace qui permet un blocage absolu tous les 5° pour l’inclinaison tilt.
Des graduations indicatives de l’angle sont sérigraphiées sur le pourtour de l’axe, c’est pratique (et esthétique).
Sur le dessous de l’étrier logent les emplacements pour un ou deux crochets classiques, mais aussi pour une paire d’oméga (pouvant être fournis en option).
A l’usage
L’Omniray est très pratique à utiliser. Son étrier, son menu, ses connecteurs, tout va bien. Pour l’installation, il faut faire attention à les aligner si on veut un rendu précis sur plusieurs projecteurs. Les blocages du tilt se faisant par pas de 5°, si l’accroche n’est pas absolument identique au degré près sur la perche ou le pont (ou encore le pied, peu importe), ça va être compliqué de les aligner. Par contre, si l’accroche est propre, l’effet est redoutablement efficace.

On a affaire à une très belle machine qui pourrait sembler « classique » sur le papier mais qui ne l’est pas du tout. J’entends par là que techniquement, un petit faisceau Beam à LED, un projecteur d’ambiance large, tout ça n’est pas une révolution… Mais dans une machine qui a tous ces atouts et qui les mélange pour offrir, en plus, un appareil spécifiquement conçu pour présenter un visuel attractif (déployant des watts « plein pot », ou de façon beaucoup plus intimiste, peu importe), c’est très malin et c’est surtout génial. Tous les exemples existants peuvent parler de machines autres qu’on va détourner ou utiliser dans des conditions particulières.
Ici on a un appareil qui fait tout ça par destination, et qui le fait admirablement. La qualité des couleurs est remarquable, la qualité de la lumière, du dimmer, de la façon dont s’illumine la parabole… Bref, tout est subtil et efficace. Ce n’est pas un projecteur destiné à faire fondre les murs, c’est un élément qui va prendre de la place dans une image, celle vue par l’œil du spectateur, celle vue par la caméra, par l’appareil photo, mais « une image », et cet élément va jouer avec la lumière en la diffusant à souhait et en prenant part à cette diffusion en tant qu’objet. Il est très difficile de comparer l’Omniray à quoi que ce soit tant il est particulier, et tant ses effets sont à envisager comme quelque chose de différent de ce qui existe.
Deuxième présentation vidéo
.
Conclusion
Le Portman Omniray est un vrai petit bijou. C’est un projecteur qui repousse les standards des machines de spectacles pour offrir une proposition originale et pratique. Il couvre un panel très large d’utilisations pour créer de l’effet visuel décoratif aussi bien que de l’éclairage pur en wash ou en Beam.
Que ce soit pour la télévision, l’événementiel, un tournage de clip, un concert, de la mise en scène, de la déco, ou que sais-je encore, cet appareil sera adapté à beaucoup de choses vraiment diverses qu’aucun autre engin ne fera aussi bien et de façon aussi spécifique.
J’aime :
- L’originalité
- La qualité de fabrication
Je regrette :
- RAS
Tableau général
D’autres informations sur le site Portman et sur le site Axente
[/private]











































































